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	<title>Archives des Théâtre des 13 Vents - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Théâtre des 13 Vents - Journal Zebuline</title>
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		<title>Courir et tout balayer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2026 09:15:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le plateau du théâtre de la Joliette est recouvert de 18 ensembles de vêtements et objets divers (chaussures, gourdes, casquettes, plantes vertes en pots…), des cadres rectangulaires vides sont suspendus au-dessus et seront descendus ou remontés à vue. Une femme vêtue d’un collant chair entre et s’allonge sur le dos. Musique. Les lumières s’éteignent. Puis [&#8230;]</p>
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<p>Le plateau du théâtre de la Joliette est recouvert de 18 ensembles de vêtements et objets divers (chaussures, gourdes, casquettes, plantes vertes en pots…), des cadres rectangulaires vides sont suspendus au-dessus et seront descendus ou remontés à vue. Une femme vêtue d’un collant chair entre et s’allonge sur le dos. Musique. Les lumières s’éteignent. Puis six personnages, eux aussi en collants, marchent de façon mécanique, traçant des lignes géométriques dans un ensemble parfait, découpant l’espace. Une chorégraphie s’esquisse sur fond musical pendant que l’un d’entre eux dit&nbsp;: «&nbsp;nous n’avons pas à rougir de notre histoire&nbsp;».</p>



<p>C’est cette histoire qui sera décrite et vécue en quelques tableaux et changements de costumes effectués rapidement sur scène. La femme qui était allongée se lève d’un bond, saisit un balai&nbsp;: elle est en retard pour commencer son travail, ce qui risque de bousculer les cadences du ménage des chambres. C’est le seul personnage qui porte un prénom, Alice, qui évoque le pays des Merveilles. Comme le personnage de Lewis Carroll, elle court et se joint aux autres. Chacun assure qu’il faut accélérer, mieux organiser travail et activités pour améliorer le monde, veiller à ce que la mécanique ne s’enraye pas au risque de provoquer un désordre mondial…</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un grand ménage</mark></strong></p>



<p>Les dialogues enchaînés de manière extrêmement rapide ne permettent ni réels échanges ni contacts entre les personnages. Ils sont asexués, sans âme, ni émotion. Ils organisent leur espace et leur temps, luttent ensemble pour le progrès matériel et la réussite personnelle, jugent ceux qui tenteraient une variante&nbsp;! La scénographie et la mise en scène rigoureuses et originales de<strong> Nathalie Garraud</strong> servent le texte violent d’<strong>Olivier Saccomano</strong> qui nous bouscule, nous ouvre les yeux. Un personnage se «&nbsp;demande si nous ne serions pas arrivés au bout de quelque chose&nbsp;?&nbsp;». La fin, inattendue, surprend&nbsp;: les comédiens, toutes et tous excellents, revêtus de la même tenue de techniciens de surface, se saisissent de balais et font un grand tas de tous les costumes et objets. Tout est à reconstruire, à recommencer. Une image dystopique glaçante.</p>



<pre class="wp-block-verse">CHRIS BOURGUE<br><br>Créé au Printemps des comédiens 2025 de Montpellier, Monde nouveau s’est joué au <a href="https://www.theatrejoliette.fr/" type="link" id="https://www.theatrejoliette.fr/">Théâtre Joliette</a> du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 mars au 3 avril,</mark> en programmation avec le Zef</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Dystopie ou réalité ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 08:54:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zebuline. Avant Monde nouveau, vous vous êtes intéressé à deux personnages emblématiques de Shakespeare (Un Hamlet de moins et Institut Ophélie). Comment s’est fait le passage du diptyque shakespearien à votre nouvelle pièce ? Olivier Saccomano. C’est une question de focale. Pour le diptyque précédent, nous étions partis de figures théâtrales qui nous hantaient. Elles [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zebuline. Avant Monde nouveau, vous vous êtes intéressé à deux personnages emblématiques de Shakespeare (</strong><em><strong>Un Hamlet de moins</strong></em><strong> et </strong><em><strong>Institut Ophélie</strong></em><strong>). Comment s’est fait le passage du diptyque shakespearien à votre nouvelle pièce ?</strong></p>



<p><strong>Olivier Saccomano</strong><em>. </em>C’est une question de focale. Pour le diptyque précédent, nous étions partis de figures théâtrales qui nous hantaient. Elles nous ont amené à travailler la façon dont le passé (théâtral, historique) hante le présent. C’étaient des pièces pleines de fantômes. Dans <em>Monde nouveau</em>, notre sujet de départ était directement le contemporain<em>, </em>pris dans sa massivité, sa compacité, son aveuglement aussi. C’est une pièce-monde, une pièce-machine qui se règle et se dérègle à partir des forces (du passé et de l’avenir) qui agitent notre présent.</p>



