lundi 9 février 2026
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Marina Otero : Ce qu’elle appelle mémoire

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Kill Me, Marina Otero © Marina Caputo

Dans la lignée – plus pop et entraînante – d’Angélica Liddell, la chorégraphe Marina Otero creuse depuis 2020 un sillon passionnant, où les ambiguïtés de l’autofiction se heurtent à un rapport radical au corps et à la douleur. Troisième volet de son projet autofictionnel Recordar para vivir (se rappeler pour vivre), Kill me interroge une fois de plus, après Fuck me et le seule en scène Love me, la folie amoureuse, la crise intime et les lignes de fracture entre sincérité et performance. Sur scène, vidéos, témoignages, mouvements et retournements s’enchaînent pour donner vie à un alter ego dont les pulsions suicidaires n’ont jamais été aussi criantes.

Sincérité toute nue

Une fois de plus, la danseuse et chorégraphe s’incarne sur scène sans concession. Le récit débute sur un nouveau diagnostic psychiatrique, tombant comme un couperet : un trouble borderline. Les trois danseuses et la musicienne qui se joindront ensuite à elle – Ana Cotoré, Myriam Henne-Adda, Natalia Lopéz Godoy, Javiera Paz –, en souffrent également.

Tomás Pozzi, émanation d’un spectre de Nijinsky, est quant à lui atteint de schizophrénie. La mise à nu se fait ici aussi bien littérale que psychologique, dans un dispositif où les corps deviennent à la fois surfaces de projection, preuves vivantes et champs de bataille. Et la fragilité de se faire, plus que jamais, une inépuisable matière chorégraphique.

SUZANNE CANESSA

Kill me, Marina Otero

6 février
Pavillon Noir, Aix-en-Provence

10 février
Les Salins, Scène nationale de Martigues

13 février
Les Hivernales, CDCN Avignon

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Kill Me, Marina Otero © Sofia Alazraki

Duo ascendant

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Mega Lune © Camille Holtz

Zébuline. Vos textes sont souvent portés par des sujets de société, du féminisme à la géopolitique. Qu’est-ce qui vous plaît dans les textes à caractère engagé ?

Faustine. À la base, je suis artiste plasticienne et je fais du documentaire, milieu dans lequel nous travaillons déjà ensemble. Encadrer les thèmes de nos morceaux nous permet de rester ancrés dans la réalité, sans partir dans des limbes musicales autocentrées. On a ce rapport à la réalité crue, aux questions territoriales ou de migration, d’identité. Le féminisme est une lutte indispensable que je tiens au corps, un enragement. Cela me permet de m’affirmer en tant que femme et de tirer un fil depuis le texte jusqu’à la scène, d’essayer d’y mettre un coup de pied dans les codes de la chanteuse en la transformant parfois en monstre.

Votre univers musical est singulier : les riffs techno, EBM, synthwave s’habillent d’un chant pop qui tire vers le lyrique. Comment est née cette pâte ?

Tim : Faustine vient du chant lyrique, et j’étais plutôt un rockeur guitariste et chanteur dans mes jeunes années. On a eu envie de se retrouver dans ce projet et je me suis mis aux machines et au synthé, car c’est l’électro et la techno qui nous réunissaient. On s’est pas mal cherchés sur l’équilibre pop/techno et je pense qu’on s’est trouvés, à l’image des deux derniers titres de l’album : Queen of tyrannie et Megalo.

Dans le clip de Queen of Tyrannie – comme souvent dans votre direction artistique – on retrouve à la fois l’univers du drag, du gothique et des allusions au gore. Quelles sont vos inspirations ?

F. Le classique, le baroque, le métal… J’adore la question du genre brouillé, de l’entre-deux, d’où le drag : la performeuse trans russe Gena Marvin ou le groupe punk Fecal Matter m’inspirent beaucoup. On a aussi une fascination pour le monstre, la figure ambivalente, le personnage en mutation par différentes phases, comme la nymphose, qui nous passionne.

