vendredi 4 avril 2025
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Les meutes

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Les meutes © Vincent Berenger

Créée à Toulon en 2019 par l’auteure, metteure en scène et comédienne Eloïse Mercier, la Cie Microscopique s’attache aux choses minuscules qui parfois font basculer une existence ou le cours de l’histoire, dans des créations sonores, imagées et poétiques. 

Dans Les meutes, elle convoque l’imaginaire de la forêt – de la tourbe fraîchement posée sur le sol de la scène – pour un conte inquiétant, qui explore l’histoire, intime et universelle, d’un couple. Construite en trois épisodes, une traque poétique, traversée de terreurs enfantines, de pièges, et de questions sur l’identité et de la liberté des femmes dans leurs relations aux autres. Un spectacle qu’elle a écrit et interprète en compagnie de Gautier Boxebeld, accompagnés par la musique et les vidéos de Vincent Berenger.

MARC VOIRY

3 et 4 avril
Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Kintsugi

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© X-DR

Kintsugi est le dernier spectacle, créé en 2024, des circassien·ne·s quebecquois·es de Machine de Cirque. Il se réfère à l’art japonais consistant à réparer les porcelaines cassées avec de la poudre d’or, soulignant leurs fissures et leur beauté. Mais ce qui est à réparer ici, ce sont les cicatrices intimes de huit individu·e·s, marqué·e·s par des deuils et des accidents : une voyageuse tirant sa valise, une femme enceinte, des hommes, se retrouvant à un arrêt d’autobus, perdu aux confins du monde. 

Bascule, sangles aériennes, trapèze, mât chinois, vélo, portés acrobatiques, planche sautoir, les huit personnagEs apprennent à s’écouter, s’entraider, trouvant appui dans la présence des autres. Un spectacle poétique et acrobatique autour de la puissance de la solidarité et la renaissance collective.

MARC VOIRY

4 avril 
Théâtre de Fos

C’est pas parce qu’on n’a rien à dire…

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C'est pas parce que...© CAMILLE LEMONNIER

Dernière création de la Cie Les Estivants, C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule est inspirée par « Allô Macha », émission de radio de nuit, animée par Macha Béranger, diffusée de 1977 à 2006, au cours de laquelle des auditeur·trice·s se confiaient à l’antenne. 

Pour la metteuse en scène Johana Giacardi, un espace-temps qui permettait de rêver d’un monde qui ne serait plus dicté par les impératifs du jour, laissait la parole aux anonymes, sortait de l’entre soi culturel, et ne se préoccupait pas d’avoir quelque chose d’intelligent à dire. Dans un dispositif scénique inspiré à la fois par le modèle intimiste de l’émission et par celui des scènes ouvertes, les comédiennes invitent les spectateurs au dialogue et à s’approprier la scène, équipée de divans.

MARC VOIRY

4 avril
Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues

Aller vers – À te regarder 

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A te regarder © Claire Gaby

Depuis le début des années 2000, la comédienne, metteuse en scène et autrice Clémentine Baert conçoit des spectacles pluridisiplinaires autour de la question de l’identité. Dernier en date, Dans la ville quelque part, créé en 2024 au Théâtre Liberté à Toulon, évoquait les souvenirs d’une histoire d’amour, sur fond de musique électronique. 

En ce mois d’avril 2025, elle répond à l’invitation des Théâtres, dans le cadre du dispositif Aller vers, en créant À te regarder : un conte bal populaire qui plonge dans les souvenirs d’une femme et fait revivre tous les bals qui auraient pu changer sa vie. Porté par quatre interprètes et musiciennes (Clémentine Baert, Amélie Denarié, Laurence Janner et Aurélie Mestres), une proposition itinérante aux allures de guinguette, où l’on danse.

Marc Voiry

Du 11 au 26 avril
Divers lieux, Marseille, Ensuès, Aix-en-Provence

La volonté du peuple (hé, ho, c’est une facho…)

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La condamnation de Marine Le Pen provoque des réactions sidérantes à gauche. Que Orbán et Poutine crient (ah ah) au déni de démocratie, c’est attendu de la part de chefs d’États qui bafouent l’idée même de démocratie. Mais Mélenchon, mais Bompard ? 