<p><strong>Vous décrivez un monde pris entre néolibéralisme et néofascisme&nbsp;: comment cela se traduit-il dans la langue&nbsp;? Et sur scène&nbsp;? </strong>Par une sorte de glissement progressif. Le fascisme contemporain arrive après quarante années de néolibéralisme. Et de l’un à l’autre, il y a une continuité (un imaginaire de l’entreprise, du profit, de la rapacité commerciale), mais aussi une nouveauté, car il arrive à un moment où le capitalisme avoue qu’il n’a pas ou plus besoin de la démocratie. Apparaît alors, dans toute son obscénité, l’arbitraire d’un pouvoir brut, militaire ou financier. Dans un monde néolibéral où tout semble standardisé (tout le monde, du prof à l’entrepreneur, du facteur au médecin, doit remplir de données son petit tableau pour se faire évaluer et alimenter la machine qui va le détruire), surgissent alors des figures monstrueuses. Trump ressemble davantage à la Reine de cœur d’<em>Alice au pays des merveilles</em> qu’à n’importe quel chef d’État des années 1990 ou 2000 en Occident. La pièce et son langage se tiennent à ce point de bascule.</p>



<p><strong>Vous identifiez les personnages de la pièce comme des « </strong><em><strong>figurants anonymes de l’Histoire</strong></em><strong> » :&nbsp;c’est-à-dire&nbsp;?</strong></p>



<p>Tous les rôles sont des sortes d’«&nbsp;agents&nbsp;» de la machine, à la fois sujets actifs des transformations de la machine et passivement assujettis à ces transformations. Ils n’ont pas de nom ni d’identité fixe. Sur la page, ils s’appellent tous «&nbsp;K&nbsp;» (K1, K2, K3, etc.), comme un lointain souvenir du <em>Procès</em> de Kafka (qui s’y connaissait en machines). Mais sur le plateau, ils ne se nomment pas, trop occupés qu’ils sont à muter en permanence. Ils sont ce que la machine veut qu’ils soient, à savoir interchangeables, remplaçables à loisir. La seule à se donner un nom, mais peut-être l’invente-t-elle sur le moment, est «&nbsp;Alice&nbsp;», qui fait sans doute écho à Lewis Carroll (Alice au pays du monde nouveau…).</p>



<p><strong>Comment avez-vous travaillé sur le rapport au public dans cette proposition ?</strong></p>



<p>Il est la plupart du temps frontal, mais médié par une foule de cadres en bois manipulables, dans une sorte d’analogie précaire de nos écrans quotidiens. Si bien que les rôles s’adressent au public, mais pas seulement. Ils s’adressent à qui veut bien les entendre, les écouter, les regarder, les croire. La frontalité est l’adresse favorite des marchands et des communicants. Mais cette frontalité, dans notre pièce, est comme redoublée. Elle n’est pas directe, pas en contact direct avec le public, tout comme les rôles sont rarement en contact direct entre eux. Notre époque est aussi celle du «&nbsp;sans contact&nbsp;».</p>



<pre class="wp-block-verse">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MARC VOIRY<br><br>Nouveau monde<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 31 mars au 3 avril</mark><br><br><a href="https://www.theatrejoliette.fr/" type="link" id="https://www.theatrejoliette.fr/">Théâtre Joliette</a>, Marseille  En co-programmation avec le Zef – Scène nationale de Marseille</pre>



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		<title>Sète : Biennale des Arts de la scène en Méditerranée</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/sete-biennale-des-arts-de-la-scene-en-mediterranee/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=sete-biennale-des-arts-de-la-scene-en-mediterranee</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 11:06:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Place of Safety  En juillet 2024, les metteurs en scène, auteurs et acteurs italiens Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, fondateurs de la compagnie Kepler-452, ont embarqué sur le navire Sea-Watch 5 afin de documenter de l’intérieur les missions de sauvetage en Méditerranée centrale. Leur immersion auprès des « humanitaires », des « migrant·es » secouru·es et des équipes [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>A Place of Safety</strong> </h2>



<p>En juillet 2024, les metteurs en scène, auteurs et acteurs italiens Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, fondateurs de la compagnie Kepler-452, ont embarqué sur le navire Sea-Watch 5 afin de documenter de l’intérieur les missions de sauvetage en Méditerranée centrale. Leur immersion auprès des « humanitaires », des « migrant·es » secouru·es et des équipes d’intervention marque le point de départ de <em>A Place of Safety</em> &#8211; Voyage en Méditerranée centrale dans lequel les expériences vécues à bord, entre urgence, impuissance, solidarité et bureaucratie, servent de matériau brut.<br>Un spectacle créé au Teatro Arena del Sole de Bologne en février dernier, présenté pour la première fois en France ces 13 et 14 novembre au Théâtre des 13 vents dans le cadre de la Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un théâtre documentaire engagé</mark></strong><br>A Place of Safety se présente comme une « pièce documentaire », interprétée sur le plateau par Nicola Borghesi et par les membres de la mission eux-mêmes, refusant la posture victimaire simplificatrice, préférant mettre l’accent sur la complexité du contexte : des vies en suspens, des frontières fermées, des choix difficiles.<br>Le spectacle pose la mer comme frontière mobile, entre vie et mort, entre exil et refuge, entre engagement et impuissance. Transformant le plateau en un lieu de témoignage direct, grâce à un dispositif scénique qui mêle voix, fragments documentaires, langues multiples, le public est invité à ressentir la fragilité des trajectoires humaines, la tension entre l’attente et l’intervention, et l’énigme d’une mer à la fois usage, enjeu et témoin.<br>Un spectacle en italien, anglais, portugais surtitré en français, dont la représentation le jeudi 13 sera suivie d’une rencontre avec l’équipe artistique.</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 et 14 novembre</mark><br><a href="https://www.13vents.fr">Théâtre des 13 vents</a>, Montpellier</pre>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Boujloud (L’homme aux peaux)</strong></h2>



