samedi 11 avril 2026
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A feu doux.: « Il faut bien que vieillesse se passe »

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A Feu doux (C) Arizona distribution

Une octogénaire est en plein préparatifs culinaires. Après avoir dressé la table, elle s’habille avec soin et élégance dans une atmosphère feutrée. Elle attend un homme… un rendez vous galant. Lorsqu’il arrive et à sa demande, il se présente Il s’appelle Steeve (H. Jon Benjamin) et il est architecte. Il lui demande des nouvelles de sa santé. puis lui annonce qu’ils vont partir : un voyage surprise. Il semble gêné devant les regards et un geste tendre de Ruth. C’est par cette séquence qui met le spectateur un peu mal à l’aise que commence le film de Sarah Friedland, A Feu Doux ( Familiar touch). Et le voyage surprise en est bien un ! Ruth, qui perd la mémoire, est placée dans un établissement spécialisé, Bella Vista, un lieu où tout est fait pour rendre le plus agréable possible la vie des personnes qui ont perdu leur autonomie. Elle est prise en charge par la douce Vanessa, (Carolyn Michelle) et l’équipe médicale. Et c’est cette nouvelle vie que nous fait partager Sarah Friedland qui a écrit son scenario à partir d’expériences à la fois personnelles et professionnelles : la relation avec sa grand-mère et son travail en tant qu’assistante pour  artistes new yorkais en proie à des troubles de la mémoire. «J’’ai compris que si je voulais vraiment faire un film contre l’âgisme, mes méthodes devaient refléter l’éthique du projet. » Elle a donc travaillé avec les résidents de la Villa Gardens Health Center Community qui ont, dit –elle, apporté beaucoup de nuances dans le ton, l’humour, l’absurdité et la bizarrerie du film. Contrairement à nos craintes de spectateur sur le sujet, le placement d’une femme en maison de retraite, on ne sort pas de ce film démoralisé. Car si Ruth, perd la mémoire, elle garde sa vivacité dont vont faire l’expérience soignants et résidents. Les scènes cocasses se succèdent ; recette du bortsch donnée au médecin qui l’examine, préparation, à la place du cuisinier,  d’assiettes alléchantes pour les pensionnaires, atelier de décorations. Ruth est certes déconnectée du réel mais emmène souvent, dans sa réalité à elle, son entourage, emporté par sa joie de vivre et son sourire. Sur le visage de Kathleen Chalfant qui l’interprète superbement passent successivement la joie, l’enthousiasme, l’énergie, le désarroi, la colère, la tristesse parfois  de cette femme qui a vieilli.

Un film dont la mise en scène, en particulier dans la manière de filmer les corps, le cadre, les couleurs,  aborde sans pathos, avec beaucoup d’humanité la question du grand âge et de l’oubli. « J’espère que certains sortiront de la salle plus liés à leur propre incarnation et avec ce que signifie vieillir. » précise Sarah Friedland.  On l’espère…

Annie Gava

A feu doux, qui a obtenu à la dernière Mostra de Venise le Lion du futur du meilleur premier film,  la meilleure réalisation « Orizzonti » et le Prix de la meilleure actrice pour Kathleen Chalfant ,sort en salles le 13 août

« Brief History of a family » : l’Intrus

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@Tandem Films

La singularité d’un film se dévoile souvent dès les premiers plans. Le premier long métrage de Jianjie Lin est de ceux-là. Un jeune garçon, vu de dos, opère une traction sur une barre fixe de gymnastique. On ne voit que le haut de son corps, ses bras contractés ; on entend son râle de souffrance marquant sa détermination à tenir le plus longtemps possible. Image minimaliste, léchée, délimitant le réel comme un cache opératoire. Un ballon lancé par quelqu’un hors champ, frappera l’adolescent provoquant sa chute. On est dans un lycée chinois d’une grande ville indéterminée. Tu Wei (Lin Muran), enfant unique d’une famille aisée vient d’agresser on ne sait pas pourquoi Yan Shuo (Sun Xilun), élève studieux, solitaire, mutique, et d’origine modeste. Est-ce pour se faire pardonner que Wei l’invite chez lui ? Est-ce par curiosité ? Ou encore pour en faire un partenaire de jeu ? En tout état de cause, cette décision va enclencher un processus de parasitage de la cellule familiale de Wei ; un jeu de manipulations, qui révèlera sous la surface lisse et polie de cette famille modèle, les frustrations, les émotions réprimées, les non-dits.

