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	<title>Archives des Provence - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Provence - Journal Zebuline</title>
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		<title>Le festival Allez Savoir parle cash</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 11:49:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu&#8217;il est cruel, dans certains festivals, d&#8217;avoir à choisir entre deux rendez-vous alléchants, dont les créneaux se chevauchent&#160;! Allez Savoir cette année se resserre sur trois jours, et renforce la frustration de ne pouvoir se dédoubler, tant son fil rouge, l&#8217;argent, ouvre à des réflexions cruciales. Comme le souligne Romain Huret, président de l&#8217;École des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;il est cruel, dans certains festivals, d&rsquo;avoir à choisir entre deux rendez-vous alléchants, dont les créneaux se chevauchent&nbsp;! <strong><em>Allez Savoir</em></strong> cette année se resserre sur trois jours, et renforce la frustration de ne pouvoir se dédoubler, tant son fil rouge, l&rsquo;argent, ouvre à des réflexions cruciales. Comme le souligne <strong>Romain Huret</strong>, président de l&rsquo;École des hautes études en sciences sociales (EHESS), porteuse de la manifestation marseillaise depuis 2019, «&nbsp;<em>on assiste depuis quelque temps à un renouveau des travaux autour de cette épineuse question</em>&nbsp;». Sociologues, anthropologues, économistes, historiens et philosophes réinterrogent ce système d&rsquo;échange symbolique qui a des conséquences majeures sur nos existences.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le dialogue inaugural déplacé</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par un concours de circonstances qui serait ironique si l&rsquo;austérité frappant les événements culturels et scientifiques n&rsquo;était pas aussi grave, le dialogue inaugural du 24 septembre n&rsquo;aura pas lieu comme précédemment dans la cour de la Vieille Charité. Le grand chapiteau qui recevait le public coûte trop cher&#8230; Aussi l&rsquo;organisation se replie à la bibliothèque de l&rsquo;Alcazar, heureusement partenaire identifié de longue date par les festivaliers, de même que le musée d&rsquo;histoire&nbsp;: personne ne devrait être dérouté par ce changement dans le rituel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autant que la rencontre promet d&rsquo;être stimulante, en fonçant droit dans les clichés pour les secouer un peu et voir ce qu&rsquo;ils ont dans le ventre&nbsp;: «&nbsp;<em>L&rsquo;argent fait-il le bonheur&nbsp;?</em>&nbsp;». Telle est la question posée à <strong>Claudia Senik</strong>, économiste de la Sorbonne, directrice de l’Observatoire du bien-être, et à <strong>Jérôme Dokic</strong>, dont les travaux vont de la philosophie de l’esprit aux sciences cognitives. Un sujet qui pourra intéresser aussi bien les jeunes rappeurs attirés par ce qui brille que les citoyens atterrés par les profits orgiaques réalisés par l&rsquo;industrie fossile.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ce que l&rsquo;argent fait aux riches</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi la très riche (sans mauvais jeu de mot) programmation, certains rendez-vous semblent particulièrement à même de bien muscler l&rsquo;esprit critique. C&rsquo;est le cas de plusieurs rencontres littéraires, par exemple celle prévue le 25 septembre à la bibliothèque de l&rsquo;Alcazar, avec <strong>Fatma Çingi Kocadost</strong>, autrice de <em>La promesse qu’on nous a faite</em> (éditions de l&rsquo;EHESS, 2025). En démystifiant l&rsquo;institution du mariage pour les femmes maghrébines, avec l&rsquo;homme en position de pourvoyeur économique, et l&rsquo;émancipation par le travail, elle y met le féminisme occidental à l’épreuve du réel. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain matin, deux historiens, <strong>Guido Alfani</strong> et <strong>Cécilia d&rsquo;Ercole</strong>, participeront avec l&rsquo;anthropologue <strong>Anne-Christine Trémon</strong> à une table-ronde qu&rsquo;il ne faudra pas rater, autour du livre non encore traduit du premier. <em>As Gods Among Men. A History of the Rich in the West</em> (Princeton University Press, 2023), remonte l&rsquo;histoire de l&rsquo;Occident depuis l&rsquo;Antiquité pour mettre en lumière «&nbsp;<em>malgré la diversité des voies d’accès à la richesse selon les époques, des continuités fondamentales dans le comportement des riches et dans les attitudes du public à l’égard de la richesse</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, comme dans les six précédentes éditions de <em>Allez Savoir</em>, il y aura bien d&rsquo;autres occasions d&rsquo;apprendre de manière moins cérébrale, au travers d&rsquo;ateliers, propositions artistiques, jeux, projections et balades.</p>



<p class="wp-block-paragraph">GAËLLE CLOAREC</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Allez savoir<br></em></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">24 au 26 septembre<br></mark>Divers lieux, Marseille </pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>C’est pas du luxe ! : la solidarité, une voie joyeuse </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Carla Lorang]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 14:01:38 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Le principe de <strong><em>C’est pas du luxe&nbsp;!</em></strong>, imaginé en 2012 par la Scène nationale de Cavaillon, l’association d’insertion Le Village (Cavaillon) et la fondation Emmaüs, est d’affirmer que la culture, pour les personnes en situation de pauvreté, est essentielle&nbsp;: parce qu’elle permet de retrouver dignité et confiance, mais aussi parce que la parole située des pauvres, des réfugiés, des SDF, fabrique des œuvres bouleversantes. Après trois éditions au Thor et à Apt, l’ex-maire d’Avignon Cécile Helle (PS) a accueilli en 2018 la biennale dans sa ville, et s’y est depuis installée. Un geste politique, qui n’est pas assuré de sa pérennité dans la ville. Olivier Galzi (divers droite), le nouveau maire, vient de mettre en fin à l’épicerie étudiante solidaire Agoraé [voir encadré] et en août dernier, il signait un arrêté « anti-mendicité » visant à interdire l’occupation prolongée de certains espaces publics de la ville. Une mesure finalement suspendue le 11 septembre grâce à une forte mobilisation des associations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte où les stigmatisations et les discriminations envers les personnes précarisées ont le vent en poupe, le festival <em>C’est pas du luxe&nbsp;!