vendredi 27 janvier 2023
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Quand Fabcaro nous fait danser

Mercredi 30 novembre, à la Halle Tropisme (Montpellier), les Rennais du groupe Totorro & friends ont présenté sur scène leur version en ciné-concert-BD de l’opus déjanté "Et si l’amour c’était aimer ?" de l’auteur héraultais Fabcaro. Pour le meilleur et pour le rock

Inadaptable. C’est ce que l’on pourrait penser en première lecture de la bande-dessinée Et si l’amour c’était aimer ?, publiée en 2017 par l’auteur de bande dessinée héraultais Fabcaro. Une histoire d’amour et d’adultère à l’eau de rose sur fond de crise de la quarantaine, le tout passé dans la délirante et absurde machine à détourner de Fabcaro. Un ouvrage qui affiche 86 000 exemplaires vendus selon sa maison d’édition 6 pieds sous terre, des chiffres de vente exceptionnels en bande-dessinée, bien qu’ils soient loin derrière les 300 000 exemplaires vendus de Zai Zai Zai Zai, blockbuster inattendu de l’année 2015, qui avait propulsé son auteur au rang de superstar de la BD indé.

Mais comme rien ne résiste à l’art du non-sens de Fabcaro, ces derniers temps on ne compte plus les adaptations de ses bande-dessinées au cinéma, au théâtre et donc… en ciné-BD-concert ! Sur la scène de la Halle Tropisme à Montpellier, tout commence comme n’importe quel ciné-concert, avec un grand écran et un groupe de musique. Il s’agit de Totorro and friends, l’association de deux guitaristes du groupe de math-rock rennais Totorro avec le batteur-compositeur Pierre Marolleau. Cette création 2021 est du 100% scène rennaise, une coproduction La Nef, La Carène, Antipode et La nouvelle vague et en partenariat avec le Jardin moderne.

Sitcom des années 90

Le premier morceau, qui accompagne le titre et la présentation des personnages principaux à l’écran, sonne comme un générique de sitcom des années 90. Le son est bon, les trois musiciens s’éclatent et ça se ressent. À la place du film, c’est la BD recomposant minutieusement les cases, une manière intelligente de respecter l’univers graphique de l’auteur et son sens du récit, tout en rythmant l’histoire avec un texte qui s’affiche au fur et à mesure. Et cela marche plutôt bien, le public ne tarde pas à rire tout en savourant visiblement le rock bien senti du groupe. Même quand on a lu l’ouvrage particulièrement insensé, on se retrouve à savourer certaines petites phrases rien qu’en entendant son voisin rigoler. Sensation étonnante, d’habitude une BD on la lit tout seul, le plaisir coupable de rire à l’humour grinçant de Fabcaro en est comme décuplé.

Les Totorro & friends se lâchent, enchaînant les thèmes musicaux plus ou moins décalés – et même un karaoké en mode spoken words – au fil d’une trame romantique abracadabrante, n’hésitant pas à en rajouter des caisses. Comme quand Sandrine, la femme esseulée du startupper aussi riche que caricatural Henri finit par embrasser Michel, le livreur de macédoine et rockeur à ses heures perdues devant une salle enthousiaste. Le groupe de rock du dénommé Michel donne autant d’excuses aux musiciens rennais d’envoyer du lourd dès qu’ils le peuvent, quitte à faire d’un concert de fiction un morceau sacrément dansant du ciné-BD-concert. Pour satisfaire notre expérience fabcaresque, on aurait juste aimé voir le dessinateur sur scène. Car oui, bien évidemment, l’auteur est aussi un rockeur !

ALICE ROLLAND

Le ciné-BD-concert Et si l’amour c’était aimer ? a été donné le 30 novembre à la Halle tropisme, Montpellier.

Chaque semaine, Totorro publie un épisode de cette oeuvre sur leur chaîne Youtube :

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