mardi 19 mai 2026
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Au Café Julien, Bandit Bandit se met à nu

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Bandit Bandit © X-DR

Lumières rouges sombres, scène exiguë, trois guitares et une batterie. Il n’en fallait pas plus à Bandit Bandit pour enflammer le Café Julien. Le ton est donné dès les premières minutes du concert. L’ambiance sera électrique, poignante et intimiste.

Sur scène, le duo et ses deux musiciens livrent une véritable performance rock. Entre quelques phrases adressées au public, Maëva Nicolas et Hugo Herleman enchaînent des morceaux de leur dernier album Cavalcades – ce que la nuit ne dit pas,et d’anciens titres que les fans affectionnent. La chanteuse est magnétique, danse et saute, les cheveux au vent. Hugo Herleman se fait plus discret, mais habite la salle, déchaîné, à chaque solo de guitare. Sans être superficiel, le concert, visiblement très travaillé, prend des allures de spectacle chorégraphié. Le duo ne perd pas le sens de la scène pour autant et joue, comme à son habitude, « comme si c’était la dernière fois ».

La puissance des maux

Changement d’atmosphère, lumières blanches. Après presque une heure de show, les riffs typiques du rock cèdent leur place à des rythmes plus lents et mélancoliques. Accompagnée par une guitare, Maëva Nicolas, encore essoufflée, lit un de ses poèmes. Les Chambres fermées parle de l’avortement qu’elle a vécu en 2024. Une manière d’annoncer la prochaine chanson, Opaline, qui porte sur la même thématique. Et de glisser un message : « Des personnes se permettent de parler d’avortement de confort. Déjà, ta gueule. Et après, ta gueule tout simplement ». Dans la salle, cris et applaudissements.

C’est à ce moment que le concert dépasse la simple performance. Maëva Nicolas descend dans la fosse, demande au public de crier, chante et danse avec lui. Quelques morceaux plus sombres viennent ensuite, abordant des sujets comme la mort ou la dépression. Puis, la batterie reprend le dessus, et le concert s’achève dans une dernière montée d’énergie. Maëva Nicolas fait alors face au public, soulève sa guitare sur laquelle figure un sticker« More Women On Stage ». C’est son ultime message à faire passer, avant que les lumières s’éteignent.

IVANIE LEGRAIN

Concert donné le 8 mai au Café Julien, Marseille.

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La citadelle résistance et désobéissance

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Citadelle de Marseille A©Jean-Pierre Garufi

Avec comme point de départ l’emprisonnement de Habib Bourguiba – leader politique indépendantiste puis président tunisien – à la Citadelle de Marseille entre 1939 et 1942, l’exposition La Citadelle : Résistance et désobéissance imagine un dialogue à plusieurs voix – artistes, chercheureuses – autour des mémoires coloniales franco-tunisiennes.

Initié par l’institut Français dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le projet a réuni, entre mars et mai 2026, deux artistes en résidence croisée entre le centre d’art B7L9 et la Citadelle de Marseille. Des allers-retours entre les deux rives de la Méditerranée pour penser des œuvres autour du « patrimoine mémoriel et immatériel lié au passé colonial entre la France et la Tunisie ».

Parmi eux, le réalisateur Saber Zammouri, qui travaille à partir d’archives, d’images de récits pour interroger les relations entre la France et la Tunisie, les trajectoires individuelles et les dynamiques migratoires, et l’artiste sonore Hugo Mir-Valette, dont la pratique du deep listening explore les couches invisibles du son et l’écoute au-delà de ce qui est perceptible. Accompagnés de chercheurs, les artistes développent des œuvres questionnant les répercussions sociales, culturelles et politiques de cette histoire commune dans une démarche résolument décoloniale !

C.L.

Du 16 mai au 1er octobre

La Citadelle de Marseille, Marseille

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Adios Toledo !

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Julien Grassen © X-DR

Adios Toledo ! est le nom d’une rencontre musicale imaginée par le pianiste, compositeur de jazz et ethnomusicologue Julien Grassen Barbe. Ce projet, concocté lors d’une résidence à l’Espace culturel de Chaillol, a donné vie à une douzaine de pièces originales s’inspirant des traditions de l’Inde du Nord et de la liturgie des communautés judéo-portugaises du Sud-Ouest, sa terre d’enfance.

