mardi 7 juillet 2026
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L’étrangère

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© Gilbert Scotti

Créé en 2025, L’étrangère de Jean-Baptiste Barbuscia revisite le roman de Camus sous l’angle de son personnage féminin. Mise en scène par l’auteur, cette joute oratoire et littéraire met en scène le face-à-face passionné entre un professeur de lettres et son unique élève. En apposant un « e » au titre du roman sur le tableau noir, la jeune femme bouscule les certitudes de l’enseignant et réhabilite le personnage de Marie Cardona, figure féminine lumineuse et oubliée de l’œuvre camusienne face à l’errance existentielle de Meursault.

La pièce est portée par les comédiens Fabrice Lebert et Marion Bajot, à l’ardeur tenace, qui incarne l’étudiante Maria qui cherche à comprendre Marie… la pièce transcende le cours magistral pour célébrer le dialogue intergénérationnel et le pouvoir émancipateur de la littérature.

D.D-V

Du 4 au 25 juillet à 13h30

Relâche les 9, 16 et 23 juillet

Théâtre du Balcon

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Le Syndrome d’Ulysse

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© Gilbert Scotti

Coécrite par Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia, la création 2026 du directeur du Théâtre du Balcon est une traversée poétique et musicale au cœur du déracinement. Face aux tragédies qui s’écrivent sur les rivages de la Méditerranée, en miroir de l’errance antique, la pièce transforme la figure d’Ulysse en celle, plus vulnérable, du migrant contemporain. Le spectacle donne ainsi un visage et une voix à ceux que l’on ne nomme plus que par leur absence.

Né d’une mémoire familiale entre Sicile et Tunisie, puis nourri par une résidence en Martinique sous le regard d’Édouard Glissant et de Derek Walcott, ce projet unit les rives de la Méditerranée et de la Caraïbe. Portés par Serge Barbuscia, Jérémy Bourges, Théodora Carla, Bass Dhem et Aïni Iften, les textes et les chants explorent cette fracture de l’âme, ce mal de terre que subit celui qui ne peut plus revenir. Une œuvre humaniste, à la langue haute, qui nous rappelle que chaque étranger porte en lui un fragment de notre propre histoire.

DANIELLE VERNA-DUFOUR

Du 4 au 25 juillet à 15h15

Relâche les 9, 16 et 23 juillet

Théâtre du Balcon

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Notre Histoire, Chroniques du Caire : Piano, politique, amour et ballon rond

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Le possessif du titre englobe le réalisateur égypto-autrichien, Abu Bakr Shawky, qui s’inspire ici de son histoire familiale et de l’Histoire de l’Egypte de 1967 à 1984.

Comme une urgence à faire exister ces petits moments intimes, à transmettre des récits qui se perdent si on ne les raconte pas. A les inscrire dans une légende se tissant avec celle des grands événements politiques du pays.

Notre Histoire est celle d’un microcosme. Elle commence en 1967. Dans un quartier populaire du Caire. L’été. Il fait chaud. Ahmed (Amir El-Masry) joue sur un vieux piano. Le voisin du dessus frappe le sol pour manifester son mécontentement. Le lustre se balance, les murs tremblent. Dehors des supporters de foot cherchent la bagarre. On s’invective d’un balcon à l’autre. Le chaos de la rue prolonge celui des intérieurs étroits. On reçoit les oncles, les voisins. A la télé, toujours allumée, outil de propagande gouvernementale, Nasser Hussein parle de la « grande nation arabe ». Le barrage d’Assouan se construit. Les hommes regardent les matchs de football, en respectant, par superstition, une place attitrée dans l’exigu salon. Le verbe est haut. On rit. On râle. Tout le monde se connaît et s’engueule. Chacun tient son rôle. Le père d’Ahmed, Ragheb (Ahmed Kamal), modeste fonctionnaire plante des arbres dans le désert et s’est peut-être compromis en prononçant à la télé le mot tabou de corruption. Sa mère Fairouz (Nelly Karim), s’occupe du foyer et de sa gazinière récalcitrante, elle est enceinte d’un quatrième fils qui naîtra le jour de la défaite de la guerre des six jours. Son frère jumeau Hassan ( Ahmed El Azaar) ne lui ressemble pas ; on le surnomme « Hasanov » parce qu’il aime l’URSS et apprend le russe ; il attend, inquiet, sa mobilisation pour partir à la guerre. Le cadet Sharaf (Khalid Mokhtar), peu doué pour le foot, est fan de ce sport et du club de Zamalek .