<p>Menant une enquête sur le consentement au Maroc pour créer un spectacle documentaire, Kenza Berrada rencontre Houria, femme marquée par une agression sexuelle subie dans l’enfance, concluant son récit par un violent et fatal : « C’était comme ça à l’époque ». Une question s’impose alors à l’artiste : mais quand finit cette époque ? <br>Pour dire l’indicible, l’artiste convoque Boujloud, figure rituelle du Rif et du Haut-Atlas occidental. Couvert de peaux, moitié homme moitié bête, Boujloud surgit chaque année après l’Aïd pour incarner la force vitale du passage, de la mue. Dans son spectacle, cette figure devient le véhicule d’une mémoire enfouie : elle porte les voix tues, les blessures transmises, les colères rentrées, transmises de génération en génération.</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 et 8 novembre</mark><br><a href="https://www.domainedo.fr">Domaine d’O,</a> Montpellier</pre>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="447" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/boujloud3-1000x1000chelene-harder.jpeg?resize=696%2C447&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-132869" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/boujloud3-1000x1000chelene-harder.jpeg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/boujloud3-1000x1000chelene-harder.jpeg?resize=300%2C193&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/boujloud3-1000x1000chelene-harder.jpeg?resize=768%2C493&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/boujloud3-1000x1000chelene-harder.jpeg?resize=150%2C96&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/boujloud3-1000x1000chelene-harder.jpeg?resize=696%2C447&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/boujloud3-1000x1000chelene-harder.jpeg?resize=654%2C420&amp;ssl=1 654w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Boujloud © Hélène Harder</figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et tout est rentré dans le désordre</strong></h2>



<p>Avec Et tout est rentré dans le désordre, Julie Benegmos et Marion Coutarel, de la Compagnie Libre Cours, proposent une traversée poétique et politique des pratiques funéraires d’aujourd’hui. Leur point de départ : une enquête menée auprès de celles et ceux qui cherchent à réinventer les rites de la mort, à redonner sens et humanité à ces passages souvent confisqués par le rationalisme ou le marché.<br>Le spectacle oscille entre théâtre expérimental, documentaire et fiction, explorant le potentiel transformateur des rituels. Sur scène, un rituel se compose, à la fois grave et joyeux, entre documentaire et célébration symbolique. Les spectatrices et spectateurs deviennent témoins d’une tentative de réconciliation avec la mort, d’un partage sensible où le désordre devient lieu de transformation.</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 novembre</mark><br><a href="https://www.theatrejeromesavary.fr">Théâtre municipal Jérôme Savary,</a> Villeneuve-lès-Maguelone<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 novembre</mark><br><a href="https://tmsete.com">Théâtre Molière</a>, Sète</pre>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="392" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=696%2C392&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-132870" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=150%2C84&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=696%2C392&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=1068%2C601&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?resize=747%2C420&amp;ssl=1 747w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/p21-et-tout-est-rentre-dans-le-desordrealban-le-goff-4.jpeg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Et tout est rentré dans le désordre © Alban le Goff</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Necropolis</strong></h2>



<p>Le danseur, chorégraphe et artiste visuel Arkadi Zaides se penche sur les milliers de migrants disparaissant depuis une trentaine d’années aux frontières de l’Europe. Seul en scène, s’appuyant sur la liste minutieusement tenue depuis 1993 par l’organisation United, il se tient face à un ordinateur et à la projection d’une carte du continent, en faisant émerger une cartographie des vies perdues dans les flots, les déserts, les zones d’attente et les marges administratives.<br>Un geste, un clic, un nom : chaque point lumineux correspond à une mort. Au fil de cette conférence performée, associant investigation du territoire et enquête médico-légale, l’artiste transforme la donnée brute en un rituel d’attention, cherchant à incarner les noms de celles et ceux à qui l’on a refusé toute identification, après la mort. </p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">12 au 14 novembre</mark><br><a href="https://theatre.univ-montp3.fr">Théâtre de La Vignette</a>, Montpellier</pre>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/NECROPOLIS-%C2%A9-Eike-Walkenhorst-10.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-132871" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/NECROPOLIS-%C2%A9-Eike-Walkenhorst-10.jpg?w=802&amp;ssl=1 802w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/NECROPOLIS-%C2%A9-Eike-Walkenhorst-10.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/NECROPOLIS-%C2%A9-Eike-Walkenhorst-10.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/NECROPOLIS-%C2%A9-Eike-Walkenhorst-10.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/NECROPOLIS-%C2%A9-Eike-Walkenhorst-10.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/11/NECROPOLIS-%C2%A9-Eike-Walkenhorst-10.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">NECROPOLIS © Eike Walkenhorst</figcaption></figure>
</div>


