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	<title>Agnes Freschel, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Agnes Freschel, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Lady Macbeth n’existe pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 08:41:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La pièce de Samuel Gallet parle, bien, de Shakespeare. De théâtre dans le théâtre, des enjeux d’aujourd’hui qui ne sont plus ceux d’hier, de traductions, de rapport entre les générations, de mansplaining. Qu’il met en scène lucidement avec un personnage acteur de 56 ans qui fait la bise aux jeunes femmes contre leur gré, et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La pièce de Samuel Gallet parle, bien, de Shakespeare. De théâtre dans le théâtre, des enjeux d’aujourd’hui qui ne sont plus ceux d’hier, de traductions, de rapport entre les générations, de mansplaining. Qu’il met en scène lucidement avec un personnage acteur de 56 ans qui fait la bise aux jeunes femmes contre leur gré, et explique le théâtre à celle qui le dirige… Une pièce a priori bien de son temps, où on rappelle qu’Ophélmia, Lady Macbeth et Juliette étaient joués par des hommes, et que le genre des comédien·nes ne doit plus être un impératif dans les distributions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que ce texte, écrit par un homme, mis en scène par un homme <strong>Laurent Brethome</strong>, et une femme, <strong>Clémence Lebatut</strong>, trimballe et augmente les fantasmes shakespeariens sur la dangerosité féminine, et les sorcières maléfiques qu’elles sont toutes un peu. Une des personnages, qui défend un théâtre ancré dans le réel, répète qu’elle voit des Lady Macbeth partout, dans la rue, des exilées, des pauvres, des errantes. Or Lady Macbeth n’existe que dans le fantasme des hommes, tout comme Médée ou Clytemnestre&nbsp;: les femmes tuent très peu, et généralement par représailles de violences commises sur elles. Aucune Lady Macbeth ne traine dans les rues, et les exilées pauvres n’ont pas plongé leurs mains dans le sang de leurs victimes…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Life is not a tale</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages de la pièce représentent donc une génération des comédien·nes genderfluid, à cheval sur le iel, mais qui trimballe pourtant sans problème cette vision de la femme sorcière avide de sang et de pouvoir. Et qui désire plus que tout incarner cette figure si peu féministe du répertoire, qui les pousse au harcèlement, au meurtre, à la folie collective. «&nbsp;Life is a tale&nbsp;», affirmait Macbeth&nbsp;? Il est temps de sortir des schémas si genrés du répertoire, et d’affirmer sur scène que la vie n’est pas un conte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, puisque le but d’une création de sortie d’école supérieure de théâtre est de mettre en valeur les comédien·nes à leur entrée dans la vie professionnelle, on ne peut que souligner le talent évident des 6 sortant·es de l’Eracm : <strong>Azenor Glotin</strong>, qui incarne la metteuse en scène déterminée, tourmentée par la mort de sa mère, <strong>Garance Courtial</strong>, qui joue très bien la mauvaise comédienne, <strong>Benoit Billon</strong> et <strong>Clarisse Ensenat</strong>, impressionnant·es de présence comique, <strong>Henri Ardisson</strong> et <strong>Amélie Kierzenbaum</strong>, très convaincant·es dans leurs monologues face public. Loin des «&nbsp;<em>poor players</em>&nbsp;» de Shakespeare qui s’agitent inutilement sur les scènes, «&nbsp;<em>and then are heard no more</em>&nbsp;»&nbsp;: on entendra parler d’elleux d’ici peu, et longtemps&nbsp;!</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br> En répétition a été joué à l’IMMS, la Friche, Marseille, <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">du 18 au 20 juin</mark></strong>.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>Scènes et cinés sur le fil métropolitain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:49:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Notre avenir est assombri par les problématiques budgétaires plus que significatives de la Métropole&#160;». C’est par ces mots que Daniel Gagnon a commencé la conférence de presse de Scènes et cinés le 22 juin. Le maire de Cornillon-Confoux, membre du bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence et Président de Scènes et Cinés, rappelle que la régie [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Notre avenir est assombri par les problématiques budgétaires plus que significatives de la Métropole</em>&nbsp;». C’est par ces mots que Daniel Gagnon a commencé la conférence de presse de Scènes et cinés le 22 juin. Le maire de Cornillon-Confoux, membre du bureau de la Métropole Aix-Marseille-Provence et Président de Scènes et Cinés, rappelle que la régie culturelle&nbsp;«&nbsp;<em>dépend à 80%, tout budget confondu, des contributions financières de la métropole</em>&nbsp;». En effet les villes du SAN (Syndicat d’agglomération nouvelle Ouest Provence), créé en 1972, ont délégué leurs compétences culturelles au Territoire Ouest Provence en 2006, puis à la Métropole quand les territoires ont disparu en 2015, fondus dans les presque 2 millions d’habitants d’Aix-Marseille-Provence. Une métropole désormais présidée par Nicolas Isnard, maire de Salon-de Provence qui, étant donné les difficultés budgétaires dont il héritait, l’a placée sous tutelle de l’État. Sans pour cela obtenir le rattrapage budgétaire qu’il espérait pour maintenir la collectivité à flot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Constatant «&nbsp;<em>les restrictions budgétaires particulièrement rudes souhaitées par le préfet</em>&nbsp;», Daniel Gagnon rappelle que «<em>&nbsp;les lignes budgétaires visées par la Chambre régionale des comptes et ensuite par le Préfet ont un impact immédiat sur les financements des structures culturelles du territoire</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>C’est tout un écosystème culturel et artistique qui va être fragilisé avec ces demandes d’économies drastiques imposées par