Ahmed rêve de devenir concertiste et correspond avec Elisabeth (Valérie Pachner), une jeune autrichienne. Muni d’une bourse, il ira à Vienne en 1973 la rencontrer. Un amour jugé impossible par le père autrichien, entre « un poisson et un oiseau ».

Dans le maëlstrom politique qui verra la démission d’Hussein, les émeutes contre les réformes libérales, l’assassinat d’El-Sadate en 81, et le début de l’ère Moubarak. Malgré les drames personnels, le deuil d’un frère soldat, la séparation, la concurrence de Sham (Karim Kassem) pianiste arriviste piétinant l’honnêteté d’Ahmed, cet amour-là tiendra avec ses rêves « parce qu’il n’est jamais trop tard. » Pour vivre un concert d’Ahmed radiodiffusé et la victoire du football égyptien.

Chapitrée en cinq volets, ces chroniques suivent au plus près des gens attachants que le réalisateur regarde avec une tendresse communicative. Les rides se creusent, la calvitie gagne. La télé prend des couleurs. La vie et la mort vont. On pense aux mélodrames égyptiens des années 50-60, à la comédie populaire italienne, parfois même à Pagnol pour les personnages typés, hauts en couleur, à la fois extravertis et pudiques. Un cinéma populaire sans que l’adjectif soit péjoratif, avec ces lieux communs du sentiment où chacun finalement se retrouve.

ELISE PADOVANI

Notre Histoire, Chroniques du Caire de Abu Bakr Shawky

En salle le 1er juillet

Festivals d’Avignon, une pluralité assumée

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Maldoror, Julien Gosselin © Simon Gosselin

Le Off sous un autre angle

Le Off n’en finit pas de grossir et de confirmer, année après année, l’importance du théâtre pour des millions de Français

Affichant cette année 1780 spectacles, soit plus de 1250 représentations par jour, le Off est une énorme machine qui propose cette année 2,6 millions de billets à la vente. L’an dernier 1,6 millions billets ont été vendus, soit 22 millions d’euros de recettes.

Les retombées économiques directes des deux festivals pour le territoire sont estimées à 60 millions d’euros. Le Off a la part maigre des subventions publiques (voir encadré), et ses recettes proviennent très largement des recettes, partagées entre les théâtres et les compagnies. Un système qui enrichit certains théâtres, et appauvrit la plupart des compagnies. Pour autant le Off est-il essentiellement une affaire de gros sous ? Rien n’est moins sûr.

Moraliser le Off

Les festivaliers, artistes ou spectateurs, connaissent toustes les prix exorbitants des logements durant le festival, les salles improvisées, les conditions d’accueil indécentes de certains lieux qui s’improvisent théâtres, les « créneaux » trop chers, les prix qui augmentent aux terrasses des restaurants pour des assiettes médiocres, la cruauté des parades obligées pour conquérir quelques spectateurices putatif·ves sous un soleil de plomb…

Mais ces conditions économiques qui ruinent les compagnies les plus fragiles et raccourcissent les séjours des festivalier·es coexistent avec le meilleur : des spectacles bouleversants, engagés, ciselés, débordants, dans certains lieux, dont la qualité n’a rien à envier au In, parfois ; et la ferveur palpable de centaines de milliers de spectateurs pour le spectacle vivant, la pensée, l’écriture, le monde, les acteurs, qui se ressent à chaque coin de rue, dans chaque file d’attente qui s’étire.

Quant aux abus des marchands de plateaux et de sommeil, l’association AF&C (Avignon Off et Compagnies) tente depuis des années de réguler et moraliser les pratiques. Par la création d’un Label Off qui engage les salles ; par une rationalisation de l’affichage, conçue en accord avec la Ville ; par une mutualisation intelligente du transport des décors depuis Paris ; et surtout par son Fonds de soutien à l’émergence et à la création, nettement augmenté cette année : ce sont plus de 300 000 euros qui sont versés en 2026 aux compagnies lauréates qui créent un spectacle à Avignon.

Le travail d’AF&C

Les deux co-directeurs Raymond Yana et Laurent Domingos ont pris cette décision pour compenser en partie la forte réduction (-50%) du Dispositif de soutien à l’emploi du plateau artistique de spectacles vivants diffusés dans des salles de petites jauges, un fonds du Ministère destiné aux compagnies qui déclarent et payent les artistes et les techniciens.

C’est donc l’association AF&C qui compense le désengagement de l’État, par un système de reversement de 0,9% du prix des billets achetés sur Tickets off, le système de centralisation de la billetterie du Off qu’ils ont mis en place : acheter une Carte Off et prendre ses billets sur la plateforme permet donc, outre les réductions de 30% sur les spectacles, de financer les compagnies émergentes… Le Village du Off, propose également des débats et présentations de spectacles, et une programmation musicale festive, les Sons du Off, qui conclut les nuits. Quant au Village Tadamm ouvert l’an dernier, il est destiné aux familles, propose de courts spectacles et ateliers et édite un programme et des cartes de réduction pour les moins de 14 ans : 200 spectacles jeune public sont programmés au Off, ce qui en fait, aussi, le plus grand festival jeune public de France !

