vendredi 10 avril 2026
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Charpentier revisité, Louise enfermée

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Louise — Festival d'Aix-en-Provence 2025 © Monika Rittershaus

Créée en 1900, cette fresque musicale de Gustave Charpentier est aujourd’hui rarement donnée. Pourtant cet opéra, considéré avant l’heure comme féministe et socialiste, reste d’une grande actualité. Il raconte l’histoire d’une jeune couturière qui tente de s’émanciper de l’aliénation familiale pour vivre la bohême dans le Paris de la Belle époque. 

La structure de l’œuvre est binaire : une première partie étouffante, lente et confinée, est suivie d’une seconde partie exaltée où la liberté s’embrase comme la baguette incisive et alerte de Giaomo Sagripanti dirigeant l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Lyon. 

Les premiers actes se déroulent dans un huis clos oppressant dont on ne sait trop s’il a pour cadre l’appartement familial de Louise ou un hôpital psychiatrique. La jeune héroïne, soumise à l’autorité paternelle, vit dans l’attente d’un possible ailleurs. Elsa Dreisig, dans le rôle-titre, campe une Louise fragile, presque éteinte, traduisant avec justesse l’état de latence du personnage. Son timbre chaleureux, sa diction fine et sa présence scénique procurent chez le spectateur une empathie immédiate.

Face à elle, le Père, ouvrier rude, aimant – beaucoup trop aimant – incarne l’ordre patriarcal. La basse Nicolas Courjal, lui donne corps et dans ses silences comme ses supplications, impose une intensité dramatique constante. À ses côtés, Sophie Koch, joue à merveille une mère violente et complice de ce père toxique et manipulateur.

Fragile échappée

Le troisième acte est un basculement. Les fenêtres s’ouvrent sur Montmartre, espace coloré, vivant dans lequel Julien, l’amant poète et bohème de Louise, représente l’appel de l’ailleurs. Le ténor britannique Adam Smith livre une interprétation aérienne de l’idéalisme de la jeunesse. Dans cet environnement, la voix de Louise, qui se rêve en « muse de la butte » se libère. Et lorsque vient le célèbre air Depuis le jour où je me suis donnée, Dreisig atteint un sommet d’émotion. 

Mais cette fuite est fragile. Le quatrième acte ramène Louise au foyer. Le père attendrissant, joue de la corde affective pour récupérer sa fille. Courjal éblouit, modulant sa voix avec subtilité, mêlant culpabilisation et douleur. Louise hésite, vacille… explose. Dans une scène finale d’une violence orchestrale et vocale saisissante, elle crie, hurle, son désir d’indépendance face à ce père pervers qui la maintient sous emprise. 

Mais si Charpentier avait choisi, en happy end, la liberté pour Louise, ce n’est pas le parti pris de Loy qui la ramène à la maison et l’assigne à résidence. Tragiquement.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Jusqu’au 13 juillet 
Théâtre de l’Archevêché 

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La Distance, prétexte à l’universel 

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LA DISTANCE © Christophe Raynaud

Un décor désertique, un arbre mort et un grand rocher. Une pile de livres et un vieux tourne disque. Un père (Adama Diop) se tient là, dans un costume vintage. Il vient de découvrir que sa fille, Amina (Alison Dechamps), a décidé de partir vivre sur Mars sans le prévenir. C’est en tout cas ce qu’on comprend dans le message qu’il enregistre pour lui envoyer. Telle est la première image de La Distance, pièce créée par Tiago Rodrigues au Festival d’Avignon. Celle-ci se construit autour de cette correspondance interstellaire entre le père, resté sur une Terre dystopique, et la fille qui a été sélectionnée pour participer à la création d’une Nouvelle Humanité sur Mars, une société eugéniste et autoritaire qui n’est pas sans rappeler d’autres dystopies qui ont nourri nos imaginaires – et les projets d’un milliardaire techno-fasciste. 

Mais Amina, contrairement à son père, y voit une utopie pour laquelle elle est prête à sacrifier sa vie, à oublier son passé. Car pour intégrer pleinement cette nouvelle société martienne, elle doit se soumettre à un traitement qui efface peu à peu ses souvenirs de sa vie d’avant. Chacun installé d’un côté d’un décor qui tourne sur lui même, ne laissant apparaître qu’un des deux à la fois, ils tentent de communiquer, de se dire les choses une dernière fois avant que sa mémoire s’efface complètement. 