l’État </em>». Et autour de l’étang, entre ciel, fleuve et mer, parc naturel et industrie pétrolière, on sait combien les équilibres des écosystèmes sont fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Toute une histoire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Istres, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Fos-sur-Mer, Miramas, Grans et Cornillon-Confoux. Depuis plus de 50 ans ces communes de taille variable se sont alliées pour le meilleur et pour le pire, menant ensemble un projet culturel cohérent et ambitieux depuis 20 ans, à destination des habitant·es. Chaque ville est équipée d’un théâtre et d’un cinéma, ou d’une salle accueillant les deux, et l’ensemble est labellisé par l’État à deux titres&nbsp;: scène conventionnée, cinéma art et essai. À ces équipements s’ajoutent L’Usine, scène de musiques actuelles à Istres, un réseau de 7 médiathèques, des conservatoires et écoles de musique …</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces équipements sont plébiscités par les 100 000 habitant·es&nbsp;des 6 communes : 20% sont inscrit·es aux médiathèques, les abonné·es sont fidèles, les salles pleines. La programmation est artistiquement ambitieuse, l’éducation artistique ancienne et massive, et les tarifs très bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Changements politiques</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les dernières élections municipales viennent remettre en cause les équilibres. Le maire de Fos-sur-Mer, contrairement à d’autres maires RN de la région est, d’après Daniel Gagnon, «&nbsp;<em>satisfait que Fos appartienne à Scènes et Cinés</em>&nbsp;». Il fait désormais partie du Conseil d’Administration de la régie culturelle avec son adjoint à la culture, au même titre que les 5 autres maires et adjoints.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, le changement politique à Istres a immédiatement bouleversé la donne. François Bernardini régnait depuis 2001 sur la sous-préfecture. Il attend désormais le résultat de son procès (délibéré le 7 octobre) pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts. Le Parquet a requis 2 ans ferme, son avocat Michel Pezet a plaidé la relaxe. La Ville d’Istres s’est portée partie civile contre son ancien édile. Continuera-t-elle sa politique culturelle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Istres, capitale culturelle de l’Ouest</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville de 470 00 habitants concentre la plus grande part des équipements&nbsp; culturels : un cinéma art et essai, la formation professionnelle Coline, un musée d’art contemporain, Polaris, la salle de musique actuelle L’Usine, la médiathèque René Char récemment ouverte qui s’ajoute à celle du quartier d’Entressen, le Festival les Élancées, essentiel dans le circuit des «&nbsp;arts du geste&nbsp;», et le Théâtre de l’Olivier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construit dans les années 1970 ce théâtre, vétuste, inadapté, contenait de l’amiante. Quand la Ville d’Istres s’est attelée à sa rénovation, l’État a conseillé de le détruire, pour construire un équipement neuf. Les travaux, au départ estimés à 17 millions, s’élèvent désormais à plus de 43 millions, et ont pris du retard, en raison, entre autres, de la défaillance d’une des entreprises, en charge de la plomberie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un coût que le nouveau maire, Robin Prétot, estime démesuré, tout comme Nicolas Isnard, nouveau président de la métropole. Mais les budgets et les travaux sont engagés, et Thierry Pariente, le nouveau directeur de Scènes et Cinés, assure que «&nbsp;<em>le nouveau théâtre ouvrira, ce n’est pas une option, mais une certitude&nbsp;</em>». Son ouverture est prévue en octobre 2028. Et le bâtiment conçu par l’agence d’architectes Wilmotte &amp; associés, est beau, tout en courbes et en ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On ne peut que se féliciter de la réouverture d’un théâtre, dans un contexte où certains ferment. Ce sera un magnifique équipement, avec une grande salle modulable et insonorisée, plus une petite salle, un restaurant…</em>&nbsp;» Mais un équipement ambitieux nécessite un financement de fonctionnement à la hauteur. Thierry Pariente rappelle que «<em>&nbsp;le budget du Théâtre de l’Olivier existe&nbsp;</em>»et que la régie«<em>&nbsp;a toujours maintenu, pendant les années de fermeture, une programmation hors les murs, qui est financée.</em>&nbsp;» Cela suffira-t-il au fonctionnement annuel du nouvel équipement, dans un contexte de crise ouverte à la Métropole&nbsp;et à la Ville ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Il nous faudra trouver un nouveau fonctionnement</em>&nbsp;», explique Daniel Gagnon. «&nbsp;<em>La métropole a constitué un groupe inter services en lien avec la direction de la régie pour explorer toutes les pistes qui permettront d’assurer son fonctionnement</em>&nbsp;». Une délégation de service public à un opérateur privé&nbsp;? «&nbsp;<em>C’est une option qui a été évoquée, mais nous voulons garder le Théâtre de l’Olivier dans le réseau de Scènes et Cinés</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Remunicipaliser ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est pourtant pas à une augmentation des budgets métropolitains. Et la remunicipalisation des équipements culturels est, d’après Daniel Gagnon, impossible. «&nbsp;<em>La médiathèque de Cornillon-Confoux n’a que 5 000 documents, elle n’existe que parce qu’elle est en réseau avec les autres</em>&nbsp;». Quant à L’Oppidum, salle modulable de 100 places créée en 2019 dans sa petite ville de 1 600 habitants, il ne pourrait fonctionner sans la dynamique de Scènes et cinés, et le financement de la Métropole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On pourrait peut-être envisager de récréer les Territoires</em>&nbsp;», avance en souriant le maire, sous couvert de plaisanterie, ou de test. Il n’est pas inutile de rappeler qu’avant la Métropole la vie culturelle des villes et des territoires fonctionnait plutôt mieux…</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>La conférence de presse de Scènes et Cinés s’est tenue<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 22 juin</mark></strong> au Château des Baumes, à Istres, au dernier jour, pure coïncidence, du procès de François Bernardini à Paris.