Côté vidéos, vous semblez prendre beaucoup de plaisir à imaginer et varier les ambiances de vos clips, que vous réalisez en grande partie vous-mêmes. Comment l’expliquez-vous ?

T. C’est notre métier et on a trouvé un endroit où l’on peut faire ce qu’on veut et nous-mêmes. Chaque single a un clip, c’est notre côté MTV des années 1990, Michel Gondry etc. On aimerait casser les murs entre les disciplines, et nous adorerions le faire à la release party du 7 février.

Quels sont vos projets et désirs pour 2026 ?

T. On veut avancer sur le deuxième album, et trouver un tourneur pour jouer plus. On veut se focaliser sur la scène, après avoir bossé les clips et la promo à fond pendant plusieurs mois. On va jouer au Nouveau Casino [à Paris, ndlr] avec un collectif, et on adorerait monter nous même une asso réunissant les artistes techno live de Marseille.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUCIE PONTHIEUX BERTRAM

Mega Lune (release party)
7 février
SoMa, Marseille

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Mentalité Virage Depé

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© Mentalité Virage Depé

Tous les vendredis soirs, des supporters de l’OM se réunissent et vont à la rencontre des plus démunis dans les rues de Marseille. C’est la Maraude Mentalité Virage Depé, qui fête cette année ses 6 ans, et qui a besoin de soutien pour continuer ce travail social, de respect de la dignité humaine, que ne fait pas l’État. Pour les aider, rendez-vous ce 7 février à La Dar pour un concert qui réunit les groupes De la Crau, Cagnard, et Cheap Oai ; et aux platines la Section Zieux Rouges – un rapport avec l’historique Section Fumette ? C’est prix libre, mais on donne le plus possible.

N.S.
7 février
La Dar, Marseille

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L’Indifférente

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L’Indifférente © Léa Nicod

Nous sommes à la journée (fictive) de sensibilisation aux risques liés à l’addiction amoureuse, et Aurélie Aloy donne une conférence. S’appuyant sur des statistiques et les échanges épistolaires d’adolescents amoureux, elle argumente sa décision de se retirer définitivement de l’amour romantique, trop risqué, douloureux et couteux en thérapies.

La spécialiste développe son expertise à partir de sa première (et seule) expérience : une méthode émerge, mais aussi des souvenirs, un peu universels. Formée au Conservatoire de Marseille, Aurélie Aloy présente ici sa première création, qu’elle propose avec la compagnie Telle mère telle fille.

P.L.

3 février
Théâtre L’Escale, La Garde
Une proposition du Pôle

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Du jeu à nous

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L’infiltré © Lucie Rimey Meille

Ocean envisage son spectacle L’Infiltré comme un outil pédagogique sur la construction du genre. C’est ainsi que se crée Du jeu à nous, un espace bienveillant de réflexion adressé aux jeunes. L’artiste engagé a animé cette année, aux côtés de Penda Diouf et Marlène Rostaing, une série d’ateliers avec les secondes et premières en option théâtre du lycée Dumont d’Urville de Toulon (Lire ici). Des exercices d’écriture, de danse et d’improvisation théâtrale ont amené les jeunes à s’interroger sur les problématiques de genre : une invitation à l’introspection et à s’ouvrir à l’autre. Ocean cherche à nous montrer que l’identité de genre n’est qu’une performance, et qu’il existe plus de liens entre personnes cis et trans qu’on ne le penserait. Les élèves présenteront leur travail ainsi qu’une chorégraphie accompagnée par un extrait musical de L’Infiltré.

P.L.

9 février
Le Liberté, Toulon

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Prends garde à toi

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Prends garde à toi © X-DR

Jeanne Bézier invite Carmen au XXIe siècle pour une pièce au carrefour entre opéra et théâtre. Prends garde à toi naît d’une collaboration avec Le Relais des Possible, l’association aixoise dédiée à la protection mère/enfants et à la réinsertion sociale à travers la culture. La metteuse en scène recueille ainsi les témoignages de Malika et Aïssatou, et mêle leur l’histoire à celle de Carmen, figure des victimes de la violence masculine. Leurs récits se répondent, les personnages rebondissent d’un artiste à l’autre et la scène se transforme en une histoire universelle.