Un monde vide 

Leurs convictions respectives se mêlent à leurs sentiments. Lui croit en la possibilité de créer un monde meilleur sur terre et cherche à la convaincre de rentrer. Elle a pris sa décision de rester et souhaite juste qu’il l’accepte. Le caractère presque caricatural de ce conflit est renforcé par leur séparation physique et par le manque de développement de l’univers dans lequel ils évoluent. Il est question de grands effondrements, d’une opposition entre des Républiques et des Corpo Nations, sans qu’on ne sache vraiment comment on en est arrivé là. Ce monde post-apocalyptique, dont on a à la fois trop et pas assez de détail, demeure une simple toile de fond pour leur relation. 

Mais si la pièce manque de substance à cet endroit, Tiago Rodrigues y déploie un lyrisme sans borne, appuyé aussi bien par l’interprétation d’Adama Diop, brillant dans son désespoir de père, que par la mise en espace. La rotation du décor qui accélère à mesure que le temps se fait plus pressant pour les personnages, puis s’interrompt pour leur offrir un moment de communion que l’on sait éphémère, l’exceptionnel jeu des lumières, qui alterne entre des ambiances chaudes et d’autres cauchemardesques plongent nos sens dans un état d’alerte permanent. On ressort bouleversé de cette pièce qui parvient à toucher à quelque chose d’universel, la peur de perdre un être cher, et ce malgré ses insuffisances. 

CHLOÉ MACAIRE

Jusqu’au 26 juillet 
L’Autre Scène, Vedène

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Avant le soir s’ouvre en jovialité

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© Mairie 1_7

Première date avant une série de trente-six représentations attendues cet été, Jouir a rassemblé un public nombreux, éclectique et enthousiaste dans le square Bertie-Albrecht. Et ce malgré la profusion de propositions culturelles à l’orée de l’été, ainsi qu’une chaleur particulièrement écrasante. Il faut dire que la compagnie Notre Insouciance n’y est pas exactement une nouvelle venue : Joseph Lemarignier et Camille Dordoigne étaient déjà présents sur la première édition du festival, et y sont depuis revenus le temps de prologues, et de leur joli duo Salut !. Plus conséquent, et présenté ici dans un format réduit, Jouir tire pleinement parti de leur aura solaire, de leur humour à toute épreuve et de leur énergie débordante. 

On (re)découvre chez l’un de vrais talents de musiciens, et un joli brin de voix ; chez l’autre, une capacité à faire rire du moindre mot, et un flow plutôt convaincant sur le bien-nommé « rap du clito ». Écrit et mis en scène par la comédienne Juliette Hecquet, le spectacle évoque avec humour, intelligence, et ce savant mélange entre crudité et pudeur le rapport des femmes à leur propre corps, et les obstacles sociétaux et psychologiques en tous genres se dressant entre tout·e un·e chacun·e et son accès à la jouissance. On y croise, sous les traits d’Emma Evain, une Lilith fort chagrine – et hilarante ; chez Florie Toffin une belle présence, nourrie de grâce mais aussi d’inquiétude. Chez Arthur Raynaud, c’est la douceur qui domine, de même que dans les interventions d’une maîtresse de cérémonie campée avec tendresse par Marcelle Alleaume. Le public, interpelé, se révèle très à l’écoute de ce spectacle aussi réjouissant que courageux.

SUZANNE CANESSA

Jouir a été joué les 4, 6 et 7 juillet dans les 1er et 7e arrondissements de Marseille.

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À nos chers disparus

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Goodbye Georges
Goodbye Georges © David Fraternali

La jeune compagnie L’engrenage aborde le problème de la disparition des êtres qui nous sont chers. Sujet sensible dont le choix surprend pour un spectacle prévu pour le plein air et un public varié. Pourtant la proposition est plutôt réjouissante. Pas de mélancolie. Maxime Christian explique qu’un jour son père lui a transmis ses dernières volontés. Cela l’a conduit à s’interroger sur le manque laissé par un cher disparu. 