T’es In en 3500

AGNÈS FRESCHEL

Les subventions des Festivals

7, 75 M€ pour le In

4 470 000 € de l'État (Ministère, DRAC, Préfecture)

1 900 000 € de la Ville et du Grand Avignon

750 000 € de la Région Sud

630 000 € du Département

0,152 M€ pour le Off 

83 000 € de l'État (Ministère, Agence de la transition écologique, Préfecture)

27 000 € de la Ville et du Grand Avignon

42 000 € de la Région Sud (Projet Fret)

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La Parabole du Seum est une tentative de survie 

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La Parabole du Seum, Rébecca Chaillon © Marikel Lahana

Zébuline :Votre parabole se situe sur les toits de Seine-Saint Denis, qui abritent des antennes paraboliques pointées vers un lieu lointain. Quelles sont les personnes qui ont participé à cette création ? 

Rébecca Chaillon :  C’est un spectacle en co-création avec Céline Champinot, la metteuse en scène. On compose aussi beaucoup les choses avec Élisa Monteil la créatrice son et Camille Riquier qui est la scénographe Elles travaillent avec moi depuis longtemps.

Les acteurices sont des personnes que j’ai auditionnées, pro et non professionnelles, qui avaient l’urgence de parler sur un plateau. Qui avaient un vécu autour de la survie, de par leur racisation, leur genre, leur orientation sexuelle, leur corps gros, ou bien marqué par la traversée de cancers, de transidentités… Je voulais que ces expériences vécues dans leur quotidien les désignent aussi comme de potentielles expertes de la survie à venir. Contre le fascisme qui vient.

Un des critères, c’était d’avoir un vécu dans le 93. Un territoire hyper criminalisé, hyper stigmatisé, dans lequel les gens projettent toutes sortes d’idées violentes, ont su y développer des stratégies. 

On sent que la Parabole du semeur est au cœur de cette création…

La Parabole du semeur d’Octavia Butler est effectivement un point moteur, mais ce n’est pas du tout une adaptation. Elle est la première à m’avoir mis dans le corps le fait qu’on allait devoir se préparer. La personnage qui prend conscience qu’elle va devoir faire un sac de survie à 14 ans m’a fortement marquée. Je me suis dit : « Y’a quoi dans mon sac à moi ? »  Ce qu’il y a dans ce sac, c’est le cœur du spectacle. Puis comme le fait Butler dans son livre, j’avais envie de questionner la croyance, de me demander sur quelle foi m’appuyer pour créer une utopie politique ou poétique. Où créer du désir. 

Je pense à Meg Elison, qui est une meuf grosse, pas noire, ou Roxanne Gay, qui mettent en jeu des histoires de corps gros, dans des situations de survie, qui arrivent à creuser dans ce qui fait peur, ce qui est violent et y mettre du désir. 

Quelle place avez-vous choisi de donner au corps gros dans cette création du désir, cette utopie politique ?

C’est nouveau pour moi, pas de me nommer grosse, mais de vouloir en faire quelque chose. Loulie Houmed qui est une des interprètes, qui est activiste anti-grossophobie, dit que le corps gros est toujours considéré comme un corps éphémère. Comme une responsabilité. 

Dans le groupe tout le monde ne se définissait pas encore comme gros. Mais il y a un truc avec leur identité, du fait qu’ils ont déjà dû développer des stratégies autour de ça, par le rire, la séduction. Et ceux qui sont vus comme gros de toute façon ont dû se battre, individuellement et inter-personnellement avec cette culpabilité qu’on leur fait porter. 

En termes de soins et d’adaptation, Loulie a animé des ateliers autour de la grossophobie pour l’équipe.  Et notamment grâce à Róise Goan, la dramaturge, directrice du festival de Dublin, avec qui j’ai eu la chance de travailler et qui est concernée, on a pu mettre en place entre 5 à 10% de sièges adaptés pour les personnes grosses, et s’assurer que les lieux qui nous accueillent préviennent aussi en cas d’impossibilité d’accès.

Comment avez-vous vécu la création de ce spectacle ?

Rébecca Chaillon : C’est le seum, c’est un spectacle un peu triste [rire] par rapport à d’habitude ! Mais j’’espère que les gens vont pouvoir y voir de la lumière et, j’espère réussir à ajouter un peu de sassiness, de piquant. C’était une création douloureuse pour moi. Je ne me suis pas autant amusée que d’habitude et je pense qu’il faut que je retrouve un peu de mordant !