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Manger, rire, chanter</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 08:08:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Toutes les cultures font des banquets, ont des comiques, et des chansons populaires. Un universel qui se décline en une infinité de variations, qui vont trouver place au Village autour d’un grand banquet et d’un karaoké géant. C’est toute la ville qui a composé le menu, quartiers par quartiers, retrouvant les saveurs provençales, celles de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Toutes les cultures font des banquets, ont des comiques, et des chansons populaires. Un universel qui se décline en une infinité de variations, qui vont trouver place au Village autour d’un grand banquet et d’un karaoké géant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est toute la ville qui a composé le menu, quartiers par quartiers, retrouvant les saveurs provençales, celles de la mer et de l’étang, mais aussi toutes celles venues d’ailleurs, dans la diversité des cultures présentes à Martigues. Avec <strong>Althae</strong> à la guitare et au chant, la soirée commence ra tout en douceur et en partage d’émotion, et de saveurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mamari</strong> prendra la suite&nbsp;: l’humoriste, qui sur Radio Nova réveille les ondes en démontant les relents racistes et LGBTQIphobes des discours publics, est tout sauf sinistre. Son spectacle, <em>Trop drôle pour mourir</em>, en témoigne. Femme, noire, exilée, survivante d’inceste, queer, handicapée … «&nbsp;<em>en termes d’intersectionnalité, je suis le rond-point des Champs-Élysées</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis les convives seront invité·es à chanter. Pas sur des vidéos enregistrées, mais avec des musiciens, ceux du <strong>Karaoké Orchestar</strong>, qui savent accompagner les amateurs, les rattraper et les attendre, et s’adapter à leurs voix. Et à leurs répertoires, venus d’ici, d’ailleurs ou d’il y a longtemps&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">A.F.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Ceci n’est pas un festival</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:34:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment sont nés les Fadas du Monde&#160;?Florian Salazar-Martin. D’une réflexion sur les politiques publiques, et d’une volonté de créer un espace commun, avec les personnes, dans l’espace public. C’est en quelque sorte le terme d’une longue démarche, particulière à la ville… … qui est communiste depuis 1959. Est-ce que vous qualifieriez cette démarche de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment sont nés les Fadas du Monde&nbsp;?<br>Florian Salazar-Martin.</strong> D’une réflexion sur les politiques publiques, et d’une volonté de créer un espace commun, avec les personnes, dans l’espace public. C’est en quelque sorte le terme d’une longue démarche, particulière à la ville…</p>



<p class="wp-block-paragraph">… <strong>qui est communiste depuis 1959. Est-ce que vous qualifieriez cette démarche de communiste&nbsp;?<br></strong>Disons que comme tout le monde on veut mettre en place des choses pour notre territoire. Mais on est là depuis longtemps, et on défend des valeurs, une histoire. La culture à Martigues est indissociable, et indissociée, de la défense du littoral et de sa préservation. Et de la défense de l’industrie, une industrie elle-même respectueuse de ce littoral. Notre ressource culturelle, ce sont nos peuples. Comme Marseille nous sommes une ville de migrations, où se sont installés des Arméniens, des Méditerranéens, mais aussi des Européens du nord venus travailler dans la sidérurgie… Dans des villes aux populations aussi diverses deux options sont possibles&nbsp;: construire des espaces culturels fragmentés, communautaires, et une culture de divertissement ; ou construire des espaces communs avec les habitants, et une culture d’émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Trois en fait, on peut aussi nier la diversité et défendre une culture immuable…<br></strong>[<em>rire</em>] ça, c’est vraiment pas une option pour nous… Et construire une politique d’émancipation ne signifie pas qu’on n’aime pas le divertissement&nbsp;! Mais les Fadas du Monde, ça n’est pas un festival où l’on viendrait consommer la programmation&nbsp;; c’est un espace créatif, vivant, où on reçoit des paroles inattendues, et qui crée des dynamiques entre différentes sphères de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Village des Fadas est le point névralgique de cette démarche. Pendant une semaine on crée un espace commun. Des choses sont programmées, mais il s’agit de connecter les gens ensemble, en faisant des jeux, des ateliers pour que les familles soient là, des repas partagés, des karaokés. Sans protocole, mais avec la proposition de choses plus pointues, aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec du foot et du théâtre…<br></strong>Oui. Nous sommes des êtres complexes, chacun d’entre nous. Le foot n’est pas pour certains et le théâtre pour d’autres, on peut entrer dans le village par un champ et s’approcher des autres… Prendre un repas en commun, c’est très important. En fait ce qu’on fabrique là, c’est une fête de village, mais qui parle du monde. Bien sûr qu’on s’est demandé s’il fallait retransmettre la coupe du monde de foot au Village. On sait que le foot est perverti par l’argent, que cette Coupe aux États-Unis avec ce Trump qui… ne nous ressemble pas [<em>rire</em>] est problématique. Mais au fond la joie populaire provoquée par le foot ne leur appartient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les artistes que vous invitez sont pour la plupart de Martigues, ou pas loin…<br></strong>Oui, Martigues, Aix, Marseille, notre territoire. Avoir la responsabilité