Le père de Wei est biologiste. Un chercheur-conférencier, spécialiste des mécanismes de pénétration d’agents pathogènes dans les cellules. Comme Yan Shuo, le virus SARL CoV2 entre dans les cellules-hôtes grâce à la médiation des protéines – qui par analogie, seraient ici des désirs refoulés. Dans un cache circulaire figurant le cercle d’un microscope, on voit ces pénétrations. Shuo ne fait qu’utiliser les faiblesses et les rêves de chacun pour s’installer et se faire peu à peu adopter. Culpabiliser ces nantis qui vivent dans une belle maison au design élégant. Se faire complice des mensonges de Tu Wei, passionné d’escrime, peu intéressé par les études et branché en permanence sur des jeux vidéo. Émouvoir sa mère (Ke-Yu Guo) en lui racontant qu’il a perdu la sienne à 10 ans et que son père alcoolique le bat ; en partageant avec elle les corvées de courses et de cuisine, en l’interrogeant sur ses goûts. On saura qu’elle a renoncé à sa carrière d’hôtesse de l’air pour devenir femme au foyer. On apprendra plus tard que la politique de l’enfant unique et la carrière de son mari lui ont imposé un avortement. Yan Shuo va séduire également le père (Zu Feng), obsédé par la réussite sociale, en incarnant le fils qu’il aurait voulu avoir, ambitieux, persévérant, mélomane. L’antithèse du sien.

Le flou et le net

La joie revient dans ce foyer un peu glacé en même temps que grandit le malaise. Wei est jaloux de ce garçon qui le supplante. Qui est vraiment Yan Shuo ? Un orphelin à protéger ? Un psychopathe ? un calculateur incapable de sentiments ? un parricide ?  Quelle est la part de vérité dans ses récits ? Est-on dans un Théorème pasolinien à la chinoise ? Un thriller social ? Avec une grande virtuosité, le scénario égrène les doutes, cultive la paranoïa. On voit trouble à travers l’eau d’un aquarium. Les brise-vue aux motifs floraux de l’intérieur du foyer, et les vitres fumées brouillent les pistes. Le flou et le net se répondent dans une mise en scène au cordeau. La musique de Toke Brorson Oden accentue la tension et Le Clavier bien tempéré de J-S Bach, admiré par le père de Tu Wei et Yan Shuo, décline ses préludes sur tous les tons, en mineur et majeur. On en redemande.

ELISE PADOVANI

Brief History of a Family, Jianjie Lin,

En salles, le 13 août

Claviers en clair-obscur et cordes complices

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Récitals romantiques et dialogues lyriquissimes : une édition dense et habitée des Nuits Pianistiques 2025

Au fil de trois soirées, les Nuits Pianistiques ont décliné trois univers distincts. L’édition 2025, fidèle à sa tradition de caractère et d’exigence, s’est ouverte cette année à un répertoire davantage chambriste. Le résultat se révèle enthousiasmant : un panorama élargi et passionnant où le répertoire romantique côtoyait des alliances instrumentales plus inattendues, dans l’acoustique limpide de l’auditorium Campra. Et qui aura, de fait, séduit un public plus large.

Chopin en clair-obscur
Le récital de Gianluca Luisi, consacré à l’intégrale des 24 Préludes opus 28 et des quatre Ballades, a d’emblée plongé le public dans un voyage intérieur au cœur de l’univers chopinien. Du premier Prélude, aux dissonances subtilement soulignées, à la mélancolie voilée du tout dernier, en passant par des élans héroïques et tragiques jalonnant l’opus, le pianiste déploie un art du phrasé laissant respirer chaque ligne mélodique. Sa clarté d’articulation dans les préludes rapides, son rubato souple dans les pages plus méditatives, et la finesse du toucher dans la Ballade n°4 en fa mineur font de cette soirée un sommet de sensibilité, sans esbroufe ni affèterie.

Romantisme voilé

Le lendemain, le trio formé par Nikita Mndoyants (piano), Pierre-Stéphane Schmidlet (violon) et Véronique Marin (violoncelle) propose un programme tissé comme un fil rouge : l’ombre de Brahms semble planer sur son inspirateur Beethoven comme sur son protégé Dvořák. Dans le Trio « Les Esprits » n°1 opus 70 en ré majeur, les élans lumineux des mouvements rapides contrastent avec un Largo assai presque spectral, où la retenue expressive des interprètes renforce la tension à l’œuvre. Le Trio Dumky n°4 opus 90, plus expansif, amalgame un spleen fin de siècle et l’énergie solaire des danses populaires d’Europe centrale. Un souffle dramatique affleure, porté par la puissance technique et la cohésion d’un trio pourtant réuni, depuis quelques jours peine, autour de l’académie afférente.

Espagne rêvée

Changement d’atmosphère le 5 août : la flûte de Jean Ferrandis et la guitare d’Emmanuel Rossfelder entraînent l’auditoire dans un programme lumineux, où les rythmes syncopés de l’Histoire du Tango de Piazzolla et les arabesques de Tárrega (Recuerdos de la Alhambra, La Gran Jota) côtoient la vivacité de l’Entr’acte d’Ibert et la pureté contrapuntique de la Sonate en le mineur BWV 1030 de Bach. La Carmen Fantaisie de Bizet, revue et transcrite par Borne, conclue le programme sur une note théâtrale et virtuose. Les bis – une Vocalise de Villa-Lobos et une Sérénade de Schubert – révèlent une complicité instrumentale rare, les timbres se mariant en un équilibre chatoyant et l’entente rythmique se révélant particulièrement solide.