Entretien réalisé par NEMO TURBANT

La Parabole du Seum

Du 4 au 12 juillet

Cloître des Célestins

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Comment se construit un festival

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Clémentine Aubry © Christophe Raynaud de Lage - Festival d’Avignon

Zébuline. Vous êtes arrivée dans l’équipe de direction du festival en avril, après avoir été secrétaire générale du Cent-quatre à Paris. Pouvez-vous vous présenter ? Quelles sont vos fonctions ?
Clémentine Aubry. Je travaille depuis 20 ans dans diverses institutions culturelles en France, toutes en lien avec le spectacle vivant. Je suis aujourd’hui directrice déléguée du Festival. C’est à dire que je travaille main dans la main avec le directeur, Tiago Rodrigues, pour piloter l’ensemble des équipes et veiller au bon déroulement du Festival. Nous réfléchissons ensemble à la stratégie des années à venir, et, plus particulièrement, je me charge de développer des projets à l’année, pour une présence renforcée sur le territoire.

Est-ce que vous participez à l’élaboration de la programmation ?
Nous sommes un comité artistique formé de Tiago Rodrigues, des deux co-directrices de la programmation Magda Bizarro et Géraldine Chaillou, et de moi-même. Programmer, c’est veiller à des équilibres. Entre les créations et des spectacles déjà créés, entre les hommes et les femmes… Mais nous devons aussi réfléchir aux lieux, aux jauges, au nombre de représentations souhaitables par spectacle, pour que chaque spectateurice puisse trouver sa place. Une programmation s’élabore aussi avec les équipes de production des spectacles que l’on accueille. Chaque projet a ses contraintes…

À propos de la programmation, de ses équilibres, quelles sont les caractéristiques de cette édition ? Une forte augmentation des places mises en vente, semble-t-il ?
Oui, nous passons de 121 000 places mises en vente l’an dernier, et vendues plus de 99%, à 136 000 places payantes. L’augmentation est notable, et elle n’est pas due à une multiplication des spectacles, mais au fait qu’il y a plus de propositions dans les grandes jauges, et aussi que les spectacles jouent plus longtemps. Ce qui permettra à plus de spectateurices de les voir. Quant aux équilibres, nous proposons 47 spectacles. Deux tiers des équipes artistiques viennent pour la première fois, 50 % sont des créations, et 58% sont des femmes.

Vous misez donc sur un renouvellement, tout en conservant des fidélités, avec Guy Cassiers, Rébecca Chaillon, Julien Gosselin… Et un équilibre entre spectacles nationaux et internationaux.
Oui, avec une moitié de productions nationales, et 50 % de productions internationales, venues de 10 pays. Dont la Corée, qui est la langue invitée cette année. Il est important de dire que c’est la langue coréenne qui est invitée, il y a aussi des spectacles de la diaspora, d’artistes qui sont empreints de cette culture même s’ils n’y vivent plus.

Pourquoi la Corée ? Que va-t-on découvrir de la culture coréenne ?
On connait de la Corée la K-pop, ou le Pansori, ce théâtre chanté puissant. Mais nous allons aussi découvrir des créateurs contemporains que l’on connait moins…

Est-ce que l’histoire de ce pays, coupé en deux parties irréconciliables, sera présente ? Est-ce qu’elle marque les créations ?
Pas toujours de façon explicite, mais évidemment. Oiseau, premier chapitre du roman Impossibles adieux de la prix Nobel de littérature Han Kang, porté à la scène par Julie Deliquet, parle directement du massacre de Jeju.

À côté de ce théâtre du lointain, qui sera dans la Cour d’honneur porté par Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee, on retrouve des habitués …

Oui. L’identité du festival c’est aussi la fidélité, c’est le fait que les spectateurices puissent retrouver, tous les 2 ou 3 ans, ou 10 ans, des artistes qu’ils connaissent. On aime aussi que ces artistes se rencontrent : Mathilde Monnier et Lucie Antunes, avec un dispositif qui va s’amplifier à Boulbon et croiser les publics. Ou bien sûr Guy Cassiers et Valérie Dréville…

Il y a aussi des artistes dont on est étonné qu’ils viennent pour la première fois, comme XY ou TGStan…
Deux très bonnes nouvelles ! Le public d’Avignon va découvrir des artistes qui ont un long parcours. 1,2,3 Poquelin présente les trois volets du travail de TGStan autour de Molière. Ce sont des conteurs exceptionnels qui réécrivent leur version des œuvres, c’est drôle et virtuose, subversif et accessible. Destiné là encore, dans la grande jauge de Boulbon, à tous les publics…

Avec XY le cirque fait son entrée dans la Cour…
Avignon est avant tout un festival de théâtre, mais il a toujours été aussi interdisciplinaire. Avec XY, compagnie historique, reconnue, il s’agit d’habiter la Cour d’une proposition d’acrobatie spectaculaire, mais surtout partagée. Et évidemment très accessible à tous les publics, aussi.

