jeudi 1 décembre 2022
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Locus Solus s’éloigne et se raccroche 

Jusqu’au 8 octobre, Vidéochroniques propose dans un nouvel accrochage Locus Solus, son exposition estivale

Deuxième version de l’exposition Locus Solus qui était proposée par Vidéochroniques jusqu’au 16 juillet dernier. Locus Solus – Mutatis mutandis propose jusqu’au 8 octobre une nouvelle scénographie des œuvres des huit artistes invités (quatre femmes, quatre hommes), vivant et travaillant à Marseille. Réunis par Édouard Monnet, directeur artistique du lieu, pour la double influence qu’il perçoit dans leurs travaux, celle de l’écrivain J.G. Ballard et de l’artiste Robert Smithson. Il explicite cette démarche dans les pages du livret de l’exposition, soulignant également les liens (science-fiction, entropie…) entre ces deux figures artistiques des années 1960-70. Livret dont il est conseillé de se munir si l’on souhaite également s’informer sur les œuvres, qui sont exposées sans cartels. L’atmosphère générale se revendiquant d’un « dynamisme ballardien fondé sur une insaisissable géographie et une temporalité hésitante, entre présent visionnaire et futur imminent ». 

Demain peut-être 
N’ayant pas vu la première version de l’exposition, on ne pourra pas jouer ici au jeu des sept différences-pertinences entre les deux accrochages. Mais effectivement, question « insaisissable géographie » et « temporalité hésitante », le compte y est. On pourrait également rajouter : ruines et no man’s land. Hormis les deux vidéos de Gilles Desplanques, mettant en scène une sorte d’individu un peu clown, survivant au hasard de zones désertées, et quelques rares silhouettes humaines sur la collection de cartes postales d’utopies géodésiques vintages rassemblées par Stefan Eichhorn. On n’a affaire qu’à des traces, fossiles, pierres, ciment, objets-déchets variés, tentes vides, automatismes aveugles. Une ambiance muette d’après on ne sait quelle catastrophe – quoique… – où, de plus, chaque œuvre semble contenir son propre effacement. Paysages fossilisés dans des cairns ou dans des moulages de coque de smartphone (Sibylle Duboc), pierres hybrides, détritiques, à la physique déviante (Rebecca Brueder, Valentin Martre), écroulements suspendus (Chloé Chéronnet, Antoine Bondu), vaches laitières impavides filmées dans les boucles d’une étable entièrement robotisée (Sarah del Pino). Les traces, les indices ou les reliques d’un monde d’où l’homme semble s’être absenté, qu’il semble avoir déserté. Science-fiction ?

MARC VOIRY

Locus Solus – Mutatis mutandis
Vidéochroniques, Marseille
09 60 44 25 58 
videochroniques.org
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