d’une commune, c’est aussi cela. On reçoit des gens qui viennent d’ailleurs mais on doit veiller à la santé des acteurs de notre territoire, leur donner la possibilité de rencontrer les publics. Dans leur quotidien, et gratuitement&nbsp;: ce ne sont pas leurs publics habituels qui sont là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a aussi une majorité d’artistes femmes, ce qui n’a pas toujours été le cas…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est vrai. Pour cela, il faut avoir conscience que nos générations sont attachées à des figures tutélaires masculines, qui occupent notre imaginaire comme étant les meilleures. Et il faut lutter contre ce réflexe. Les femmes ne sont pas aux Fadas par souci de parité, qui est une vision technique du problème, mais parce qu’aujourd’hui elles parlent différemment des hommes, qu’elles ont des choses à dire, que cette diversité nous est nécessaire, comme toute «&nbsp;bio&nbsp;» diversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette diversité était à l’œuvre au Festival de Martigues, qui a précédé les Fadas. Pourquoi ce changement&nbsp;?<br></strong>Le Festival de Martigues était un grand festival, qui faisait venir le monde, et des grands artistes, à Martigues. Un festival de folklore, de tradition, mais qui était aussi très ouvert dans les échanges de musiques, de cuisines, de langues… On a au fond voulu perpétuer cet esprit de mondialité mais en le confrontant au présent, à l’idée que la liberté et la diversité se construisent dans des espaces citoyens, des agoras politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’où la présence de Nora Hamadi au Village&nbsp;?</strong><br>Oui, il s’agit, avec la journaliste, de questionner simplement les gens, en commençant par «&nbsp;Comment ça va&nbsp;?&nbsp;». Cela nous a permis de recueillir des paroles très intéressantes, parce que c’est fait dans l’espace public, sans attitude surplombante, sans obligation de résultat. Un peu comme au bar. Ça a permis de générer un corpus sur l’histoire quotidienne, mais aussi sur des problématiques plus politiques, la guerre, la montée du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On poursuit ce travail en ajoutant cette année «&nbsp;Comment ça va le monde&nbsp;?&nbsp;» parce qu’on sent bien les tensions actuelles, ces inquiétudes qui sont dorénavant très puissantes. C’est pour cela qu’on accueille au village le voilier Hétérotope qui accompagne la Flotille de Gaza et en constitue la mémoire. Pour penser le monde ensemble, y compris dans ses endroits les plus douloureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Fadas du Monde ne veulent ni grossir, ni devenir un festival. Pourquoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà d’une certaine échelle on ne se rencontre plus. On peut le regretter et vouloir attirer plus de public mais nos jauges sont volontairement réduites&nbsp;: 1000 personnes par jour au Village, même si on peut aller un peu au-delà&nbsp;; 400 dans la Cour de l’Ile pour les concerts gratuits&nbsp;; 150 à 200 pour les séances de cinéma en plein air. Rien de massif, mais beaucoup de choses profondes&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>
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		<title>Le Tétrodon, un drôle de poisson globe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:33:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Village des Fadas a la chance de disposer d’un des plus grands Tétrodons encore vivants. Ques aco&#160;? Un poisson globe qui se gonfle se dénomme bien le Tetraodon, mais il a aussi donné son nom à un habitat modulaire&#160;: le Tétrodon, conçu dans les années 1970 pour abriter les travailleurs nomades, en particulier les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le Village des Fadas a la chance de disposer d’un des plus grands Tétrodons encore vivants. <em>Ques aco&nbsp;?</em> Un poisson globe qui se gonfle se dénomme bien le Tetraodon, mais il a aussi donné son nom à un habitat modulaire&nbsp;: le Tétrodon, conçu dans les années 1970 pour abriter les travailleurs nomades, en particulier les ouvriers venus construire les usines de sidérurgie à Fos-sur-Mer. Des petits bijoux d’architecture appliquée tout en plastique, dont la production a été stoppée par la crise pétrolière de 1973.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui protégé et labellisé Patrimoine du XX<sup>e</sup> siècle, le Tétrodon de Martigues s’est transformé&nbsp;en résidence d’artiste, gérée par l’association <strong>Par ce Passage infranchi</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Joan Bennàssar</strong>, peintre et sculpteur de Majorque, habitera le Tétrodon du 1<sup>er</sup> au 14 juillet. Il propose un projet participatif où chacun·e pourra dessiner, peindre, teindre ou intervenir sur des supports transparents qui seront ensuite projetés sur les structures modulaires, transformées en écrans. Un récit collectif qui évoquera sans doute autant la mémoire du Poisson globe, que de la sidérurgie et des industries pétrolières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’atelier est ouvert aux adultes comme aux enfants.</p>



<pre class="wp-block-verse">A.F.<br><br><strong>Atelier Poisson globe<br></strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 1e au 14 juillet<br></mark></strong><br> Tetrodon<br><br>Base nautique de Tholon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/escapade/">Escapade </a>Ici</p>