Avec trois musiciens aguerris au Dhrupad, la musique classique hindoustanie, le quartet propose un voyage poétique qui nous emmène à Jaipur, Barcelone, Porto et Jérusalem, et rend hommage à Garcia da Orta, médecin séfarade du XVIe siècle ayant fui l’Inquisition pour Goa.

AMT

Le 15 mai

Petit Duc, Aix-en-Provence

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Nine Spirit fête ses 25 ans

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Nine Spirit © X-DR

C’est à une grande fête musicale que le public de La Criée est convié ce 18 mai : les 25 ans de la compagnie Nine Spirit, fondée par Raphaël Imbert, et désormais portée par la pianiste Amandine Habib. Pour l’occasion, la compagnie présente Shake The Spirits, un concert au confluent du jazz onirique et d’un néoclassique aux teintes levantines. Ici, le groupe tisse une toile sonore où le piano dialogue avec des percussions subtiles et des cordes lyriques. Plus qu’une simple performance, cette soirée est une invitation à franchir les horizons musicaux sous l’égide d’une virtuosité sensible. Dans le cadre prestigieux de La Criée, Amandine Habib et ses complices offrent une fresque humaniste et solaire, marquant de leur empreinte cette escale phocéenne indispensable.

 D.D.-V.
18 mai
La Criée, Théâtre national de Marseille
Un programme de Marseille Concerts

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Saragossa

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Saragossa © X-DR

Entre Saragosse et Marseille, son cœur balance. Ce 30 mai au Théâtre des Calanques, le chorégraphe espagnol Andrés García Martínez présente sa toute nouvelle création, Saragossa, un spectacle de danse contemporaine et folklorique, peuplé d’inspirations espagnoles. Accompagné de quatre danseur·ses, il cherche à faire le lien entre sa ville de naissance et celle où il vit, Marseille. Habits traditionnels et symboles hispaniques se mêlent à la représentation d’autres cultures chères au chorégraphe. La pièce s’inspire des tableaux de Francisco de Goya, comme la bande-son créée par Léo Milhomme, qui reprend des éléments sonores espagnols mêlés à des rythmes électroniques. La danse, à la fois légère et ancrée dans le sol, représente les êtres humains qui traversent les territoires avant de s’y enraciner. Saragossa promet un voyage, « un pont entre les communautés ».

I.L.

30 mai

Théâtre des Calanques,Marseille

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Vagabondages & Conversations

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Vagabondages et conversations © J2mc-photo

Le paysagiste Gilles Clément et le chorégraphe Christian Ubl font alliance sur scène pour raconter le vivant. Une histoire présentée à travers les gestes du quotidien : cultiver, danser, combattre, cuisiner, marcher ou encore débattre. « Une proposition poétique et écologique s’inspirant de la nature, de la biodiversité et de la transmission intergénérationnelle », selon son créateur Christian Ubl. Les questions écologiques, au cœur du spectacle, sont abordées avec humour par le duo. Une manière plus légère de questionner le public sur ces thématiques. Une conférence dansée d’une heure où la danse devient le fil conducteur du propos. Le spectacle, joué depuis 2018, n’est pas la première collaboration pour les deux. Il y a dix ans, c’était sur la pièce A.U. que le chorégraphe et le paysagiste avaient collaboré.

F.L

19 mai

Espace 233, Istres

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Le mensonge

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Le Mensonge © Raoul Gilibert

Explorer le mensonge à travers le regard d’une petite fille. Dans ce spectacle, une enfant qui a menti va voir son mensonge prendre de plus en plus d’importance. Dans sa chambre, elle le retrouve matérialisé par la forme d’une boule qui grossit jour après jour, l’empêchant parfois même de respirer. Sa chambre devient alors la représentation de son espace mental dans lequel le mensonge devient de plus en plus pesant.

Chorégraphié par Catherine Dreyfus, ce spectacle s’inspire de l’album du même nom de Catherine Grive et Frédérique Bertrand. Sur scène, deux danseur·euse·s et une circassienne illustrent ce qu’une simple parole peut faire au corps et la manière dont un mensonge prend vie en nous. Un spectacle profond, ludique et comique à destination des enfants de 3 à 6 ans.