<p>La <em><a href="https://www.13vents.fr/biennale-des-arts-de-la-scene-en-mediterranee-2025/">Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée </a></em>est initiée par le Théâtre des 13 vents – CDN Montpellier et un vaste réseau de partenaires</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Montpellier : le printemps des 13 vents</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 14:06:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Animal Architecte]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Camille Dagen]]></category>
		<category><![CDATA[Emma Depoid]]></category>
		<category><![CDATA[Hélène Morelli]]></category>
		<category><![CDATA[Les forces vives]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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		<category><![CDATA[Simone de Beauvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre des 13 Vents]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Loin des programmations dans lesquelles les spectacles repartent aussi vite qu’ils sont arrivés, les équipes artistiques invitées par le Théâtre des 13 vents sont, d’octobre à mai, présentes chacune pendant un mois. En ce mois d’avril, l’invitation a été adressée à Animal Architecte, compagnie fondée en 2018, à leur sortie de l’école du Théâtre National [&#8230;]</p>
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<p>Loin des programmations dans lesquelles les spectacles repartent aussi vite qu’ils sont arrivés, les équipes artistiques invitées par le Théâtre des 13 vents sont, d’octobre à mai, présentes chacune pendant un mois. En ce mois d’avril, l’invitation a été adressée à <strong>Animal Architecte</strong>, compagnie fondée en 2018, à leur sortie de l’école du Théâtre National de Strasbourg, par <strong>Camille Dagen</strong> et <strong>Emma Depoid</strong>. Camille Dagen est metteure en scène, autrice, comédienne (pour Julien Gosselin, Vanessa Larré et Joris Lacoste) et performeuse (collectif VIE). Emma Depoid est scénographe, et a signé les scénographies de <em>Triumvirus</em> et <em>Morphine</em> de Nina Villanova, <em>Ivanov</em> de Christian Benedetti, <em>Tiens ta garde</em> du Collectif Marthe. Les créations d’Animal Architecte, au nombre de cinq, marquent un intérêt fort pour des matériaux issus de champs non théâtraux : la photographie, l’architecture, la danse, la philosophie, l’histoire, la critique musicale.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Révéler</mark></strong></p>



<p><em>Durée d’exposition</em>, leur premier spectacle, créé en 2018, joue, autour du sujet de la séparation amoureuse, de détournements et d’entremêlements de sens, techniques et métaphoriques,&nbsp;entre les processus de la photographie argentique et le théâtre : «&nbsp;choisir un sujet&nbsp;», «&nbsp;cadrer&nbsp;», «&nbsp;exposer&nbsp;», «&nbsp;révéler&nbsp;»&#8230; Sur scène, deux acteurs-opérateurs (<strong>Thomas Mardell</strong> et <strong>Hélène Morelli</strong>) suivent pas à pas les instructions précises d’un manuel de photographie, projetées sur un immense écran vidéo en fond de scène, tout en proposant des actes performatifs au milieu de la fumée, sur fond de musique electro, et en faisant se télescoper des tirades de <em>Bérénice </em>avec un monologue de <em>Baisers volés</em> de Truffaut. Un spectacle qui envisage le spectateur comme pellicule témoin « <em>surface sensible qui, au contact d’un rayonnement lumineux, réagit chimiquement</em> ».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Simone de Beauvoir</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="392" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/LES-FORCES-VIVES-%C2%A9Simon-Gosselin-014.jpg?resize=696%2C392&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-128877" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/LES-FORCES-VIVES-%C2%A9Simon-Gosselin-014.jpg?w=945&amp;ssl=1 945w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/LES-FORCES-VIVES-%C2%A9Simon-Gosselin-014.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/LES-FORCES-VIVES-%C2%A9Simon-Gosselin-014.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/LES-FORCES-VIVES-%C2%A9Simon-Gosselin-014.jpg?resize=150%2C84&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/LES-FORCES-VIVES-%C2%A9Simon-Gosselin-014.jpg?resize=696%2C392&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/03/LES-FORCES-VIVES-%C2%A9Simon-Gosselin-014.jpg?resize=746%2C420&amp;ssl=1 746w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">LES FORCES VIVES © Simon Gosselin </figcaption></figure>
</div>


<p><em>Les forces vives</em>, leur dernier spectacle, créé en 2024, sont celles qui traversent les œuvres autobiographiques de Simone de Beauvoir (1908 -1986), pionnière de l’émancipation féminine : <em>Mémoires d’une jeune fille rangée</em>, <em>La Force de l’âge</em>, <em>La Force des choses</em>… Animal Architecte souhaite « <em>montrer comment une vie de femme peut s’écrire, de l’enfance à la vieillesse &#8211; c’est-à-dire comment cette vie peut à la fois s’inventer, se comprendre et se raconter elle-même </em>». Un parcours mis en résonance avec trois des guerres qui scandèrent le XX<sup>e</sup> siècle en France : la Grande Guerre, la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre d’Algérie, dont Beauvoir décrit les répercussions directes, intime, radicales sur sa vie et son écriture.</p>



<p>Un spectacle d’une durée de 3 h 30, séparé entre deux parties (1ère partie : 1 h 50, entracte 20 mns, 2<sup>e</sup> partie : 1 h 20) porté par l’énergie de sept actrices et acteurs, à la lisière entre démarche documentaire, scènes dialoguées et méditation plus directement adressée au public.</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Durée d’exposition</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 et 4 avril</mark><br><br><em>Les forces vives</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 8 au 10 avril</mark><br><br><strong><a href="https://www.13vents.fr">Théâtre des 13 vents</a></strong>, centre dramatique de Montpellier</pre>