On ne sort plus le champagne à gauche quand l’extrême droite subit un revers de cette importance ? On remet en cause le pouvoir des juges qui défendent l’État de droit ? On défend un parti qui a fait un système du détournement des fonds européens pour financer ses campagnes nauséabondes et faire resurgir chez les Français un racisme endémique ? On regrette l’inéligibilité immédiate de celle qui s’est systématiquement servi des enveloppes de ses députés européens pour rémunérer (entre autres) sa sœur avec un salaire plus que confortable ? On met en doute les intentions de la juge qui veut préserver la France d’une candidate inéligible ? 

L’exemple de Trump ne nous suffit-il pas ? 

Que veulent donc Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard lorsqu’ils déplorent l’absence de recours possible pour Marine Le Pen, et en appellent au peuple souverain pour juger les coupables d’un délit de cette importance ? Se protéger lorsque leur tour viendra ? Pourtant les détournements qui sont reprochés à Mélenchon sont nettement moins importants et ne sont pas un système de financement global de LFI. Alors pourquoi prendre la défense de Marine Le Pen ? Au nom de la volonté souveraine du peuple ? 

L’exemple de Trump ne nous suffit-il pas ? 

Sans remettre en cause la souveraineté du peuple, il faut rappeler que nos démocraties n’ont pas sans raison posé des garde-fous constitutionnels à sa volonté, qui n’est pas toujours des plus éclairées. Le peuple français en son temps était contre le vote des femmes, contre l’avortement, pour la colonisation et l’indigénat, pour la peine de mort. Il considérait le viol comme un délit et l’homosexualité comme un crime. Le peuple souverain était antisémite jusqu’à la guerre, anti-rital avant et après, anti-arabe et anti-noir par accès fiévreux fréquents, anti-roms de tout temps. Le peuple n’est éclairé que lorsqu’on l’éclaire, et il est aujourd’hui aux mains des réseaux et médias fascisants qui le submergent de messages simplistes et haineux. Être un élu du peuple ne permet à personne de dire « la République c’est moi », sauf à croire que le peuple est infaillible.

Vous n’aurez pas l’impunité

Il fut un temps où François de Rugy était viré pour un homard, et Nixon destitué pour d’illégales écoutes. Aujourd’hui Darmanin et Bayrou volent au secours de Le Pen et réclament un traitement d’exception. Bref, on peut mentir sur Betharram, vouloir envahir le Groenland, voler des millions dans les caisses de l’Europe, il suffit d’être élu. Les scandales quotidiens révélés dans les quelques journaux indépendants qui subsistent sont submergés par des vagues successives de désinformation et minés par la stratégie du scoop. 

La démocratie vacille dangereusement. La Justice reste en France la garantie fragile des principes qui ont construit tant bien que mal notre République. Pendant combien de temps. Est-ce que nos juges tiendront jusqu’à l’appel ? La Justice peut elle être efficace quand la démocratie se délite ? 

Le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale n’empêche pas Netanyahou de se rendre chez Orbán. Ne sont-ils pas des Chefs d’États élus par des peuples souverains ? 

L’exemple de Trump ne nous suffit-il pas ? 

AGNÈS FRESCHEL 


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Regain : du ciné pour l’environnement

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Ozi, la voix de la forêt

Un festival pour sensibiliser petits et grands à la protection de l’environnement et au développement durable. C’est le programme du festival Regain, qui allie du 1er au 12 avril à Fos-sur-Mer exposition, ateliers, tables rondes, débats, poésie musique et cinéma.

La soirée d’ouverture est sous le signe de la biodiversité avec à 18h30 la projection suivie du Seed Tour, le voyage documentaire immersif à travers le monde des semences paysannes signé Auriane Bertrand.

Le 3 avril, on s’intéresse à la qualité de l’air avec un ciné-débat autour du documentaire de Marion Becker et Pierre-Yves Deheunynck, Décarbonation, un nouvel air pour Fos ? Des spécialistes apporteront leur éclairage sur des questions importantes : quelles avancées concrètes pour la décarbonation industrielle ? Quels impacts sur la qualité de l’air ? La place du citoyen ?

Samedi 5 avril, après un parcours de découverte, des ateliers d’écriture et d’expression orale, est proposé un concert pour piano et textes poétiques sur des compositions originales d’Anne Derivière – Gastine, Seul, le souffle du vent.

