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	<title>Archives des racisme - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des racisme - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Agis dans ton lieu et pense avec le monde »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jun 2024 12:06:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Diasporik. Comment sortir du récit européocentré du monde et de la tentation de repli&#160;?Patrick Chamoiseau. Plusieurs nécessités s’imposent à nous pour sauvegarder l’entité Monde, avec tout le vivant, Gaïa. Les dominations capitalistes et racistes demeurent et l’alternative commence par assainir le récit du monde. Nos enfants vivent à l’échelle du monde, nous devons en raconter [&#8230;]</p>
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<p><strong>Diasporik. Comment sortir du récit européocentré du monde et de la tentation de repli&nbsp;?<br>Patrick Chamoiseau.</strong> Plusieurs nécessités s’imposent à nous pour sauvegarder l’entité Monde, avec tout le vivant, Gaïa. Les dominations capitalistes et racistes demeurent et l’alternative commence par assainir le récit du monde. Nos enfants vivent à l’échelle du monde, nous devons en raconter la multitude.&nbsp;</p>



<p>Il faut mobiliser la pensée de l’humaine condition avec le vivant, l’Homme nouveau comme l’a théorisé Frantz Fanon. Il a montré à partir de son expérience psychiatrique dans l’Algérie coloniale, que dans son rapport au colon le colonisé vit une situation aliénante. Exclu de toutes les institutions sociales et coupé de son passé historique, il évolue dans un monde dichotomique : aux Blancs qui symbolisent la civilisation s&rsquo;opposent les Noirs, incarnation du désordre et du mal.&nbsp;</p>



<p>Il ne faut pas seulement renverser la domination, mais mettre à distance la prégnance de l’identité, les phénotypes, nourries par l’héritage colonial et esclavagiste puis chevauchées par le capitalisme… La survalorisation des fermetures identitaires auxquelles nous assistons réactive «&nbsp;les communautés archaïques&nbsp;», fantasmées sur la pureté de la «&nbsp;race&nbsp;» et l’autochtonie alors que la pensée de Glissant nous invite à choisir quelle est notre terre natale.</p>



<p>Ainsi, la lutte se fait principalement dans les imaginaires et l’énonciation, ce qui éclaire l’importance de politiques culturelles pour percevoir la multitude du monde. On s’aperçoit combien dès l’enfance, il y a une influence des œuvres artistiques et littéraires sur l’imaginaire sans que l’on en ait pour autant une connaissance parfaite. Dans&nbsp;<em>Écrire en pays dominé,</em>&nbsp;je considère que je suis un guerrier de l’imaginaire. Mon problème, c’est de&nbsp;pouvoir changer l’imaginaire, non d’effectuer un travail politique. Vouloir être indépendant alors qu’on n’a pas compris le monde, ce serait la pire des catastrophes. Vouloir être indépendant alors que l’on a un imaginaire dominé peut faire craindre le pire. Il faut permettre à chaque enfant d’être en contact à la diversalité du monde.<br></p>



<p><strong>Vous dites être un <em>créole américain</em>, quels sont les en-communs de cette appartenance&nbsp;?<br></strong>Naitre dans la diversité est une alchimie complexe qui peut générer des tentations identitaires de «&nbsp;retour&nbsp;». Mais je nais au moment où le monde contemporain apparaît. Je suis le résultat d’un processus composite de créolisation, car en-dessous du discours dominant, colonial, je nais dans la créolité héritée du système plantationnaire des Amériques. Je suis un créole américain, je ne suis plus un africain. Avec une conscience monde immédiate faite de tous les langages, les parlers.</p>



<p>De la créolisation émerge un nouveau monde qui nous indique qu’aucune civilisation ne sait faite ex nihilo. Toutes les cultures et civilisations sont créoles, mais dans une temporalité beaucoup plus large et diffuse qu’elle a pu être dans le système plantationnaire où elle a été contrainte et violente.</p>



<p><strong>Comment expliquer l’échec des décolonisations&nbsp;?<br></strong>Les jeunes nations ont reproduit toute la formation identitaire États-Nationalistes, en pensant que les indépendances allaient résoudre le problème d’emprise sur le monde de la société occidentale. Dans les faits, la domination s’est poursuive. Les gens ont cru que les décolonisations allaient mener à l’émancipation car ils n’ont pas vu que la globalisation économique et l’économie de marché lui chevauchait le pas. De mon point de vue, lire Fanon seulement sous l’angle de la proto-colonisation n’est pas très intéressant. Par contre le Fanon de la «&nbsp;relation&nbsp;» comprend que nous pouvons effectuer une seconde naissance, et choisir notre terre natale. Par l’engagement qui est le sien et à partir de son expérience fondatrice de la guerre d’Algérie et du projet insurrectionnel, il dessine les contours d’une géopoétique algérienne et entreprend sa désaliénation. Fanon naît martiniquais, quitte la Martinique, s’en va dans la matière du monde et il renaît algérien où il adopte le <em>Nous algérien</em>&nbsp;qui devient déterminant&nbsp;! Cela illustre que tous les devenirs minoritaires sont les nôtres&nbsp;mais ils sont également transitoires&nbsp;!&nbsp;</p>



<p><strong>Comment promouvoir cette pensée de la relation face aux fièvres identitaires&nbsp;?<br></strong>Je reconnais que cette complexité de la relation n’est pas très mobilisatrice mais il nous faut la comprendre et rien de ce qui est humain ne nous est étranger. Edgar Morin l’a bien compris&nbsp;: «&nbsp;<em>Le trésor de la diversité humaine c’est l’unité humaine mais le trésor de l’unité humaine c’est la diversité humaine&nbsp;</em>». Ainsi, la diversalité n’est ni l’universel occidental ni les particularismes.&nbsp;</p>



<p>Édouard Glissant est un penseur de la complexité. Son esthétique du Tout-monde met en relation la politique, la philosophie et la poésie. Avec ce concept, il questionne la créolisation globale du monde. Dynamique récente, généralisée et accélérée en proie au phénomène de mondialisation. Naître en Créolité, c’est la condition composite de tous les Marseillais·e·s. Mais le fait colonial a survalorisé la question de l’identité, comme source de civilisation (une langue, un territoire, des phénotypes..). L’enjeu des nouvelles politiques culturelles est d’interroger la domination du récit occidental.</p>



<p><strong>Comment vous positionnez-vous face au contre-discours décolonial&nbsp;?</strong></p>



<p>Évacuer tous les vestiges coloniaux qui se terrent dans les imaginaires est long et fastidieux donc le contre-discours décolonial peut devenir inefficace, tout en restant dans la galaxie du discours dominant. Le processus de créolisation se distingue du processus décolonial car il est conscient du problème de la domination invisible du capitalisme.&nbsp;</p>