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		<title>[Les Fadas du Monde] Au fil de l’eau à Martigues</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 11:52:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Escapade]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils n’aiment pas du tout qu’on dise «&#160;festival&#160;». Les Fadas du monde ont été conçus, et restent un état d’esprit. Celui de la Venise provençale, qui construit son été au fil de l’eau, emmenée par l’esprit de ses canaux où le sel se mêle à l’eau douce, la vie ouvrière à celle des pêcheurs, des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ils n’aiment pas du tout qu’on dise «&nbsp;festival&nbsp;». Les <em><strong>Fadas du monde</strong></em> ont été conçus, et restent un état d’esprit. Celui de la Venise provençale, qui construit son été au fil de l’eau, emmenée par l’esprit de ses canaux où le sel se mêle à l’eau douce, la vie ouvrière à celle des pêcheurs, des commerçants, des plaisanciers. Tous et toutes «&nbsp;fada·de·s&nbsp;» du monde, amoureux de la vie, qui savent mettre quelques grains de sable dans les rouages pour arrêter un peu la machine, et penser l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>Fadas du monde</em> sont nés en 2019, après l’arrêt du <em>Festival de Martigues</em>, qui revisitait la notion de «&nbsp;folklore&nbsp;», cet anglicisme qui désigne en français les arts populaires liés à chaque terroir. Repéré et fédérateur, ce festival «&nbsp;danses, musiques et voix du monde&nbsp;» devait, pour la mairie, être remplacé «&nbsp;<em>par une façon plus contemporaine de célébrer la culture populaire</em>&nbsp;». C’est dans cet esprit que la municipalité, communiste depuis 1968, a inventé les Fadas du Monde, qu’elle définit comme «&nbsp;<em>une nouvelle démarche en faveur des droits culturels</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Florian Salazar-Martin, maire-adjoint «&nbsp;<em>non à la culture mais à une délégation transversale sur l’environnement, les transitions, l’aménagement du territoire et la culture</em>&nbsp;» aime aussi relier les arts et leur pratique, leur fabrique, et l’esprit critique qu’ils suscitent lorsqu’on les partage dans l’espace public. Il a donc conçu les Fadas – terme choisi pour désigner «&nbsp;<em>celles et ceux qui se laissent toucher par les fées</em>&nbsp;», et bien sûr «&nbsp;<em>pour la connotation provençale, et populaire</em>&nbsp;» – comme «&nbsp;<em>une nouvelle forme d’action publique avec les habitantes et les&nbsp;habitants&nbsp;</em>», qui <em>«&nbsp;couvre tous les champs artistiques</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>s’élabore avec tous et toutes tout au long de l’année.&nbsp;</em>»&nbsp;Tout en «&nbsp;<em>trouvant sa place en juillet et août</em>&nbsp;», admet-il «&nbsp;<em>au cœur des festivités estivales&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Programmer local, penser global<br></mark></strong><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même s’il n’est pas facile de se repérer dans une programmation foisonnante qui se construit aussi au fil de l’eau, l’été des Fadas du Monde décline ses formes avec quelques constantes&nbsp;repérables !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>Fadas de musique</em> se retrouvent chaque lundi dans la Cour de l’Île. Cette année les artistes marseillai·ses seront particulièrement présent·es, et on retrouvera le reggae de <strong>Siska</strong>, le duo gémellaire <strong>Isaya</strong>, le duo dream folk <strong>Tessina</strong>, le <strong>Cabaret Cagole nomade</strong>, <strong>DJ Carlala</strong> et <strong>Liquid Jane&nbsp;</strong>! On verra aussi le garage punk de <strong>La Flemme</strong> et la «&nbsp;pop ratée&nbsp;» de <strong>Le Bien</strong>. Sans oublier le flamenco <strong>Juan Carmona</strong>, d’Aubagne, et le gala des dix ans de Lyrique en Provence, emmené par la mezzo-soprano <strong>Sophie Pondjiclis</strong>, à la carrière internationale, mais formée au Conservatoire de Marseille et… martégale&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce soutien aux artistes de la région, qui se retrouve aussi dans les compagnies de théâtre programmées (<strong>Cie Janette</strong>) est pour Florian Salazar-Martin une évidence&nbsp;: il s’agit de «&nbsp;<em>prendre soin de l&rsquo;écosystème culturel</em>&nbsp;», sans pour autant négliger de faire venir les voisins d’Occitanie ou le monde plus lointain (<strong>Lucas Santtana</strong>, <em>Brasiliano</em>, <strong>Bia Ferreira</strong>, figure du féminisme noir queer et antiraciste…).</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres rendez-vous&nbsp;? L’ouverture le 30 juin avec <em>La dernière </em>(tournée) de <strong>Radio Nova</strong>, les ciné-fadas, qui s’arrêtent chaque jeudi dans un quartier avec des films tous publics, qui vont d’<em>Astérix et Obélix </em>de Chabat et <em>Fureur</em> de Bruce Lee à des films plus engagés, comme <em>Kneecap</em>, <em>En fanfare</em> ou <em>Chien de la casse</em>…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au village sans prétention</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce non-festival d’été a même un temps fort, dans un espace village à la base nautique de Tholon. Les horaires et détails sont à découvrir sur place, mais tout s’y déroule chaque jour de 18 h à minuit, avec un marché des assos, des ateliers créatifs pour les enfants, des spectacles et des concerts chaque soir (<em>Surcouf </em>de la Cie Sacékripa, <em>Les Josianes</em>, circassiennes ardéchoises et féministes…), des scènes ouvertes et des jams sessions, un banquet aux saveurs martégales, des karaokés avec orchestre, des discussions et rencontres organisées et animées par <strong>Nora Hamadi</strong>, une <strong>Boum Boom</strong>, et la retransmission de la Coupe du monde de foot. Vraiment fada, fan de chichourle…</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br><strong>Les Fadas du monde<br></strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À partir du 30 juin<br></mark></strong><br>Divers lieux, Martigues<br><br><strong> Le Village des Fadas<br></strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 7 au 12 juillet<br></mark></strong><br>Base nautique de Tholon, Martigues</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/escapade/">Escapade </a>Ici</p>