</em> entend rappeler que la solidarité est une voie joyeuse à ne surtout pas négliger. Et mettra en lumière celles et ceux que l’on peu, bien trop souvent invisibilisé·e·s par la société. Du 25 au 27 septembre, une vague humaine de 600 artistes amateurs et professionnels s’empare d’Avignon avec plus de 70 créations dans une trentaine de lieux. Du théâtre à la musique, en passant par la danse et le cinéma, la biennale investit la Cité des papes pour faire de l’art un « <em>terrain d’émancipation, de dialogue et surtout de fête</em> ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Danser ensemble</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouverture, de la danse. La danseuse-chorégraphe <strong>Mariam Kaba</strong> et <strong>les mineurs exilés de l’association Rosmerta</strong> présentent le spectacle <em>Danser c’est Vivre</em>, une «&nbsp;<em>ode à la puissance du collectif</em>&nbsp;»&nbsp;: de quoi donner le ton du rendez-vous.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138322" style="width:524px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/festival_cest_pas_du_luxe_04_c_karine_Music.jpg?w=1350&amp;ssl=1 1350w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© X DR</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Collectif aussi sera la proposition de l’artiste <strong>Marina Gomes</strong>. Elle propose un moment de danse intergénérationnel à La Fabrica avec <em>Street Fighters</em>, une «&nbsp;agora vivante&nbsp;» mêlant rap, battle hip-hop, flashmob géante et théâtre. Une énergie que l’on retrouve avec la compagnie <strong>Le Doux Supplice</strong> et <strong>les</strong> <strong>pensions de famille du territoire</strong>, à travers <em>Faire Corps en Chœur</em>. Une création dansée dans laquelle une « horde » joyeuse se déplace dans l’espace public, au risque d&#8217;embarquer avec eux les Avignonnais.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Se faire entendre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Faire collectif, c’est aussi faire entendre les voix des uns et des autres. Porté par plusieurs communautés Emmaüs, la création théâtrale <em>Du silence à nos voix,</em> prend comme point de départ les textes – collectés lors d’ateliers dans les structures Emmaüs – d’une soixantaine de personnes. De là naissent des montages faits de voix enregistrées, de fragments de vie et autres surprises.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces histoires continuent d&rsquo;être explorées dans les expositions du festival. <em>Famille(s),</em> née de la rencontre entre habitants de pensions de famille, travailleurs sociaux et membres de la Collection Lambert, explore la question de faire famille lorsqu’on est en errance. L’artiste syro-palestinienne <strong>Bissane Al Charif</strong> poursuit ces réflexions autour de l’amitié et des liens que l’on choisit avec <em>Empreinte(s) de l’invisible</em>. Le cinéma, lui aussi, donne à voir d’autres histoires. La réalisatrice <strong>Pauline Bastard</strong> livre au public <em>Expert Esthétique,</em> un long métrage né d’un atelier de couture d’Emmaüs Grenoble dans lequel le tri des vêtements se transforme en une drôle de collection de « haute couture ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faire avec les moyens du bord, décider collégialement, créer avec et ensemble, voilà la volonté de <em>C’est pas du luxe&nbsp;!</em>. Car, comme le rappelle le festival : « <em>La culture est un droit, au même titre que tous les autres droits, et c’est de notre devoir, en tant qu’institution culturelle, de fournir les outils, les espaces, les moyens qui permettent à celles et ceux qui ont été empêché·es de pratiquer des projets culturels à leur endroit.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">CARLA LORANG</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>C’est pas du luxe !</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 au 27 septembre<br></mark>Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Emily Brontë, jusqu’aux os</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Diego Lesourd]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 13:47:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline&#160;: Pourquoi récrire Les Hauts de Hurlevent, best-seller romantique mille fois adapté&#160;?&#160; Claudine Galéa&#160;: C’est un roman marquant… C’est France culture qui m’avait demandé une fiction radiophonique, en me laissant libre de mon choix, et j’ai dit Emily Brontë, pas une adaptation, mais ma lecture. L’idée est remontée presque malgré moi, comme quand j’ai écrit [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline&nbsp;: Pourquoi récrire</strong> <strong><em>Les Hauts de Hurlevent</em></strong><strong>, best-seller romantique mille fois adapté&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Claudine Galéa&nbsp;</strong>: C’est un roman marquant… C’est France culture qui m’avait demandé une fiction radiophonique, en me laissant libre de mon choix, et j’ai dit Emily Brontë, pas une adaptation, mais ma lecture. L’idée est remontée presque malgré moi, comme quand j’ai écrit sur Patti Smith…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un rapport entre les deux&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui sûrement. Deux femmes radicales, dans un engagement total. Deux outsiders aussi, dans le rock, dans l’écriture. J’ai même découvert récemment que Patti Smith avait préfacé une édition des <em>Hauts de Hurlevent</em>&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi transformer cette pièce radiophonique&nbsp;initiale ? Le texte quu est aujourd’hui édité chez l’Arche, dans la collection Des écrits pour la parole…&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce radiophonique, écrite en 2018 a été réalisée en 2023. Elle m’a donné la liberté des pièces radiophoniques, celle de pouvoir faire parler le roman, la lande, comme des personnages. Mais en l’écoutant je me suis dit ohlàlà, l’amour l’amour la passion l’amour, il y a autre chose dans ce roman, ses soubassements historiques. Le colonialisme. Quand même&nbsp;! Heathcliff a le teint «&nbsp;foncé&nbsp;», «&nbsp;hâlé&nbsp;», «&nbsp;noir&nbsp;» selon les traductions, «&nbsp;swarthy&nbsp;» et «&nbsp;dark-skinned&nbsp;» en anglais. Il est ramené de Liverpool par le père. C’est clairement un immigrant. J’ai donc réécrit le texte, en essayant d’aller jusqu’à cette carcasse-là.