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Marseille, ville amazighe !

Créé à Marseille en 2006, le Festival Tamazgha milite depuis 19 ans les droits culturels amazighs. Ici et là-bas !

Cette 19e édition illustre, une fois encore, l’engagement d’un homme, Menouar Hammache, directeur artistique et militant en faveur de la culture kabyle depuis plus de 30 ans à Marseille. Il a lancé le festival Tamazgha en 2006 après avoir créé Sud Culture en 1996. L’ancrage méditerranéen de la culture amazighe en France et la vitalité de ses héritages à Marseille sont en grande partie dûs à cette personnalité discrète et tenace sur ses objectifs en matières de droits culturels.

Amachaou ! c’est mon histoire

Cette phrase, bien des Marseillais pourraient la dire. « Les Kabyles à Marseille représentent une migration précoce et durable », comme le disait l’historien Emile Temime. Dès les années 1950, les Algériens sont fortement présents dans les principales entreprises marseillaises (raffineries de Saint-Louis, l’huilerie Rocca Tassy-De Roux ou sur le Port) et constituent une composante majeure du peuplement de Marseille.

Ainsi, une grande partie des habitants actuels des 15 et 16e arrondissements est issue de la Haute Kabylie (Bouzeguène). Dans les baraques du Bassin de Séon, de Lorette aux Riaux, en passant par l’emblématique îlot Pasteur, l’entraide villageoise redessine l’ancrage des douars d’origine. Les Kabyles de l’Estaque partagent la culture dite berbère ou amazighe, tels que les « chaouis » des Riaux, ou les « Ath Smaïl » de Lorette, les « Iberbacen », de Barbacha, originaires de la vallée de la Soummam.

L’exil et l’ancrage

Longtemps marginalisée, réduite à un genre mineur, la chanson kabyle a renoué avec le fonds traditionnel berbère grâce à Lounis Aït Menguellet, dans le sillon du grand Slimane Azem, interdit d’antenne en Algérie durant plus de vingt-cinq ans. L’auteur de Asefru a su créer des formes et des structures propres à sa poésie en jouant sur l’ambiguïté de sens des mots qu’il utilise, permettant une interprétation plurielle de la part de ses auditeurs. Loin de se circonscrire aux seules diasporas, langues et cultures kabyles mobilisent un public large, dont les mélodies autant que les textes, souvent traduits, portent les espoirs des peuples à être reconnus comme légitimes dans leur expression culturelle et artistiques. Son concert le 22 juin au théâtre de la Sucrière dans le 15e arrondissement est un événement pour des générations de Marseillais.

L’exil est une des thématiques principales des chansons d’Idir, de Djamel Allam ou d’Houria Aïchi qui accompagnent les parcours des familles immigrées à Marseille. Elles témoignent d’un matrimoine et d’un patrimoine puissants. Au niveau international, les imaginaires amazighes résonnent dans les textes de Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Taos Amrouche et bien d’autres… C’est ce que chacun pourra découvrir et partager lors d’ ateliers musique ou calligraphie à Campagne Lévêque les 19 et 20 juin (16h-19h), et en assistant au spectacle du conteur Farid Oukala, le 21 juin, Bachir et les sept épreuves, au 15e Art.

SAMIA CHABANI

Festival Tamazgha
Du 19 au 22 juin
Marseille
sudculture.org
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