LESBICEPS : Le choc des gaté·es : l’événement, organisé par Morgane Sanspeur et Cix Trinh Dinh tous·tes deux employé·e·s au Centre LGBTQIA+ de Marseille, est inspiré des concours de bras de fer de la Mutinerie à Paris et du collectif La gouine de fer. Il consistait samedi, en une suite de concours et compétitions acharnées, visant à désigner les champion·nes de bièrepong/softpong et babyfoot locales, la·e propriétaire du plus beau mousqueton « celui qui brille, celui qui tient bon sous la tempête », et la·e gagnant·e des convoitées Clé-à-molette-à-paillettes et Boucle d’oreille à boulons, prix du fameux concours de bras de fer et clou de la soirée.
Adressé à un vaste public trans-pédé-gouine-queer+, Lesbiceps avait de quoi marquer les esprits. En s’emparant d’un stéréotype de l’imagerie viriliste, ces olympiades célébraient pour la première fois, dans une ville hyper-dominée par l’engouement sportif masculin, la force des corps féminins, minorisés, trans, pédé, queer, et leur absolue capacité à susciter l’enthousiasme de la foule.
Bientôt le classico
Les hurlements admiratifs provenaient d’un public de plusieurs générations de queers, et qui comptait également leur lot d’hommes cis blancs, pédés ou arrivés là peut-être par hasard, eux aussi décidément emportés par la rage de voir leur compétitrice favorite vaincre d’une poigne de fer. L’exceptionnel succès de Lesbiceps tient évidemment à la qualité de son organisation et de son accueil au centre LGBTQIA+, mais également à son grand pouvoir de réappropriation et de réparation pour tous·tes les participant·es et spectateu·ices. L’événement, devenu incontournable du premier coup, comptera sans le moindre doute de nouvelles éditions. Dont un classico Marseille Paris bientôt !
NEMO TURBANT
LESBICEPS : Le choc des gaté·es a eu lieu le 22 février au Centre LGBTQIA+ de Marseille.