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que ça veut dire aller à la carcasse&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime travailler la réécriture de textes qui m’ont marquée, et les dépecer, voir ce qu’ils ont fait en moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Jusqu’aux os</em></strong><strong>, c’est le titre de votre premier roman…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. J’aime aller au rugueux, à l’inacceptable, travailler les adjectifs, les rythmes. <em>Hurlevent Carcasse</em> parle surtout de l’écriture…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais l’écriture d’Emily Brontë parle-t-elle de colonialisme&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas. Elle a conscience que son pays est une terre de colonialisme, et sans doute la haine de Heathcliff, présenté comme un enfant différent, noir, vient-elle de son rejet. Cette spirale de la violence est liée à cette couleur de peau. Mais ce que pense Emily, je ne le sais pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est incroyable ce texte écrit par une femme de 23 ans au beau milieu du XIX</strong><strong><sup>e</sup></strong> <strong>siècle…&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. Toute sa famille écrivait, et le succès de sa soeur a éclipsé le sien à l’époque, mais ce roman, écrit comme <em>Jane Eyre</em> (roman de Charlotte Brontë sorti la même année NDLR) sous pseudo masculin, est incroyable, par sa violence, ce qu’il dit, mais aussi par sa structure, ses récits enchâssés. L’histoire est mise à distance par un système de narration indirecte qui laisse flotter des interrogations constantes sur le sens du roman. C’est ce qui en fait sa force, intacte aujourd’hui encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Hurlevent Carcasse</em></strong> <strong>n’explore pas la génération d’après, importante dans le roman. Celle qui répare… &nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Oui, je me suis centrée sur les deux personnages, Catherine et Heathcliff, qui sont les échos du réel, Emily et son frère Branwell, qu’elle a accompagné quand il sombrait dans le désespoir amoureux et l’alcool. J’ai donné une voix à la Lande, au Roman, à la sauvagerie qu’ils partagent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comme le crime colonial&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL<br><em>Hurlevent Carcasse</em> sera lu <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 29 septembre</mark> au Frac dans le cadre d’Actoral</pre>
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		<title>Théâtre du Briançonnais : le directeur accusé de violences</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 13:39:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comportement toxique au travail, violences dans la sphère privée, de multiples accusations graves visent l’actuel directeur du Théâtre du Briançonnais (TDB), Romaric Matagne. Après un signalement de la Drac-Paca au titre de l’article 40 du code pénal, une enquête a été ouverte par la procureure de la République de Gap, et des témoignages ont déjà [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Comportement toxique au travail, violences dans la sphère privée, de multiples accusations graves visent l’actuel directeur du Théâtre du Briançonnais (TDB), Romaric Matagne. Après un signalement de la Drac-Paca au titre de l’article 40 du code pénal, une enquête a été ouverte par la procureure de la République de Gap, et des témoignages ont déjà été recueillis par la justice selon nos informations. Des anciens salariés dénoncent son management toxique, et un article de la radio Ram05 rapporte le témoignage glaçant d’une de ses ex-compagnes, qui se dit victime de violences morales et physique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Une humiliation constante »</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vendredi 18 septembre, l’ouverture de saison du Théâtre du Briançonnais ne s’est pas passée comme prévu. Quelques heures plus tôt, un article de la radio locale Ram05 révélait que Romaric Matagne était visé par une enquête judiciaire pour des faits de violences et de harcèlement. Ce soir-là sur la scène du théâtre, pas de directeur. Il est tenu éloigné à la demande des équipes et du Conseil d’administration du théâtre. À la place, un collectif d’ancien·nes salarié·es et d’artistes, baptisé «&nbsp;Coulisses solidaires&nbsp;», venu dénoncer le comportement de ce directeur, et la surdité des tutelles pendant plusieurs années.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>C’était une humiliation constante. Le but était de descendre les personnes, de les placardiser.&nbsp;</em>» Voilà comment cette ancienne salariée, membre du collectif Coulisses solidaires, décrit les années passées aux côtés de Romaric Matagne. Un témoignage loin d’être isolé selon le communiqué lu sur scène par le collectif&nbsp;: «&nbsp;<em>Plusieurs salarié·es du TDB on dû quitter leur emploi au théâtre dans des conditions difficiles et d&rsquo;autres personnes ont pu souffrir des agissements de Romaric Matagne alors qu&rsquo;il était administrateur et responsable des ressources humaines, puis directeur-adjoint, puis directeur du théâtre.&nbsp;</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des faits de harcèlement au travail, qui ont été dénoncés à la Drac Paca au moins une fois il y a deux ans, dans un long courrier que <em>Zébuline</em> a pu lire. Il y est rapporté de nombreux problèmes de gouvernance, une ambiance toxique et une succession de licenciements, démissions, arrêts maladies qu’a connus le théâtre ces dernières années. Ce témoignage, méticuleux et fouillé, n’aurait pourtant engendré aucune réaction de la part de la Drac, pas même un coup de fil, explique le collectif à <em>Zébuline</em>. Du côté du Conseil d’administration, il n’aurait pas non plus pris la peine d’écouter la détresse des équipes&nbsp;: «&nbsp;<em>Le CA a toujours filtré les demandes, malgré mes sollicitations. Jamais personne n’a voulu nous écouter</em>&nbsp;», souffle cette ancienne salariée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Sans témoins »</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un comportement qui a touché les équipes du théâtre, mais aussi des artistes passé·es par Briançon, selon cette autre membre du collectif Coulisses solidaires, artiste elle aussi. «&nbsp;<em>Les agissements étaient toujours psychologiques. Il était dans le rabaissement de la personne, avec des propos extrêmement violents. En prenant soin, toujours, qu’il n’y ait pas de témoins.&nbsp;</em>» Des artistes, souvent des femmes, qui n’ont pas osé prendre la prendre la parole publiquement, de peur de mettre leur carrière ou leur compagnie en danger.