SUZANNE CANESSA


Le festival s’est déroulé du 29 juillet au 8 août

De mémoires et de luttes

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Photo © Karina Cabral

Le 31 juillet est la Journée Internationale des Femmes Africaines depuis 1974, une consécration qui a vu le jour grâce à Aoua Keïta, une sage-femme et femme politique malienne, le jour anniversaire du premier Congrès de l’Organisation Panafricaine des Femmes, ayant eu lieu en 1962 au Sénégal.
À Marseille, ville cosmopolite, c’est pourtant la première fois que la JIFA est célébrée… manque de moyens, explique Mialy Razakarivony, mais aussi d’un manque de reconnaissance ? C’est elle qui a pensé l’initiative aux côtés de ses consœurs, il y a quelques mois seulement. L’idée est alors de permettre aux femmes issues de la diaspora africaine à Marseille de se rassembler, de faire communauté, et surtout de les mettre en lumière.

« À nos ancêtres africains »

La soirée commence à 18h par une cérémonie spirituelle et collective guidée par Marisoa Ramonja, accompagnée d’un trio de percussions. Un rituel pour honorer les ancêtres africains et souhaiter la bienvenue en cette journée spéciale. Marisoa a tenu à rappeler une chose fondamentale : l’Afrique est un continent, pluriel et comptant un grand nombre de pays — qu’elle a pris le soin de nommer un à un. Puis Fatima Ahmed a chanté une berceuse comorienne, reprise en cœur par quelques femmes de l’assemblée et toutes les personnes qui se sentaient appelées à la reprendre.

À l’entrée des Grandes Tables des stands des associations Cap Vert Avenir et DMMC accueillent chaleureusement le public avec des pâtisseries orientales et capverdiennes. Plusieurs personnes portent leurs habits en tissu africain : l’ambiance est à la célébration et au partage.

Prendre la parole

S’ensuit une table ronde, essentielle, dédiée à la parole des femmes africaines, trop souvent amoindrie et invisibilisée. Un panel de femmes puissantes s’affiche devant l’audience : l’artiste plasticienne et visuelle Daja Do Rosario, Mathilde Ramos, fondatrice de l’association Couleur Terre, Thérèse Basse, entrepreneuse sociétale, à Belsunce avec le concept store « Carrefour du Monde » et Marisoa Ramonja, autrice et performeuse, animé par Jacqueline Corréa, coach en emploi-insertion.

© Karina Cabral

Avant que la discussion commence, Mathilde Ramos verse de l’eau à terre : pour se mettre en relation avec les ancêtres d’origine. L’échange se concentre autour des « Empreintes Africaines », celles qui ont été laissées et celles que l’on dépose à notre tour. Les quatre invitées ont toute une empreinte ancrée sur le territoire marseillais : Daja Da Rosario évoque sa démarche de création autour du tissage de matériaux naturels et de récupération (raphia, fil de fer, chutes de tissu, cuir), ses productions sont exposées pour décorer la salle. Marisoa Ramonja remémore des rituels autour des menstruations (« seul sang qui s’écoule naturellement »), du corps, mais aussi les questions liées à son métissage, à la maternité et à la mort. Thérèse Basse rappelle l’importance de la transmission des traditions, de l’héritage, de l’animisme. Elle répète que les empreintes sont aussi un geste simple envers son prochain. Mathilde Ramos invoque enfin son amour pour l’écriture dans laquelle elle entend laisser ses empreintes et celles du monde, notamment à travers le récit panafricain.

Un hommage est également rendu aux femmes qui les ont inspirées : les mères en premier lieu, dites utérines, mais aussi celle que l’on considère comme telles : les sœurs, les amies…

© Karina Cabral

Incarner la culture

La soirée s’est terminée par un défilé de Djivani Créations, entre tradition et modernité. Des vêtements traditionnels ont été présentés : des tenues de mariages comoriennes, ou revisités avec les tissus comoriens, de grands drapés aux couleurs chaudes, faits de pièces de kanga ou des chemises maouwa, sont venues compléter le tableaux.

Puis un concert inédit fait se rencontrer trois cultures : amazighe (Algérie), sérère (Sénégal) et maloya (Réunion). Très vite, l’énergie féminine a embarqué les Grandes Tables de la Friche, portée par un chant berbère — à la fois berceuse et cri de lutte.

LILLI BERTON FOUCHET

La série d’évènements autour de la Journée Internationale des Femmes Africaines s’est déroulée du 21 juillet au 3 août dans divers lieux à Marseille.