<p>La république une et indivisible nie l’histoire des peuples. L’entremêlement de la multitude des récits reste complexe, mais cette complexité est la seule voie possible&nbsp;: les histoires nationales ne donnent qu’une seule possibilité aux peuples comme aux individus. Nos imaginaires sont dominés par l’individualisme, le capitalisme, la face sombre de l’humain… Un récit capitaliste qui a réussi à chevaucher le récit identitariste nationaliste.</p>



<p>Pour vouloir exister, il faut appréhender sa propre existence et définir son rapport au monde, et cela n’est pas évident, nous ne savons pas&nbsp; comment comprendre les identités, les cultures et les espaces composites.&nbsp;</p>



<p>La voie de l’émancipation se dessine dans notre manière d’être présent au monde, dans une forme de mobilité, d’émancipation globale qui transmet aux enfants la diversité du monde. C’est ce que développe Achille Mbembe qui propose une lecture de Fanon sous l’angle de «&nbsp;L’éthique du passant&nbsp;», idée selon laquelle un être humain pourrait se définir autrement que par les accidents que sont la naissance, la nationalité ou la citoyenneté. Achille Mbembe défend l’idée que les crises humanitaires sont causées entre autres par «&nbsp;une inégale distribution des capacités de mobilité&nbsp;» et par le fait que la circulation représente la seule chance de survie pour beaucoup de personnes.&nbsp;</p>



<p>ENTRETIEN REALISE PAR SAMIA CHABANI<br>à la Friche La Belle de Mai, dans le cadre du <em>Festival La 1</em><em><sup>ère</sup></em>&nbsp;</p>
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		<title>De toutes les Europe choisirons-nous la pire ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2024 14:24:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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<p>L’Europe, avant d’être une construction politique, est un fantasme culturel, un mythe, une princesse phénicienne amie des nymphes, une idée. Le silence obstiné des candidats aux élections européennes, de toutes les nations, sur les politiques culturelles qu’ils veulent mettre en place, témoigne de leur cécité historique, et ouvre la porte au pire des scénarios possibles&nbsp;: celui d’une Europe qui revient à sa féodalité, une Europe forteresse s’érigeant contre le monde, ses circulations, ses impuretés, ses migrations, contre la diversité sociale et d’origine des citoyens qui la composent, et contre sa propre histoire de progrès social et de lumière des esprits.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une Europe de progrès</mark></strong></p>



<p>Pourtant l’idée d’une Europe politique affranchie des monarchies autoritaires et des féodalités est née sous des plumes littéraires. Montesquieu rêve d’une «&nbsp;<em>nation composée de plusieurs&nbsp;</em>» qui irait jusqu’à «&nbsp;<em>la Moscovie&nbsp;</em>», et dont l’unité reposerait sur le «&nbsp;<em>doux commerce&nbsp;</em>», source d’échange et de prospérité. Une vision que l’on nommerait aujourd’hui libérale et qui a prévalu à la construction européenne de Jean Monnet et Robert Schuman, fondée sur le commerce, le charbon, l’acier et la politique agricole commune.&nbsp;</p>



<p>À cette vision s’opposait dès le XVIII<sup>e</sup> siècle Rousseau, qui imaginait une Europe politique qui garantirait «&nbsp;<em>une paix perpétuelle et universelle</em> » en se dotant d’un nouveau contrat social liant non les gouvernements, mais «&nbsp;<em>les Peuples&nbsp;</em>». Victor Hugo et son lyrisme, qui imaginait des États-Unis d’Europe fondés sur la «&nbsp;<em>fraternité</em>&nbsp;», s’inscrit dans cette idée d’une construction par les peuples d’un système de gouvernement commun, fédération ou confédération, qui les préserve de la guerre menée par les monarques et autres autocrates.&nbsp;</p>



<p>Ces idées sont aujourd’hui encore à l’œuvre dans les gauches et les droites européennes, qui semblent pourtant avoir oublié que leurs fondements profonds sont culturels et philosophiques.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au nom des Pères</mark></strong></p>



<p>L’extrême droite quant à elle ne l’ignore pas, et oppose à ces Europe de paix, libérale ou sociale, l’Europe des Patries, celle que nos États nations, nos Républiques, nos démocraties, croyaient avoir vaincue&nbsp;: celle du souverainisme chrétien, enraciné, reposant sur un ordre familial qui reproduit en son sein l’autocratie par la domination du père, et sur l’inégalité des «&nbsp;patrimoines&nbsp;», mot qui désigne à la fois la fortune et la culture, et établit des hiérarchies entre les peuples et les classes sociales.&nbsp;</p>



<p>Cette Europe, tenue loin des représentations et des désirs par l’effroi post-nazisme, se redéploie aujourd’hui sans retenue, reposant sur l’échec du «&nbsp;<em>doux commerce&nbsp;</em>» qui a triomphé dans l’espace européen, en exploitant les colonies et les travailleurs jusqu’à rompre le contrat social.&nbsp;</p>



<p>C’est pourtant en affirmant les droits culturels de tous·tes contre les patries, les patriarcats et les patrimoines qu’un nouvel universalisme pluriversel pourrait faire renaître l’idée d’Europe. Fraternelle, égalitaire et sororale.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>Chiennerie humaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2024 05:59:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Anaïs Barbeau-Lavalette]]></category>
		<category><![CDATA[Black Panthers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chien Blanc est un livre dérangeant. Parce qu’il bouscule la bien-pensance, soulève des problèmes moraux sans y apporter de réponses, pose un regard lucide sur les motivations profondes de l’engagement et s’interroge sur les modalités de l’action politique. Ecrit en 1970, largement autobiographique, le roman de Romain Gary s’ancre dans l’actualité américaine de la guerre [&#8230;]</p>
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<p><em>Chien Blanc</em> est un livre dérangeant. Parce qu’il bouscule la bien-pensance, soulève des problèmes moraux sans y apporter de réponses, pose un regard lucide sur les motivations profondes de l’engagement et s’interroge sur les modalités de l’action politique. Ecrit en 1970, largement autobiographique, le roman de <strong>Romain Gary</strong> s’ancre dans l’actualité américaine de la guerre du Vietnam, du rêve assassiné de <strong>Martin Luther King</strong>, du mouvement des Black Panthers, des émeutes anti-raciales, de leur répression, et des événements de 1968 en Europe. Mais il nous plonge également dans des dilemmes on ne peut plus contemporains. Non seulement parce que le racisme tue toujours aux États-Unis (et ailleurs). Mais encore, parce que nous sommes nombreux à vivre la déchirure décrite par le romancier. Tout cela justifie en soi l’adaptation de ce texte à l’écran proposé par la réalisatrice québécoise <strong>Anaïs Barbeau-Lavalette</strong> et sa coscénariste&nbsp;<strong>Valérie Beaugrand Champagne</strong>. Même s’il ne réussit pas tout à fait à traduire l’humour acide de Gary et son style «&nbsp;mordant&nbsp;», ce long-métrage reste fidèle à la trame et à l’esprit de l’œuvre.</p>



