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À Jardin sonore, Orelsan en mode village

La longue tournée de l’enfant gâté du rap français faisait escale à Vitrolles. Un concert presque intimiste pour celui qui est à l’affiche des plus gros festivals de l’été

-M-, Francis Cabrel, Louane, Toto, Jeff Beck avec en guest Johnny Depp, l’affiche de l’édition 2022 de Jardin sonore est celle d’un mastodonte estival. S’il a tout d’un grand, le festival vitrollais a la particularité – et le bon goût – de ne pas se la raconter et de résister à la tentation de la démesure pratiquée par d’autres, en décalage total avec les enjeux environnementaux et climatiques. Une dimension humaine ressentie dès l’entrée du verdoyant Domaine de Fontblanche, aménagé tel un village en fête. Propositions variées de restauration, bar à vin et buvettes ordinaires mais aussi stands de créateurs et de vinyles parent le parc paysager d’habits de guinguette. À quelques centaines de mètres de l’enceinte, un camping conforte l’image populaire et conviviale de l’événement. Ici, les volontaires du dispositif Safer veillent à prévenir des risques de violences sexistes et sexuelles. Là, le maire Loïc Gachon croque dans un burger volontiers offert par un commerçant du cru. Pour encourager la déambulation du public et titiller sa curiosité musicale, trois scènes sont positionnées dans différents lieux de l’espace. C’est naturellement sur la scène principale, baptisée « Figuier », qu’est attendue la vedette du jour, Orelsan.

Orelsan © Ludovic Tomas

Il est loin le temps où le rappeur de Caen suscitait la polémique. Aujourd’hui, l’auteur de Civilisation, son dernier album, fédère autant autour de son style pas vraiment bad boy que de ses textes parfois encore crus mais suffisamment cyniques pour afficher clairement leur second degré. De Basique à L’odeur de l’essence en passant par Défaite de famille, la verve d’Orel fait mouche. Loin de l’image de l’artiste en dilettante qu’il se plait à renvoyer, Aurélien le Normand prouve sur scène qu’il est arrivé là où il en est à la force du flow. Pas d’ego-trip, un côté looser sympathique et une invitation à deux jeunes spectateurs pour jouer aux gamers sur l’écran géant du fond de scène. Dans un show relativement sobre pour l’époque – sans doute adapté au format des festivals de plein air – démarré bien avant la tombée de la nuit, le rappeur sait aussi se faire chanteur. Même s’il n’est pas toujours juste vocalement… Et de cultiver l’ambivalence de sa personnalité d’artiste potache au regard acerbe sur le monde et ses contemporains.

LUDOVIC TOMAS

Orelsan s’est produit le 21 juillet au Domaine de Fontblanche à Vitrolles, dans le cadre du festival Jardin Sonore (20-23 juillet).

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