De réflexion en discussions et improvisations avec les autres comédien·ne·s, l’écriture est venue. L’argument est simple : que faire des cendres de leur ami Georges, trop tôt disparu ? Au volant du camion jaune de la Poste qu’il a laissé, les voilà partis à trois sur les routes pour trouver un bel endroit pour disperser les cendres ! Mais le camion tombe en panne et un quatrième larron (impayable César Caire) les rejoint pour souffler la bougie de l’anniversaire de la mort et l’urne funéraire est installée sur le toit du camion. 

Peu à peu on bascule dans l’irréel. Et si on pouvait discuter avec les morts ? Un vieux poste transistor fait l’affaire. Finalement c’est surtout le plaisir d’être ensemble avec un but commun qui anime les quatre amis. Un peu loufoques, parfois maladroits, ils finissent par comprendre comment être ensemble. Les interprètes dansent, chantent et virevoltent : l’espiègle Athéna Amara joue du piano et escalade, Ligia Aranda-Martinez s’applique à disperser les cendres, Romeo Mariani s’évertue à faire un discours. La proposition est pleine de fantaisie et d’émotion positive.

CHRIS BOURGUE

Goodbye Georges de Maxime Christian se jouera à nouveau le 11 août au jardin Labadie.
Avant Avant le soir 

Comme les années précédentes, les spectacles présentés dans le cadre du dispositif Avant le soir sont précédés de courts prologues. Leur particularité est d’être préparés le matin pour le soir, leur permettant de s’adapter à l’actualité. Cette année Les aventures du roi Samson montrent un monarque qui ne trouve pas toujours sa voix pour donner ses ordres et gouverner. Une caricature grinçante de notre société et de ses disfonctionnements. 

CHRIS BOURGE

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La Folle Histoire de Marseille est lancée 

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Samia Chabani, commissaire de l'exposition Les statues des escaliers de la gare Saint-Charles © X-DR

C’est un nouveau rendez-vous, qui va ponctuer l’année 2025 puis 2026 à Marseille. Un festival d’histoire publique porté par la Ville de Marseille, en partenariat avec la revue L’HistoireLa Provence et Aix Marseille Université (Amu), qui entend « faire de l’histoire un bien commun vivant, partagé et accessible à toutes et tous. » Ce 4 juillet au Musée d’histoire, La Folle Histoire de Marseille accueillait les deux premiers rendez-vous de cette première édition « expérimentale » : une exposition sur les escaliers de la gare Saint-Charles, témoins du passé colonial de la ville, et une table ronde qui s’interrogeait sur le cosmopolitisme de Marseille.

2025, exposition décoloniale 

Au sous-sol, le musée présente l’exposition Les statues des escaliers de la gare Saint-Charles. Comment le passé colonial de Marseille marque le paysage urbain. Un premier rendez-vous pour La Folle Histoire de Marseille conçu par Samia Chabani – sociologue, directrice de l’association Ancrages, et collaboratrice au journal Zébuline rubrique Diasporik– qui met en avant l’histoire impériale et coloniale de la ville. Elle adopte une approche critique, invitant à débattre de l’iconographie coloniale encore présente dans l’espace public, en particulier dans cet escalier monumental.

Des panneaux et illustrations analysent les représentations symboliques présentes sur ces escaliers. Ils reflètent une conception hiérarchique de la société, marque de l’époque coloniale : au plus haut, les lions d’Ary Bitter, qui personnifient « Marseille et le Commerce/Marseille et l’Industrie ». Un palier en dessous, les pylônes d’Auguste Carli, avec Marseille en colonie grecque et porte de l’Orient. Et plus bas, des figures de femmes et d’enfants d’Afrique et d’Asie, : allégories coloniales de 1924 réalisées par Louis Botinelly sur les consignes précises du Port et des édiles. Des représentations qui sexualisent, voire animalisent, les femmes racisées représentées. L’exposition présente aussi les maquettes d’origine de ces statues, une affiche de l’exposition coloniale de 1922, ainsi que des mini-documentaires de Mars Imperium à découvrir.

Une histoire en mouvement

S’en est suivi une table ronde intitulée « Marseille : Porte du monde ? », vouée à éclaircir les récits migratoires à l’aide de quatre historiens spécialisés de l’Antiquité à l’époque actuelle. Modérée par Valérie Hannin, directrice de la rédaction de la revue L’Histoire et co-initiatrice du festival, la discussion interroge les imaginaires de Marseille « ville cosmopolite ». Si le point d’interrogation de la dénomination de la table ronde peut surprendre, Céline Regnard, historienne spécialiste des migrations et de Marseille à l’époque contemporaine, précise qu’en 2021, 15,7 % des habitants de Marseille sont nés à l’étranger, contre 20 % en région parisienne. 

