mercredi 21 février 2024
No menu items!
spot_img
AccueilNos critiquesLeïla Ka livre sa Maldonne

Leïla Ka livre sa Maldonne

Après un solo (Pode Ser), un duo (C’est toi qu’on adore), place à la première pièce de groupe emmenée par la jeune chorégraphe, donnée ces 23 et 24 novembre au Zef à Marseille

Sur la scène nationale de Cavaillon ce 16 novembre, Leïla Ka jongle avec les symboliques, les états et les perceptions, aux côtés de quatre interprètEs. Tout commence sur un réveil ou une résurrection. Couronné en 2022 au concours Danse Elargie du Théâtre de la Ville, Bouffée, courte pièce, toute en gestes et respirations, ouvre la pièce. Celle-ci se prolonge à l’intérieur de rectangles lumineux, dont la géométrie variable accorde de la place ou circonscrit une promiscuité. Les corps et les vêtures virevoltent sous les infra-basses, une valse de Chostakovitch, un bourdonnement de Leonard Cohen ou une poussée de Lara Fabian. 

Élégance

Lointaines descendantes de Frégoli, le maître des transformistes, ces dames jonglent avec les tenues, ouvrent le bal, sombrent dans l’épuisement, se crêpent le chignon puis s’abandonnent dans un lâcher-prise aussi délectable qu’indispensable. Certes, les vêtements sont plus moins ajustés, mais qu’importe, la vie s’écoule et le spectacle continue. Même mal fagotées, il y a de la générosité, de l’authenticité et une vraie élégance dans les figures de Leïla Ka. 

À l’honneur au Pavillon Noir
Dans le cadre du « Cycle Choreographer », le Pavillon Noir d’Aix-en-Provence propose une soirée spéciale dédiée à Léïla Ka ce 25 novembre. Sur scène, on retrouve ces précédentes pièces, Se faire la belle, C’est toi qu’on adore et Pode Ser, qui l’ont vue s’imposer comme une des jeunes chorégraphes les plus en suivies de sa génération. 

Maldonne célèbre les plis qui tombent mal, Dans un style griffé, à mi-chemin entre une gestuelle mécanique, convulsive, qui renvoie aux automates ou aux sports de combats et le drapé aristocratique d’une robe de bal. Baigné d’une théâtralité à la fois fière et burlesque, Maldonne célèbre le féminin, non par le pamphlet, le dolorisme ou la revendication mais dans l’exaltation d’une joie, d’une complicité, vigoureuses et ensoleillées. 

MICHEL FLANDRIN

Maldonne a été donné le 16 novembre à La Garance, scène nationale de Cavaillon. 
À venir
23 et 24 novembre 
Zef, scène nationale de Marseille

28 novembre
Théâtre Durance, scène nationale de Château-Arnoux-Saint-Auban

1er décembre
La Passerelle, scène nationale de Gap

ARTICLES PROCHES
- Publicité -spot_img

Les plus lus