<p>Retrouvez nos articles <em><a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes</a></em> ici </p>
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		<title>Blockbuster</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lilli Berton Fouchet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 10:19:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Collectif Mensuel]]></category>
		<category><![CDATA[Montpellier]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Ancion]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre des 13 Vents]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Jean Vilar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Et si vous pouviez regarder plus de 160 films hollywoodiens en 120 minutes ? Écrit par Nicolas Ancion et mis en scène par le Collectif Mensuel, Blockbuster se place entre cinéma et théâtre. Par le biais d’une histoire pleine de péripéties extraordinaires : courses-poursuites, explosions…ils tentent de déconstruire les rouages du néolibéralisme en dénonçant le système de domination, incarner par Mortier [&#8230;]</p>
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<p>Et si vous pouviez regarder plus de 160 films hollywoodiens en 120 minutes ? Écrit par Nicolas Ancion et mis en scène par le Collectif Mensuel, <em>Blockbuster </em>se place entre cinéma et théâtre. Par le biais d’une histoire pleine de péripéties extraordinaires : courses-poursuites, explosions…ils tentent de déconstruire les rouages du néolibéralisme en dénonçant le système de domination, incarner par Mortier un patron de grande entreprise. Le collectif vise à montrer la violence de cette pyramide hiérarchique, qu’il démantèle par l’humour, comme outil libérateur. Dans un montage géant qui emprunte près de 1400 plans au cinéma américain, le scénario parodique est accompagné de musique en live et de bruitages réalisés par les comédiens. Le spectacle est accueilli au Théâtre Jean Vilar, en collaboration avec le Théâtre des 13 vents de Montpellier. </p>



<p>LILLI BERTON FOUCHET</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le 26 et 27 mars</mark><br><a href="https://theatrejeanvilar.montpellier.fr">Théâtre Jean Vilar </a>– Montpellier</pre>
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		<title>OCCITANIE : Le temps des mues est arrivé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Mar 2024 14:46:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le théâtre est une bulle, un moment suspendu et expérimental dans un lieu fictif. Quand Marie arrive en tenue de randonnée dominicale dans le décor fantaisiste de Mues, mélange de nature sauvage et de rustres demeures où habitent d’étranges personnages masqués, on se dit aussi qu’on assiste à une parenthèse de ce genre. Potentiellement à [&#8230;]</p>
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<p>Le théâtre est une bulle, un moment suspendu et expérimental dans un lieu fictif. Quand Marie arrive en tenue de randonnée dominicale dans le décor fantaisiste de <em>Mues</em>, mélange de nature sauvage et de rustres demeures où habitent d’étranges personnages masqués, on se dit aussi qu’on assiste à une parenthèse de ce genre. Potentiellement à un choc des civilisations. Au fil de conversations surréalistes et souvent décousues, le spectateur découvre qu’une rumeur affirme que dans ce coin perdu des Cévennes vivent des femmes «&nbsp;handicapées&nbsp;», ou «&nbsp;inadaptées&nbsp;», disons des femmes qui flanchent. Marie dit elle-même (à la troisième personne) que bien qu’elle soit très fatiguée, elle ne veut surtout pas mourir, ni devenir folle. Non, elle doit encore trouver quelque chose. Mais la frontière est si mince entre ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. D’autant plus que les autoproclamées «&nbsp;Gogoles&nbsp;» l’incitent à se perdre, dans l’espace comme dans la temporalité.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une fable déconnectée, féministe et décroissante</mark></strong></p>



<p>De toute évidence, <strong>Marion Aubert</strong>, autrice et comédienne de ce texte, et <strong>Marion Guerrero</strong>, la metteuse en scène, se sont amusées à créer cette fable déconnectée, féministe et décroissante qui frôle parfois avec le grotesque comme avec le mythologique. Alors oui, il faut parfois grossir les traits pour saisir l’essentiel, rire fort pour sourire un peu, se jeter à l’eau pour se sentir vivre. Les femmes qui arrivent ici sont vieilles ou moins vieilles, parfois fêtardes, ou méditatives, ou randonneuses… Peu importe. Ce sont des femmes. Quoique… Henriette la Gardoise ne semble pas bien les distinguer de ses vaches. Après tout, elles aussi ont leurs secrets et leurs blessures. Pour Marie, il arrive ce qu’il arrive aux autres : la mue. Ce moment où on enlève les couches qui nous pèsent pour révéler ce qui se cache en dessous, où au lieu de voguer en surface sur les eaux limpides des Cévennes, on choisit de sauter dans la cascade, se laisser attirer par les profondeurs, prendre le risque de se noyer. Alors seulement, le laisser-aller commence. Dans une transe étrange portée par sept comédiennes survoltées, Marie s’ensauvage, se laisse gagner par ses pulsions, vit l’extase de la nature. À travers les couleurs brutes des «&nbsp;Gogoles&nbsp;», elle se libère d’un traumatisme qui n’est pas jamais clairement nommé sans pour autant nier son existence. Contre toute attente, Marie se retrouve et sort de cette bulle salvatrice visiblement changée. Sûrement plus elle-même que jamais.&nbsp;</p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Mues</em> par la Cie Tire pas la nappe a été présenté le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 mars</mark> au <strong>Théâtre des 13 vents</strong>, Montpellier</pre>
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		<title>Se fondre ou se dissoudre ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 08:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Marion Aubert est une des auteures dramatiques dont l’écriture marque le paysage théâtral. Lyrique, passionnée, féministe dans ses thèmes, politique dans son attention aux marges, à la nécessité&#160; d’emprunter d’autres chemins. Depuis&#160; 1997 elle forme avec Marion Guerrero un de ces duos autrice/metteuse en scène qui fonctionne comme les deux roues d’un vélo, dont on [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Marion Aubert</strong> est une des auteures dramatiques dont l’écriture marque le paysage théâtral. Lyrique, passionnée, féministe dans ses thèmes, politique dans son attention aux marges, à la nécessité&nbsp; d’emprunter d’autres chemins. Depuis&nbsp; 1997 elle forme avec <strong>Marion Guerrero</strong> un de ces duos autrice/metteuse en scène qui fonctionne comme les deux roues d’un vélo, dont on ne sait plus bien laquelle entraîne l’autre, tant le baroque, la foison, la délicatesse, l’obstination, semblent communs.</p>



