Plastic Newspaper est la première exposition monographique de Lucy McKenzie en France, qui s’inscrit dans un projet itinérant passé en 2024 par le centre d’art Z33 à Hasselt (Belgique), et en 2025 par le fjk3 – Contemporary Art Space de Vienne (Autriche). Une artiste écossaise (née en 1977 à Glasgow) aujourd’hui basée à Bruxelles, qui s’intéresse particulièrement aux inventions culturelles flirtant avec le divertissement, transformant le quotidien en spectacle permanent. En faisant référence notamment aux panoramas peints et aux dispositifs muséographiques du XIXe siècle, où se mêlaient art, science et divertissement.
Théâtre d’illusions
Le titre Plastic Newspaper renvoie d’ailleurs à une notion élaborée par l’historienne Vanessa R. Schwartz pour désigner des formes médiatiques hybrides, combinant images, sons et espaces pour produire une représentation spectaculaire du réel.
Utilisant notamment sa maîtrise de techniques traditionnelles – trompe-l’œil, imitation de matières, peinture décorative – Lucy McKenzie propose ainsi dans les différentes espaces du Crac un ensemble d’installations immersives et d’objets hybrides.
Parmi les dispositifs présentés figurent une façade de magasin fictive grandeur nature (The Faux Sports Shop), interrogeant le shopping, des mannequins en fibre de verre, imitant des statues classiques en bronze, sur lesquels elle fixe le visage sculpté de Zoya Kosmodemyanskaya, icône de la résistance soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Ou bien encore des cires anatomiques issues d’une collection médicale conservées à l’Université de Montpellier, qui étaient présentées sur un mode forain à Paris à la fin du XIXe siècle, entre instruction, science, curiosité et amusement.
Également présentées, des fresques monumentales (Mural Proposal for Jeffrey Epstein’s New York Townhouse (Filming of American Psycho)) et des installations évoquant des dispositifs anciens d’animation visuelle, notamment deux wagons de train dans lesquels on peut s’asseoir, discuter, s’embrasser et observer sans fin le paysage peint fixé sur un tambour mécanique (Moving Panorama (Trans Siberian)).
Trompe-l’œil
Accompagné d’une critique féministe des structures de pouvoir, qui mobilise les codes de la mode, de la statuaire et de la culture de masse, un ensemble d’œuvres qui jouent sur la séduction visuelle, en révélant les mécanismes de construction des images et questionnant la manière dont les images produisent du désir, du pouvoir et de la croyance. Une exposition où le « trompe-l’œil » invite à interroger ce que l’on voit, et comment on le voit.
MARC VOIRY
Plastic Newspaper
Jusqu’au 6 septembre
Crac Occitanie, Sète
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