dimanche 25 septembre 2022
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Soirée princière

Le temps d’un concert, The New Power Generation, anciens musiciens de Prince, ont fait revivre le répertoire d’un des artistes les plus marquants de ces dernières décennies

Grâce au Marseille Jazz des Cinq Continent, celles et ceux dont le plus grand regret musical est de n’avoir jamais vu Prince en concert ont eu droit à leur lot de consolation. The New Power Generation a rendu hommage à l’artiste que la formation accompagna entre 1990 et 2013 et dont elle perpétue la mémoire musicale depuis le concert hommage organisé après le décès du Kid de Minneapolis en 2016. Une soirée inévitablement nostalgique, placée sous le signe de l’immortalité des compositions du regretté musicien et chanteur disparu sans prévenir. Pour célébrer l’auteur de l’intemporel Purple rain, le message avait circulé de porter un vêtement violet. Un « dress code » en signe de ralliement observé par quelques fans inconsolables. Construit autour des chansons les plus populaires du Kid de Minneapolis auxquels se greffent des titres moins diffusés, le répertoire de la soirée a forcément fait des frustrés. Mais la compilation a rempli son rôle : parcourir la carrière d’un des musiciens les plus doués de sa génération à travers celles et ceux qui l’ont côtoyé dans l’intimité des studios comme sur les plus grandes scènes internationales. On peut le regretter, ce sont davantage des versions remaniées pour cette tournée que les originaux contenus dans les albums qui ont été interprétés. Mais rien ne dit dans un testament que l’héritage doit rester figé.

The New Power Generation © Clara Lafuente


Habité par le rôle

Des reprises plus ou moins heureuses qui n’enlèvent rien au talent des instrumentistes, tous à la hauteur de leur mentor bien qu’inégalement mis en avant comme c’est le cas pour la rayonnante et implacable bassiste, seule femme du groupe. Difficile de ne pas scruter la moindre attitude de celui qui concentre tous les regards : MacKenzie, celui auquel revient la lourde mission de réinterpréter le patrimoine princier. Et de chercher à tout prix l’impossible et surtout inutile comparaison. Vocalement, le mimétisme est plutôt bluffant. Maniant les graves et les aigus de son modèle avec aisance, le dauphin convainc largement. Même couleur de peau, même couleur vocale, il manque pourtant au timbre ce je ne sais quoi qui avait le pouvoir de faire chavirer l’auditoire. Qu’importe, MacKenzie est habité par le rôle et se défend de toute tentative d’imitation. Même si on a du mal à le croire tant il insiste sur les déhanchés… Rappeur, guitariste et pilier du groupe, Tony Mosley prend lui aussi plusieurs fois le micro, démontrant que ce n’est pas l’âge qui dicte le groove.
Live 4 love, 17 days, Girls and boys, Pop life, Sexy M.F., Cream, Sign o’ the Times, When the doves cry, Kiss, Gett off, 1999, Let’s go crazy, Controversy et l’incontournable Purple rain s’enchaînent avec plus ou moins d’âme. Celle de Prince, elle, était dans tous les esprits.

LUDOVIC TOMAS

The New Power Generation s’est produit le 20 juillet au Palais Longchamp, dans le cadre du festival Marseille Jazz des Cinq Continents.

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