vendredi 21 juin 2024
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Une victoire à portée de lutte

Les quatre premières journées de mobilisation contre la réforme des retraites ont mis fin au doute : le macronisme n’est pas anesthésiant. Les Français·es n’ont rien oublié d’un premier mandat de mépris qui a aggravé les inégalités et les conditions de vie des plus fragiles d’entre elleux. Et de ne pas entendre se laisser plus longtemps abuser par la feuille de route antisociale et autoritaire d’un président et d’un gouvernement minoritaires dans le pays. Le 16 février puis le 7 mars, et après s’il le faut, la population continuera sans aucun doute à rejeter massivement l’assignation au travail jusqu’à 64 ans pour celles et ceux qu’un tel labeur n’aura pas achevé plus tôt. Car les grévistes, manifestant·es et leurs soutiens ont bien compris qu’une victoire populaire est à portée de lutte si cette dernière s’élargit et se renforce. Cette victoire et donc cet élargissement résident pour beaucoup dans une participation accrue de la jeunesse au mouvement. Une jeunesse qui, plusieurs fois dans l’histoire contemporaine récente, aura été déterminante pour donner un coup d’arrêt à des projets rétrogrades qui ne concernaient pas seulement une génération mais la société tout entière.

Ohé étudiants…
Les lycéen·nes ont déjà commencé à rajeunir et égayer les cortèges. Aux étudiant·es à présent de les rejoindre pour permettre l’impulsion qui enterrera l’infâme projet de loi. Des étudiant·es dont la précarité a été dramatiquement mise en lumière par la crise sanitaire. Des étudiant·es que le pouvoir en place semble se satisfaire de voir ne pas manger à leur faim, sacrifier certains soins et, au final, leurs études en s’épuisant dans des jobs devenus indispensables pour continuer tant bien que mal leur cursus. À quel âge ces jeunes pensent-ils accéder à une retraite digne si la réforme Macron-Borne-Ciotti est votée dans quelque jours ? Les universités comme les entreprises et les places publiques pourraient devenir les caisses de résonnance d’une bouillonnante réflexion autour d’un projet de société réhumanisée. A défaut d’une Assemblée nationale qui s’écharpe sur un tweet. Et de médias qui ravivent le débat tronqué sur une France bloquée.

LUDOVIC TOMAS

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