<p><em>Mues</em>, écrit en résidence au Centre National des Ecritures de Scène de la Chartreuse de Villeneuve, créé au Théâtre Joliette de Marseille après plusieurs semaines de résidence, met en scène une transformation hybride. Il y est question d’une femme, Marie, qui se cherche en fuyant la ville et la foule, pour se trouver en ruralité, dans les Cévennes. Elle tente des travaux d’approche, dans un village dont les habitant.e.s sont eux aussi décalé.e.s du monde, fuyant la ville et les hommes, s’essayant à l’art collectif, relevant les lieux où il fait bon se perdre. Elle s’y essaie aussi, s’abandonnant dans une nature où, concrètement, elle cherche à se fondre, à s’unir avec les vies, animales, végétales, minérales, élémentaires, qui l’entourent.&nbsp;</p>



<p>Réflexion sur l’extase, la perte de soi, la rencontre des autres vraiment différents, <em>Mues</em> résonne des mots et d’élans mystérieux, en un temps où les hybrides ressurgissent, affirmant le mal-être général de l’humanité, et l’ambiguïté de notre rapport au <em>Règne animal</em>. Comme le nom de ce film dont le succès étrange n’est pas sans rappeler les <em>Mues</em> de Marion Aubert, ou les <em>Métamorphoses</em> d’Ovide. </p>



<p>Agnès Freschel</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Mues</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 13 au 15 mars<br></mark>13 Vents, Centre dramatique national de Montpellier</pre>
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		<title>[SPÉCIAL SAISON] : 13 Vents : en avant les artistes ! </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Feb 2024 07:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Adrien Béal]]></category>
		<category><![CDATA[Céline Champinot]]></category>
		<category><![CDATA[Clémence Jeanguillaume]]></category>
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		<category><![CDATA[Occitanie]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre des 13 Vents]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La règle est simple, la formule rodée : à chaque mois, son artiste ou son équipe artistique invitée. C’est le cas depuis l’arrivée de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano à la tête de la direction artistique du centre dramatique national de Montpellier en 2018. L’hospitalité au temps long y est érigée au rang de norme, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La règle est simple, la formule rodée : à chaque mois, son artiste ou son équipe artistique invitée. C’est le cas depuis l’arrivée de <strong>Nathalie Garraud</strong> et <strong>Olivier Saccomano</strong> à la tête de la direction artistique du centre dramatique national de Montpellier en 2018. L’hospitalité au temps long y est érigée au rang de norme, d’équité créative, de mission des plus fondamentale destinée à valoriser l’expérience et la recherche. Tout en tentant de transformer durablement les rapports entre les artistes et les publics. Pendant quatre semaines, il y a souvent une pièce de répertoire et une œuvre récente. Ainsi qu’un <em>Qui Vive!</em>, parenthèse joyeuse et rafraîchissante sous le signe de la découverte dont le programme est conçu avec les invités. Après un mois de janvier consacré au comédien <strong>Nicolas Bouchaud</strong>, maître d’un jeu théâtral singulier, févriers’annonce sous le signe de l’étonnement. Celui de <strong>Pierre Meunier</strong> et <strong>Marguerite Bordat</strong>, déterminés à nous montrer ce que l’on ne voit pas, puisant dans des matières brutes pour nous emmener ailleurs. <em>La Bobine de Ruhmkorff </em>(31 janvier au 2 février)est une réflexion incongrue autour de la bobine d’induction, capable de transformer un courant électrique de faible tension en très forte intensité. Le procédé, certes ingénieux, se transforme en une parfaite (bien que surprenante) illustration des mécanismes de l’attirance sexuelle. Cette pièce ancienne est mise en écho avec leur dernière création, pourtant très différente, <em>Bachelard Quartet </em>(7 au 9 février), une ode aux quatre éléments qui font la vie, sorte de rêverie lucide et subtilement sonore, irriguée par les mots poétiques du grand penseur Gaston Bachelard.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Parole adolescente</mark></strong></p>