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais selon le média Ram05, qui cite une ex-conjointe de Romaric Matagne, son comportement aurait été encore plus violent en privé. L’ex-compagne, prénommée Valentine dans l’article, «&nbsp;<em>aurait été</em> <em>plaquée au sol, maintenue par le cou, et frappée à plusieurs reprises sur la tête</em>. […] Le <em>dernier tournant d’un continuum de violences qu’elle dit avoir vécu pendant deux ans et demi avec Romaric Matagne&nbsp;</em>», décrit Ram05. À la suite de ces violences, la plainte que dépose Valentine sera classée sans suite quelques mois plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Un comportement finalement signalé</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">En août dernier, Romaric Matagne se rend au Festival d’Aurillac, où il se fait remarquer en discutant bruyamment avec deux femmes, alors qu’un spectacle se tient. Bastien Salanson, artiste des arts de la rue, intervient et lui demande de partir. Ce dernier rapporte cette interaction, et les suspicions qui pèsent contre Romaric Matagne dans un post sur Facebook. Un post qui trouvera un important écho, et libérera la parole de nombreuses victimes présumées du directeur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs signalements sont alors transmis par le collectif #MetooThéâtre à la Drac Paca, et c’est elle qui saisira la justice au titre de l’article 40 du code pénal, rapporte encore Rom05. Depuis, la procureure de la République de Gap a ouvert une enquête, et des auditions se sont déjà tenues. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>
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		<title>Rentrée sous tension pour le spectacle vivant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 13:33:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ses locaux, rue Saint-Nicolas à Paris, que <strong>Claire Guièze</strong> et <strong>Joris Mathieu</strong> ont tenu une conférence de presse consacrée à la situation du spectacle vivant. Les deux coprésident·es du Syndeac &#8211; Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, qui représente les employeurs du spectacle vivant public : théâtres, scènes nationales, centres dramatiques et chorégraphiques, compagnies, lieux de diffusion et festivals – y ont évoqué la publication de leur récente tribune intitulée « <em>Pour une concertation nationale sur le refinancement de la culture</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte part d&rsquo;un constat : alors que le secteur traverse une crise budgétaire majeure, qui fragilise les lieux de création, les festivals et l’emploi, les salles n&rsquo;ont jamais accueilli autant de public et les artistes n’ont jamais&nbsp; autant contribué à créer du lien social. Pour le Syndeac, la culture ne doit pas être traitée comme une variable d&rsquo;ajustement, mais reconnue comme un investissement démocratique et économique, créateur d&#8217;emplois non délocalisables et vecteur d&rsquo;attractivité pour les territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Décloisonner les politiques culturelles</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà signée par plus de 600 élus &#8211; dont six ministres ou anciens ministres, « <em>du camp de la France insoumise jusqu&rsquo;aux</em> <em>Républicains</em> », précise le syndicat, la tribune porte une demande centrale : l&rsquo;ouverture d&rsquo;une concertation nationale associant l&rsquo;État, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles et l&rsquo;ensemble des acteurs du secteur. Cette concertation devrait s&rsquo;accompagner, selon le Syndeac, de la création d&rsquo;une cellule de crise interministérielle, qui ne se limiterait pas au ministère de la Culture mais engagerait aussi l&rsquo;Éducation nationale, l&rsquo;Économie, la Cohésion des territoires, l&rsquo;Intérieur, le Travail ou le Tourisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Joris Mathieu insiste sur la dimension transversale du secteur, trop souvent ignorée selon lui : le spectacle vivant irrigue, rappelle-t-il, la politique de la ville, la santé, les hôpitaux, la justice, via les interventions en prison, ou encore l’action ministère des Affaires étrangères. <em>« La politique culturelle de la France a été complètement déléguée aux acteurs : on essaie de produire du sens mais nous avons face à nous des interlocuteurs qui ne se parlent pas entre eux »,</em> regrette-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’objectif du 1%</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan financier, le syndicat chiffre son ambition : porter le budget de la Culture à hauteur d&rsquo;au moins 1 % du budget de l&rsquo;État, contre environ 0,7 % aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est aussi le sens de sa campagne estivale « <em>Culture partout, 1 % obligatoire</em> », qui a servi de fil conducteur à la mobilisation dans les festivals.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune lie par ailleurs ce refinancement à l&rsquo;autonomie des collectivités territoriales, présentées comme les premières partenaires de la création et de la diffusion de proximité, pour lesquelles elle réclame une véritable capacité financière et fiscale. Le Syndeac appelle enfin à un nouveau pacte de confiance entre l&rsquo;État, les collectivités et les acteurs de la culture, fondé sur une ambition partagée et des moyens durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un été de mobilisation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bilan de l&rsquo;été a occupé une large partie de la conférence. Portée par la campagne « <em>Culture partout, 1 % obligatoire</em> », la mobilisation s&rsquo;est étendue tout au long de la saison en lien avec l&rsquo;intersyndicale &#8211; regroupant, aux côtés du Syndeac, des syndicats de salariés du secteur comme la CGT Spectacle, ou FO- de Montpellier Danse à Rennes, d’Alès à Avignon, de Paris l&rsquo;été ) Nexon, Aurillac ou Bussang jusqu&rsquo;à un dernier rendez-vous le 23 septembre au festival Musica de Strasbourg.