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Bijou Brut

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© Ruth Walz

Lors d’une conférence en hommage à Pierre Audi, son dramaturge et conseiller Timothée Picard évoquait l’aspect le plus secret – et sans doute le plus singulier – de sa vision artistique : un opéra conçu comme un rituel, traversé par une spiritualité discrète mais essentielle. C’est là tout le cœur de The Nine Jewelled Deer, opéra-monde adapté des Jātakas, récits des vies antérieures du Bouddha. Ce conte composite, à la fois méditatif et incarné, invite à une communion rare : le public y entonne une ritournelle en tamoul puis un bourdon vibrant qui clôt cette fresque de l’intime – fait presque inimaginable dans un festival qui interdisait il y a peu d’applaudir entre les airs. 

Le spectacle se déploie en trois tableaux : une fresque rupestre chinoise où une biche miraculeuse sauve un homme de la noyade ; une cuisine indienne contemporaine, refuge de soin et de transmission ; et enfin, le jardin d’un moine où s’enseigne l’« Éveil ». Le livret poétique dépouillé de Lauren Groff et les paysages picturaux de Julie Mehretu peuplent cet opéra d’ombres et de lumières. Créé en partenariat avec la Fondation LUMA, il prolonge la quête de Pierre Audi : faire de l’opéra un espace de transformation intérieure.

Trois femmes puissantes

Porté avec élégance par Peter Sellars, le projet laisse pleinement rayonner les voix complices qui l’animent, au premier rang desquelles celle de la compositrice Sivan Eldar et de la chanteuse Ganavya Doraiswamy. Formée à Berkeley et à l’IRCAM, Eldar s’impose ici en observatrice attentive, laissant toute latitude à l’inspiration de son interprète américano-indienne. Poétesse, chanteuse, improvisatrice singulière, Ganavya Doraiswamy conduit les spectateurs vers des territoires inconnus avec une douceur presque chamanique.

Leur dialogue donne naissance à un langage musical à deux têtes, aux croisements féconds. On y entend la musique instrumentale dite « classique– avec Nurit Stark, au violon et à l’alto, et Sonia Wieder-Atherton, bouleversante au violoncelle. Le souffle du jazz et de la musique contemporaine irrigue aussi la partition, à travers les anches fiévreuses de la clarinettiste Dana Barak et du saxophoniste Hayden Chisholm. La matière électronique, pilotée avec finesse par Augustin Muller, s’enlace aux rythmes traditionnels indiens, portés par les percussions de Rajna Swaminathan et les voix habitées de Ganavya Doraiswamy et d’Aruna Sairam – légende du chant carnatique et véritable mémoire vivante, qui incarne ici Seetha Doraiswamy, la grand-mère de la chanteuse.

C’est dans cette invocation intime que The Nine Jewelled Deer trouve sa force la plus émotive. La figure de Seetha, fondatrice d’un « kitchen orchestra » dédié au soin des femmes, dit la transmission, la résistance, la réparation. L’opéra devient alors un geste de guérison, où le chant panse les blessures, où la voix protège. Lorsque surgit un chant en forme de cri étouffé, confronté aux clameurs d’un violoncelle primitif, le spectacle se fait plus sombre, évoquant le pillage – humain, spirituel, symbolique – qui traverse les siècles.

SUZANNE CANESSA

The Nine Jewelled Deer a été joué du 6 au 8 juillet au LUMA -Arles et du 13 au 16 juillet au Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence

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Bach et Brahms à l’abbaye

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Zvi Plesser © X-DR

C’est toujours une grande émotion lorsque retentissent les premières notes du prélude de la Suite N°1 en sol majeur BWV 1007 de Bach. Dans la belle acoustique de l’Abbaye de Sainte Croix, l’un des cadres du Festival international de musique de chambre de Salon, celui-ci résonne magistralement d’autant qu’il est interprété non pas par un mais deux violoncellistes. 

Le projet de Zvi Plesser et de Hillel Zori deux musiciens israéliens de dimension internationale est audacieux : transformer la voix solitaire du violoncelle en un dialogue à deux instruments, en distribuant les voix. À Salon, ZviPlesser est accompagné par Benedict Kloeckner. La Suite N° 1 estsans doute une des œuvres les plus célèbres du répertoire pour violoncelle. Et si Bach reste Bach, avec cette exigence, cette sacralité, ce recueillement, le jeu entre les musiciens allège le propos qui prend parfois le chemin d’une douce allégresse. Tout au long de l’œuvre, Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, Menuets I & II, Gigue, les violoncelles se répondent et se complètent. Zvi Plesser, le plus âgé harmonise, dans un rôle de basse continue qui ne lâche rien de la ligne originale. Benedict, avec ses gestes amples, ses pizzicatos à l’élégance d’un luth, virevolte. 