L’échange se poursuit à l’époque de la Grèce antique avec Paulin Ismard, historien politique et social de cette période ; passe par Gilbert Buti, historien spécialiste d’histoire économique et sociale de l’Europe méditerranéenne moderne, qui analyse une peinture diffusée incarnant la diversité des peuples présents le vieux port de Marseille ; poursuit avec Benjamin Stora, grand historien spécialiste de l’Algérie contemporaine, qui évoque la connexion entre Alger et Marseille ainsi que les récits oubliés de cette communauté ; et revient à Céline Regnard, qui s’attèle à défaire les stéréotypes et à remémorer l’ambivalence de la ville.

LILLI BERTON FOUCHET 

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Villeneuve en scène 

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Cie Nokill © X-DR

Jusqu’au 20 juillet, le festival Villeneuve en scène devient un « centre culturel à ciel ouvert »comme le définit Brice Albernhe, son directeur depuis 10 ans. Dans la plaine de l’Abbaye, une programmation variée est présentée. La Cie Nokill propose son spectacle Camera Obscura : un film projeté sans électricité, mais pas sans idées ; Tes bras les soirs d’orage qui raconte une histoire d’adoption entre théâtre et danse à la médiathèque Saint Pons ; La Cie Maurice et les autres propose quant à elle Carmen, une adaptation de Bizet entre théâtre de tréteaux, théâtre musical et opéra. Avec onze spectacles programmés, Villeneuve en scène veut être le « jardin du festival d’Avignon » : moins rythmé, plus intime mais avec autant de qualité et de rencontres. 

LOLA FAORO

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Les Rencontres d’Été de La Chartreuse

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Affaires Familiales © Martin Argyroglo

En parallèle du Festival d’Avignon, Les Rencontres d’été de la Chartreuse reviennent avec trois spectacles, quatre lectures et une exposition du 8 au 25 juillet. Un « conte pour enfant à destination des adultes » de Léa Katherine Meier (Tous les sexes tombent du ciel). Le Festival d’Avignon y renouvelle son partenariat historique avec Affaires familiales d’Émilie Rousset où l’on plonge dans le quotidien d’avocates spécialisées. Cyrille Atlan propose, lui, un seul en scène entre texte et théâtre d’objet qui se questionne sur l’art brut (Henriette ou la fabrique des folles). La langue arabe étant l’invitée discrète du festival, le texte Le Mur ou l’éternité d’un massacre d’Hatem Hadawi sera lu le 15 juillet. Il revient sur les horreurs commises par l’armée de Bachar el-Assad sur les rebelles de Deir Ez-Zor en 2012. L’ensemble de la programmation est à découvrir sur chartreuse.org

LOLA FAORO

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Marseille, du Nord au Sud 

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Fruit de quatre années de travail passionné, le double disque Légendes du Nord et Histoires du Sud, porté par l’Orchestre de Mandoline des Minots de Marseille (OMMM), est bien plus qu’un simple enregistrement musical, c’est un projet artistique, éducatif et citoyen.

Initiée en 2021 par le mandoliniste et compositeur Vincent Beer-Demander, épaulé à la direction par Catherine Arquez, cette aventure musicale fédère plus de 250 enfants âgés de 7 à 17 ans, issus des seize arrondissements de Marseille. Réunis chaque semaine dans leurs écoles, centres sociaux ou au sein du Conservatoire Pierre Barbizet, ces musiciens en herbe ont appris à manier l’un des instruments les plus méditerranéens qui soient : la mandoline.

Au fil des saisons, le répertoire s’est étoffé, les concerts se sont enchaînés, les rencontres ont fleuri. En novembre 2024, l’enregistrement en studio de ce double CD est venu concrétiser cette progression collective. L’album réunit quatre pièces de Vincent Beer-Demander, conçues pour orchestre de mandolines.

La première, Légendes du Nord, est un conte musical inspiré de sa rencontre avec Rachel Tolkien. Celle-ci fait partie de la quatrième génération de la famille du célèbre auteur du Seigneur des Anneaux. L’œuvre musicale va y puiser l’univers onirique des elfes, des nains, des chevaliers, des géants, des princesses et des démons de glace.

