mercredi 22 mai 2024
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Rencontres d’Arles : de la photographie consciente

Le prestigieux rendez-vous mondial de la photographie va se dérouler pour la 54e fois à Arles avec 44 expositions, 105 artistes, au sein de 24 lieux, sous le titre « Un état de conscience »

Membre depuis l’année dernière du Collectif des festivals éco-responsables et solidaires (COFEES), les Rencontres d’Arles insistent fortement cette année sur sa dimension « engagée, solidaire et responsable », annonçant s’engager désormais plus concrètement dans une démarche RSO (responsabilité sociale des organisations). Une édition où, du 3 juillet au 24 septembre, vont résonner les grands débats du moment, autour de l’environnement, du genre, des luttes des minorités… à travers des expositions déployées en six séquences thématiques : De films en images, Mises en scènes, Revisiter, Géographies du regard, Réminiscences, Émergences. Le tout va traverser comme de bonne habitude tous les genres de la photographie (documentaire, plasticienne, vernaculaire, …) et rendre hommage à de grandes figures de la photographie, tout en valorisant la création contemporaine.

Il fait chaud

La question du réchauffement climatique, qui met particulièrement sous pression Arles et la Camargue, a poussé les Rencontres à sonder leur environnement proche, tout en s’interrogeant sur la respirabilité de ses lieux d’exposition. À Ground Control, ancienne halle industrielle de la SNCF, on y trouvera donc dans une « scénographie métallique réutilisable et démontable qui laisse circuler l’air » l’exposition Soleil Gris d’Éric Tabuchi et Nelly Monnier, saisissant les constructions les plus banales de France, de la ferme aux HLM en passant par les PMU ou les stations-services, sous un ciel gris : une tonalité de ciel qui risque de disparaître du paysage bientôt… Dans Ici près, au Monoprix, Mathieu Asselin, Tanja Engelberts et Sheng-Wen Lo vont présenter trois projets traitant des nuisances variées qui menacent l’équilibre écologique d’Arles et de ses environs, s’attachant à l’industrie, aux transports, à la vie animale et au réseau de distribution d’eau. Dans Insolare présentée au cloître Saint-Trophime, Eva Nielsen procède à une mise en image de la sédimentation des paysages solaires et liquides de la Camargue, qu’elle est allée observer sur le vaste îlot triangulaire formé par le golfe du Lion et la bifurcation du Rhône aux portes d’Arles. Et dans Les Enfants du fleuve, présenté au jardin d’Été, Yohanne Lamoulère s’intéresse au Rhône, qu’elle a remonté à contre-courant sur une embarcation fabriqué en matériaux de récup, de son delta jusqu’à son glacier.

Têtes d’affiche

Parmi les grandes figures de la photographie présentes à Arles cette année trois sont américaines : Gregory Crewdson, dont l’exposition à la Mécanique Générale réunit la trilogie, Cathedral of the Pines, An Eclipse of Moths et Eveningside : des photographies de facture cinématographique, spectaculaires, dix ans d’Amérique, entre 2012 et 2022, « un monde happé par une brutalité lente ». Le palais de l’Archevêché accueillera lui une rétrospective Saul Leiter, peintre et photographe, qui a exploré pendant 60 ans le tumulte de New York, paradigme de la modernité. Et au Parc des ateliers, ce sera Diane Airbus, 450 tirages (!) présentés sous la forme d’une installation immersive : Constellation. D’autres pointures, cinéastes, seront présentes par l’intermédiaire de leurs photographies ou de leurs « scrapbooks » mêlant photos, journal intime, dessins, timbres, cartes postales, coupures de presse, etc. Les photographies, ce seront celles de la Pointe Courte, quartier populaire de l’étang de Thau, réalisés par Agnès Varda, avant d’y ancrer son premier film tourné en 1954 (cloître Saint-Trophime). Et les polaroïds de Wim Wenders, pris lors de la préparation de L’Ami américain, film noir sorti en 1977 (Espace Van Gogh) qui contribuera fortement à sa reconnaissance. Quant aux scrapbooks, ils seront signés Derek Jarman, Jim Jarmusch, Stanley Kubrick et Chris Marker (Espace Van Gogh).

Cryptoportiques

À noter : les rencontres ouvrent un nouveau lieu d’exposition, les cryptoportiques, galeries souterraines vieilles de plus de 2 000 ans, qui formaient le soubassement de l’ancien forum de la ville romaine. Ils vont accueillir l’exposition de Juliette Agnel La main de l’enfant réalisées dans les grottes préhistoriques d’Arcy-sur-Cure, réflexion en images sur le temps, les traces, la lumière et l’obscurité.

MARC VOIRY

Rencontres d’Arles
Du 3 juillet au 24 septembre
Divers Lieux, Arles et alentours
rencontres-arles.com
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