Tempête musicale

Changement total de programme avec l’arrivée sur scène de la violoniste Clémence De Forceville, élégante et délicate, de l’altiste Amihai Grosz et du pianiste Franck Braley qui rejoignent Benedict sur scène pour le Quatuor pour piano et cordes n°3 en ut mineur, opus 60, œuvre majeure de Johannes Brahms, surnommée le « Quatuor Werther», référence au roman de Goethe Les Souffrances du jeune Werther, à son intensité émotionnelle et son atmosphère tragique.

Depuis son Steinway, en fond de scène, Braley, à la beauté christique (ou diabolique), virtuose, précis, énergique, dirige les trois cordes endiablées dans les deux premiers mouvements, sereines dans l’Andante débutant par un solo de violoncelle apaisé qui marque l’accalmie après cette tempête musicale. La connexion entre les instrumentistes est totale jusque dans leurs respirations et leurs souffles qui s’accordent. On mesure à leur contact, dans la richesse de la proximité de la musique de chambre, ce qu’excellence veut dire. L’œuvre donne large place aux solos, qui permet d’apprécier les qualités exceptionnelles de chaque instrumentiste. Le final est un feu d’artifice dont on peine à se remettre. 

Il faut bien quelques minutes pour entrer à nouveau dans la Suite N°3 en ut majeur BWV 1009 de Bach interprétée, elle aussi, par les deux violoncellistes. Maispleine d’énergie, affirmée et rayonnante, elle finit par s’imposer.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le concert s’est déroulé le 29 juillet, à l’Abbaye de Sainte-Croix

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Aimer Claudel après un siècle

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© Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

Une ministre qui boude le Festival et sa Cour d’Honneur sous prétexte qu’ils seraient élitistes, et préfère s’afficher, malgré son train de vie luxueux et ses ennuis judiciaires, dans les EPHAD et les campings, qui ne la contestent pas. 

Une langue arabe qui ne s’est pas suffisamment invitée et des formes chorégraphiques, ou de théâtre du réel, qui n’ont pas toujours su habiter des lieux magiques, amples et historiques. 

Une actualité menaçante et brûlante qui s’invite dans les prises de parole -comment peut-on faire théâtre quand un peuple meurt ? 

Et la canicule assommante, puis un orage diluvien pour la première de la nuit claudélienne à Avignon. 

Quel théâtre pourra renaître du Déluge ?

Peut-être la Cour est-elle une arche sacrée, car le miracle a bien eu lieu. Éric Ruf et les incandescents acteurs de la Comédie-Française ont réussi à contourner tous les obstacles insupportablement réacs de Claudel pour en garder, ou plutôt pour en faire surgir, tout le sublime. 

Claudel est réac

Le Soulier. Œuvre mythique de Claudel, presque jamais jouée, et très peu étudiée aujourd’hui. La dernière fois qu’elle a été proposée aux bacheliers de théâtre ils se sont offusqués du racisme et du sexisme latent, du catholicisme militant et omniprésent d’une œuvre écrite pourtant après Ubu, la séparation de l’Église et de l’État, au cœur des années folles et aux débuts du Surréalisme. Claudel, diplomate et grand voyageur, n’est pas seulement un homme de son temps : il était colonialiste, et affirme clairement, avec le personnage de « négresse »  Jobarbara mais pas seulement, que les « maures », les « nègres », les chinois, les indiens d’Amérique, sont des peuples à conquérir, et les japonais et les ottomans à combattre. 

Car Le Soulier de satin, sous-titré « Le pire n’est pas certain », repose sur des faits historiques à peine revisités, mais très interprétés. Il se situe au moment de la conquête des Amériques (et du massacre des « indiens ») que mène avec fierté puis ennui Don Rodrigue, le héros. Il se conclut par une union qui renouvelle l’espoir :  Marie des Sept épées, fille mystique de Prouhèze et Rodrigue, s’enfuit combattre pour délivrer les Chrétiens avec Jean d’Autriche, bâtard céleste du « Roi de Naples » (Charles Quint dans les faits ) et de Dona Musique. 

Dans l’Histoire réelle, ce Don Juan d’Autriche a effectivement pris la tête de la flotte de la Sainte Ligue, combattu avec une certaine Maria travestie en soldat, et détruit les morisques de la côte marocaine -le Mogador claudélien- puis la flotte ottomane (20000 morts) au nom de la Papauté lors de la bataille de Lépante. Celle qui a permis la suprématie européenne en Méditerranée, et la colonisation de l’Afrique. « Le pire n’est pas certain », c’est cette conclusion de satin, la victoire des Chrétiens sur les Ottomans (eux-mêmes esclavagistes et colonialistes).