À ces 47 spectacles s’ajoutent un nombre important de débats, lectures, rencontres, des rendez-vous en entrée libre qui sont chers au public…
Oui, Avignon c’est aussi un endroit où on pense le spectacle, où on peut avoir des débats passionnés, c’est une agora de la pensée, de la complexité. Les spectacles n’apportent pas de réponses aux simplifications du monde mais peuvent aider à poser des questions, à sédimenter des éléments de réponse. Tiago Rodrigues a voulu conclure cette édition sur un Aube des questions, parce qu’aujourd’hui il y a une accélération des opinions toutes faites. 80 chercheurs, auteurs, intellectuels, historiens, scientifiques, activistes, internationaux, de tous horizons, partageront avec le public de la Cour 80 questions, sur les rapports entre l’art et le monde.

À ce propos, Olivier Galzi, le nouveau maire d’Avignon, a commencé son mandat en disant que la question palestinienne était trop présente au Festival…
Tiago Rodrigues a bien entendu dialogué avec lui à l’issue de cette prise de parole. Je pense vraiment qu’Olivier Galzi va prendre la température et la mesure de ce qu’est le Festival en le fréquentant cette année. Pour la ville, il est essentiel, il fait partie de son patrimoine, y compris dans sa façon de poser librement les questions.

Un certain nombre de structures avignonnaises annoncent une baisse de 5% de leurs subventions municipales, appliquée dès 2026, en cours d’exercice. Est-ce votre cas ?
Pas pour l’instant. On en saura plus dans quelques temps, nous n’avons pas reçu d’avis d’une décision de ce type.

Mais le Festival peut-il fonctionner dans une ville où les autres opérateurs culturels subissent une telle baisse ?
Avignon compte beaucoup de structures culturelles variées, d’arts numériques, du patrimoine, de musique. Cette variété est très précieuse et fait d’Avignon une ville exceptionnelle. Le Festival s’inscrit dans ce territoire, et a aujourd’hui des liens avec tous les acteurs qui le font vivre à l’année. Alors oui, évidemment, une mise en danger des acteurs culturels avignonnais aurait un impact sur le Festival.

L’art et la culture permettent de mieux vivre ensemble, donnent du sens, portent les problématiques essentielles de la société. Et Avignon est le cœur précieux de ces prises de paroles. Les salles sont pleines à 99%, les gens parlent, écrivent, échangent. Nous marchons aujourd’hui main dans la main avec le Off, sur les questions des VSS, sur l’écoresponsabilité, sur les conditions économiques de production, sur la gestion de la canicule. Pour permettre l’éphémère du spectacle il faut conserver des structures solides.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL

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« C’est toujours l’invisible qui m’intéresse au théâtre »

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Thésée, sa vie nouvelle, Valérie Dréville et Guy Cassiers © Théâtre Vidy-Lausanne – Claudia Ndebele

Zébuline. Vous portez, seule en scène, un spectacle construit et mis en scène avec Guy Cassiers. Qui est à l’origine du projet ?
Valérie Dréville. Nous avions déjà travaillé ensemble, et avec Kae Tempest, pour Tiresias. Nous nous étions dit, à l’issue de ce travail, que nous voulions recommencer, que le premier qui trouvait un texte le proposerait à l’autre. Quand j’ai lu Thésée de Camille de Toledo ça a été tout de suite évident. J’avais trouvé.

Pourquoi ?
D’abord parce que la langue est très singulière, que le roman superpose plusieurs modes d’énonciation, récit, dialogue avec des personnes disparues, photos, poésie, prière… C’est une langue très orale aussi, travaillée pour être dite, je l’entendais en la lisant. J’avais l’impression que Camille de Toledo ne pensait pas à la littérature en l’écrivant, mais à faire entendre des voix. Et de fait c’est toujours l’invisible qui m’intéresse au théâtre.

