dimanche 27 novembre 2022
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Penser le Midi : Camus, homme des deux rives

Entre photographies et manuscrits personnels, l’exposition Albert Camus et la pensée de midi propose une immersion dans l’intime poétique et résistant de l’écrivain

Des bancs d’école algérois à son ultime voyage provençal à Lourmarin, l’auteur n’a cessé d’être inspiré par la Méditerranée. Dans le cadre de l’Année Albert Camus initiée par la Région Sud, Marseille rend hommage à la relation qu’entretenait le romancier avec la Grande Bleue, le temps d’une exposition programmée jusqu’au 31 décembre. Un parcours immersif à travers la « Pensée de midi », au premier étage de la bibliothèque de l’Alcazar. 

Au cœur d’un esprit  
Dès la première salle, le discours engagé de Camus pour son prix Nobel résonne à travers la pièce. Pas à pas, le visiteur suit ses traces dans son Algérie natale, découvrant une réflexion solaire, inscrite dans les racines d’un héritage méditerranéen. Au carrefour des rivages ensoleillés, l’exposition retrace ses voyages grecs et italiens à travers des photos de lieux ayant joué un rôle dans le développement de sa sensibilité. Ce n’est pas par hasard que la mer et le soleil deviennent des personnages clés du roman L’Étranger en 1942. 

Albert Camus, Saint-Honorat, 1946 © X-DR

Les documents d’archives témoignent d’un goût pour la mesure dans une époque absurde. L’auteur et l’homme saisissent les armes de la littérature pour combattre les totalitarismes de son temps. Rédacteur en chef du journal Combat en 1944, Albert Camus s’engage dans la Résistance avant de condamner la politique soviétique, à rebours d’une époque louant Staline à coup de sonnets surréalistes. La pensée camusienne trouve sa place là où les mots rayonnent sur l’espoir d’un monde nouveau : « Nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages. Mais notre tâche n’est pas de les déchaîner à travers le monde ; elle est de les combattre en nous-mêmes et dans les autres » (L’Homme révolté, 1951).

On saisit que les mots de Camus trouvent un certain écho aujourd’hui. L’écrivain nous invite à réfléchir à la construction d’un monde commun face aux replis sur soi. Le visiteur se promène à travers ses songes tandis que les murs deviennent des pages. « Je ne connais qu’un seul espoir et c’est celui d’aimer », lit-on en fin de parcours. Du 17 au 20 novembre, l’auteur sera également en filigrane des Rencontres d’Averroès, dont Thierry Fabre, co-comissaire de l’exposition, est le fondateur. Un rendez-vous qui sera l’occasion de découvrir les mises en récit de la Méditerranée et de questionner les concepts de guerre et paix. 

CHARLES FLAGEUL et CARLA PLOMB

Albert Camus et la pensée de midi
Jusqu’au 31 décembre
Bibliothèque de l’Alcazar, Marseille
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