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Syndeac indique que cette campagne reprendra aussi dès l&rsquo;ouverture des saisons culturelles en octobre. Cette dynamique, le syndicat l&rsquo;a aussi mesurée dans ses propres rangs : il revendique 27 nouvelles adhésions, portant à environ 580 le nombre total de ses structures et compagnies membres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une rentrée sous la menace des coupes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan budgétaire, cette pression a produit des effets concrets : fin juillet, le ministère annonçait le versement d&rsquo;un solde de 10 millions d&rsquo;euros à 28 structures &#8211; dont La Criée à Marseille- victimes d&rsquo;un gel de leurs subventions. Les co-président·es notent toutefois que ce versement, bien qu&rsquo;annoncé, n&rsquo;est toujours pas effectif, et que ce geste ne répond pas à l&rsquo;ensemble de ses revendications, qu&rsquo;ils maintiennent « <em>pleines et entières</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Joris Mathieu ne ménage pas ses mots sur le fond du dossier : <em>« Ce n&rsquo;est pas tant à la ministre que nous nous adressons aujourd&rsquo;hui, mais au ministre des Finances, au Premier ministre, au président de la République. Ce qui se prépare aboutira au démantèlement des services publics, et nous ne pouvons pas l&rsquo;accepter. »</em> Il dénonce aussi la suppression de 10 millions d&rsquo;euros sur le volet collectif du Pass Culture, qualifiée de <em>« tour de passe-passe</em> » budgétaire aux conséquences directes pour l&rsquo;éducation artistique en milieu scolaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les représentants des employeurs indiquent encore soutenir le préavis de grève déposé par la CGT Spectacle pour le 29 septembre et pointent des difficultés structurelles dans l&rsquo;instruction des dossiers de subventions par la DGCA : critères jugés inadaptés à la baisse d&rsquo;activité, délais de versement de plus en plus longs poussant des compagnies à s&rsquo;endetter, et montage des productions de plus en plus difficile et long.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Budget 2027 et présidentielle en ligne de mire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le Projet de loi de finances 2027, dont l&rsquo;examen débutera au Parlement au plus tard le premier mardi d&rsquo;octobre, le syndicat dit ne disposer d&rsquo;aucune garantie de sanctuarisation des crédits culturels, ni de visibilité sur les dotations aux collectivités. Il annonce vouloir profiter de la séquence électorale pour interpeller directement les candidats à la présidentielle et faire de la culture un sujet de campagne à part entière, à l&rsquo;exclusion, précise-t-il, de toute sollicitation du Rassemblement national.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Syndeac a par ailleurs annoncé son adhésion, votée à l&rsquo;unanimité par son Conseil national, à La Digue, collectif rassemblant associations et personnalités engagées contre l&rsquo;extrême droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un front commun pour la création</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte d’économie budgétaire, le Syndeac est en première ligne puisque les subventions dont bénéficient ses adhérents sont remises en cause&nbsp;; et tel est le sens de l’intersyndicale à laquelle s’associe pleinement le syndicat, aux côtés notamment du Synptac, branche de la Cgt Spectacle qui représente les techniciens et personnels administratifs. Syndicats d’employeurs et syndicat de salariés avancent donc main dans la main en cette période singulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les chiffres au sujet des baisses de ces dernières années, et de leur répartition nous demeurent inconnus&nbsp;&#8211; le ministère annonçant récemment encore des baisses, mais cette fois-ci au cas par cas afin de mieux diviser. Par ailleurs, les lieux et compagnies bénéficiant de subventions du ministère ne représentent pas la majorité de la création et de la production artistique du pays. Les théâtres municipaux, par exemple, qui diffusent l’immense majorité des spectacles, ne sont pas dans le champ d’action de l’État et du Syndeac&nbsp;; tout comme les quasi 1700 compagnies participant au Festival Off d’Avignon. Mais le combat du Syndeac pour un service public de la culture est aussi celui de la création artistique et de tous les intermittents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU et RÉGIS VLACHOS</p>
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		<title>Kinovisions : quand le ciné parle allemand </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 13:22:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis maintenant 10 ans, le festival Kinovisionspropose de découvrir des films de jeunes talents ou de cinéastes confirmés, le tout en langue allemande. Cette année, du 23 au 27 septembre à la Baleine, aux Variétés et à l’Artplexe, huit films sont à découvrir – dont une avant première. Deux hommages et un coup de projecteur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Depuis maintenant 10 ans, le festival <strong><em>Kinovisions</em></strong>propose de découvrir des films de jeunes talents ou de cinéastes confirmés, le tout en langue allemande. Cette année, du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 au 27 septembre</mark> à la Baleine, aux Variétés et à l’Artplexe, huit films sont à découvrir – dont une avant première. Deux hommages et un coup de projecteur sur le cinéma autrichien sont également attendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Hommages</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">2026 célèbre le cinquantième anniversaire de la mort de Fritz Lang. Pour l’occasion, <em>Kinovisions</em> permet de revoir son fameux <em>M. Le Maudit-Eine Stadt sucht einen Mörder</em>, avec Peter Lorre dans le rôle d’un tueur d’enfants qui sème la terreur.Un autre hommage sera rendu au cinéaste <strong>Alexander Kluge</strong>, disparu en mars 2026, dont on pourra revoir son <em>Anita G</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant ces hommages, le festival s’ouvre <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 23 septembre</mark> aux Variétés. On y verra <em>Fatherland</em> de <strong>Paweł Pawlikowski</strong>, qui continue d’explorer les bouleversements moraux d’une Europe de l’après-guerre, en compagnie de la géniale actrice <strong>Sandra Hüller</strong> (prix de la mise en scène ex-aequo à Cannes 2026). Deux jours plus tard, <em>Sieger Sein (Être vainqueur</em>) de <strong>Soleen Yusef</strong>, raconte une histoire de passage à l’âge adulte qui souligne l’importance du travail d’équipe face aux défis de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Venus d’Autriche</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le même jour, en avant-première à la Baleine, un autre film primé à Cannes (Un Certain Regard) : <em>Everytime</em> de <strong>Sarah Wollner</strong>, qui explore avec élégance et virtuosité les effets d’un deuil familial. Le lendemain à l’Artplexe, encore du cinéma autrichien avec <em>Gentle Monster,</em> le nouveau film de <strong>Marie Kreutzer</strong> qui pose la question : connaît-on vraiment l&rsquo;être qu&rsquo;on aime ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéaste <strong>Julian Radlmaier</strong> présentera au Variétés <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 26 septembre</mark> son film <em>Sehnsucht in Sangerhausen</em> (« Les Fantômes de juillet »), un film d&rsquo;aventures romantique sur une amitié improbable et le désir d&rsquo;une autre vie. Et pour terminer ce festival, le public aura l’occasion de revoir le documentaire musical de <strong>Fatih Akin</strong>, <em>Crossing the bridge &#8211; the sound of Istanbul</em> sorti en 2005, en partenariat avec l’Unerhört ! Musikfilmfestival de Hambourg : un étonnant voyage à travers la musique turque et la ville d&rsquo;Istanbul</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Kinovisions<br></em></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 23 au 27 septembre<br></mark>Baleine, Variétés, Artplexe<br>Marseille</pre>