Vous êtes une femme, une comédienne, vous vous emparez d’un texte autobiographique d’un homme, que vous portez seule sur scène. Est-ce paradoxal ?
Je ne crois pas. D’abord, je ne pense pas qu’il fallait incarner Camille de Toledo. Et puis… je me conçois comme un intermédiaire entre le public et la quête. Camille de Toledo ne parle pas de son histoire pour parler de lui, mais de tous. Donc il s’agissait pour moi de traduire une pensée plutôt que d’incarner cette pensée. D’être le raconteur de cette histoire, pas un personnage. J’épouse tous les points de vue, tous les personnages, pour entrer dans la tête de chacun.

Le spectacle est vraiment une adaptation, ou traverse-t-il d’autres écrits ?
C’est une adaptation qui suit le fil chronologique. Après le suicide de son frère, puis la mort de ses parents qui a suivi de près, l’auteur quitte « la ville de l’Ouest », change de philosophie, il change aussi socialement. Ses parents sont de riches industriels, des gens qui ont œuvré pour la prospérité de l’Après-guerre. Il part à l’Est, à Berlin. Mais même la radicalité de ce changement ne lui permet pas d’oublier. Les traces, les esprits de ses ancêtres apparaissent, et il devra faire un autre voyage, intérieur, jusqu’à son arrière-grand-père, au traumatisme initial. C’est à la fois une histoire privée et une histoire historique. Suivre sa famille c’est suivre le siècle. Il y mêle aussi le mythe, Thésée, et il fictionne énormément, il déplie, il éclaire les zones d’ombre, les failles, qu’il expose à la lumière. Il déconstruit le mythe de la force aussi, de la puissance, pour s’occuper de ce qui est fragile.

Il est question, donc, de traumatisme transgénérationnel, d’épigénétique…
Exactement. Notre héritage nous transforme, on sait désormais que les descendants de la Shoah ont été marqués génétiquement. Il s’agit de prendre soin, de nettoyer symboliquement les eaux du corps. Le chemin est très long pour lui, son corps est très impacté…

Comment Camille de Toledo a-t-il réagi à l’idée d’une mise en scène son livre, si intime et douloureux ?
Il a eu l’extrême générosité de nous donner tout son fonds d’archive, ses photos qui sont dans le livre, d’autres. C’est ce matériel qui est dans le spectacle.

Des vidéos ?
Une à la fin. Vidéo et photo au théâtre, c’est très différent. Ce qui nous intéresse, ce sont les photos, qui sont de véritables pièces à conviction dans son enquête. Des preuves à interpréter. Il y a des caméras qui filment en gros plan la scène, et ont une autre fonction. Ce texte est une enquête.

Pourquoi, au fond, la déplier au théâtre ?
Ce livre est un trajet de réparation et pour moi, c’est le théâtre qui est le lieu de la transformation. Celui qui permet de sortir du drame. La tragédie a toujours deux dimensions, une sombre et une lumineuse. Elle répare, elle est cathartique, elle permet aux fantômes enfouis, qui font mal, de faire surface et de soigner les blessures.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL

Thésée, sa vie nouvelle
Du 12 au 24 juillet
L’autre scène, Vedène

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« Avignon est un lieu de fantômes »

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Tiphaine Raffier © Laureline Le Bris-Cep

Zébuline : Quel rapport entretenez-vous avec le Festival d’Avignon ?
Tiphaine Raffier : C’est un rendez-vous qui fait partie de ma vie depuis le sortir de l’adolescence. J’y suis d’abord venue sans même connaître le Festival : j’étais au camping de la Barthelasse, entraînée par des amis, et j’ai découvert cette sensation très forte du bouche-à-oreille, du fait d’être submergée par l’offre, guidée par d’autres spectateurs dans la rue. J’ai vu des propositions très exigeantes, très belles.

Plus tard, quand j’étais à l’ENSAD, j’ai compris qu’il y avait un autre réseau du théâtre. J’ai joué plusieurs fois dans le Off et dans le In. Et puis La Réponse des Hommes a été annulée, ce qui a été très dur, d’autant qu’elle n’a pas été reprogrammée l’année suivante. Avignon, pour moi, c’est un endroit auquel je reviens comme à une maison de vacances : il y a des souvenirs, des fantômes, de grands moments de joie et de peine.

Y a-t-il un fil entre La Réponse des Hommes et L’hors-présence ?
Oui, il y a beaucoup de fils possibles. Dans La Réponse des Hommes, les œuvres de miséricorde me permettaient d’explorer la question du dilemme moral. Ici, ce n’est pas une séquence de vingt ou trente minutes, mais une pièce entière, déployée autour d’une maison, d’une famille, d’une fratrie. Le huis clos et la famille sont des formes vieilles comme le monde, extrêmement présentes dans l’art occidental. Il m’a fallu beaucoup d’exigence, de travail, mais aussi d’humilité, pour accepter d’y aller.