<p>1968&nbsp;: Romain Gary (incarné par <strong>Denis Ménochet</strong>) a 54 ans. Ex-résistant, Compagnon de la libération, aviateur et héros de guerre multi médaillé, gaulliste, humaniste, universaliste, diplomate, le célèbre écrivain vit entre les USA et l’Europe, avec Jean Seberg (<strong>Kacey Rohl</strong>) de 24 ans sa cadette, et leur fils Diego âgé de 6 ans (<strong>Bruno Lemaire</strong>). Jean est au sommet de sa gloire d’actrice. Elle milite au sein de la NAACP (Association Nationale pour la Promotion des Gens de Couleur). Leur belle maison de Beverley Hill est pleine d’activistes. Jean leur fait des chèques. Romain, quoique révolté par l’oppression des Afro-Américains se moque d’elle et des «&nbsp;belles âmes&nbsp;» d’Hollywood, &nbsp;qui ne cherchent pas à soulager les Noirs mais leurs mauvaises consciences de Blancs, s’appropriant une lutte qui n’est pas la leur.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Un film à strates</strong></mark></p>



<p>Le film commence avec l’assassinat de Martin Luther King, le discours de Robert Kennedy et, sous une pluie battante, l’arrivée, au foyer des Gary-Seberg, d’un berger allemand sans collier. La bête affectueuse s’avère être un «&nbsp;chien blanc&nbsp;», c’est à dire un animal dressé à chasser tout individu de peau noire utilisé par les propriétaires sudistes. S’opposant à sa femme, Romain refuse de l’euthanasier et le confie à un dresseur afro-américain Keys (<strong>K. C. Collins</strong>) pour le «&nbsp;déprogrammer&nbsp;». L’enjeu sera de prouver qu’on peut faire marche arrière, guérir du racisme inculqué, et «&nbsp;<em>croire encore aux hommes parce qu’il importe moins d’être déçu, trahi par eux que de continuer à leur faire confiance</em>&nbsp;».</p>



<p>Le film va suivre plusieurs&nbsp;pistes : on suit notamment l’évolution du contre-dressage du chien, le délitement du couple Jean/Romain, les efforts candides de Seberg qui se retournent contre elle et parfois contre ceux pour lesquels elle se bat, la plongée dans l’univers des activistes… Les images d’archives télévisées ponctuent l’autobiographie romancée&nbsp;; la fable allégorique accompagne le documentaire, s’émaille de phrases-citations qu’on voudrait toutes retenir. Réflexions sur ce que signifie être américain, être humain, être écrivain. Dans les interviews qui initient et concluent le film, Romain Gary affirme qu’on n’écrit pas pour dénoncer une horreur mais pour s’en débarrasser. Le lecteur non plus que le spectateur ne se débarrasseront pas aussi aisément ni du livre, ni du film qui donne les derniers mots à <strong>Christiane Taubira&nbsp;</strong>; ceux de son beau poème <em>Seuls et Vaincus</em> mis en musique par <strong>Gaël Faye</strong> et <strong>Mélissa Laveaux</strong>.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p><em>Chien blanc</em>,d’<strong>Anaïs Barbeau-Lavalette</strong></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En salles le 22 mai</mark></p>



<p>© Sphère</p>
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		<title>DIASPORIK : Se former, pour lutter contre les discriminations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Apr 2024 09:06:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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		<category><![CDATA[tsiganes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Vous organisez trois jours de formation sur les discriminations en direction des tsiganes. Pourquoi avoir eu envie de commencer par ce sujet ?  Samia Chabani.&#160;L’entrée principale de cette&#160;formation&#160;est la prise en compte des discriminations dans les pratiques professionnelles. Il est essentiel de préciser qu’elle est soutenue par la Fondation de France. Au sein de l’enjeu de lutte contre les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Zébuline. Vous organisez trois jours de formation sur les discriminations en direction des tsiganes. Pourquoi avoir eu envie de commencer par ce sujet ? </strong></p>



<p><strong>Samia Chabani.</strong>&nbsp;L’entrée principale de cette&nbsp;formation&nbsp;est la prise en compte des discriminations dans les pratiques professionnelles. Il est essentiel de préciser qu’elle est soutenue par la Fondation de France. Au sein de l’enjeu de lutte contre les discriminations, l’antitsiganisme demeure l’un des « angles morts ».&nbsp;À&nbsp;Marseille, le contexte de rejet&nbsp;autour de la&nbsp;possible&nbsp;création d’un village d’insertion&nbsp;pour&nbsp;populations romanis [<em>projet finalement reporté par la préfecture, ndlr</em>], illustre l’enjeu d’une meilleure connaissance des parcours résidentiels, migratoires et des conditions de vie de ces populations.</p>



<p><strong>À qui s’adresse cette formation&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>À une mixité de publics&nbsp;: des professionnels, agents de service public qui sont en charge de ces questions, mais aussi à des intervenants bénévoles ou&nbsp;en service civique, intervenant dans le cadre de&nbsp;l’accompagnement social ou culturel,&nbsp;l’hébergement d’urgence, l’accès aux droits et aux soins. Des personnes qui interviennent, sans avoir nécessairement bénéficié d’une formation initiale ou continue sur la prévention des discriminations.&nbsp;Sophie Latraverse, juriste experte en RSE rappelle que 82% des employeurs déclarent n’avoir reçu aucune formation sur les discriminations.&nbsp;</p>



<p><strong>En quoi cette discrimination se distingue-t-elle des autres formes de racisme&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Il y a chez les populations tsiganes, un cumul de représentations péjorées qui font d’eux une «&nbsp;classe dangereuse&nbsp;»&nbsp;: suspicion de traite humaine, de vol, de délinquance, criminalisation du nomadisme… Autant de stigmates liés à un mode de vie singulier autant qu’à l’assignation sociale produite par la catégorisation administrative et plus largement à l’exclusion. Beaucoup de gens associent romanis, tsiganes, gens du voyage… alors que l’on parle de groupes sociaux différents.&nbsp;C’est intéressant aussi de voir qu’aujourd’hui combien on promeut la mobilité comme une compétence à haute valeur ajoutée, alors que le nomadisme apparaît toujours comme un mode de vie marginal et déprécié.&nbsp;</p>



<p><strong>Vous invitez&nbsp;Ilsen About, un historien&nbsp;qui s’intéresse à&nbsp;l’histoire des politiques antitsiganes au XX</strong><strong><sup>e</sup></strong><strong>&nbsp;siècle. Comment cette discrimination d’État s’est elle matérialisée&nbsp;?</strong></p>