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		<title>[FESTIVAL D’ÉTÉ DE CHÂTEAUVALLON] Papillon, œillets et cigarières</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 09:28:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le site de Châteauvallon a été conquis par les Varois, qui ont construit l’amphithéâtre, soutenu la programmation du temps où le FN tenait Toulon, et ont vécu depuis 60 ans dans ce lieu des soirées intenses, mémorables, de musique, de danse, de théâtre. Programmer chaque année un festival à la hauteur de la beauté et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le site de Châteauvallon a été conquis par les Varois, qui ont construit l’amphithéâtre, soutenu la programmation du temps où le FN tenait Toulon, et ont vécu depuis 60 ans dans ce lieu des soirées intenses, mémorables, de musique, de danse, de théâtre. Programmer chaque année un festival à la hauteur de la beauté et de l’histoire du lieu est un défi, que la programmation 2026 relève avec brio… Ce sera la dernière de Charles Berling, qui prend sa retraite de directeur – mais pas d’artiste&nbsp;! Il laisse à sa succession un théâtre créé pour lui à Toulon, et un Festival unique par son cadre, et son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La venue de <em>Nelken </em>dans l’amphithéâtre est certainement l’événement de cette édition 2026. La pièce, légendaire, de <strong>Pina Bausch</strong>, reprise par son Tanztheater de Wuppertal, se danse sur un épais tapis d’œillets roses. Elle est une des plus belles, des plus tragiques de la chorégraphe, celle où la fragilité des corps, des gestes, se violente, se menace. Les quatre dates (du 9 au 12 juillet) sont les seules en France de la tournée internationale. Des films sur Pina Bausch, dont le sublime <em>Pina </em>de Wim Wenders, seront projetés à 19 h.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Portraits de femmes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comme les années précédentes le Festival débute avec lyrisme, en juin (26, 28 et 30 juin), par une grande production de l’Opéra de Toulon. <em>Madame Butterfly</em> est un opéra étonnant, parce que la musique de Puccini est sublime, mais aussi parce que le personnage de la Japonaise trompée et délaissée est de fait au centre de la musique. Ce papillon, incarné par <strong>Sunyoung Seo</strong>, soprano sud-coréenne, se brûle les ailes, détruite par la domination coloniale et masculine. Elle ne se révolte pas, mais dit, en renonçant, toute la violence d’une femme, puis d’une mère, dupée et arrachée à sa culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Résistantes</em>, quant à elles, sont passées à l’action. <strong>Philippe Collin</strong> et <strong>Charles Berling</strong>, ainsi que <strong>Violaine Ballet </strong>à la création sonore, s’attachent au destin de Geneviève de Gaulle, Mila Racine et Lucie Aubrac, figures essentielles de la Résistance. Comme lors de leur dernière collaboration sur <em>Léon Blum</em>, le spectacle part d’un podcast de Radio France, regroupe musiciens et amateurs autour d’un plateau radio qui se transforme en scène du monde. Et aiguise notre conscience politique en rappelant les fondements de notre République, mais aussi l’invisibilisation de nos héroïnes (4 juillet).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Danser le désir et les générations</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre femme, autre opéra, autre danse. Avec <em>Carmen </em><strong>Abou Lagraa</strong> transforme l’opéra de Bizet et son féminicide en une danse aux Carmens multiples, où la gitane est incarnée par les femmes, et les hommes, du Ballet de Tunis. Un chant à la liberté des corps, qui ne retient de l’opéra que ses élans de désirs, de liberté et de plaisir, et non ses meurtres, possession et jalousies (24 et 25 juillet).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mourad Merzouki</strong>, dans <em>Beauséjour</em> (16 et 17 juillet) fait dialoguer deux générations de danseurs autour du style souvent imité mais toujours singulier de sa compagnie Käfig. Le hip-hop défendu par sa génération a perdu de l’ampleur, mais pas sa joie !</p>



<p class="wp-block-paragraph"> C’est aussi de la danse qui conclura le festival, avec la création de <em>No Mundo / En ce monde</em> de <strong>Franck Micheletti</strong> : Kubilai Khan Investigations, KKI pour les intimes, se produira dans plusieurs espaces du site, pour huit performances en déambulation, poursuivant son investigation du corps déplacé, et de ses liens à la nature et au son (28 juillet).</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>Festival d’été<br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 26 juin au 28 juillet<br></mark></strong><a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr/" type="link" id="https://www.chateauvallon-liberte.fr/">Châteauvallon</a>, scène nationale d’Ollioules</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles&nbsp;<a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em>&nbsp;ici</a></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/festival-dete-de-chateauvallon-papillon-oeillets-et-cigarieres/">[FESTIVAL D’ÉTÉ DE CHÂTEAUVALLON] Papillon, œillets et cigarières</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>Faire durer les Festivals</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 08:13:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Aurélie de Lanlay]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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		<category><![CDATA[Sophie Joissains]]></category>
		<category><![CDATA[Ted Hufman]]></category>