Claudel est injouable

Claudel est donc clairement un suprémaciste européen. C’est aussi un fou de Dieu, version catholique. Dans Le Soulier de satin il place dans la femme à la fois le poids de la faute et la possibilité de la grâce. Il l’affuble d’un ange gardien qui, pour qu’elle gagne son salut et préserve celui du conquérant Rodrigue (qui veut « offrir le monde » à l’Espagne), l’enchaîne à son vieux mari puis à un deuxième époux qui la viole et la torture. Tout vaut mieux que le divorce, rupture de l’union sacrée. Comme dans toute l’œuvre claudélienne (Ysée, Marthe, Violaine…)  et comme dans sa vie (Rosalie Vetch sa passion mariée, Camille sa sœur aînée, Louise sa fille adultérine cachée), les femmes sont fortes, passionnément aimées, passionnément aimantes… et destinées au sacrifice.

Difficile, aujourd’hui d’adhérer à ce refus du plaisir terrestre, et de ne pas être sidéré·e·s par la tranquille sûreté de la domination européenne, masculine, bourgeoise, catholique, qui sévit dans ses pièces. D’autant que les douze heures du Soulier de satin n’incitent pas non plus à risquer la représentation. Qui pourtant, depuis près 100 ans, survient, rarement mais régulièrement. 

Claudel est joué

Écrit entre 1919 et 1924, publié en 1929, le Soulier de Satin n’est créé qu’en 1943, durant l’Occupation, dans une version raccourcie mise en scène par Jean-Louis Barrault qui en créera ensuite deux versions plus complètes, dans les années 70 et 80. 

Mais c’est la mise en scène de Vitez en 1987 qui a marqué les mémoires. Joué presque intégralement -en dehors des passages ouvertement colonialistes- il en a raboté très volontairement le caractère religieux, dans la nuit d’un Palais des papes désacralisé, faisant des amoureux le jouet des calculs politiques. 

Puis Olivier Py, habité quant à lui par le sacré et la notion de Grâce, en avait en 2003 donné une lecture plus baroque, construite sur les contradictions du désir, des imbrications de théâtre dans le théâtre, comme si les âmes ne jouaient pas ici-bas leur véritable destin, qui s’inscrit dans un au-delà de la scène et du monde. 

Que pouvait donc en faire Éric Ruf, directeur de la Comédie-Française créée par Molière, dans le lieu qui vit naître le plus grand festival de théâtre du monde ?  

Un Soulier qui s’envole

Il traite le texte comme un classique. Un Shakespeare, un Corneille, un Molière. Nos représentations interrogent aujourd’hui l’Othello noir, le Shylock avaricieux, La Mégère qui s’apprivoise, les Savantes qui doivent rester à leur place et les Bourgeois qui prétendent sortir de leur classe. Il suffit de marquer la distance, de couper les passages problématiques, de se moquer des discriminations raciales, sexistes et sociales pour ne pas en être complices, et continuer à monter notre répertoire. On ne se demande plus, aujourd’hui, quels « mores » le Cid, autre Rodrigue, combat en arrivant au port, on écoute les vers et l’intensité des passions.

Les versets claudéliens ont la même force que les alexandrins de Corneille. Poétique par moments où la langue se fait descriptive ou douloureuse, ironique souvent, dans les didascalies et les prologues, drôle carrément quand il caricature la cour d’Espagne, théâtrale, toujours, quand les personnages jouent sur la double énonciation, celle qui permet sur scène de s’adresser à leur partenaire, tout en faisant de l’œil au spectateur.

Ce que disent les rôles

Et c’est tout cela que la mise en scène d’Éric Ruf capte et restitue avec une agilité remarquable, portée par quelques belles coupes dans le sacré, et des choix qui mettent le racisme et le conservatisme de Claudel au placard : c’est Safa Yeboah qui incarne l’ange gardien qui tient Prouhèze en laisse,  Jobarbara est andalouse, Birane Ba incarne le vice-roi de Naples et le Chinois et Camille (Christophe Montenez) qui violente Prouhèze est nettement plus négatif, réprouvé, que celui que portait Robin Renucci en 1987. 

Éric Ruf joue aussi avec l’épaisseur du temps et des comédiens : le fait que Didier Sandre, qui jouait Rodrigue avec Vitez, incarne désormais le vieux mari de Prouhèze, jouée par Marina Hands qui reprend le rôle de Ludmila Mikaël sa mère, donne clairement à leur union « sacrée », celle que le ciel ne veut pas défaire, des couleurs d’inceste. La Cour d’Espagne, essoufflée, sans grâce, n’a rien de conquérant.

Sans décor dans le palais papal, ce sont les comédiens qui portent, dans les costumes somptueux de Christian Lacroix, toute l’architecture, l’élan, les subtilités du spectacle. Construisant dès l’entrée une chaleureuse relation, directe, avec le public, avançant parmi les spectateurs, généreux, partageant chaque complicité possible, ils désacralisent le texte, mais aussi la cérémonie théâtrale, en la restituant dans toute sa simplicité apparente, comme des virtuoses absolus. 

