dimanche 14 juillet 2024
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The Girl in The Fountain

Le temps d'un docu-fiction signé Antongiulio Panizzi, Monica Bellucci se glisse dans la peau d'Anita Ekberg

Marcello ! Marcelo ! A cette apostrophe, quiconque s’intéresse au cinéma verra aussitôt l’iconique Anita Ekberg, sculpturale, tournoyant dans les eaux jaillissantes de la Fontaine de Trevi, sa chevelure blonde de déesse nordique cascadant sur ses  épaules nues. Avec cette scène mythique de La Dolce Vita (1960), Federico Fellini fait entrer à jamais l’actrice suédoise dans l’Histoire du 7ème Art et … la tue. Sa carrière périclitera après cette apothéose. La Diva qui brilla aux U S A, formatée par les Studios pour concurrencer la Monroe, la femme libre qui incarna la folie et les débauches romaines d’Hollywood sur Tibre. Celle qui fut la Scandaleuse traquée nuit et jour par les paparazzi, la « bombe sexuelle » qui collectionna les amants célèbres et fit damner Agnelli, mourut sans le sou dans une maison de retraite près de Rome. Pour raconter ce destin unique, Antongiulio Panizzi propose à Monica Bellucci, une autre diva, célébrée pour sa beauté plastique, « de jouer Monica Bellucci devenant Anita Ekberg » Ce sera un docu-fiction intitulé The Girl in The Fountain, qui mettra en scène le travail de Monica pour se préparer au tournage du film sur la star suédoise. Non, pour célébrer deux femmes objets, précise le réalisateur, mais pour témoigner « de la violence terrible que la société peut exercer sur une star, notamment lorsque cette dernière est perçue comme un simple sex-symbol ». Pour montrer aussi l’évolution du regard du public sur les actrices et de leur propre regard sur leur métier. On ne confond plus comme dans les années 50, l’image (souvent dictée par le male gaze) et la personne. Quand Marilyn croit qu’elle est Marilyn, dit Monica Bellucci, elle est perdue.

Une rencontre en miroir

Le film crée la rencontre de deux actrices par le collage et la superposition d’archives. Extraits de films, interviewes, photos (sublimes). Noir et blanc et couleurs alternant dans un dialogue passé-présent. Des différences, des résonances : l’acharnement des photographes pour saisir l’image vendeuse. Les paparazzi des années 60 qui traquaient la Bardot à la Madrague et Anita dans sa chambre d’hôtel. Les drones actuels qui violent les périmètres privés par le ciel. La Brune aux yeux noirs se mue en Blonde aux yeux bleus : perruque, costumes et maquillage. Le trucage du cinéma et la vérité de l’émotion. Elle répète avec un coach, devant des vidéos en boucle, pour s’approprier l’inimitable gestuelle d’Anita. Peu à peu dans le fictif compte à rebours vers le début du tournage du film, Monica se rapproche d’Anita, découvre la femme forte et courageuse qu’elle a été, et son incroyable appétit de vivre. Elle se demande si elles auraient pu être amies, remet en cause les visions du réalisateur, désemparé par cette Monica-Anita. Jeux de miroirs qui nous renvoient une jolie réflexion sur la disparition des icônes au cinéma. Si Anita reste figée à jamais sous les traits de l’éblouissante Sylvia , Monica elle, veut pouvoir vieillir, échapper à la prison de sa beauté, et continuer de jouer. Le film, présenté au Festival Lumière de Lyon, sera projeté au Cézanne le vendredi 29 septembre à 20h 00 en présence de Monica Bellucci.

ELISE PADOVANI

Photo @ Party Films

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