Quant à la fin de vie, je n’avais pas totalement mesuré à quel point c’était un tabou. Écrire une pièce, c’est se lever pendant deux ans en pensant à un sujet : cheminer avec celui-là n’a pas été facile. Mais c’est aussi un sujet magnifique, un sujet total, qui permet de parler de l’art, du mal, de la violence, de la décence, de la pudeur, de la littérature, de la famille, de l’amour, de la déclaration d’amour, de la langue. Ce n’est pas le rapport au deuil, ni seulement à l’absence : c’est le rapport aux au revoir, à la douleur, à l’agonie.

Le titre dit quelque chose d’une présence qui se retire. Qu’est-ce qui disparaît en premier ?
Je crois que ce qui disparaît en premier, c’est ce à quoi ressemble la vie. La vie est faite de mobilité, de légèreté, de spontanéité. C’est ce que Georges Canguilhem appelait « le silence des organes » : quand le corps ne se rappelle pas sans cesse à nous. Or la mort proche est dans le rappel permanent de ces choses. Pour la combattre, ou retarder son imminence, il faut entrer dans le contrôle : contrôle du temps, contrôle de la langue, contrôle du corps. On ne voit pas ce qui se passe à l’intérieur de la personne qui part, mais il y a des stigmates, des choses qui affleurent, des épiphanies quotidiennes à la surface du corps et de la langue. La question devient aussi celle de sa présence, de ses capacités cognitives, de son consentement, de sa volonté. La tête et le corps partent, et ceux qui entourent la personne partent aussi d’une certaine manière.

L’hors-présence parle de cette qualité de présence qui s’en va, chez celle qui meurt comme chez celles et ceux qui restent. Mais parce que le sujet est brûlant, il fallait aussi réfléchir à la forme du plateau. On parle beaucoup du sujet, et c’est tant mieux, mais j’espère que si l’on peut en parler avec justesse, c’est parce que le geste esthétique le permet. La forme donne la qualité du débat.

Entretien réalisé par SUZANNE CANESSA

L’hors-présence ou Chimères du pays de Morsan
Les 4, 5, 7, 8, 9 et 10 juillet à 11h
La FabricA

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Molière, avec des matraques

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1, 2, 3 Poquelin, tg STAN © Kurt Van der elst

Zébuline : Qu’est-ce que jouer Molière pour le tg STAN ?

Damiaan de Schrijver : Pour nous c’est un des plus grands maîtres de la dérision envers les gens de pouvoir. Molière donne beaucoup d’exemples où les valets sont plus malins et les servantes plus malignes que leurs maîtres. Les patrons, les grandes figures, les rois, sont des gens qui font beaucoup de fautes. Molière a trouvé comment le dire avec sa plume : c’est politique.

Il était avant tout un comédien et un écrivain, qui était avec ses compères, et jouait lui-même les pièces avec eux. C’est pour nous un grand exemple : cette personne qui écrit, qui joue et qui dirige la compagnie, c’est un comédien.

À propos des textes, ça ne doit pas être facile de choisir des passages de Molière, d’en écarter d’autres. Comment avez-vous travaillé là-dessus ?

Le processus est collectif : les comédiens se sont mis autour de la table et ont fait leur choix. Les pièces qu’on va jouer, c’est Le Mariage forcé, L’Avare, Le Malade imaginaire, Le Médecin malgré lui, Les Égotistes, un montage des Femmes savantes, des Précieuses ridicules. Et deux textes, un que Molière a écrit pour expliquer au frère du roi pourquoi il divertit les gens, et l’autre, une lettre pour dire que monsieur Molière est mort après avoir joué Le Malade Imaginaire.

Et nous serons là avec des matraques. On va se frapper. On l’a toujours fait, on se frappe jusqu’à ce qu’on reçoive une conscience. Attaquer avec des mots, montrer que la vie est amusante, mais aussi très dure et très cruelle.

Quel va être le dispositif scénique à la carrière Boulbon ?

Il y aura des tréteaux avec des escaliers en bois et on sera en tri-frontal. On va jouer de trois côtés. Il y a un grand rideau. Et pour le reste, on va se débrouiller avec quelques chaises, quelques fauteuils, des matraques. Voilà, c’est tout. Un rideau. Tout dépend de la joie de jouer ensemble, de s’attaquer, et qu’il ne fasse pas trop chaud, qu’on puisse bien réfléchir

Quels costumes allez-vous utiliser ?

On ne va pas jouer dans des costumes du 17e siècle, mais ce sont des costumes qui reflètent cette période-là. Nous avons invité des stylistes à réfléchir avec nous. Ça fait penser aux costumes de l’époque, mais en même temps, avec un peu d’audace, on pourrait les mettre aujourd’hui. Des pantalons, des grandes chemises, des robes magnifiques, que des enfants auraient trouvés en ouvrant des coffres dans un grenier.

