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Propagations : Quand le son devient création

Porté par le GMEM, la troisième édition du festival de musique expérimentale s’étend à Marseille et Aix-en-Provence, du 3 au 14 mai

C’est à Christian Sebille, directeur artistique du GMEM depuis 2011 et compositeur aux multiples facettes, qu’est confiée la soirée d’ouverture du festival Propagations. Son Paysage de propagations #1 Matrice s’installe ainsi dès le 3 mai au Conservatoire Pierre Barbizet. Pour la concevoir, l’artiste formé entre autres à la musique électroacoustique a fréquenté assidument le Cirva – Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques durant deux années de résidence. Sa création, convoquant le spectre sonore de l’orchestre de verre et la plasticité de cet objet fascinant à tous points de vue, se fera immersive et résonante, avec l’appui du Collectif Sonopopée à la conception du dispositif mécanique et numérique génératif.

La compositrice Julie Rousse lui emboîte le pas avec Métamorphoses, installation à retrouver tous les jours au Studio MOD à la Friche la Belle de Mai, dès le 4 mai. Installation également organique puisque l’artiste s’est intéressée aux rives du Rhône, des glaciers Suisse aux bords de la Méditerranée. La vision et la perception s’unissent de nouveau à l’ouïe dans cette œuvre multisensorielle. Le 3bisf accueille, le 7 mai, Écouter l’ombre, pièce composée et scénographiée par Anne-Julie Rollet et Anne-Laure Pigache invitant à plonger dans les oreilles de patients diagnostiqués schizophrènes. 

En Friche

La Friche la Belle de Mai demeure le lieu d’ancrage de ce festival gagnant décidément en ampleur avec cette troisième édition. Son Module accueille, le 4 mai, les créations de compositrices et compositeurs passionnants pour la soirée Sonord. Raphaëlle Dupire y présente D’Ici, là – Histoires dedans le paysage, pièce pour voix, oud et traitement sonore (manié par Sarah Procissi). Sébastien Béranger y crée Vi(e)revolte, œuvre conçue pour les saxophones de Joël Versavaud, membre de l’ensemble C Barré. Pierre Pulisciana y donne un extrait de sa pièce radiophonique Silloner. Et Sébastien Béranger y propose sa Pièce collective participative. Belle soirée en perspective, conçue en coproduction avec l’Hôpital Nord de Marseille.

Le Petit Plateau accueille quant à lui les inclassables Hervé Birolini et François Donato pour leur pièce pluridisciplinaire Tesla, aux sensibilités audiovisuelles. Musique, radio, cinéma s’y mélangent joyeusement.

Les 12 et 13 mai, le compositeur Bertrand Wolff propose aux auditeurs de découvrir Auscúltare, pièce pensée pour la soprano Raphaële Kennedy et la contralto Isabelle Deproit, ainsi que pour des haut-parleurs ultra-directionnels orchestrés par Guillaume Stagnaro.

L’Orchestre La Sourde plonge, le 11 mai, le public du Grand Plateau dans l’œuvre de Carl Philipp Emmanuel Bach, fils le plus illustre du célèbre Jean-Sébastien, dont l’ensemble à la croisée des genres (classique, jazz, musique ancienne…) va faire entendre toutes les coutures et développements possibles. Conçu sous la houlette du trompettiste Samuel Achache, du clarinettiste, saxophoniste et comédien Florent Hubert, du clarinettiste et saxophoniste Antonin Tri Hoang et de la pianiste Ève Risser, le spectacle entend questionner avec humour et musicalité le concept même de concerto. 

Le Quatuor Tana s’empare également de cette belle scène pour y faire découvrir des pièces composées par Giulia Lorusso, Francesca Verunelli et Ivan Fedele, où l’électronique se fraie un chemin de choix, accompagnée par la réalisation en informatique musicale de Benjamin Lévy.

CONCERTO CONTRE PIANO ET ORCHESTRE © Joseph Banderet

En scènes

Les scènes marseillaises emboîtent le pas à la Friche en accueillant des pièces lyriques et pluridisciplinaires. On retrouve au Zef, les 4 et 5 mai, le banquet musical La Rose des Vents, mis en scène par Marguerite Bordat et Benjamin Groetzinger et promettant de ravir oreilles comme papilles : les élèves du lycée hôtelier Jean-Paul Passedat y officieront sous la direction du chef cuisinier Emmanuel Perrodin, au son du violoncelle de Noémi Boutin. La Ralentie de l’artiste total Pierre Jodlowski fera résonner la voix de Clara Meloni et les percussions de Jean Geoffroy dans le Petit Théâtre de La Criée, le 6 mai. Avant que le Quatuor Béla ne s’immisce au Grand Théâtre, en deuxième partie de soirée, en compagnie du pianiste Wilhelm Latchoumia pour un programme mêlant joyeusement les genres. Les Départs de Feu entonnés par l’ensemble vocal Les Métaboleset l’ensemble instrumental Mutlilatérale, sous la direction de Léo Warynski, promettent d’enchanter le public de l’Opéra de Marseille, qui découvrira des œuvres de Rebecca Saunders, Franck Bedrossien et tant d’autres le 14 mai. 

Le Couvent accueille enfin le 14 mai à 15 heures les élèves des classes de composition électroacoustique du Conservatoire Pierre Barbizet et de la Cité de la musique, avant que Bérangère Maximin ne propose, à 17 heures, un concert pensé comme un parcours dynamique. De quoi conclure ce festival en plein air et en beauté.

SUZANNE CANESSA

Propagations
Du 3 au 14 mai 
Divers lieux, à Marseille et Aix-en-Provence
gmem.org
Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
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