Place aux enfants le 10 avril, avec le film d’animation de Tim Harper,Ozi, la voix de la forêt, qui met en lumière la menace de la déforestation et les défis auxquels sont confrontés les écosystèmes des forêts.

Et pour terminer, comme chaque année, une sélection de courts métrages sélectionnés par un jury qui attribuera Grand Prix du Jury et le prix Jean Hetsch du meilleur film amateur. Sans oublier les spectateurs qui attribueront le prix du public.

ANNIE GAVA

Regain
Du 1er au 12 avril
L’Odyssée, Fos-sur-Mer

Trois vies en Somalie

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Le Village aux portes du paradis (C) Jour2fête

C’est par extrait de journal télévisé de Channel 4, relatant une attaque de drones en Somalie que démarre Le Village aux portes du paradis, le premier long métrage de Mo Harawe, un jeune cinéaste qui y est né et y a grandi.

Paradis, c’est le village, au bord de la mer, où vit Mamargade (Ahmed Ali Farah). Il élève seul son fils, Cigaal (Ahmed Mohamud Saleban), acceptant tous les boulots : fossoyeur, mécanicien, chauffeur. Sa sœur, Araweelo (Anab Ahmed Ibrahim), habite avec eux depuis qu’elle a divorcé : comme elle ne parvenait pas à avoir d’enfant, son mari voulait lui imposer une seconde épouse. Tenace, elle économise, essaie de récupérer de l’argent prêté, d’obtenir un prêt bancaire, pour s’acheter une petite échoppe.

La vie s’écoule lentement, au rythme des transports que fait Mamargade, des bêtes ou d’autres marchandises moins licites. Ou des trous qu’il creuse pour enterrer ceux que la guerre tue comme cette jeune fille, dont la mère, sous le choc, constate : « Ca ne sert à rien d’avoir des enfants ! Ils meurent jeunes ! »  

Mamargade, lui, est certain de vouloir une vie meilleure pour Cigaal, un enfant sensible, plein d’imagination, et aux dires de la directrice de l’école très, intelligent. Une école qui, faute de maitres, va fermer. Une solution est proposée : envoyer Cigaal en ville dans un internat. Un vrai dilemme : Mamargade va prendre le temps d’y réfléchir d’autant que l’idée ne plait pas du tout à son fils. Quand il prend sa décision, la vie change pour tous les trois… Peu de paroles, peu de discours dans ce film où ce sont les regards qui parlent.

Le directeur de la photographie Mostafa el-Kashef filme avec un grand talent le quotidien de ces trois personnages, dans une région où la guerre est là, toujours. Une palette chromatique à dominante bleue, évitant les traditionnels jaune, ocre, et donnant à voir les paysages désertiques, les rivages où s’activent des pêcheurs, les intérieurs modestes, soignant chaque détail.

La caméra s’attarde sur les visages, sur ces regards où, tour à tour, se lisent l’amour, l’incompréhension, la culpabilité grâce à l’interprétation magistrale des comédiens non professionnels à l’exception d’Anab Ahmed Ibrahim qui incarne Araweelo. Pour Mo Harawe, c’est elle l’héroïne du film. « Les spectateurs s’imaginent qu’on raconte son histoire à lui… et en fait, c’est son histoire à elle. C’est la seule qui accomplit ce qu’elle veut. »

Un film pudique à la mise en scène très maitrisée, au rythme lent, dans lequel le spectateur peut se laisser embarquer (ou pas) mais dont la beauté est incontestable.

ANNIE GAVA

Le Village aux portes du paradis, de Mo Harawe
En salles le 9 avril

« La Cocina », le capitalisme sur le gril

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La Cocina Pays : MEX, USA 2024 Réalisateur : Alonso Ruizpalacios © Juan Pablo Ramírez / Filmadora

Nous sommes à New York dans la cuisine du Gril, resto populaire près de Time Square. On y entre par un long couloir, à la suite d’Estela (Anna Diaz), jeune immigrée, mexicaine comme le réalisateur. Elle connaît Pablo (Raúl Briones Carmona) un gars de son village, devenu cuisinier. Elle espère un job qu’elle obtient sur un malentendu.

