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Le balèti, c’est pour tous !

Le Chantier de Correns organisait son balèti ce 10 février. Bourrées, mazurkas et autres valses ont fait bouger l’audience

En langue d’Oc, le balèti désigne tout simplement le « bal populaire ». À Correns, le Chantier, Centre de Création des nouvelles musiques traditionnelles et musiques du monde, organisait une soirée « balèti », cette « musique traditionnelle à danser tous les instants de la vie par tous les âges confondus » expliqua Frank Tenaille lors de sa présentation. En première partie, l’Ensemble de musique traditionnelle du Conservatoire de Brignoles réunissait une belle phalange d’accordéons diatoniques, deux flûtes traversières et un beau pupitre de guitares (la classe au complet compte vingt-cinq élèves depuis les tout petits aux adultes). « Qui dit bal dit danse ! On va commencer par une Scottish ! » D’abord hésitants, les assistants s’emparent de la piste de danse improvisée de la salle de la Fraternelle (les chaises habituelles ont disparu, seuls quelques sièges attendent les plus fatigués ou les plus timides le long des murs). Se succèdent bourrées à deux temps dont une surnommée « de l’enclume » et pourtant toute de légèreté, mazurkas, bourrée à trois temps dite la « bourrée des voyageurs », valse « distillée » et bien évidemment plébiscité le fameux cercle circassien, danse conviviale s’il en est !

Bourrée à trois temps

Peu importe les générations, tout le monde danse, ceux qui « savent » vont vers ceux qui regardent, leur apprennent dans les rires et la bonne humeur. Tant pis si l’on rate une mesure, si le comptage des pas est parfois aléatoire, si l’on ne saute pas au bon moment dans la mazurka, si les bourrées s’embrouillent ou si l’on ne tourne pas dans le bon sens du premier coup, les corps et les esprits sont libres, se laissent porter par la musique, les gestes partagés. En jonction des deux parties de la soirée, les trois musiciens de Saraï montent sur scène aux côtés des élèves du conservatoire pour interpréter avec eux une mazurka nouvelle composée par Baltazar Montanaro. Le second temps de cette manifestation festive permet d’entendre et de danser les « histoires d’amour occitanes » concoctées par Baltazar Montanaro (violon baryton), Sophie Cavez (accordéon diatonique) et Juliette Minvielle (chant et percussions). Il y est question des relations amoureuses sur un mode espiègle, décalé ou profond, historiettes puisées dans un corpus de textes du XVe au XXIe siècle à partir du fonds documentaire du Cirdoc (Centre international de recherche et de documentation occitanes).

Et valse à cinq temps

Le thème intemporel se marie au branle de la vallée d’Ossau, à la valse à cinq temps (qui pourrait croire que seuls les trois temps sont figés à jamais !), à la chapelloise (gigue en Belgique), au rondeau par couples, à la bourrée à trois temps « dans le type auvergnat, mais pas classique », au rigaudon final. « Pour tout vous dire, les textes des chansons sont cueillis du Moyen Âge à nos jours, poétiques et féminins (car presque tous écrits par des femmes), et traitent de la question non encore résolue de nos jours, celle de l’amour », explique en souriant le meneur de jeu. La voix prenante de Juliette Minvielle, les instruments qui savent inventer sur des rythmes et des motifs traditionnels, en une époustouflante variation des tempi, accordent à ce balèti leur virtuosité joyeuse. Déjà fini ! « Tenir tout un bal après quelques jours de résidence, ce n’est pas mal ! Protestent les musiciens. Promis, un disque sort bientôt ! » Rendez-vous pris !

MARYVONNE COLOMBANI

Le balèti s’est tenu le 10 février au Chantier de Correns.

Photo : Zoé Lemonnier

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