<p>De différentes manières&nbsp;: l’enfermement des tsiganes, mais aussi par la création du carnet anthropométrique [<em>document administratif créé en 1912 pour surveiller les déplacements des populations nomades, ndlr</em>]. On peut dire que les tsiganes ont subi une forme de contrôle social et administratif (fichage) extrêmement puissant – qui a pu concerner d’autres populations –&nbsp;mais qui&nbsp;perdure&nbsp;encore, et participe&nbsp;à&nbsp;cette représentation de «&nbsp;classe dangereuse&nbsp;».&nbsp;Sans oublier que les tsiganes ont également été déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. &nbsp;</p>



<p><strong>Comment peut-on analyser, ou quantifier,&nbsp;le racisme dont sont victimes&nbsp;les populations tsiganes aujourd’hui&nbsp;?</strong></p>



<p>L’objet du cycle en trois sessions&nbsp;est&nbsp;d’invoquer différentes formes de discriminations,&nbsp;mais aussi d’introduire des concepts qui nous permettent de les penser. L’approche pluridisciplinaire et l’alternance d’interventions entre chercheurs et professionnels y contribuent.&nbsp;Si les discriminations sont réelles, on a une difficulté à les documenter et à les prendre en compte, car on n’a pas le droit de faire des statistiques ethniques mais également à faire valoir le droit pour aboutir à de véritable recours juridique.&nbsp;Il y a quelques années, la Cnil a autorisé&nbsp;la création d’une enquête&nbsp;qui s’appelle&nbsp;<em>Trajectoires et&nbsp;origines</em>, qui a permis de quantifier les discriminations&nbsp;et de les distinguer [<em>sous la direction de Cris Beauchemin, Christelle Hamel et Patrick Simon, qui intervient dans la session de juillet, ndlr]. </em>L’enquête statistique réalisée conjointement par l’Ined et l’Insee éclaire la question des inégalités et des discriminations. Elle illustre l’impact systémique des discriminations en France, notamment celles des discriminations liées à l’origine. L’assignation raciale est un concept qu’on a du mal à penser en France. La reconnaissance de l’absence de race ne suffit pas à résoudre la question du racisme. Tout l’enjeu de cette formation est de montrer comment la construction sociale de la « race » permet d’identifier les processus de racialisation. Le cycle de formation mobilise les experts du sujet, comme la sociologue Sarah Mazouz, autrice de <em>Race</em> aux éditions Anamosa, ouvrage qui propose une approche critique de la notion de race. Nous nous faisons également l’écho des actions du réseau local ou du Défenseur du Droit. La formation se tient à la Maison départementale de lutte contre les discriminations.</p>



<p><strong>Le&nbsp;champ culturel joue-t-il suffisamment&nbsp;son rôle dans la lutte contre les discriminations envers les tsiganes&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>C’est paradoxal.&nbsp;Le champ culturel a pu contribuer à lutter contre l’antitsiganisme, en valorisant ces cultures (on pense à des artistes comme Django Reinhardt), tout en renforçant des stéréotypes, tels que la figure hyper sexualisée de la «&nbsp;gitane&nbsp;». Récemment, on peut saluer la scénographie de l’exposition&nbsp;<em>Barvalo</em>&nbsp;au Mucem, qui a été une très belle réussite. Le projet a été pensé avec les peuples romanis, qui ont pu apporter le regard des concernés… Le musée du Gadjo de l’artiste Gabi Jimenez était une forme innovante de retournement du stigmate.&nbsp;Cette méthode participative devrait être la règle, pas l’exception. La commissaire de l’exposition Julia Ferloni et William Acker seront présents pour partager leur expérience. Enfin l’institut Calam sera présent pour évoquer l’articulation entre les identités religieuses et LGBTQ+.&nbsp;</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR N.S.</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Approche multifactorielle des discriminations </strong><br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 au 16 mai</mark> : La question des discriminations en direction des tsiganes, romanis. <br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">9 au 11 juillet </mark>: Introduction à l’enquête Teo2 et approche juridique des discriminations <br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 au 9 octobre</mark> : Introduction à la sociologie de la race et articulation des discriminations  Lgbtophobie.</pre>



<pre class="wp-block-verse">S’inscrire auprès de <a href="mailto:formation@ancrages.org">formation@ancrages.org</a><br>Lieu: Maison départementale de lutte contre les discriminations <br>67 av de Toulon 13006 Marseille </pre>
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		<title>Quand France rime avec rance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2024 14:57:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’adjectif vient du provençal pourtant, et désigne l’odeur et le goût écœurants des corps gras trop exposés à l’air du temps. Le beurre rancit, les esprits aussi. La France est-elle peuplée de corps gras&#160;?&#160; On peut aimer ou non Aya Nakamura, trouver ses textes inventifs ou incompréhensibles, apprécier (ou non) ce vocabulaire teinté d’anglais, de [&#8230;]</p>
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<p>L’adjectif vient du provençal pourtant, et désigne l’odeur et le goût écœurants des corps gras trop exposés à l’air du temps. Le beurre rancit, les esprits aussi. La France est-elle peuplée de corps gras&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>On peut aimer ou non Aya Nakamura, trouver ses textes inventifs ou incompréhensibles, apprécier (ou non) ce vocabulaire teinté d’anglais, de romani et de néologismes, cette syntaxe qui accole, coupe et choque plutôt que de subordonner. On peut aimer (ou non) mais sa grammaire est clairvoyante&nbsp;: refuser la subordination passe aussi par l’invention d’autres phrases, à soi, et d’autres mots, à soi, qui très judicieusement ne sont pas formés par l’ajout de préfixes et suffixes à des racines pures. La grammaire académique, inventée par la monarchie absolue, a toujours été destinée à contraindre, dénigrer et confisquer les langues régionales des provinces rebelles et les parlers populaires.</p>



<p>Or Aya Nakamura est la chanteuse française la plus écoutée au monde et le symbole qu’elle représente pour le corps gras français est insupportable. Parce qu’elle est noire, mais aussi parce qu’elle n’en parle pas, s’attachant plutôt à affirmer sa liberté de femme contre la domination masculine, contre les «&nbsp;Djadja&nbsp;» qui la harcèlent, les «&nbsp;Pookie&nbsp;» qui trahissent et balancent, les «&nbsp;Jo&nbsp;» qui matent les fessiers des «&nbsp;Copines&nbsp;». Elle affirme dans chaque titre qu’elle aime les hommes, mais est maîtresse de son corps.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Renverser les schémas</mark></strong></p>



<p>Le corps de la femme noire est l’objet ultime de domination du corps gras, du corps rance, de la France. Elle l’a exploité dans les plantations de sucre, les zoos humains, toutes les basses tâches du sexe, du soin et du ménage. Aujourd’hui encore, les femmes noires sont majoritaires dans ces professions dénigrées et sous payées.</p>



