L’un des attraits de Dinosaures de Provence, nouvelle exposition du Muséum d’histoire naturelle de Marseille, est de ramener la présence de ces animaux fascinants, les plus grands et les plus lourds n’ayant jamais existé sur la planète, à une échelle locale. Une plongée, à travers les collections des muséums de Marseille et d’Aix-en-Provence, dans le Crétacé supérieur, où la géographie et le climat de la Provence était tout à fait différents : située à la même latitude que le Maroc aujourd’hui, une sorte d’île ibéro-provençale, pendant que les Alpes étaient encore sous l’eau.
« Eggs en Provence »
L’exposition se déploie dans une scénographie entre panneaux explicatifs illustrés, vitrines à spécimens et petites mises en scènes amusantes avec dinosaures reconstitués. Elle débute par une section autour du bassin d’Aix-en-Provence, désormais connu à l’échelle internationale pour l’abondance de ses gisements d’œufs de dinosaures. Une paléontologie locale qui a débutée au XIXe siècle avec Philippe Matheron, ingénieur des chemins de fers, qui a mis ses observations géologiques au service de l’étude des fossiles. Depuis ses premières découvertes, les fouilles ont révélé une grande diversité de traces : ossements, dents, œufs et, plus récemment, empreintes de pas.
S’ensuivent des sections qui permettent de suivre l’évolution des techniques et du regard scientifique. Tout un panneau illustre l’évolution entre 1851 et 2026 des représentations de l’Iguanodon, dinosaure herbivore. On trouve aussi mis en scène le Variraptor, surnommé le « voleur du Var », carnivore, apparenté au célèbre Velociraptor, l’une des têtes d’affiche de la saga Jurassic Park (et qui, en réalité, était à peu près haut comme une dinde). Autres dinosaures locaux, l’Arcovenator – le « chasseur de l’Arc » -, découvert à proximité du cours d’eau ou le Pyroraptor, « voleur de feu », trouvé en 1989 après un incendie de forêt au-dessus de Trets.
Extinction et culture pop
La dernière section de l’exposition est introduite par un monument aux morts, obélisque garnis de plaques où sont gravés les innombrables noms des dinosaures disparus il y a 66 millions d’années, moment où la terre a été percutée par un énorme astéroïde. Un petit groupe y a échappé, qui a donné toutes les lignées d’oiseaux actuelles. L’exposition se conclut sur une partie plus « pop » qui s’amuse de l’évolution de leurs différentes représentations, des premières gravures de 1851 aux films, BD et parcs d’attractions contemporains.
MARC VOIRY
Dinosaures de Provence
Jusqu’au 20 juin
Muséum d’histoire naturelle de Marseille






