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À Marseille, les mélodies du bonheur

Au Jardin Benedetti ce mardi 25 juillet, la manifestation culturelle itinérante « Avant le soir » célébrait la mélodie française.

La musique acoustique continue de ravir les jardins des premier et septième arrondissements de Marseille, cadres idéaux pour des effectifs réduits. La mélodie française sous toutes ses formes semblait toute indiquée pour y proposer des grands classiques de la musique romantique et moderne, jusqu’à une incursion vers la musique contemporaine. Le genre, consistant à mettre en musique de courts textes pour voix et piano à la façon des chansons populaires d’alors, était des plus prisés par les compositeurs et compositrices à partir du milieu du XIXe siècle, soucieux de déployer leurs talents. Puisque la forme, à la fois très codée et furieusement libre, permet à ses interprètes de déployer des trésors d’expressivité et de poésie.

Un long siècle et demi

Le plaisir des interprètes à parcourir ses pages s’est révélé particulièrement communicatif. À commencer par celui de la soprano Lucile Pessey, qui sait insuffler sans peine à Fauré ou Reynaldo Hahn une délicatesse et une musicalité rares : Après un rêve ouvre ainsi les hostilités dans un silence béat et admiratif ; À Chloris rappelle de quel bois se chauffait un compositeur souvent réduit au couple secret formé avec Marcel Proust. Le baryton Mikhael Piccone, lui, nous remémore sur la musique de Lionel Ginoux créée en mai dernier qu’il sait donner à ce registre-là de belles tonalités tragiques. Mais c’est visiblement lorsqu’il s’aventure du côté du théâtre qu’il s’amuse le plus : sur Le Loup et l’Agneau de La Fontaine, mis en musique par Lecocq, ou Le Paon de Ravel, qui récoltent de nombreux rires de l’assemblée. Sur Kurt Weill, dont Lucile Pessey interprètera avec émotion Youkali, Mikhaël Piccone touche élégamment au tragique. Le long siècle et demi traversé par l’équipe n’essouffle en rien la pianiste Marion Liotard, qui se plie sans difficulté à toutes les variations stylistiques et toutes les acrobaties requises. Et se livrera à une nécessaire remise en lumière de la compositrice Augusta Holmès, honteusement effacée de l’histoire alors que ses modestes mélodies, mais également ses quatre opéras et autres œuvres symphoniques, avaient considérablement marqué leur temps.

Suzanne Canessa

« Avant le soir » se tient jusqu’au 17 septembre dans divers lieux des premier et septième arrondissements de Marseille.
Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
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