<p>Aya Nakamura, égérie de Lancôme, se filme sur des yachts, au Palais de Fontainebleau, avec des accessoires et des tenues de luxe, la robe de Michelle Obama, entourée d’une bande de copines toutes aussi belles qu’elles, et pas forcément racisées. Les garçons de ses shows l’entourent et dansent comme des Claudettes déchaînées. Elle lisse ses cheveux et s’impose sans doute des heures quotidiennes de soins esthétiques mais elle incarne l’impossibilité de la domination par les blancs, par les hommes&nbsp;: condamnée pour violence réciproque sur conjoint, elle n’est décidément pas maîtrisable…</p>



<p>Contestable sur ce point, Aya Nakamura est une icône, rassemblant des foules, générant des flux financiers. Ambassadrice du luxe, elle a été désignée par notre Président, qui est sensible aux intérêts de ces industries, pour chanter Piaf à l’ouverture des JO. Le déclenchement persistant de haine face à cette désignation opportuniste est le signe de deux choses&nbsp;: Macron, malgré la loi immigration et le soutien insensé à Depardieu, ne maîtrise plus les rances racistes et sexistes qu’il a laissés prospérer ; les femmes noires n’ont plus besoin de Pierre Perret ou de <em>Revue Nègre</em> pour dominer la chanson française.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>« Se battre pour les droits de tout le monde » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Dec 2023 11:17:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Dans Assignation, récit publié en 2018 et sous-titré Les Noirs n’existent pas, vous affirmez que «&#160;la Race est une vue de l’esprit&#160;» et «&#160;la mort de l’autre par essence&#160;». Refusant d’être assignée à un être à identité Majuscule, vous voudriez être noire, et non Noire. Que voulez-vous dire&#160;?&#160; Tania de Montaigne. Il s’agit de [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. Dans <em>Assignation</em>, récit publié en 2018 et sous-titré <em>Les Noirs n’existent pas</em>, vous affirmez que «&nbsp;<em>la Race est une vue de l’esprit</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>la mort de l’autre par essence</em>&nbsp;». Refusant d’être assignée à un être à identité Majuscule, vous voudriez être noire, et non Noire. Que voulez-vous dire&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Tania de Montaigne.</strong> Il s’agit de faire un pas de côté. Le racisme existe mais il naît d’une notion de race qui, elle, n’existe pas. Elle n’est qu’une assignation, fondée sur des préjugés, qui produit du vocabulaire, comme l’expression «&nbsp;français de souche&nbsp;» qui établit des hiérarchies entre les Français. Formulée par le Rassemblement nationale, elle se généralise un peu partout… Que faire avec le vocabulaire, les néologismes&nbsp;? Comment est-ce qu’on nomme l’autre&nbsp;? C’est pour cela que l’exposition s’appelle <em>Noire</em>. Le problème n’est pas le mot, mais quel préjugé on met derrière. Ce sont les préjugés qu’il faut neutraliser, pas les mots.</p>



<p><strong>C’est le sujet de votre dernier livre, <em>Sensibilités</em>, qui raconte comment on ôte les mots des livres pour ne pas heurter les sensibilités. Mais que pensez-vous de l’emploi d’un mot tel que «&nbsp;nègre&nbsp;» par exemple&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Il est fortement connoté. Mais le sens d’un mot, ça change tout le temps. Senghor et Césaire ont retourné ce mot, en ont fait une arme, ce n’est pas rien&nbsp;! Il y a des moments où il doit être prononcé, pour qu’on n’oublie pas l’histoire. Et puis aujourd’hui, alors qu’on est prêt à se jeter dans le fascisme et l’extrême droite, l’urgence n’est pas d’interdire les mots.</p>



<p><strong>Mais d’interdire les préjugés&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Même pas, on en a tous. Si notre but est de parvenir à fabriquer une société où ils n’existent plus, on n’y arrivera pas ! Réfléchir ensemble, c’est cela qui m’intéresse. Aucune lutte n’existe portée par une seule personne, mais par un continuum, une intelligence collective.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Augmenter sa réalité</strong>
<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Noire, la Vie Méconnue de Claudette Colvin</em>, propose une stupéfiante plongée dans l’Alabama des années 1950, côté noire</mark>
Les casques visuels et audio, à conduction osseuse et à lunettes transparentes, laissent voir le décor dans lequel vous évoluez et les autres spectateurs, qui vous entourent. Mais des hologrammes d’auteurs jouant Claudette Colvin et ses juges, de personnages historiques comme Martin Luther King ou Rosa Parks, viennent à votre rencontre, s’assoient près de vous, sur vous parfois, devenant vos bras et vos corps. Pas de réalisme pourtant, le décor vole comme du coton blanc, celui des champs d’esclaves, et l’image de Claudette adolescente se double parfois du corps plus douloureux, plus vieux, qu’elle est devenue. 
Le procédé de cette réalité augmentée qui n’est pas seulement virtuelle, de cette exposition immersive qui n’est pas seulement un spectacle, colle parfaitement à son objet : il s’agit d’éprouver l’eau qui coule, l’étroitesse des murs de la prison, l’oppression des corps. D’entendre à la fois les dialogues des scènes et leur commentaire par Tania de Montaigne. D’éprouver. De lever aussi les yeux vers le plafond de la salle, devenue un ciel démesuré peuplé d’arbres blancs qui se balancent, de comprendre que l’effacement forcé n’est que temporaire, un repli de l’histoire, et que la mémoire de Claudette Colvin est aujourd’hui, réellement vivante. On n’efface plus les femmes noires pauvres. 
<em>A.F.</em>
L’exposition de Stéphane Foenkinos et Pierre-Alain Giraud, visible <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 21 décembre</mark> au Théâtre Liberté de Toulon, a été produite par le Centre Pompidou et le CNC.</pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-122100" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Expo-Noire-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-4.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Expo Noire © Guillaume CASTELOT &#8211; Châteauvallon-Liberté, scène nationale</figcaption></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p><strong>Refuser l’assignation à une catégorie majuscule, est-ce aussi penser les luttes dans leur globalité, leur intersectionnalité, leurs convergences ? </strong></p>



<p>Là encore, le mot a glissé. Au départ il s’agissait pour une avocate de nommer, pour faire droit et loi, les personnes discriminées par plusieurs préjugés à la fois, femme, noir, handicapé, juif… Le glissement de la parole située, qui consiste à dire «<em> je ne peux lutter qu’à l’endroit où je suis</em> », me dérange. Le concept d’«<em> allié</em> » aussi : par définition un allié change de camp, ce qui n’est pas le cas de ceux qui sont engagés dans les luttes contre les préjugés et les discriminations. Et puis, on doit tous être capables de lutter pour le droit au logement des handicapés, qu’on soit ou non concerné, non ? En écoutant et en observant les besoins, mais ensemble, pas eux et leurs « alliés ». On peut parler au-delà de soi-même, la citoyenneté, c’est de la réalité augmentée. La mémoire d’Anne Franck n’est pas que celle des juives néerlandaises, et si on sépare et hiérarchise les luttes on est cuits.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-122102" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Tania-de-Montaigne-%C2%A9-Vincent-Berenger-%E2%80%94-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Tania de Montaigne © Vincent Berenger — Châteauvallon-Liberté, scène nationale</figcaption></figure>