<p>Mars se fait triplement féminin, la parité est prise très au sérieux aux 13 vents. Quel est ce trio ? <strong>Céline Champinot</strong>, artiste associée, <strong>Marion Aubert,</strong> membre de l’Ensemble associé et <strong>Rébecca Chaillon</strong>. Trois autrices qui se connaissent bien, trois lieux, trois pièces puissantes s’intéressant à la question de la métamorphose, qu’elle soit liée à l’adolescence, à la folie ou à l’amour tragique. Au théâtre Jean Vilar, <em>Plutôt vomir que faillir </em>de Rébecca Chaillon (du 6 au 8 mars) fait sauter les tabous de la parole adolescente, traversée par le rejet des normes, la relation difficile au corps, la violence indomptée… À La Vignette, dans <em>Juliette et Roméo sont morts</em> (26 et 27 mars), Céline Champinots’intéresse à l’amour suicidaire qui hante la tragédie de Shakespeare et aux désirs qu’il met en exergue à un âge lui aussi adolescent. Pour ce qui est de <em>Mues</em>, à voir aux 13 Vents (13 au 15 mars), dont le texte signé Marion Aubert et la mise en scène par <strong>Marion Guerrero</strong>, raconte la lutte d’une femme pour ne pas se perdre dans la brume de la folie alors qu’elle arpente un coin perdu des montagnes des Cévennes dont on ne sait plus si elles sont rêve ou cauchemar.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Expérience unique</mark></strong></p>



<p>En avril, <strong>Adrien Béal</strong> embarque le public dans une expérimentation scénique troublante, aussi précise que déroutante. On découvre avec curiosité ses deux dernières pièces, des créations collectives enthousiasmantes de l’ordre de l’expérience unique. <em>Les pièces manquantes (puzzle théâtral) </em>(3 et 4 avril), met six personnages, trois hommes et trois femmes, face à des situations que l’on préfèrerait éviter. Certaines pièces de puzzle manquent, chaque fois différentes, ce qui rend la représentation unique, alors que l’incompréhension nourrit un jeu théâtral déconcertant. Aussi dérangeante que la précédente, <em>Toute la vérité </em>(23 au 25 avril) se concentre sur cinq gestes transgressant des interdits de la société, notamment parce qu’ils sont en lien avec la sexualité, le désir, la famille. Les sens sont troublés, les perceptions déstabilisées, les habitudes repensées. Mai-juintermine la saison en duo avec <em>Madame l’Aventure</em> de <strong>Lionel Dray</strong> et <strong>Clémence Jeanguillaume</strong>, une pièce répétée et créée sur le plateau des 13 Vents, également co-production du CDN, et jouée dans le cadre du festival <em>Le Printemps des Comédiens</em>(31 mai au 2 juin et 7 au 9 juin). Ce périple théâtral s’inspire librement des grands récits d’aventure, faisant vivre sur scène «&nbsp;<em>un monde plein de terreur, de suspens, de sang et d’ennui&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p>Toute la programmation de cette deuxième partie de saison est aussi traversée par une saison poésie se déroulant en itinérance citadine. Dans plusieurs lieux de Montpellier (Madredriosa, Black Out, Le Dôme), à plusieurs moments, on peut y écouter des artistes reconnus (Rébecca Chaillon le 29 février, Fantazio le 21 mars, Cécile Mainardi le 2 mai) comme des poètes en devenir, lesquels osent faire sortir ce qui les anime lors de scènes ouvertes toujours étonnantes d’inspiration comme de spontanéité. Les 13 Vents est la maison des artistes, de tous les artistes.</p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>13 Vents</strong><br>Centre dramatique national <br>Montpellier<br><a href="http://13vents.fr">13vents.fr</a></pre>
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		<title>MONTPELLIER : Joue-la comme Bouchaud</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jan 2024 10:51:22 +0000</pubDate>
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<p>À Montpellier, on l’avait vu récemment en Iago manipulateur dans un <em>Othello</em> signé Jean-François Sivadier. Un metteur en scène dont il est souvent estampillé «&nbsp;acteur fétiche&nbsp;». Mais ce mercredi, au Théâtre des 13 Vents, il n’est pas question de jouer collectif pour <strong>Nicolas Bouchaud</strong>. Non pas que cela ne soit pas de son goût, au contraire, il aime les grandes troupes. Toutefois, le travail qu’il présente au CDN de Montpellier en ce mois de janvier est une exploration de l’art du jeu menée en solitaire. Du moins sur scène. Car pour <em>Maîtres anciens</em>, adaptation du roman éponyme de Thomas Bernhard créée en 2017, il collabore avec le metteur en scène <strong>Éric Didry</strong> et <strong>Véronique Timsit</strong>, son autre complice artistique.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Se taire ou étouffer</mark></strong></p>