Laurent Stocker, Marina Hands, Florence Viala sont des acteurs immenses. Danièle Lebrun, à 88 ans, fait vibrer la salle tout au long d’une nuit où de bien plus jeunes, assis dans le public, ont du mal à tenir. Et Baptiste Chabaudy, étonnant Don Rodrigue, incarne le vieux pêcheur infirme avec autant de vérité que l’amoureux transi ou le conquérant blasé des premières journées.

Notre humanité commune

L’expérience commune, la fatigue, la durée, l’histoire qui emporte, les exploits continus des acteurs, le subtil aménagement du rythme qui fait alterner les tons et les espaces, les temps forts et les interludes, les magnifiques chants de la troupe en chœur, les musiciens qui laissent aussi flotter les émotions, les prolongeant ou les interrompant, tout cela construit un spectacle d’un genre nouveau, où le théâtre est discrètement transformé en une cérémonie très humaine. Très démocratique.

Au bout de la nuit, quand le jour commence à poindre, quelques-uns des 2000 spectateurs, très peu, ont quitté les gradins, vaincus par la fatigue et non pas par l’ennui. Tous et toutes les autres se lèvent, applaudissant à tout rompre, longtemps, ceux qui ont tant donné. Et s’applaudissant un peu aussi eux-mêmes, d’avoir tant reçu, et retrouvé intact le plaisir de partager le répertoire.

AGNÈS FRESCHEL

Le Soulier de satin, créé à la Comédie-Française, a été jouée au Festival d’Avignon du 19 au 25 juillet

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Cordes sensibles, voix nouvelles

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© VINCENT BEAUME.

Sur certains programmes du Festival d’Aix, les astérisques se multiplient. Celles-ci indiquent qui, parmi les artistes présents sur une production, est passé par l’académie de chant, de composition, d’instrument ou même de mise en scène proposée par le festival. Depuis sa fondation par Pierre Boulez en 1998, l’académie a accompagné et révélé de nombreux grands talents. Et il y a fort à parier que cette édition ne fasse pas exception.

Au diapason baroque

Présent tout au long d’Aix en Juin, la résidence voix a conclu son périple à la Villa Lily Pastré le 8 juillet. Et a fait preuve d’un courage certain face à l’acoustique peu clémente de ce lieu, pensé comme une solution de repli après la fermeture de l’Hôtel Maynier d’Oppède mais bien moins abrité des vents, et le choix d’un répertoire ancien, impulsé par le chef Sébastien Daucé et son Ensemble Correspondances.

Choix qui avait cependant de quoi ravir les amateurs du genre, notamment dans sa capacité à faire dialoguer le baroque italien et le baroque français, apparaissant ici bien plus proches dans leurs écritures et leurs enjeux que les interprétations historiquement informées ne pouvaient laisser présumer. Mais les pages de Lully, Cambefort, Charpentier et Cavalli se sont révélées peu propices au déploiement de la personnalité de ses jeunes interprètes. Sous la direction de Daucé mais également de l’affutée cheffe en résidence Guillemette Daboval, on découvre cependant avec surprise le timbre idéal, l’énonciation sans faille et les talents certains de comédienne de Mathilde Ortscheidt. Mais aussi la délicatesse de la soprano Meredith Wohlgemuth, le timbre soprano lyrique de Lucia Tumminelli, l’ampleur vocale impressionnante d’Emily Richter. Et, côté masculin, deux beaux ténors – Daniel Espinal et Matthew Goodheart – et d’impressionnants barytons – Armand Rabot et Navasard Hakobyan.

Cordes affranchies

Sous la houlette du Quatuor Diotima, la soirée de sortie de résidence instrument s’est quant à elle révélée une belle démonstration d’audace. Le Quatuor Poiesis, look punk-chic – jupe virevoltante, tatouages, chaussures à paillettes et piercings inclus –, s’imposera notamment avec ParaMetaString d’Unsuk Chin, directrice de la résidence de composition. Ce kaléidoscope de pizzicati filés, crissements furtifs et éclats métalliques entre échos électroniques et cordes métamorphosées, suspend la salle. L’ensemble sait également extraire le meilleur de la fougue beethovénienne : le premier mouvement du Razoumovski n° 1, net, incisif, incandescent, transporte l’auditoire.

Mais l’élégance et le souffle romantique du Quatuor Ineo ne furent pas en reste : sur Schulhoff, ses Cinq Pièces goguenardes et grinçantes, mais surtout sur Mozart et « Les Dissonances » dont la modernité frappe comme un éclat de verre – on croirait entendre Schönberg sous les archets. Deux créations issues de la résidence ont également marqué les esprits : les harmoniques tintinnabulantes de Leilehua Lanzilotti, jouant des cordes à vide comme d’un carillon sur l’écopoétique the water in your body is just visiting, puis l’octuor Nyx.Muse de Yiqing Zhu, vaste chambre d’échos où se reflète l’ombre d’Unsuk Chin. Frissons garantis.