F.L.
13 mai
Les Salins, Scène nationale de Martigues

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Slava’s Snowshow

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Slava’s Snowshow © Vladimir Mishukov

Régulièrement programmé au Grand Théâtre de Provence au fil des années, pour le plus grand plaisir des familles aixoises, le Slava’s Snowshow y revient cette semaine pour sept représentations en cinq jours. Succès jamais démenti, ce spectacle emblématique de l’art du clown enchante les publics internationaux depuis sa création, il y a plus de 30 ans, par le russe Slava Polunin.

Le spectacle réunit huit clowns autour d’un attachant bouffon déprimé surnommé Yellow, dans un univers onirique et un peu fantasque. Ils y qui composent, avec douceur, des tableaux-pantomimes poétiques dans lesquels se croisent joie enfantine et profonde mélancolie, magie et humour burlesque, esthétique légère et émotions qui marquent.

C.M.

Du 13 au 17 mai

Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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ZEF : Une danse pour Raimund Hoghe 

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About love and death © j Jihyé Jung

Raimund Hoghe, décédé en 2021, a commencé son travail de chorégraphe et danseur à l’âge de 45 ans, après avoir été dramaturge pendant 10 ans pour Pina Bausch. Petit et bossu, il créait des chorégraphies épurées, avec peu d’éléments scénographiques, des actions simples (marcher, se tenir, déplacer un objet) et une temporalité étirée.

Emmanuel Eggermont, artiste de la Bande du Zef, a été l’un de ses derniers complices artistiques, pendant une quinzaine d’années. Le solo qu’il présente ce soir est sous-titré « élégie pour Raimund Hoghe ».

Everything must change 

Le plateau vide est recouvert d’un linoleum blanc, dominé au fond par un portique en tissu blanc, encadrant un écran vidéo clôturant l’espace, sur lequel sont projetées, au début et à la fin du spectacle, les paroles douces-amères de la chanson de Peggy Lee Everything must change. Chanson qui est diffusée pendant que le danseur, habillé de noir, bras nus, vient disposer avec précautions au milieu de l’espace deux petits verres remplis de sable blanc, en s’allongeant doucement entre les deux. Il commence à bouger lentement, mouvement de bras et de mains, qui découpent au sol, autour de son corps, son contour, puis se relève. 

Multiples tableaux

Dans les multiples tableaux qui vont ensuite se succéder, chacun lié à une chanson, un extrait de film, une musique (Joséphine Baker, Gene Kelly, Klaus Nomi, Judy Garland, Ravel, Tchaïkovski, …), agissant comme déclencheurs d’images, de gestes ou de souvenirs, le silence semble malgré tout toujours accompagner la danse. Les déplacements précis du danseur, toujours tiré à quatre épingles, dans des costumes différents, sont silencieux, aucun bruit de pas. Les mouvements de bras et de mains restent toujours très présents, vifs ou lents, tranchants l’espace, enveloppants, ou semblant le creuser. Parfois, sur certains morceaux – Singin’in the rain – on frôle le clown, avec des mouvements guignolesques.  

Débordements

Outre les deux petits verres, dont le contenu de l’un sera dispersé au sol au-devant de la scène, de l’autre projeté en l’air, d’autres objets accessoires vont ponctuer les tableaux : une chemise blanche, une couverture grise, des talons aiguilles, une robe à bretelles, une jupe bouffante verte, un chapeau de bouffon noir. Traçant un chemin en pointillés avec ses vêtements, retirés un à un et laissés au sol, le danseur s’avance un moment vers la nudité. L’ensemble est mélancolique à souhait, mais sans aucun pathos. Une traversée élégante, une boucle ouverte habitée de souvenirs, aux débordements légers, prémédités et méthodiques.

MARC VOIRY

About Love and Death a été présenté les 28 et 29 avril au Zef – Scène nationale de Marseille

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GMEM : À plein tubes

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City Life, Steve Reich, OSAMU&Co, ENDM © GMEM

Dès l’ouverture, sur la Place des Horizons de la Friche la Belle de Mai, City Life donnait le ton : celui d’un festival qui fait circuler les sons entre mécanique et organique, et où les bandes sonores n’ont rien de froid ou d’immatériel, où la répétition devient matière vivante, où l’espace, les corps, les échos travaillent autant que les instruments. Interprétée avec vigueur par l’OSAMU (Orchestre symphonique de l’université), l’œuvre de Steve Reich, avec ses boucles, ses pulsations urbaines, mais aussi sa science du silence et de la suspension, trouvait un prolongement heureux dans la présence des jeunes danseuses et danseurs de l’ENSDM (école supérieure de danse de Marseille). La ville, ici, ne se contente pas d’être bruitée : elle respire, trébuche, repart, se propage d’un geste à l’autre.