<p>Dès les premiers mots prononcés par Nicolas Bouchaud, on comprend que <em>Maîtres anciens </em>est un texte particulier. Un monologue sans en être un puisque dans le roman de l’écrivain autrichien, trois personnages sont à l’œuvre : le philosophe Atzbacher et son vieil ami Reger, critique musical exigeant, dont le premier relaie les propos, et le gardien du musée, Irrsigler. Par la voix du comédien, les trois fusionnent en une pensée sonore, logorrhée verbale d’une logique parfois purement rhétorique. On y apprend que ce Reger aime plus que tout remettre en cause les fameux «&nbsp;maîtres&nbsp;» que la vision traditionnelle nous impose malgré nous. Peintres, écrivains, musiciens, tous passent par son filtre colérique, entre amour et haine. Nicolas Bouchaud narre, scande, aspire, éructe, rit, s’amuse, bafouille parfois, mais ne perd pas le fil d’un récit qui ne s’arrête jamais. Bernhard l’écrit, l’acteur le dit :&nbsp;se taire signifie «&nbsp;<em>prendre le risque d’étouffer&nbsp;</em>». Même si parler, c’est prendre le risque de se contredire. Beethoven, Heidegger, Bach, Rembrandt, Voltaire… Tous sont passés au fil de la lame du critique qui aime plus que tout chercher les «&nbsp;<em>défauts humains</em>&nbsp;» des œuvres de ces maîtres anciens trop souvent portés aux nues. Malgré tout, Reger le reconnaît : «&nbsp;<em>ils me paraissent profondément rebutants et pourtant je les étudie sans cesse</em>&nbsp;». D’ailleurs, tous les deux jours depuis 30 ans, il s’assoit sur une banquette du Musée d’Histoire de l’art de Vienne pour admirer <em>L’homme à la barbe blanche</em> du Tintoret. Il nous donne un début d’explication : «&nbsp;<em>Ce sont eux qui me maintiennent en vie&nbsp;</em>». Mais il prévient, la liberté que l’on a d’aimer l’art, d’en parler, de s’y confronter ne doit jamais faire disparaître notre propre pensée critique. Selon lui «<em>&nbsp;c’est un art de ne pas lire, écouter, regarder totalement</em>&nbsp;». Ni Dieu, ni maîtres, juste un rendez-vous avec soi. Et avec Nicolas Bouchaud, qui nous a offert une belle leçon de théâtre, l’air de rien.&nbsp;</p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Maîtres anciens (comédie)</em> a été présenté du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 au 12 janvier </mark>au Théâtre des 13 vents, Centre Dramatique National, Montpellier </pre>
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		<title>Ophélie, le grand retour</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Dec 2023 09:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ophélie, quelle histoire… Mais laquelle ? Celle du Hamlet de Shakespeare, dans laquelle la belle princesse du Danemark finit par sombrer dans la folie à cause de son amoureux vengeur avant de mourir noyée, on aimerait bien l’oublier. Surtout qu’on nous l’a rabâchée à toutes les sauces, faisant de la défunte, victime aussi tristement jolie [&#8230;]</p>
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<p>Ophélie, quelle histoire… Mais laquelle ? Celle du <em>Hamlet</em> de Shakespeare, dans laquelle la belle princesse du Danemark finit par sombrer dans la folie à cause de son amoureux vengeur avant de mourir noyée, on aimerait bien l’oublier. Surtout qu’on nous l’a rabâchée à toutes les sauces, faisant de la défunte, victime aussi tristement jolie que résignée, une représentation féminine de premier choix pour les artistes… masculins, évidemment. Dans <em>Institut Ophélie</em>, montée en 2022 sur la scène du Théâtre des 13 Vents CDN Montpellier, qu’ils dirigent en duo depuis 2018, <strong>Nathalie Garraud</strong> (à la mise en scène) et <strong>Oliver Saccomano</strong> (à l’écriture) ont décidé de faire un pas de côté pour regarder les Ophélie en face. Cette «&nbsp;invention&nbsp;», a été conçue en diptyque avec leur pièce d’étude <em>Un Hamlet de moins</em>. Tout se passe dans une pièce aux multiples portes, de ces décors qui font penser à ces cauchemars dont on n’arrive pas à sortir, sauf en se réveillant en sursaut en pleine nuit. Pas de fenêtre mais une lumière écrasante, irréelle, et une femme. Brune, les cheveux courts, la gouaille revancharde. Qui est-elle ? Elle ne nous dit pas son nom. Fait étrange : elle parle d’elle-même à la troisième personne. Mais parle-t-elle vraiment d’elle ?&nbsp; «&nbsp;<em>Vous voyez une femme. Derrière elle, un paysage de guerre</em>.&nbsp;» Le spectateur ne voit que des portes, car c’est un passé de femmes qu’elle porte, traversé physiquement par des hommes qui parlent (trop), font la guerre (trop) et décident de la marche du monde (mal).&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Héroïne d’un soir</strong></mark></p>



<p>Ce sont des hommes également qui ont créé cet Institut d’Ophélie, un lieu où l’on remet des Ophélie en perdition sur le droit chemin. Sans pour autant se demander quelle est la source de leur malheur. Notre héroïne d’un soir n’est pas Ophélie, elle l’affirme. Elle est son «&nbsp;après&nbsp;», sa colère enfin mise à jour, son désir d’être vivifiant, sa révolte infiniment poétique, sa multiplicité insaisissable. Le rôle semble taillé sur mesure pour la comédienne <strong>Conchita Paz</strong>. Bien qu’elle ne soit jamais très longtemps seule sur scène, on ne voit et on n’entend qu’elle, tant elle est incandescente. Parler de liberté dans un lieu clos pourrait sembler paradoxal, et pourtant c’est bien cela qu’elle fait tout au long de la pièce, elle se libère. Est-elle hallucinée, folle, un fantôme ? Peu importe, elle est le combat des femmes, du passé et du futur. Car rien n’est gagné. La lutte doit continuer. «&nbsp;<em>Tenez bon</em>&nbsp;» nous dit la femme. Le désespoir ne triomphera pas.&nbsp;</p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Institut Ophélie</em></strong> est présenté <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 20 décembre </mark>au Théâtre des 13 vents, Centre Dramatique National, Montpellier</pre>
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