Richard Galliano, Paolo Fresu et Jan Lundgren se sont réunis il y a vingt ans pour une série de concerts, et le fruit de ce travail est devenu un projet qui dure : Mare Nostrum Trio. Cette année, ils sortaient leur quatrième album, Mare Nostrum IV, et se rendaient au Grand Théâtre de Provence pour faire découvrir au public aixois leur musique teintée de folk, à l’inspiration classique et toujours jazz.
Un trio aux trois nationalités différentes – suédoise, française et italienne – et un effectif inhabituel pour le jazz : accordéon, piano, trompette et bugle – sans batterie. Un jazz qui mêle mélancolie nordique avec la une chaleur méditerranéenne, une musique qui traverse l’Europe, et ses sensibilités. Le répertoire y est alimenté par chaque musicien de leurs compositions mais aussi de quelques reprises, comme Les moulins de mon cœur de Michel Legrand, La Vie en Rose qui conclue le concert avec une salle qui le reprend en chœur.
Dans l’ensemble, le jazz du groupe, reste dans une atmosphère suave, lisse, une ambiance rêveuse qui renvoie à des scènes de films rétro, des ballades sur les quais de Seine. Parfois, restant un peu trop en surface, les sonorités de ces instruments peinent à exprimer davantage de profondeur. Mais quelques morceaux font jaillir des pépites auditives comme les compositions atmosphériques de Richard Galliano sur Belle-Île en mer ou Aurore, enchaînées l’une à la suite de l’autre.
Il y a le souffle dans le coffre de l’accordéon, comme les vagues de la mer, ce vibrato, aussi qui donne un effet presque synthé à l’instrument. Paolo Fresu claque un rythme sur le bord de sa bugle et Jan Lundgren effleure les cordes dans le coffre du piano. Peu à peu une mélodie émerge, folklorique et entraînante, elle se transforme, de plus en plus crescendo jusqu’à éclore en ébullition jazz, pleine de variantes, et même une petite référence joyeuse à Hey Jude qui saisit le public.
LAVINIA SCOTT
Concert donné le 27 janvier au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence.
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