P.L.
6 février
Forum de Berre

7 mars
Salle de la Galerie, Fuveau

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Lune Jaune

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Lune Jaune © Dimpre

Munie de son journal, Leila dite « La silencieuse » embarque Lee dans une épopée rocambolesque, une fuite de deux amoureux façon Bonnie and Clyde. Catalysée par les rêves et pulsions de l’adolescence, cette adaptation théâtrale du roman Lune Jaune de David Creig par Olivier Barrère oscille entre road movie, thriller et science-fiction. Ce dernier propose avec Aurélie Pitrat (mise en jeu) un mélange de narration directe, de dialogues et d’apostrophes au public. En parallèle, Nico Morcillo accompagne la scène créant à la guitare et aux effets une atmosphère cinématographique.

P.L.

3 février
Théâtre de l’Esplanade, Draguignan
4 avril
Théâtre des Carmes, Avignon

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Imminentes

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Imminentes © Pascale Cholette

S’inspirant de La Puissance de la douceur, œuvre de la philosophe Anne Dufourmantelle, Jann Gallois dessine la magie de la cohésion féminine. La chorégraphie se nourrit de la diversité des univers des six danseuses, du hip-hop à la danse contemporaine. Portées par une composition de Patrick de Oliveira, elles sont priées d’ouvrir une voie vers un horizon serein. C’est ce que Jann Gallois prédit, d’où le titre Imminentes : « Je voulais un terme qui évoque le fait que l’impact des femmes dans le monde reste encore à l’état de potentiel ». Face à la violence du quotidien, la pièce cherche à révéler la possibilité d’un futur où la douceur est une force.

P.L.

5 et 6 février

Le Liberté, Scène nationale de Toulon

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Dialogue et Combats

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Dialogue avec ce qui se passe © Jean-Louis Fernandez

Depuis le début de leurs carrières respectives, le metteur en scène Adrien Béal et l’auteur Nicolas Doutey proposent un théâtre qui interrogent ses propres outils et ses propres limites. Séparément. Puis ils se rencontrent en 2022 pour un projet de commande, qui donnera lieu à la création de Combats, une pièce dans laquelle quatre personnages réfléchissent au sens profond des petites choses du quotidien, comme passer un appel administratif – c’est là le point de départ dans la pièce.

En 2025, les deux artistes se retrouvent pour une nouvelle pièce, Dialogue avec ce qui se passe. La narration part ici aussi d’un détail, mais cette fois pour venir s’intéresser à notre rapport au temps.

Le Théâtre Joliette consacre un Parcours d’artistes à Béal et Doutey. En une seule soirée, le public pourra donc découvrir leurs deux créations communes.

C.M.

12 et 13 février

Théâtre Joliette, Marseille

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Nos jardins

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Nos jardins © Géraldine Aresteanu

Après Histoire(s) de France, qui interrogeait la création du roman national à travers le regard d’enfants, Amine Adjina poursuit son travail à destination du jeune public sur la manière dont on raconte l’Histoire avec Nos Jardins. Dans cette nouvelle création, il s’intéresse aux jardins ouvriers, des espaces partagés qui permettent de produire du commun et des légumes dans les quartiers populaires, et qui disparaissent progressivement pour être remplacer par des infrastructures commerciales.

La menace de cette disparition est le point de départ de la pièce, dans laquelle deux lycéennes mènent une mobilisation acharnée contre la destruction du jardin de leur quartier. Leur lutte convoque et interroge le souvenirs des luttes populaires passées, et met en avant l’importance politique, esthétique et écologique de ces lieux de partage.

C.M.

Du 4 au 6 février

Théâtre Joliette, Marseille

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