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Martin Dupont sort du brouillard

Après trente ans de silence, Martin Dupont est de retour avec un nouvel album. Une réorchestration fidèle et transcendée de morceaux écrits dans les années 1980

Difficile de passer à côté des nombreuses story qui ont peuplé Instagram ces derniers jours. Martin Dupont était de nouveau sur scène, à l’Espace Julien de Marseille, ce lieu même où ils avaient raccroché les synthés trente ans plus tôt. Non content de ce retour qui fait office d’événement en soi, ils nous proposent un nouvel album intitulé Kintsugi, un neuf titres attendu dans quelques jours. 

Disque d’or
Le kintsugi est l’art japonais de réparation d’objets brisés à l’aide d’une jointure faite d’or. Une métaphore pour Alain Seghir, qui explique que ce disque « n’est pas un remix, ni un remastering, mais une recomposition élargie. On a pris les morceaux que je faisais à l’époque et ils sont métamorphosés. » On retrouve effectivement cette même énergie froide new-wave, qui nous emmène plus du côté de Glasgow, Manchester ou Berlin que de La Canebière. La voix d’Alain ne semble pas avoir bougé, celles de Brigitte Balian et Beverley Jane Crew non plus, si ce n’est en mieux. Le changement réside principalement dans la qualité du son, qu’on n’avait jamais connue aussi éclatante quand ils enregistraient à domicile, avec leurs moyens d’étudiants.

L’histoire du disque commence dans un concert à Paris. Alain Seghir, chanteur-leader du groupe, rencontre par hasard Thierry Sintoni et Sandy Casado, ex-Rise and Fall of a Decade. Ils lui annoncent qu’ils ont acheté une maison en Normandie, à quelques kilomètres à peine de sa résidence. Quelques échanges de sons plus tard, l’aventure est lancée, ils prévoient de sortir un single, puis un EP et finalement un neuf titres. 

Si vous avez déjà pris une baffe à l’écoute des premiers disques de Martin Dupont, prévoyez de la Biafine. Dès les premières notes, on est soufflés par l’impact des compositions du groupe, cette fois-ci passées à la moulinette d’une production plus que soignée. Le constat est implacable sur He saw the light, qui semble sorti du brouillard, ou des ténèbres, venu se venger d’un manque de reconnaissance dont il aurait souffert. La suite est dans la même lignée. Martin Dupont nous propose une nouvelle porte d’entrée dans son univers, sans rien renier de ce qu’il est, un ovni à l’étrangeté fascinante, encore et toujours.  

NICOLAS SANTUCCI

Kintsugi, Martin Dupont
Une coproduction Meidosem, Infrastition et Minimal Wave
Sortie le 7 février 2023
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