SUZANNE CANESSA

Les concerts de sortie de résidence ont été donnés les 7 et 8 juillet au Conservatoire Darius Milhaud et à la Villa Lily Pastré.

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Radeau de fortune

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© Christophe Raynaud de Lage

Ultime création de François Tanguy, metteur en scène emblématique du Théâtre du Radeau, disparu en 2022, Par autan s’appuie sur des textes de Kleist, Shakespeare, Tchekhov, Dostoïevski, Kafka, Kierkegaard et Walser. Prolongement de la pièce Item, présentée un peu plus tôt lors de cette 79e édition du Festival d’AvignonPar autan se donne à voir sous la forme d’une baraque de fortune. Du sol au plafond, l’espace scénique est entièrement habillé de bois. Châssis anciens, plancher usé, meubles fatigués, planches dispersées çà et là : tout participe à construire ce radeau symbolique. Deux de ces planches forment une rampe reliant le bastingage à la terre ferme — métaphore d’un passage initiatique, d’une traversée aux côtés de la compagnie.

Ces rideaux de coton clair qui encadrent de part et d’autre le plateau rappellent les voiles gonflées par le vent. Mais la brise légère se transforme très rapidement en bourrasques, en vent d’autanfaisant dangereusement chanceler les comédiens, tels les marins s’agitant sur un pont fatigué aux prises avec les tourments d’une mer agitée. Il s’agit de lutter contre les forces contraires, invisibles, celles qui nous traversent, qui nous bouleversent, qui nous renversent. La forme rhapsodique du récit ébranle tout autant l’auditoire : on vogue difficilement sur cet assemblage verbal dont seul le capitaine  maîtrise la grammaire. 

Cette croisière interdisciplinaire d’une heure trente ne pouvait faire l’impasse musicale: Bach, Wagner, Bartok, au piano ou en stéréo, la balade est ainsi ponctuée de flots mélodiques qui révèlent la beauté des textes qu’elle exalte. Un tableau du célèbre peintre Paul Klee se dévoile à nos yeux, « l’art ne reproduit pas le visible, il le rend visible » célèbre citation du poète de l’abstraction. Il s’agit de transcender le réel par nos perceptions subjectives, pour mieux en dévoiler ses mystères. Ce radeau est  un manifeste, une déclaration d’amour éternel à l’art qui sauve, à l’art qui lutte. 

MICHELE GIQUIAUD

Par autan s’est joué du 12 au 14 juillet au Gymnase du Lycée Mistral 

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Et toujours en été

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© Mairie 1/7

Dans ce jardin public à quelques pas de la Corniche, un piano à queue attend sous un ciel très bleu que l’assemblée s’assagisse. Sous les doigts de Caroline Boirot, pour les sopranos Brigitte Peyré et Muriel Tomao, il s’apprête à retentir de toutes ses cordes frappées dans l’espace, de concert avec le son des vagues non loin de-là, et des gabians qu’il effraie un chouïa.

En cette belle fin d’après-midi, le trio a prévu un programme paritaire choisi non pas seulement pour sa beauté, mais aussi pour l’invisibilisation dont souffre une grande partie de ses compositrices. Lili Boulanger, Mel Bonis, Clara Schumann, Alma Mahler… Autant de répertoires illustres mais malheureusement oubliés dans l’histoire de la musique.

C’est ainsi l’occasion, pour beaucoup des spectateurs de tous âges qui se sont rassemblés au jardin de Benedetti, de les découvrir, en compagnie de confrères dont la renommée s’est – étonnamment – moins érodée, comme Camille Saint-Saëns, Richard Strauss et Gabriel Fauré.

De polyphonies enchantées en aiguës plaisants, le lyrique duo Peyré-Tomao se balade sur ce répertoire en allemand, espagnol, français, entre lesquelles chansons les liaisons sont assurées en poésie par quelque traduction de leurs paroles.

Citons en particulier l’œuvre-titre Rêvons, c’est l’heure !, mélodie composée par Jules Massenet sur un poème de Verlaine, berceuse des moins endormantes mais des plus reposantes, et le duo final écrit par Alma Mahler, comme des éclats de rires en musique. Mentionnons aussi le brillant piano de Caroline Boirot, roulant sur Strauss, sautillant sur Brahms, étincelant sur Chaminade.

GABRIELLE SAUVIAT

Un spectacle donné le 9 juillet au Jardin de Benedetti et le 10 juillet au Musée d’Histoire de Marseille.
À venir
27 août au Jardin Labadie.

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