Est-ce qu’il va y avoir de la musique ?

Il y a de la musique pour marquer les nouvelles pièces. Il y a beaucoup de musique de Heinrich Ignaz Franz Von Biber, un autrichien, une musique très remarquable.

Et de la musique pendant l’entracte, parce qu’on a demandé à l’organisation d’Avignon que le public puisse sortir et venir quand il veut. J’espère que les gens seront assez audacieux pour le faire. Il y a des bars qui seront ouverts, on vient quand on veut et on part quand on veut. C’est un peu comme quand on est dans la rue, sur des places, lorsqu’on joue dehors. Ça doit être décontracté parce qu’on va jouer 4h, on va avoir des entractes, on va s’arrêter, on va recommencer. Il faut que ça bouge dans la salle.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MARC VOIRY

1, 2, 3 Poquelin

Du 13 au 25 juillet

Carrière Boulbon

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« Avignon, c’était vraiment mon rêve »

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KIN: Yeonhee Project I, Liquid Sound © GoGuMa

Zébuline : Qu’est-ce que le yeonhee, cette forme peu connue du public français ?
Inbo Lee : Le yeonhee, c’est une base de percussions. Dans notre spectacle, il y a quatre percussions sur scène, avec des performers traditionnels et deux danseuses contemporaines. KIN se fonde sur le traditionnel, je suis, à la base, musicien traditionnel coréen. J’e ai étudié la flûte traversière coréenne, puis la musique coréenne au lycée et à l’université. Ensuite, je suis venu en France, à Paris VIII, en 2010, pour étudier le spectacle vivant et le théâtre. Je suis resté 10 ans, jusqu’en 2020, puis je suis rentré en Corée, en 2021, pour recommencer à créer plus intensément.
Pour nous, la question est souvent celle-ci : l’art traditionnel peut-il être vivant aujourd’hui ? Il y a peu de gens qui vont voir des spectacles traditionnels. Alors j’ai voulu créer quelque chose pour partager, pour aller au plus proche des spectateurs d’aujourd’hui.

Pourquoi déconstruire cette tradition ?
Le traditionnel peut être difficile à comprendre, difficile à apprécier. J’ai pensé qu’il fallait un peu mélanger, et déconstruire. Nous avons travaillé et adapté le costume, la musique, le rythme, le mouvement. Nous avons focalisé sur de petites parties, et nous les répétons, pour mieux les montrer.
Avec Juyoung Shim, qui signe la chorégraphie, nous sommes partis des mouvements traditionnels pour chercher comment les dépasser. Qu’est-ce qu’on peut enlever du traditionnel pour exprimer notre sentiment, le faire mieux comprendre ? Comment mélanger la musique et la danse contemporaine ?

C’est aussi le cas pour les couleurs. En Corée, il y a cinq couleurs importantes : le jaune, le rouge, le bleu, le noir, le blanc. Elles ont une forte symbolique, mais nous voulions trouver une autre symbolique d’aujourd’hui. Dans le spectacle, on commence avec le costume traditionnel aux cinq couleurs. Puis chaque numéro fait apparaître une couleur. Le blanc, c’est le commencement, le pur : on peut tout enlever, et recommencer à partir du blanc. Le bleu vient du son d’une percussion, le jing, qui envoie l’énergie plus loin et ouvre un mouvement plus large. Le rouge, c’est vraiment l’énergie. Et au milieu, le noir.

Le public est debout, proche des interprètes. Est-ce une manière de retrouver l’adresse populaire du yeonhee ?
Debout, ou assis par terre, c’est très habituel dans la tradition. Nous avons travaillé à partir d’une forme où l’on joue en chemin, dans la rue, pour amener le public vers l’endroit où l’on va jouer. C’est une introduction, une manière d’inviter les spectateurs.
À Avignon, cela a une importance particulière pour moi. Comme j’ai étudié le théâtre en France, Avignon était vraiment mon rêve. Quand je suis venu en France la première fois, en 2010, je suis allé à Avignon. J’ai vu des spectacles très expérimentaux, j’ai été vraiment choqué, et sans doute un peu jaloux. Aujourd’hui, j’ai hâte de monter notre spectacle à Avignon. J’ai un peu peur aujourd’hui … mais on verra.

Propos recueillis par SUZANNE CANESSA

KIN: Yeonhee Project I, Liquid Sound, mise en scène et direction artistique Inbo Lee.
Du 8 au 11 juillet à 21h30
Mahabharata – Bar du Festival

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