<p><strong>C’est pour cela que vous vous êtes intéressées à une jeune noire américaine en 1955&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui. Mon père est américain mais ce n’est pas à ce titre qu’elle m’intéresse, mais parce qu’elle refuse d’obéir à celle qui ne la considère pas comme «&nbsp;<em>un être humain&nbsp;</em>». Pour cet acte, elle a été malmenée, jugée, condamnée puis effacée de l’histoire, remplacée par Rosa Parks qui était moins pauvre, plus acceptable, et pas enceinte à 16 ans comme elle. Elle a 84 ans aujourd’hui et elle est toujours aussi incroyable, elle affirme qu’il faut se battre pour les droits de tout le monde. Femme, noire, pauvre, mère célibataire, elle sait que lutter en silo, comme si les discriminations n’avaient pas de lien, n’est pas efficace. Aucune discrimination n’est spécifique.&nbsp;</p>



<p><strong>Que pensez-vous des agressions contre les&nbsp; comédiennes de Rebecca Chaillon durant le <em>Festival d’Avignon&nbsp;</em>?</strong></p>



<p>Je n’ai pas vu son spectacle, je ne peux pas en parler. Mais quoi qu’il en soit si je ne suis pas d’accord avec quelqu’un je ne vais pas aller le taper&nbsp;! C’est un mouvement de pulsion infantile. En fait c’est simple&nbsp;: on n’agresse pas, on ne frappe pas. Et&nbsp;: ce qu’elle aurait dû faire pour ne pas être agressée n’est pas le sujet, et c’est ainsi que ses détracteurs le posent. C’est inacceptable, tout simplement.&nbsp;</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÈÈS FRESCHEL </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Toulon, ex-capitale FN, enterre son passé</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Olivier Klein  et Charles Berling ont signé le 16 décembre un mariage de trois ans, avec Tania de Montaigne comme témoin</em></mark><br><strong>Olivier Klein</strong>, Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah pour les intimes) « <em>croit à la force de la culture pour créer un narratif commun et sortir des haines multiples </em>». Sa mission interministérielle promeut, au sein du Gouvernement, une « <em>action universelle et universaliste </em>» pour «<em> déconstruire les préjugés et mauvaises mémoires inculquées dès l’enfance et raviver les souvenirs manquants</em> ». Il trouve que la scène nationale Châteauvallon-Liberté, « <em>avec cette exposition ou avec ce Molière aux couleurs du rainbow flag qui nous accueille à l’entrée</em> », est un lieu exemplaire.<strong> Charles Berling</strong>, le directeur, emploie d’ailleurs les mêmes termes etsigne en reprenant les mêmes valeurs universalistes et « <em>humanistes</em> », la même foi en une culture qui «<em> nuance, raconte, rapporte, repense et fait réfléchir</em> ». <br>C’est d’ailleurs un peu gênés qu’ils passent la parole à leur témoin(e). Tania de Montaigne enchaîne, malicieuse : «<em> Ne vous inquiétez pas les hommes blancs, on sait que vous existez, on vous aime bien, on ne va pas faire comme si vous n’aviez pas le droit d’être là. Nous voulons juste augmenter votre récit du nôtre, de celui de tous les autres qui ont été niés. Je le sais : aujourd’hui encore c’est par votre histoire que la mienne existe</em> ». Le dos définitivement tourné au racisme et à l’extrême droite ? On veut y croire.<br><em>A.F.</em></pre>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-122101" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?w=1500&amp;ssl=1 1500w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/Signature-DILCRAH-16-12-23-%C2%A9-Guillaume-CASTELOT-Chateauvallon-Liberte-scene-nationale-15-sur-23.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Signature DILCRAH © Guillaume CASTELOT &#8211; Châteauvallon-Liberté, scène nationale</figcaption></figure>



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		<title>« L’extrême droite est aux portes du pouvoir »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 11:33:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Médiation culturelle, formation linguistique, travail d’archives, expositions, balades historiques… Le champ d’activités d’Ancrages est multiple. Quel est son axe&#160;? Samia Chabani. Ancrages c’est la volonté de valoriser une histoire invisible. On dit que Marseille est cosmopolite mais cela reste une incantation, quand on regarde dans le détail on se demande qui incarne le cosmopolitisme. [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. Médiation culturelle, formation linguistique, travail d’archives, expositions, balades historiques… Le champ d’activités d’Ancrages est multiple. Quel est son axe&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Samia Chabani.</strong> Ancrages c’est la volonté de valoriser une histoire invisible. On dit que Marseille est cosmopolite mais cela reste une incantation, quand on regarde dans le détail on se demande qui incarne le cosmopolitisme. Nous voulons l’incarner le plus possible, avec tous, toutes les générations et les genres, tous les quartiers, les primo arrivants, les arrivés depuis longtemps. Nous voulons que cette question s’inscrive dans la narration urbaine, qu’elle sorte du champ de la recherche pour s’inscrire dans les rues. Nous ne sommes pas les seuls, plusieurs associations valorisent les récits situés et constituent une société civile méditerranéenne.&nbsp;</p>



<p><strong>Les récits situés&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, les récits qui viennent des personnes concernées, qui veulent les mettre en forme par des spectacles, des films, des podcasts, des expos. Des auteurs, des artistes, des chercheurs qui partent de leur intimité pour cela, et permettent ainsi d’inscrire l’intime dans la ville. Au croisement des vies de gens qui font escale à Marseille et veulent être visibles, faire partie du récit de cette ville. <em>Aflam</em>, les <em>Histoires vraies de la méditerranée</em>, <em>Films Femmes Méditerranée,</em> <em>Ph’Art et balises</em>… travaillent dans le même sens, et rencontrent les mêmes difficultés.</p>



<p><strong>Pourquoi, à votre avis&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>À Marseille la diversité est combattue par certains, et pour d’autres elle relève du marketing, alors que nous avons tant à apprendre, vraiment, du vivre ensemble méditerranéen. Nous pourrions ici contrer le clivage qui s’accentue entre deux France, en valorisant les mémoires de l’exil. De tous les exils. Mais on continue l’injonction au silence&nbsp;: lorsqu’on accepte l’exilé, le migrant, l’immigré, mais il faut qu’il soit normalisé à l’extrême, qu’il n’exprime pas sa singularité, sous peine d’être accusé de communautarisme.&nbsp;</p>



