Après la famille, la religion, le patriarcat ou l’écologie, les Chiens de Navarre dressent aujourd’hui le procès – au sens propre – d’une société obsédée par la morale et la sanction. I Will Survive se déroule dans un tribunal, espace symbolique où tout se rejoue : le pouvoir, la peur, le doute, la vérité.
Deux affaires se succèdent, deux procès rappelant divers souvenirs, deux miroirs déformants d’un même système. Dans la première, une femme est jugée pour le meurtre de son mari, qui l’agressait physiquement et sexuellement depuis des années. Dans la seconde, un humoriste célèbre comparaît pour avoir fait, sur une radio populaire, une blague de mauvais goût sur les violences faites aux femmes.
Quand la justice devient performance
Chez les Chiens de Navarre, rien n’est jamais tout à fait réaliste, ni totalement absurde. Le plateau devient un ring, la salle d’audience un cabaret tragique où se mêlent rires nerveux et colère contenue. La mise en scène alterne improvisations, moments de pure farce et jaillissements tragiques. Tout le petit monde judiciaire s’y agite : juges désabusés, avocats cabotins, témoins mal à l’aise et médias en embuscade. Le public, lui aussi, est mis à contribution : où s’arrête la liberté d’expression, où commence la responsabilité ?
Les Chiens de Navarre font du tribunal le théâtre de notre époque : celui de l’opinion immédiate, du jugement permanent, de la parole condamnée ou glorifiée avant même d’être entendue.
MARC VOIRY
I Will Survive
Du 19 au 29 novembre
Friche La Belle de Mai
Une programmation du Gymnase hors-les-murs
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