Festin musical

La deuxième pièce, Le Festin musical rend hommage aux communautés de la diversité marseillaise les plus représentées. On pourra se délecter avec bonheur des savoureux KeftaAlgerianaFiadona de BonifacioArarat d’ErevanCaviar de la mer Noire et Tiramisu du Panier

Viennent ensuite Trois portraits américains, dédiés aux mandolinistes Mike Marshall, Ricardo Sandoval et Hamilton de Holanda. Enfin, retour aux sources avec 7 couleurs, première des quatre créations de l’OMMM, donnée à l’été 2021 au théâtre du Merlan (devenu le Zef).

On retrouvera aussi sur l’album des amis et compagnons de route de l’orchestre comme Raphaël Imbert (saxophone), Claude Salmieri (piano) et Grégory Daltin (accordéon). La richesse sonore de l’ensemble, la fraîcheur de l’interprétation et l’engagement des jeunes musiciens impressionnent. On y entend non seulement des talents en devenir, mais surtout une volonté collective d’apprendre, de se rassembler, de créer. 

À l’heure où les politiques culturelles cherchent à renouer le lien entre création, éducation et territoire, Légendes du Nord et Histoires du Sud s’impose comme un modèle inspirant. Un disque à écouter, certes, mais aussi une histoire à partager, celle d’une ville qui fait de la musique un langage commun, entre le nord et le sud, entre enfants et artistes. L’album est disponible en ligne et dans plusieurs enseignes culturelles.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Légendes du Nord et Histoires du Sud, Orchestre de mandoline des Minots de Marseille.

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Les « fous » se posent à Marseille

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© Hervé Richaud

Jusqu’au 25 octobre à La Compagnie, Le Chemin des Fous présente quatre ans de production artistique par les membres accueillis au sein du Refuge Migrant.es LGBTQIA+ de Marseille (RML). Jeunes, émigrés, et queer, ils ont participé chaque semaine à des ateliers proposés par de nombreux artistes marseillais, pour créer cette exposition en partenariat avec RIFT, la Pride et le Festival de Marseille.

Sur des écrans plats, quelques-uns retracent leur périple sur une carte. Un parfum de lassitude plane face aux questions habituelles : « d’où viens-tu ? », « pourquoi es-tu parti ? », « pourquoi la France ? »… Certains le disent lors du vernissage : ils en ont assez de devoir justifier leur venue, leur présence, voire leur existence.

Dans des vidéos « submersives » projetées sur les murs d’une des salles, on entend le slogan : « Rien sans nous et sans nous rien », comme un écho aux pancartes de la première salle « Refugee Lives Matter », « Queer Lives Matter », puis « Lives Matter », tout simplement, car si les droits de certains ne sont pas respectés, le sont-ils vraiment pour les autres ?

C’est tout l’objet de l’association RML que d’offrir à ces personnes doublement marginalisées un espace de liberté d’expression. Le RML les aide en outre à gérer demande d’asile et recherche d’emploi, et a participé à la Pride, le 5, sur un char réservé.

GABRIELLE SAUVIAT

Le Chemin des Fous
Jusqu’au 25 octobre
La Compagnie, Marseille 

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Rencontres d’Arles

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© Adam Ferguson

Des dizaines d’expositions ont débuté le 7 juillet aux Rencontres d’Arles, autour du fil conducteur des « images indociles ». Parmi celles-ci, On Country à l’église Sainte-Anne, où une dizaine de photographes australiens, autochtones et non-autochtones, explorent les liens complexes à la terre dans ce pays marqué par deux siècles et demi de colonisation.

À l’église des Trinitaires, Futurs ancestraux, exposition où de jeunes artistes brésiliens passent au crible le passé raciste, colonial et homophobe de leur pays. 

À la Maison des peintres, un focus sur l’œuvre de la photoreporter Claudia Andujar. Et à l’église Saint-Blaise, Nan Goldin présente Le Syndrome de Stendhal, diaporama qui met en regard des images de chefs-d’œuvre de l’art classique, de la Renaissance et du baroque avec des portraits de ses proches et de ses amours.

Jusqu’au 5 octobre
Divers lieux, Arles et même ailleurs

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