Mécaniques sensibles

Dans le Module du GMEM, Infinite Pendulums de Virgile Abela poursuit cette tension entre précision et abandon. Quatre grands pendules y deviennent instruments-performeurs, soumis à la gravité autant qu’à l’acoustique du lieu. L’installation a quelque chose d’hypnotique : on y regarde le son se fabriquer. Tout près, Sonobox propose une autre expérience, plus secrète encore : un écrin d’écoute solitaire, à réserver tant il est pris d’assaut, où plusieurs œuvres se découvrent par créneaux, diffusées par onze haut-parleurs. On y découvre, par séances de trente minutes, une constellation de commandes originales — de Particules e- d’Hervé Birolini à Fragments de piano… sur les traces d’Empédocle de Claudine Simon, en passant par Voix-Seuil d’Élise Dabrowski, Inception(s) de Julien Desprez ou À portée de voix d’Anne-Julie Rollet. Des installations accessibles à la Friche Belle de Mai tout au long du festival !

La soirée d’ouverture poursuit ce déplacement. Avec La Nòvia, autour de Conlon Nancarrow et Jessica Ekomane, les boucles, les répétitions, les engrenages rythmiques dialoguaient avec des intonations de chants populaires et folkloriques. Quelque chose de très juste s’y confirme en fin de concert le temps de quelques mots de remerciements : la musique de création n’a de sens que si elle accepte de se frotter aux cultures mises à l’écart, de leur laisser place, de leur donner voix. Plus tard, Julien Claire (Claire Gapenne, aux machines, et Julien Desprez à la guitare électrique) poussait le curseur vers une performance plus improvisée, bruitiste, percussive, travaillée par l’écho. 

Infinite Pendulums, Virgile Abela © GMEM

L’orgue et l’instant

À l’Abbaye Saint-Victor, un chapitre plus ancien s’ouvre. Face au roi des instruments, la création se fait timide, presque révérente. Le départ pour la lune de Georges Boeuf, composé pour orgue et électroacoustique en 1972, offrait l’un des instants les plus suspendus de ce début de festival : une pièce où le son semblait quitter la pierre, s’allonger dans l’air, tenir le temps en apesanteur. Le programme faisait aussi entendre la trace de Messiaen dans Liber organi d’Henry Fourès, suite traversée d’impulsions, de souffles, de couleurs. Restait peut-être une limite : l’orgue de Saint-Victor, malgré son pouvoir d’élévation, manque parfois d’ampleur, de grain, de contrastes dans ses jeux pour marquer pleinement les identités successives de ces pièces du vingtième siècle en regard de la Toccata septima de Muffat ou des Variations sur un thème de Clément Janequin de Jehan Alain.

Vers le théâtre du son

Car Propagations tient justement à cette diversité de régimes d’écoute. Après Qui m’appelle ? de Maguelone Vidal pièce vocale et performative donnée le 5 mai au ZEF et fondée sur ce que nos prénoms et nos noms font à nos présences, le festival poursuit dès le 6 mai un tournant plus théâtral. 

À La Criée, Un pays supplémentaire de Claudine Simon invite à suivre un petit train circulant parmi des objets venus du piano : théâtre miniature, cinéma pour l’oreille, voyage dans les frontières entre note, bruit, geste et imaginaire. Le même soir, Guêpes, Grenouilles et Monstres d’Aurélie Saraf et Alexandros Markeas promet une cantate décalée, entre harpe, électroacoustique, images et critique sociale, librement nourrie du bestiaire d’Aristophane.

Le 7 mai, Rage d’Anna Gaïotti prolongera ce passage du son au corps. Inspirée par La Rabbia de Pasolini, la performance annonce une danse-cri, où le texte, l’électronique et le souffle cherchent à faire surgir ce que les mots taisent. 

Il y a décidément, dans cette édition, une belle manière de prendre les formes au sérieux sans les figer. Tout circule, tout insiste, tout cherche son passage. 

SUZANNE CANESSA

À venir
Le festival Propagations se poursuit à Marseille jusqu’au 10 mai, entre la Friche la Belle de Mai, La Criée, le 3bisf (Aix en Provence) la Cité de la Musique et l’Opéra

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