<p>&nbsp;<strong>Vous sentez cela aujourd’hui encore, à Marseille&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui&nbsp;! Au lieu de mettre ce gouvernement face à ses responsabilités, on interdit de parler de violences policières, de discriminations systémiques, de soutien à la Palestine. Ce «&nbsp;deux poids deux mesures&nbsp;» est très mal vécu par les jeunes en ce moment, et j’ai le sentiment que Marseille rate un coche en n’affirmant pas sa voix singulière, son fameux cosmopolitisme, dans le concert actuel aligné sur un gouvernement de plus en plus sourd à la différence, quand il ne la réprime pas.</p>



<p><strong>Vous lancez aujourd’hui un appel au secours pour sauver Ancrages. En quoi sa situation a-t-elle évolué&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>La lutte contre la discrimination est un champ sérieux. C’est une obligation légale, elle est inscrite au plan métropolitain depuis 2013. Où est le plan de lutte contre les discriminations de la Métropole&nbsp;? Cela doit être un axe fort des contrats de ville. Quel budget y consacrent-ils&nbsp;? Aujourd’hui nous sommes financés essentiellement par la Fondation de France, les collectivités et l’État abandonnent cette mission obligatoire à une fondation privée&nbsp;? Ce n’est pas normal.</p>



<p><strong>Vous parlez de baisse de financements concrète ?&nbsp;</strong></p>



<p>Oui, et brutale. L’État a suspendu un appel à projet qui finance l’accueil et l’accompagnement des migrants. Nous perdons 60 000 euros en 2023. Nous perdons aussi 27 000 euros de la Dreets, [<em>Direction Régionale de l’Economie et de l’Emploi, ndlr</em>], 7 000 euros sur la formation linguistique, 20 000 euros sur l’apprentissage culturel, volet qui est pour nous essentiel&nbsp;: on&nbsp; n’accueille pas les exilés seulement dans une langue, mais dans une culture. Pour les luttes contre les discriminations, tous les financements de la Dircah sont nationaux, et tous les nationaux sont à Paris. Et Marseille, dans ce domaine-là, ne lutte pas contre le tropisme centraliste, et n’impose pas sa singularité de ville cosmopolite, qui pourrait être un exemple national, et l’est en tous les cas pour ce qui est de l’espace méditerranéen.&nbsp;</p>



<p><strong>Qu’en est-il de la Ville de Marseille et des collectivités locales&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>La Région a cessé tout financement&nbsp; en changeant de majorité en 2015, rejoignant la municipalité Gaudin ne nous finançait presque pas, et en tous les cas jamais comme acteur culturel. Depuis 2020 nous sommes financés par la Ville en culture, et nous pensons que c’est bien notre place&nbsp;: notre travail, d’affirmation des cultures et des mémoires, de formation des arrivants à la culture, de recherches et valorisation des histoire des migrations à Marseille… est un travail culturel. Mais 25 000 euros c’est peu pour mener une politique de valorisation des cultures des diasporas dans la deuxième ville de France&nbsp;! En plus nous avons été victimes d’un cafouillage…</p>



<p><strong>C’est à dire&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>En 2022 la Ville a mal orienté notre subvention de fonctionnement, nous avons perdu 25 000 euros. La subvention 2023 les a rétablis, mais n’a pas rattrapé 2022, ce qui nous met dans une situation économique intenable. Jean-Marc Coppola nous promet une augmentation en 2024, mais chacun voit que Marseille en grand est fait avec d’autres acteurs culturels que ceux qui se battent depuis 20 ans, au quotidien, pour que la culture marseillaise affirme sa singularité comme une force.&nbsp;</p>



<p><strong>Comment voyez-vous l’avenir&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>L’avenir d’Ancrages est très incertain, même si l’appel à contribution que nous avons lancé reçoit des échos favorables et nombreux. Mais l’avenir d’Ancrages n’est pas ce qui m’inquiète le plus.&nbsp;</p>



<p>Depuis les années 1980 il y a eu des avancées évidentes, légales, dans les luttes contre les discriminations, mais aujourd’hui il y a des projets de loi qui entérinent de nets reculs, des baisses de financement de tous les côtés. La conséquence est immédiate&nbsp;: les choses se tendent nettement dans les villes. Les jeunes générations n’acceptent plus d’être relégués dans une seconde zone de la République, et de ne pas pouvoir seulement l’exprimer. Le terrain est explosif, l’extrême droite est aux portes du pouvoir.&nbsp;</p>



<p>Nous sommes persuadés que notre travail de visibilisation des mémoires diasporiques et le meilleur rempart contre cette menace que nous voyons tous advenir. Mais les acteurs culturels se sentent bien seuls à défendre l’idée que l’histoire et ses rameaux intimes ne peuvent pas être mis sous le tapis, sans risque d’y mettre le feu.</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Pour soutenir Ancrages :</strong><br><a href="http://ancrages.org/agenda/campagne-de-soutien-pour-lassociation-ancrages">ancrages.org/agenda/campagne-de-soutien-pour-lassociation-ancrages</a></pre>
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		<title>RENCONTRES D&#8217;AVERROÈS : Marseille 1973 : symptôme d’un racisme anti-algérien systémique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Nov 2023 16:24:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’image d’un orage prêt à gronder, le meurtre du chauffeur de bus Émile Guerlache le 25 aout 1973 par Salah Bougrine, un passager algérien atteint de troubles mentaux, fait éclater les haines raciales à Marseille. En l’espace de dix jours, 17 assassinats sanglants sont perpétrés dans les ruelles marseillaises, dont celui de Ladji Lounes, [&#8230;]</p>
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<p>À l’image d’un orage prêt à gronder, le meurtre du chauffeur de bus Émile Guerlache le 25 aout 1973 par Salah Bougrine, un passager algérien atteint de troubles mentaux, fait éclater les haines raciales à Marseille. En l’espace de dix jours, 17 assassinats sanglants sont perpétrés dans les ruelles marseillaises, dont celui de Ladji Lounes, jeune algérien de 16 ans, abattu froidement par un brigadier.&nbsp;</p>



<p>Une intensité des violences qui trouve son point culminant lors de l’attentat au consulat d&rsquo;Algérie le 14 décembre 1973, faisant quatre morts. Ce dernier est revendiqué par le groupe Charles-Martel, des anciens de l’OAS, nostalgiques de l&rsquo;Algérie française. Si l’on parle d’une «&nbsp;flambée raciste&nbsp;», il s’agit en réalité d’un problème déjà latent au sein de la société.</p>