		<category><![CDATA[Tiago Rodrigues]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La conférence de presse organisée par la Région Sud le avait notamment pour but d’affirmer qu’elle «&#160;voit la culture non pas comme une dépense mais comme une identité&#160;», selon les mots de sa vice-présidente chargée de la culture et du patrimoine culturel Sophie Joissains. Cette «&#160;identité&#160;» de «&#160;terre de festivals&#160;» a conduit la région à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La conférence de presse organisée par la Région Sud le avait notamment pour but d’affirmer qu’elle «&nbsp;<em>voit la culture non pas comme une dépense mais comme une identité</em>&nbsp;», selon les mots de sa vice-présidente chargée de la culture et du patrimoine culturel <strong>Sophie Joissains</strong>. Cette «&nbsp;<em>identité&nbsp;</em>» de «&nbsp;<em>terre de festivals</em>&nbsp;» a conduit la région à se distinguer d’autres collectivités qui se sont désengagées brutalement du financement de la culture, comme le Pays de Loire. Mais si la baisse des subventions à la Culture a été moins brutale et moins notable (entre 5 et 10% selon les opérateurs), Sophie Joissains explique, avec regret, que la baisse des dotations d’État a amené la Région à se recentrer sur ses compétences obligatoires, tout en maintenant «&nbsp;<em>autant que possible</em>&nbsp;» son soutien, «&nbsp;<em>essentiel aussi pour l’attractivité du territoire</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, les représentant·es des festivals n’aborderont jamais les difficultés financières qu’ils rencontrent tous pourtant, en raison de cette baisse générale des subventions régionales, qui se combine à d’autres désengagements locaux, et à une hausse des coûts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût environnemental, au contraire, a occupé une place centrale dans les prises de parole. Chacun·e abordé les dispositions mises en place pour minimiser l’impact environnemental des festivals, qui nécessitent souvent une mutualisation des transports techniques, et une réflexion sur les déplacements du public. À ce sujet <strong>Michel Bissière</strong>, conseiller régional délégué à la vie artistique, a annoncé la création d’un pacte intitulé «&nbsp;Transition en scène&nbsp;» donnant des directives pour une meilleure soutenabilité des institutions signataires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Durabilité</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tiago Rodrigues</strong>, le directeur du Festival d’Avignon (voir p&nbsp;68 et 69) qui fête cette année ses 80 ans, s’interroge : «&nbsp;<em>Comment exister encore dans 80 ans ?</em>&nbsp;». Le bouleversement climatique impacte particulièrement le Festival d’Avignon, qui subit les canicules de plein fouet, et a adapté ses horaires, en prévoyant une pause durant les heures les plus chaudes. Mais la question dépasse les enjeux environnementaux : il s’agit aussi de faire vivre l’héritage de la décentralisation initiée par Jean Vilar qui a installé le plus grand festival de théâtre dans la Cité des Papes. Mais «&nbsp;<em>comment décentraliser au plus près quand on représente nous-mêmes une nouvelle centralisation ?</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question est au cœur du projet du Festival de Chaillol depuis 30 ans, comme l’explique son directeur <strong>Michaël Dian.</strong> Proposer l’excellence musicale dans les villages des Hautes Alpes est l’essence même de sa démarche qui «&nbsp;<em>concerne</em>&nbsp;» aujourd’hui «&nbsp;<em>tous les habitants</em>&nbsp;». Une démarche à laquelle Les Rencontres d’Arles (voir p&nbsp;42 et 43) travaillent aussi, en particulier étendant leurs expositions jusqu’en octobre&nbsp;: <strong>Aurélie de Lanlay</strong>, directrice adjointe du Festival, soulignait le succès de <em>La rentrée en images</em>, fréquentée par 4800 lycéens en 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car cette richesse tient aussi de la diversité des arts représentés dans ces festivals &#8211; malgré l’étonnante omission de la danse durant la conférence, le Festival de Marseille étant absent. Comme le souligne <strong>Hugo Lucchino</strong>, nouveau directeur de la Villa Noailles, le festival est «&nbsp;<em>le seul en France à faire découvrir la création contemporaine dans les domaines de la mode, de l’architecture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Lyrique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La continuité que toustes appellent de leurs vœux prend des airs de résurrection pour les Chorégies d’Orange (voir p&nbsp;84), représentées pour l’occasion par leur président <strong>Richard Galy</strong>, qui est également président de la Commission Rayonnement culturel de la Région. Cet été, explique l’édile, marque le début d’une restructuration du plus vieux festival de France, ce qui passe par un changement de statut et l’embauche d’un nouveau directeur artistique pour l’édition prochaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouveau directeur également, <strong>Ted Hufman</strong> confirme la démocratisation en cours du Festival d’Aix (voir p&nbsp;26 et 29), avec Aix en juin, en entré libre, qui s’étoffe, et les programmes qui se sont ouverts au jazz et aux musiques de la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que pour le lyrique, les financements publics demeurent importants. Avec ses 11 millions de subventions, le Festival d’art lyrique est mieux doté que le Festival d’Avignon (moins de 8 millions pour le In et le Off) ou que les Rencontres d’Arles (moins de 4 millions). Alors même qu’il concerne moins de spectateurs et génère moins de retombées économiques pour le territoire, l’impérieuse nécessité de faire des économies ne remet pas en cause sa primauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opéra n’a pas de prix, mais les autres festivals sont tout aussi essentiels&nbsp;!</p>



<pre class="wp-block-verse">CHLOÉ et AGNÈS FRESCHEL</pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Poussière d’étoiles, nos festivals</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 07:34:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est un discours discriminatoire qui court les présentations de festivals et les déclarations de politique culturelle. Il s’agirait, année après année, de «&#160;rajeunir les publics&#160;», voire de «&#160;dépoussiérer le théâtre&#160;» pour les autres. Lorsqu’un directeur de théâtre choisit pour «&#160;son&#160;» public des œuvres simplifiées et «&#160;dynamisées&#160;» pour «&#160;dépoussiérer&#160;» sa programmation, il renonce, de fait, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il est un discours discriminatoire qui court les présentations de festivals et les déclarations de politique culturelle. Il s’agirait, année après année, de «&nbsp;<em>rajeunir les publics&nbsp;</em>», voire de «&nbsp;<em>dépoussiérer le théâtre&nbsp;</em>» pour les autres. Lorsqu’un directeur de théâtre choisit pour «&nbsp;<em>son</em>&nbsp;» public des œuvres simplifiées et «&nbsp;<em>dynamisées</em>&nbsp;» pour «&nbsp;<em>dépoussiérer</em>&nbsp;» sa programmation, il renonce, de fait, à la pensée complexe. Celle d’Edgar Morin, centenaire qui donnait des leçons de jeunesse si souvent à Avignon. Qui expliquait si bien que se débarrasser des aspérités et des traces du temps, c’est céder à l’idée que le présent doit s’adapter à la vitesse imposée du monde, et interdire l’avenir en niant la mort.