Le hip-hop et Séverine Bidaud, c’est une histoire de longue date. Quand la gamine de Drancy traverse l’Atlantique dans les années 1990 à la rencontre des pionniers de cette danse, elle se mue en Lady Severine puis revient prêcher la bonne parole en France, contribue à l’organisation des premières battles, fonde sa compagnie 6e Dimension…
C’est par ce petit bout de lorgnette, dont on sent la passion toujours chevillée au corps, que la chorégraphe nous agrippe avec son spectacle Hip-hop, est-ce bien sérieux ?. Une heure durant, épaulée par son équipe de haute voltige – époustouflants danseurs, tous champions dans leur domaine -, elle nous fait naviguer à travers les évolutions du mouvement : l’imparable émission Soul Train, le Campbell locking, le popping…
Une narration efficace
À l’écran, images d’archives et mots pixélisés appellent une époque. En filigrane, l’évocation d’un contexte socio-culturel, le respect gagné par une jeunesse de banlieue, revendiquant ce fameux Peace Unity Love and Having Fun comme un slogan farouchement fédérateur. C’est tout l’historique – lumineux, documenté et fourmillant d’anecdotes -, de la danse hip-hop qui se déroule devant nous, de la Californie – Original Lockers ou Electric Boogaloos et leur inspiration protéiforme mêlant postures d’animaux, dessins animés, gestes du quotidien ou démarches de passants… – à la côte Est, avec l’émergence du breakdance à New-York, porté par les BBoys et Bgirls des blocks parties du Bronx.
La narration, très efficace, mêle démonstration de pas, récit de leurs origines et tuto d’apprentissage – une démarche ludique qui culmine dans le grand bal participatif proposé à l’issue du spectacle : “le but de ce spectacle, c’est quand même que vous repreniez le flambeau !” Si c’est une gageure de verbaliser le mouvement, c’est bel et bien une évidence pour le festival des arts du geste, qui démontrait une fois de plus avec ce galvanisant spectacle intergénérationnel la pertinence de ses partis pris !
JULIE BORDENAVE
Hip-hop, est-ce bien sérieux ? jouait le 7 février à l’espace Gérard Philipe d’Istres, dans le cadre des Elancées.
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