<p>En 1972, la crise économique marque la fin des «&nbsp;Trente Glorieuses&nbsp;» et encourage la montée de la xénophobie. Les idées simplistes telles que la «&nbsp;menace arabe&nbsp;» ressurgissent : face au chômage, l’Algérien est le bouc émissaire idéal. La circulaire Fontanet en 1973 accentue à son tour la controverse sur l&rsquo;immigration, en réglementant les entrées dans l&rsquo;Hexagone. En parallèle, il ne faut pas oublier l’autre visage des tueries de 73 : l’expression d’une rancœur liée à la guerre d&rsquo;Algérie, présente dans une partie de l&rsquo;opinion.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Assez, assez, assez ! »</mark></strong></p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="880" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=696%2C880&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-121418" style="width:305px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=810%2C1024&amp;ssl=1 810w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=237%2C300&amp;ssl=1 237w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=768%2C971&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=150%2C190&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=300%2C379&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=696%2C880&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?resize=332%2C420&amp;ssl=1 332w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/11/Archive-de-la-Une-de-Minute-hebdomadaire-dextreme-droite-datant-du-5-au-11-septembre-1973.-%C2%A9-Fonds-darchives-dAncrages.jpg?w=1003&amp;ssl=1 1003w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archive de la Une de Minute, hebdomadaire d’extrême droite, datant du 5 au 11 septembre 1973. © Fonds d’archives d’Ancrages</figcaption></figure>
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<p>Une surenchère de violences xénophobes étroitement liée au traitement médiatique, de tous bords politiques. À droite, Gabriel Domenech, rédacteur en chef du <em>Méridional</em>, ancien de l’OAS et futur membre du Front national, fait un appel au meurtre dans son éditorial : «&nbsp;<em>Assez de violeurs algériens, assez de proxénètes algériens, assez de fous algériens</em>, <em>assez des tueurs algériens.&nbsp;</em>»À gauche, le <em>Nouvel Observateur</em> publie un sondage avec comme question&nbsp;: «&nbsp;Peut-on vivre avec les Arabes ?&nbsp;».«&nbsp;<em>On vient ethniciser les questions sociales</em>&nbsp;», souligne Samia Chabani, présidente de l’association Ancrages, qui valorise la mémoire des migrations à Marseille.</p>



<p>Un malaise face aux ratonnades qui s’installe aussi du côté des pouvoirs publics. Le président de la République, Georges Pompidou, adopte une réponse timide. S&rsquo;il met en garde les Français de ne pas tomber dans «&nbsp;<em>l’engrenage du racisme</em>&nbsp;» dans son allocution du 30 août, un mois plus tard il déclare «&nbsp;<em>qu&rsquo;il y a finalement bien peu d&rsquo;actes qui puissent être suspectés, même indirectement, de réaction raciste.&nbsp;</em>» Conclusion de cette passivité, les enquêtes sont bâclées et se terminent pour la plupart par des non-lieux ou de la prison avec sursis. Pour Rachida Brahim, auteure de <em>La</em> <em>race tue deux fois</em>, 73 « <em>n’a pas du tout été traité comme un massacre </em>».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une réplique des pratiques coloniales </mark></strong></p>



<p>L&rsquo;indifférence des autorités françaises à l&rsquo;égard des assassinats de 1973 les relègue au rang d’incidents anodins. Il y a une «&nbsp;<em>déracialisation de ces crimes</em>&nbsp;» explique Samia Chabani. La mort d’Émile Guerlache est médiatisée sous le prisme de l’origine raciale du coupable, laissant de côté ses problèmes psychiatriques. Tandis que les crimes contre les Algériens les jours suivants sont traités comme de vulgaires faits divers.</p>



<p>Pourtant, ces ratonnades sont le reflet de l’histoire coloniale française en Algérie. Elles perpétuent des schémas de «&nbsp;<em>répliques coloniales</em>&nbsp;» visant à maintenir la marginalisation et la ségrégation des Algériens, tout en portant des connotations raciales héritées de la période de la guerre et de la colonisation.</p>



<p>De manière frappante, les ratonnades de 1956 à Alger, étudiées par Sylvie Thénault, historienne et spécialiste de la guerre d’indépendance algérienne, suivent le même schéma que celles de Marseille 73. La mort d’Amédée Froger, leader de l’Algérie française, avait conduit à un déchaînement meurtrier sur les musulmans.</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Le saviez vous ? </strong>
Le magnifique bâtiment accueillant la marque japonaise Uniqlo rue Saint-Ferréol abrite en réalité un passé méconnu par les Marseillais. Il fut le siège de la Compagnie algérienne, une banque de dépôt franco-algérienne, témoignage « <em>de l’entreprise capitaliste qu’est la colonisation</em> », explique Samia Chabani, directrice de l’association Ancrages.</pre>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La haine anti-algérien tue</mark></strong></p>



<p>Ces assassinats continuent de se reproduire inlassablement. En 1983, Habib Grimzi, touriste algérien, est jeté de l’express 343 Bordeaux-Vintimille par trois futurs légionnaires. Simplement parce qu’il est arabe. En 1986, Malik Oussekine et Abdel Benyahia sont tués le même soir dans les rues de Paris à cause de leur origine.</p>



<p>Cette posture d’anciens bourreaux-colonisateurs va de pair avec la montée institutionnelle du sentiment anti-algérien incarnée par le Front national, foncièrement xénophobe. En 1995, Ibrahim Ali, un jeune comorien, est tué par des colleurs de ce parti à Marseille. Bruno Mégret, conseiller régional et membre du FN, a attribué ce meurtre à «&nbsp;l&rsquo;immigration massive et incontrôlée&nbsp;».</p>



<p>L’imaginaire de la colonisation est plus présent que jamais aujourd’hui en France, accentué par l’insuffisance de poursuites judiciaires pour les crimes raciaux. Bien que les vidéos permettent de montrer aux Français les bavures policières, peu de coupables sont punis par la loi. Pour Amnesty International, «&nbsp;cette impunité de fait et le déni des autorités permettent la répétition des violences&nbsp;». La mort de Zineb Redouane en 2018 et de Nahel Merzouk en juin dernier lors d’un contrôle routier nous poussent à nous demander : quand l’intolérance prendra-t-elle fin ?</p>



<p>APOLLINE RICHARD ET LIZA COSSARD&nbsp;</p>



<p></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">AU PROGRAMME
</mark></strong>Le samedi <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 novembre</mark> à 10 heures, le journaliste de <em>Médiapart</em>, Joseph Confavreux, animera la deuxième table ronde des Rencontres d’Averroès « Jeux d’empires ? ». La question des différences d’administration coloniale et de domination au Maghreb sera discuté par les intervenants présents : Edhem Eldem, professeur d’histoire à Istanbul, Robert Gildea, professeur d’histoire contemporaine, M’Hamed Oualdi, professeur à Sciences-Po Paris et spécialiste de l’histoire du Maghreb moderne et contemporain ainsi que Sylvie Thénault, experte de la colonisation et de la guerre d’indépendance algérienne.  </pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/rencontres-daverroes-marseille-1973-symptome-dun-racisme-anti-algerien-systemique/">RENCONTRES D&rsquo;AVERROÈS : Marseille 1973 : symptôme d’un racisme anti-algérien systémique</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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