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		<title>À Klap, 15 ans très danse </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 13:01:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Il faut leur donner le meilleur de nous-mêmes. » Lorsqu’il évoque les enfants qui fréquentent KLAP, Michel Kelemenis parle de conviction. Ils sont près de deux mille, chaque année, à pousser la porte, assister à des répétitions, découvrir des spectacles et pratiquer la danse. Cette proximité se cultive au fil des résidences, qui ouvrent [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Il faut leur donner le meilleur de nous-mêmes.</em> » Lorsqu’il évoque les enfants qui fréquentent KLAP, <strong>Michel Kelemenis</strong> parle de conviction. Ils sont près de deux mille, chaque année, à pousser la porte, assister à des répétitions, découvrir des spectacles et pratiquer la danse. Cette proximité se cultive au fil des résidences, qui ouvrent aussi au public le travail des compagnies. Pour les quinze ans de la maison marseillaise, le chorégraphe prolonge cette relation avec les habitants du quartier dans un week-end de fête, du 25 au 27 septembre. Trois jours pour se retrouver, se rencontrer et occuper les lieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vendredi à 19 h, les grilles de loto prennent possession du plateau. Avec <em>Carton plein</em>, <strong>Arthur Perole</strong> et la <strong>compagnie F</strong> mêlent une véritable partie, ses trois manches et ses lots à gagner, aux numéros d’un cabaret burlesque. Miss Bechamel et Hélène mènent le jeu ; Monicci Belluga et Mortelle Gorgonne s’invitent entre les tirages pour chanter, danser et se livrer aux imitations. Kelemenis annonce aussi des lots qui racontent les liens noués avec KLAP et sa compagnie. Une histoire collective à emporter chez soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La danse en partage</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants retrouvent <em>L’Amoureux de Madame Muscle</em>, le vendredi à 10 h et 14h30, puis le samedi à 18 h. Accessible dès quatre ans, cette fantaisie pour trois interprètes explore le corps, ses articulations et ses possibilités à travers un petit vaudeville amoureux. <strong>Anthony La Rosa</strong> y incarne l’Amoureux, <strong>Mylène Lamugnière</strong> Madame Muscle et <strong>Aurore Indaburu</strong> Anatom’. <strong>Agatha Ruiz de la Prada</strong> en signe les costumes. La reprise inverse les rôles de <em>L’Amoureuse de Monsieur Muscle</em>, créée en 2008 : à elle la puissance, à lui la sensibilité. Le récit conserve son élan, mais s’amuse des représentations du féminin et du masculin. « <em>Autant aller trifouiller un petit peu les archétypes</em> », explique le chorégraphe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le samedi, la journée des familles déborde largement du spectacle. Dès 14 h, ateliers pour les enfants, danse avec les parents, créations de fleurs et d’accessoires, maquillage et goûter invitent à circuler dans la maison. Après la représentation, un couscous partagé avec le restaurant Marrakech précède une piste de danse pour petits et grands. Les festivités s’achèvent au plus tard à 21h.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un dimanche actif </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dimanche appartient à celles et ceux qui veulent se mettre en mouvement. Après un grand échauffement conduit à 10 h par <strong>Michel Kelemenis</strong>, chacun compose son parcours d’ateliers gratuits. <strong>Anne Le Batard</strong>, <strong>Sati Veyrunes</strong>, <strong>Luara Raio</strong> ou <strong>Julien Andujar</strong> participent à cette traversée, aux côtés des artistes de la compagnie. Une façon de rencontrer par la pratique plusieurs invités de la saison, et de découvrir notamment les univers de <em>Magnifiques</em> et de <em>Braises</em>. <em>Magnifiques</em>, pour neuf interprètes sur le <em>Magnificat</em> de Bach, qui reviendra à Klap les 7, 8 et 9 avril. <em>Braises</em>, création nourrie de la mémoire chorégraphique de <strong>Michel Kelemenis</strong>, s’y dévoile en étape de travail le 4 décembre, avant sa présentation au ZEF le 20 janvier. À quinze ans, cette Maison pour la danse continue ainsi de faire place à ceux qui la dansent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Klap fête ses 15 ans</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 25 au 27 septembre<br></mark>Marseille</pre>
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		<title>Réunir les rives</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Carla Lorang]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 12:56:57 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce week-end, la Friche la Belle de Mai était en fête. Et pour cause, « La Smala de Marseille » prenait ses quartiers pour deux soirées de musique, de danse, mais surtout de partage. Initié par la compagnie <strong>Accrorap</strong> en collaboration avec <strong>La Society</strong>, le rendez-vous a débuté vendredi soir avec une conversation dansée, avant de se poursuivre samedi avec des concerts, un bal méditerranéen et, surtout, une performance chorégraphique, temps fort de la programmation. Une création née de trois années de travail menées par <strong>Kader Attou</strong> et sa compagnie <em>Accrorap</em>. De la Tunisie au Maroc, en passant par la Grèce, l’Égypte, Chypre ou encore l’Algérie, des ateliers chorégraphiques ont été menés. De ces laboratoires sont nées des pastilles chorégraphiques. Mais ce n’était pas suffisant. Il fallait faire se rencontrer ces jeunes artistes de différentes « <em>constellations</em> », ces femmes et ces hommes qui, chacun à leur endroit, dansaient. Alors, accompagné par <strong>Sophie Bulbuyan</strong>, Kader Attou les a réunis pendant une semaine à Marseille. À la Friche la Belle de Mai, ces quelques jours de travail collectif ont provoqué de nouveaux points de rencontre et fait naître une performance