Dès lors, on plonge dans le ventre de l’établissement comme les homards ligotés dans leur aquarium. Découvrant comme elle – qui ne parle ni ne comprend l’anglais – la fébrilité du service organisé par catégorisation des tâches et spécialités culinaires. Le ballet incessant des serveuses. La hiérarchie managériale paternaliste et féroce. La diversité des langues des employés, clandestins pour la plupart, qu’on exploite et à qui on promet des papiers et l’Amérique. Une très belle scène les réunit à la pause dans la rue à l’arrière des cuisines, près des poubelles. Chacun révèle son rêve, parfois déjà brisé. Entre eux se nouent des amitiés, des complicités, fermentent des inimitiés, des jalousies. Des drames humains se jouent là, suggérés ou développés. Des fils narratifs comme l’accusation de vol du fantasque Pedro par le gérant. Ou la romance du cuisinier mexicain et de Julia (Rooney Mara) une serveuse américaine. Flirt et jeux amoureux entre deux portes. Fantasme d’une vie possible dans un pays « qui n’existe pas ».

Sauvage

La Cocina d’Alonso Ruizpalacio nous propose de virtuoses plans séquences dans le rythme effréné du travail. L’intensité du film, écrit comme une partition, passe par les syncopes, les ruptures de rythme et de registres, les effets visuels. Et, la violence contenue explose parfois en apothéose. Car le Gril est un ring à l’image de la société. Film en noir et blanc (mention spéciale au directeur de la photographie Juan Pablo Ramirez), La Cocina met en scène le capitalisme sauvage, se rapprochant de films américains comme On achève bien les chevaux. Sa chorégraphie du chaos quand l’ordre du restaurant bascule brusquement dans la folie, rejoint celle des grands burlesques du Muet.

On pense aussi à Ruben Östlund pour la fable politique se libérant du réalisme par l’excès, la stylisation, la métaphore. Inspiré de la pièce du britannique Arnold Wesker, La Cocina est un film sur l’Amérique et sur tant d’autres endroits où « Un peu d’humanité ne  ferait pas de mal » comme le dit une employée du Gril à son patron.

ÉLISE PADOVANI

La Cocina, d’Alonso Ruizpalacio

The Grill, en salles le 2 avril

[Music & Cinéma] Panopticon, « Dieu te voit, il est partout »

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Panopticon (C) Les Alchimistes

Un jeune homme est assis dans un bus, mal dans sa peau, plein de tics, les mains baladeuses Il s’appelle Sandro (Data Chachua, dont c’est le premier rôle). Il a 18 ans et vit avec son père (Malkhaz Abuladze) qui s’apprête à entrer dans la vie monastique et sa grand-mère, dans une maison remplie d’icônes. Sa mère, une chanteuse, est partie vivre à New York. Sandro joue dans un club de football où il fait la connaissance de Lasha (Vakhtang Kedeladze) puis de sa mère Natalia (Ia Sukhitashvili),coiffeuse qui aurait aimé devenir danseuse.

La relation qu’entame Sandro avec la mère de son ami, ambiguë, entre amour et relation maternelle donne lieu à des shampoings et lavages de tête, érotisés, peu vus au cinéma qui nous rappellent ceux du Mari de la Coiffeuse de Patrice Leconte. On découvre que Sandro a une petite amie, Tina (Salome Gelenidze), une jeune femme d’aujourd’hui, libre qui voudrait bien faire l’amour avec lui. Mais ce jeune homme, sous le regard constant de Dieu qui voit tout, veut rester pur jusqu’au mariage. Pour lui, Tina ferait des propositions perverses…

C’est le trajet de ce garçon étrange, tiraillé entre ses pulsions et son désir de pureté que nous fait suivre George Sikharulidze.Un jeune homme fragile qui se sent lâché par sa mère, puis par son père qui quitte la maison pour le monastère. Un jeune homme à qui son père a dit « Dieu te voit, il est partout », obligé donc de vivre honteusement ses pulsions et ses désirs.

Regardant une vidéo qui l’excite, il retourne l’icône de Jésus ornant le mur de l’autel de l’appartement pour se masturber. Un jeune homme qui, entrainé par Lasha, rejoint un groupe de racistes violents. Un jeune homme suivi de près par la caméra du chef opérateur roumain Oleg Mutu qui ne le lâche pas, nous donnant à voir le monde par ses yeux. Data Chachua dont c’est le premier rôle au cinéma a su rendre avec talent l’évolution de ce garçon dont on va découvrir peu à peu les failles et la force.

