mercredi 28 janvier 2026
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Un conte à cœur perdu

Valentina, la bouleversant création de Caroline Guiela Nguyen, a donné ses deux seules représentations dans la région à La Garance

En France, on estime que la barrière de la langue est la principale limite à l’accès au soin pour environ un patient sur cinq. C’est le cas de la maman de la très jeune protagoniste de la dernière création de Caroline Guiela Nguyen, Valentina.

La pièce commence comme un conte fantastique, narré en voix off. L’histoire que vous allons découvrir, nous dit-elle, est celle d’un cœur humain « qui ne meurt pas », exposé sous un dôme de verre, dans une forêt roumaine. Le cœur est exposé dans une sorte d’autel nichée dans le décor, filmé en gros plan par un cameraman au plateau.

On rencontre la famille de la petite Valentina (incroyable Cara Parvu, 9 ans) dont la maman a le cœur très malade. Pour tenter d’être soignée, elle déménage en France avec sa fille de 7 ans. Elle lui fait promettre de ne parler de sa maladie à personne, sans que l’on ne sache ce qui motive cette décision.

Les comédien·nes ne quittent jamais le plateau, et modifient subtilement le décor pour signifier les différents espaces qu’ils occupent. La vidéo, filmée en live et projetée sans discontinuer, donne à voir le visage des comédien·nes de près. Ce dispositif participe de la fluidité du récit, comme si on tournait les pages d’un livre.

Mentir en Français

On suit le parcours parallèle de Valentina et sa mère, l’une à l’école, l’autre à l’hôpital. Valentina apprend rapidement le français, ce n’est pas le cas de sa mère qui ne parvient pas à communiquer avec sa médecin. Pour traduire, elle a recours à des sites de traduction ou à une amie jointe par téléphone, ce qui ne manque pas de créer des situations absurdes à l’humour bienvenu. Alors que son état s’aggrave, elle finit par amener sa fille pour faire l’interprète.

La petite apprend à dire « fibrose » et « service de cardiologie ambulatoire », et est de plus souvent absente de l’école sous de faux prétextes. Voulant protéger le secret de sa mère, elle multiplie les mensonges et s’y enfonce.

Pris dans le rythme du récit, on oublie la caractère fantastique de la pièce, bien que le cœur figé dans son écrin de verre demeure devant nos yeux. Le fin inattendue nous rappelle qu’il s’agit d’un conte moral… à la morale complexe et profondément touchante.

CHLOÉ MACAIRE

Valentina a été donné les 20 et 21 janvier à La Garance, scène nationale de Cavaillon.

À venir
L’Inouïe Nuit

Ces derniers jours de janvier, une grande yourte fait son apparition dans le patio de La Garance. À l’intérieur, c’est la nuit, le théâtre des rêves. Assis dans cet espace circulaire, au plus près des actrices, le jeune public (à partir de 6 ans) y rencontre la petite Moune, qui a peur de s’endormir, et sa grande sœur qui tente de la rassurer.

Dans L’Inouïe Nuit de Moune, la metteuse en scène Alexandra Tobelaim plonge ses petit·es spectateur·ices dans les rêves de Moune. L’espace se transforme au gré du récit, et le public est invité à explorer ce monde onirique et polyglotte (le texte, commandé à l’autrice Karin Serres, est en plusieurs langues). Une jolie manière de créer du commun et de rappeler que nous sommes tous égaux face aux rêves.
C.M.

Du 28 au 31 janvier

La Garance, scène nationale de Cavaillon

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