inédite…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> « Ce n’est pas un spectacle »</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le Petit Plateau, la performance commence, et des sonorités graves s&rsquo;élèvent. Apparaît alors un corps difficile à percevoir. Les jeux de lumières ne permettent pas de distinguer de visage. Seulement un corps qui se meut dans l’espace. Seul. S&rsquo;ensuivent des gestes saccadés, comme une urgence à dire, à danser, à partager. Kader Attou l’avait précisé en introduction : <em>« ce n’est pas simplement un spectacle, ni une performance artistique, c’est une rencontre, une expérience collective et un moment de partage »</em>. Si le premier tableau laisse place à un solo dansé, le groupe n’est jamais très loin. Tout au long de la performance, les gestes et les pas des danseur·euses se répondent, comme si les uns avaient besoin des autres. Pourtant, dans le même temps les singularités de chacun·e rayonnent. Sur le rythme des percussions, les corps réagissent instantanément ensemble, portés par la musique live, véritable moteur du mouvement. Les ambiances musicales sont changeantes. À certains moments, on pourrait presque croire être dans un club de techno berlinois, tandis qu&rsquo;à d&rsquo;autres comme égarés dans une forêt. Autant d’ambiances que d’histoires, de pays, et de singularités…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un langage commun</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis la danse s&rsquo;arrête, pour laisser place à une pastille vidéo. L’occasion pour les artistes de partager quelques mots sur le projet : <em>« Nous venons de différentes rives, des villes, des pays séparés par la Méditerranée. Depuis toujours, la Méditerranée fait circuler les savoirs, les langues, les histoires, les cultures. Un geste n’a pas de passeport. Il n’a pas de rives… »</em> Dans un monde qui construit de plus en plus de frontières, La Smala de Marseille fait le choix de les dépasser et de créer un langage commun.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CARLA LORANG &nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">Le spectacle a été joué <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 19 septembre </mark><br><strong>Friche la Belle de Mai,</strong> Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rentrée littéraire : Abdellah Taïa et le droit de rester « Debout dans ses rêves »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 12:25:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On avait adoré la prestation d’Abdellah Taïa lors de la soirée Omar Sharif, ma grand-mère et moi, il y a quelques mois à Marseille, dans le cadre du festival Oh les beaux jours ! et en ouverture de la Saison Méditerranée. Aux côtés de quatre autres auteurs – Marwan Chahine, Amira Ghenim, Maya Ouabadi, Nassera [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On avait adoré la prestation d’<strong>Abdellah Taïa</strong> lors de la soirée <em>Omar Sharif, ma grand-mère et moi</em>, il y a quelques mois à Marseille, dans le cadre du festival <em>Oh les beaux jours !</em> et en ouverture de la Saison Méditerranée. Aux côtés de quatre autres auteurs – Marwan Chahine, Amira Ghenim, Maya Ouabadi, Nassera Tamer –, Taïa évoquait son enfance au Maroc, petit enfant différent au sein d’une famille de filles dans un quartier populaire de Salé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son premier roman <em>Mon Maroc</em> (2000) jusqu’à son avant dernier, <em>Le Bastion des Larmes</em> (2025) – le héros, Youssef, un professeur exilé en France, revient à Salé, au Maroc, pour vendre l’appartement familial. Ce retour réveille les blessures d’une enfance dans laquelle les souvenirs douloureux se mêlent aux jours heureux auprès de ses six sœurs, flamboyantes, insoumises et libres. Taïa ne cesse de construire une œuvre largement autobiographique qui parle de la nostalgie de l’enfance, d’exil et d’homosexualité – il fut le premier écrivain marocain à faire son coming-out. <em>Debout dans tes rêves</em> s&rsquo;inscrit pleinement dans cette continuité.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="365" height="534" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/JULLIARD-DEBOUT-DANS-TES-REVES-ABDELLAH-TAIA-COUVERTURE-1.jpg?resize=365%2C534&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138280" style="width:205px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/JULLIARD-DEBOUT-DANS-TES-REVES-ABDELLAH-TAIA-COUVERTURE-1.jpg?w=365&amp;ssl=1 365w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/JULLIARD-DEBOUT-DANS-TES-REVES-ABDELLAH-TAIA-COUVERTURE-1.jpg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/JULLIARD-DEBOUT-DANS-TES-REVES-ABDELLAH-TAIA-COUVERTURE-1.jpg?resize=150%2C219&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/JULLIARD-DEBOUT-DANS-TES-REVES-ABDELLAH-TAIA-COUVERTURE-1.jpg?resize=300%2C439&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/JULLIARD-DEBOUT-DANS-TES-REVES-ABDELLAH-TAIA-COUVERTURE-1.jpg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w" sizes="(max-width: 365px) 100vw, 365px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Liberté et étranger</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman suit Majid, jeune marocain gay tout juste débarqué à Paris au début des années 2000 pour étudier à la Sorbonne, où il prépare un mémoire sur le peintre Fragonard. Sa vie est marquée par l&rsquo;instabilité administrative : il doit renouveler son titre de séjour tous les trois mois, contrainte qui pèse sur chacun de ses choix. Cependant, loin du regard de sa famille et de la société marocaine, il peut vivre plus librement son homosexualité. Pour subsister, faute d&rsquo;aide financière, l’étudiant devient baby-sitter et se voit confier la garde de Gabriel, petit garçon de trois ans, issu d&rsquo;un milieu aisé. De cette relation, qui va durer sept années, naît un lien d&rsquo;une grande intensité car l’enfant, contrairement aux adultes, n’a pas d’a priori.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers Majid, Taïa interroge la manière dont la société française perçoit et traite l&rsquo;étranger, notamment lorsqu&rsquo;il a « <em>un physique maghrébin</em> »&nbsp;; un regard qui n&rsquo;épargne pas non plus sa vie amoureuse. Grégoire, l&rsquo;homme quitté, projette sur lui ses propres préjugés au moment de la rupture. Acculé, Majid retourne alors l&rsquo;accusation en bravade : « <em>Oui, je suis celui qui quitte, qui part, qui se sépare, qui coupe, qui brise, qui rend les coups, qui s&rsquo;enfuit, qui fracasse tout autour de lui. C&rsquo;est ma stratégie depuis l&rsquo;enfance pour survivre</em>. »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où certains affirment être droits dans leurs bottes, Taïa, lui, préfère revendiquer le droit de rester debout dans ses rêves d’un monde plus doux, qu’il nous invite à partager.