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« La brève liaison de maman » : délire au crépuscule d’une vie

Quand une famille perd tout contrôle, la scène devient un ring grinçant, insolite, qui renvoie mère et enfants dans les cordes

Quelle belle idée au trio Bergé, Pelabon et Saniez d’importer à Avignon, et espérons-le au-delà, la comédie de l’américain Richard Greenberg : « La brève liaison de maman » ! Voilà un théâtre qui s’affranchit de l’actualité et aborde des liens familiaux à l’accent plus universel.

Dès l’ouverture il nous plonge dans un bain brûlant où ses quatre personnages crawlent en perte de repères sans jamais se noyer. Deux jumeaux, homme et femme, homosexuels tous les deux, n’ont pas grand chose en commun ; il est doux, serviable, elle pétarade au moindre accroc. Frédéric Andrau et Anne Le Guernec excellent dans cette antinomie fraternelle.  Qui va être bouleversée.

Au crépuscule de sa vie, à deux pas de l’entrée d’un EHPAD, leur mère s’invente (ou pas) une vie éclairée par une liaison amoureuse torride qui percute l’assurance de ses enfants. Liane rouge sang, écorchée par les années, Francine Bergé irradie une lumière vénéneuse, drolatique ;  elle engage un jeu de massacre perdu d’avance contre la vieillesse galopante. Hiératique, avec sa voix inimitable aux voyelles élastiques, elle boxe nos émotions entre rires, ricanements et estomac serré. À ses côtés, Jean-Jacques Vanier est un amant sensible et discret. Un solide quatuor orchestré par Isabelle Starkier, à la direction d’acteurs impeccable.

Jean-Louis Châles

La brève liaison de maman, jusqu’au 29 juillet, Théâtre du Petit Louvre

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