Panopticon interroge, à travers ses personnages, la Géorgie d’aujourd’hui : les stéréotypes masculins et féminins – la Vierge, la Mère et la Putain – les pères défaillants. Il pointe la mainmise de la religion, la tentation pour certains jeunes de rejoindre les nationalistes d’extrême droite qui voudraient chasser tous les immigrés en particulier les Arabes.

Un premier film, inspiré en partie à George Sikharulidze par sa propre adolescence, un moment où il se cherchait, un moment décisif pour chacun. Tout comme Les 400 coups pour François Truffaut dont on voit le générique, un clin d’œil du cinéaste géorgien à un film français qu’il a vu à 20 ans et qui l’a beaucoup marqué.

Panopticon est un film âpre, fort, dont les images, en particulier le visage de ce jeune homme particulier, reste longtemps en mémoire.

ANNIE GAVA

Montpellier : le printemps des 13 vents

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Durée d'exposition © Marie MC

Loin des programmations dans lesquelles les spectacles repartent aussi vite qu’ils sont arrivés, les équipes artistiques invitées par le Théâtre des 13 vents sont, d’octobre à mai, présentes chacune pendant un mois. En ce mois d’avril, l’invitation a été adressée à Animal Architecte, compagnie fondée en 2018, à leur sortie de l’école du Théâtre National de Strasbourg, par Camille Dagen et Emma Depoid. Camille Dagen est metteure en scène, autrice, comédienne (pour Julien Gosselin, Vanessa Larré et Joris Lacoste) et performeuse (collectif VIE). Emma Depoid est scénographe, et a signé les scénographies de Triumvirus et Morphine de Nina Villanova, Ivanov de Christian Benedetti, Tiens ta garde du Collectif Marthe. Les créations d’Animal Architecte, au nombre de cinq, marquent un intérêt fort pour des matériaux issus de champs non théâtraux : la photographie, l’architecture, la danse, la philosophie, l’histoire, la critique musicale. 

Révéler

Durée d’exposition, leur premier spectacle, créé en 2018, joue, autour du sujet de la séparation amoureuse, de détournements et d’entremêlements de sens, techniques et métaphoriques, entre les processus de la photographie argentique et le théâtre : « choisir un sujet », « cadrer », « exposer », « révéler »… Sur scène, deux acteurs-opérateurs (Thomas Mardell et Hélène Morelli) suivent pas à pas les instructions précises d’un manuel de photographie, projetées sur un immense écran vidéo en fond de scène, tout en proposant des actes performatifs au milieu de la fumée, sur fond de musique electro, et en faisant se télescoper des tirades de Bérénice avec un monologue de Baisers volés de Truffaut. Un spectacle qui envisage le spectateur comme pellicule témoin « surface sensible qui, au contact d’un rayonnement lumineux, réagit chimiquement ». 

Simone de Beauvoir

LES FORCES VIVES © Simon Gosselin

Les forces vives, leur dernier spectacle, créé en 2024, sont celles qui traversent les œuvres autobiographiques de Simone de Beauvoir (1908 -1986), pionnière de l’émancipation féminine : Mémoires d’une jeune fille rangée, La Force de l’âge, La Force des choses… Animal Architecte souhaite « montrer comment une vie de femme peut s’écrire, de l’enfance à la vieillesse – c’est-à-dire comment cette vie peut à la fois s’inventer, se comprendre et se raconter elle-même ». Un parcours mis en résonance avec trois des guerres qui scandèrent le XXe siècle en France : la Grande Guerre, la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre d’Algérie, dont Beauvoir décrit les répercussions directes, intime, radicales sur sa vie et son écriture.

Un spectacle d’une durée de 3 h 30, séparé entre deux parties (1ère partie : 1 h 50, entracte 20 mns, 2e partie : 1 h 20) porté par l’énergie de sept actrices et acteurs, à la lisière entre démarche documentaire, scènes dialoguées et méditation plus directement adressée au public.

MARC VOIRY

Durée d’exposition
3 et 4 avril

Les forces vives
Du 8 au 10 avril

Théâtre des 13 vents, centre dramatique de Montpellier

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