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Debout dans tes rêves</em> d’<strong>Abdellah Taïa</strong><br>Éditions Julliard - 21 €</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title> Salman Rushdie, à la bonne heure </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 12:01:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est un des rares auteurs vivants à avoir à la fois marqué l’histoire et la littérature. Les Enfants de minuit, paru en 1983 dans sa traduction française, avait bouleversé le monde littéraire anglophone et francophone, réinventant le réalisme magique en Inde. Ces 1001 enfants nés au moment exact de l’Indépendance indienne incarnaient son histoire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il est un des rares auteurs vivants à avoir à la fois marqué l’histoire et la littérature. Les <em>Enfants de minuit</em>, paru en 1983 dans sa traduction française, avait bouleversé le monde littéraire anglophone et francophone, réinventant le réalisme magique en Inde. Ces 1001 enfants nés au moment exact de l’Indépendance indienne incarnaient son histoire en une saga fantastique, sur fond de scission historique du sous-continent, avec ses affrontements religieux, un problématique rapport au désir, la relation ambiguë avec l’Angleterre coloniale, sa langue et sa littérature.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a eu 1988, <em>Les Versets sataniques</em> et la fatwa lancée contre l’écrivain, ses traducteurs et ses éditeurs, par Khomeiny lui-même. Le romancier de l’histoire indienne, athée de culture musulmane, devenait soudain un symbole de liberté, puissamment protégé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il l’est toujours. Il a subi en 2022 une tentative d’assassinat qui l’a privé de l’usage d’un œil et d’une main. La prime de trois millions de dollars pour celui qui parviendrait à l’assassiner est toujours en cours, promise par l’Iran et Khamenei.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le recueil, qui regroupe 5 nouvelles de longueur variée, a été écrit pour la plus grande part, après 2022, et la proximité de la mort y est à la fois omniprésente et comme apaisée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Oklahoma comme horizon</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le propre de l’horizon est qu’il recule lorsqu’on avance avec l’illusion de pouvoir l’atteindre. <em>Oklahoma</em>, la dernière nouvelle que Rushdie a publiée à ce jour, figure en quatrième place du recueil. Elle livre des clés subtiles sur son œuvre mettant en scène une quête d’inspiration dans un pays de cocagne illusoire&nbsp;: l’Ouest américain. Il y poursuit l’idée que l’on peut fuir l’Inde, l’Europe, Kafka, Virginia Woolf, la tentation du suicide, le stress post-traumatique des combattants, et extraire de son cerveau la «&nbsp;<em>pierre de la folie</em>&nbsp;» telle que Goya l’a peinte, profondément enfoncée dans le cerveau humain. Une quête illusoire poursuivie par un jeune écrivain indien, un vieil écrivain américain alcoolique, une essayiste brillante&nbsp;: trois déclinaisons inexactes et fantasmées de lui-même…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parcellaire, auto-ironique, enchainant les récits enchâssés et les changements de points de vue, <em>Oklahoma</em> et les deux autres nouvelles écrites après 2022 invitent le lecteur comme un complice dans l’intimité de l’écriture, et de ses échecs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Défunt retardataire</em> est romancier anglais homosexuel qui porte l’Inde au cœur et vit dans une université anglaise qui digère la révolution sociétale de 1968. La mort l’a transformé en fantôme, visible seulement par une étudiante bangladaise. Il est à la fois victime et héros de l’histoire, comme Rushdie, mais l’étudiante doit aussi beaucoup à l’écrivain, dans cette université anglaise des années 1970 où il a étudié la littérature, et où elle se méfie de l’amour libre.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="1020" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=696%2C1020&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138275" style="aspect-ratio:0.6826215346643748;width:285px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=699%2C1024&amp;ssl=1 699w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=768%2C1125&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=150%2C220&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=300%2C439&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=696%2C1019&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/G11405.jpeg?w=827&amp;ssl=1 827w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">La onzième heure, Salman Rushdie</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Refusant qu’on sacrifie la liberté au bonheur bourgeois, ménageant parfaitement ses effets et ses surprises, sa chute et ses révélations, ce <em>Défunt retardataire</em> est un petit bijou de short story de fantômes à l’anglaise, citant ses sources littéraires et cinématographiques, mais cachant ses secrets dans une boîte noire scrupuleusement fermée…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Musicienne de Kahani</em> est la seule nouvelle qui se déroule en Inde, même si celle-ci habite aussi les récits anglais ou américains. La musicienne est une enfant fantastique, née à minuit et possédant comme les <em>Enfants de minuit</em> un don extraordinaire, pour la musique et pas seulement. Elle s’en servira contre un gourou milliardaire qui a ravi son père, et contre les «&nbsp;<em>riches-riches-riches&nbsp;</em>» de Malabar Hill qui la séquestrent pour assurer leur descendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’importance de la dernière heure</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux autres nouvelles, qui encadrent le recueil, ont été écrites avant 2022. Moins tourmentées, elles disent aussi l’approche de la mort et du silence, qui, paradoxalement, semblaient plus acceptées par l’écrivain avant la tentative d’assassinat. À nouveau atteint personnellement par la violence fanatique, à 80 ans, Rushdie écrit l’importance de la vie, de la bonté et de la liberté, et sa confiance en la jeunesse. Avec la douceur et l’éclat qui caractérisent tous ses récits, depuis 50 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Onzième heure</em>, de <strong>Salman Rushdie</strong><br>Traduction Gérard Meudal<br>NRF Gallimard - 23 euros</pre>
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