&nbsp; &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le théâtre n’est pas un yaourt nature, un tweet, une distraction. Il peut construire des digues, imposer des arrêts, des catharsis, provoquer des entailles profondes. Il est puissant. Il n’existe que s’il bouleverse, que s’il change nos vies intimes et modifie le cours du monde. Quand je dis le théâtre, je veux dire tous les arts du partage, de la scène et des rues. Tout cela vibre ensemble, creuse, s’empoussière, salit, se détrempe de larmes, va chercher dans les replis de l’histoire, se nourrit de contradictions, d’émotions, de souvenirs, de douleurs. L’avenir ne se construit pas sans remuer la poussière, le théâtre non plus. Nos festivals.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les festivals résistent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui tous sont entrés en résistance. Leur existence est clairement menacée par la perspective du RN au pouvoir. Déjà, dans les communes qu’il gouverne, il annule, détruit, à Vauvert, Six-Fours… L’extrême droite s’empare aujourd’hui des manifestations culturelles pour parfaire sa fabrique de l’opinion, entamée dans les médias et les réseaux sociaux. Ceux-ci ont déjà imposé l’idée que les gens cultivés sont une « <em>élite intellectuelle </em>», pour mieux masquer le véritable élitisme, de classe. Les simplifications médiatiques ont déjà contaminé les discours publics, qui répètent qu’il faut économiser l’argent public dans une activité qui rapporte pourtant, en termes de retombées économiques, 6 fois son coût aux terres de festivals. Et en termes de retombées intimes, tant de joie, qu’ils combattent plus que tout, parce que le désespoir ranci est leur fonds de commerce, le terreau des replis identitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Transgénérationnez&nbsp;!&nbsp;</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la nécessité de rajeunissement du public, et aux commentaires sur les têtes grises majoritaires dans les festivals de classique, lyrique, jazz, danse et théâtre, ils deviennent insultants à force d’être répétés comme une évidence. Insultants pour les jeunes, qui seraient incapables d’ingérer autre chose que du look et des musiques actuelles qui font bouger les corps. Insultants pour les vieux et les vieilles qui ont le droit d’aller au théâtre et au concert sans s’y sentir indésirés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les têtes grises (ou teintées) sont majoritaires dans le public parce qu’elles sont majoritaires dans la France adulte (+ de 18 ans), dont la moyenne d’âge avoisine les 50 ans. Ce qui est exactement l’âge moyen des spectateurs du Festival d’Avignon. On ne fabriquera pas le public de demain en culpabilisant celui d’aujourd’hui d’aimer le théâtre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, festivalez, sans culpabilité, sans retenue, quel que soit votre âge. Sortez des schémas qu’on vous impose, allez voir ailleurs, plus profondément, soulevez la poussière. L’été des festivals commence. Il ne sera le dernier que si on les laisse faire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Censure et boycott à Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 08:03:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Rencontres à l’échelle, posent avec acuité les questions du rapport politique entre les États et les peuples, et la concurrence des récits ; le Festival de Marseille, dont nous présentons la programmation dans les pages suivantes, propose de visiter la diversité du monde depuis ses quartiers, et fabrique un festival populaire avec les Marseillais·es ; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Rencontres à l’échelle</em>, posent avec acuité les questions du rapport politique entre les États et les peuples, et la concurrence des récits ; le <em>Festival de Marseille</em>, dont nous présentons la programmation dans les pages suivantes, propose de visiter la diversité du monde depuis ses quartiers, et fabrique un festival populaire <em>avec</em> les Marseillais·es ; la ville bouillonne de langues du nord et du sud, de touristes et de « venants », de réfugié·es et d’exilé·es. Pourtant, au même moment, la censure et le boycott des artistes et de la presse resurgissent et mettent en danger la démocratie culturelle dans sa diversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une balle dans le pied</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FID Marseille avait invité le cinéaste israélien, habitant en France, critique sans ambiguïté de la politique nationale et internationale d’Israël, Nadav Lapid. Il devait faire une masterclass à propos de son film, <em>Oui</em>, qui lui a valu les foudres du Gouvernement israélien, qu’il qualifie très clairement de fasciste, et dont il combat la politique colonialiste et génocidaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La commission européenne avait d’ailleurs refusé de financer son projet de film, qu’elle a jugé «&nbsp;antisémite&nbsp;». Mais cela importe peu&nbsp;: il s’agit pour quelques cinéastes programmés par le FID de boycotter tout le cinéma israélien. Pas de s’en prendre au Crif ou à l’ambassade d’Israël, aux relais médiatiques de la propagande israélienne, aux produits israéliens, aux États qui le soutiennent, mais aux artistes. Censure insensée&nbsp;: le Gouvernement israélien se réjouit du revers de son opposant, à qui cette polémique donne d’ailleurs une visibilité que le FID était loin de lui offrir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à ses détracteurs boycotteurs, ils portent la responsabilité de l’escamotage qui s’opère, et détourne les regards des nécessaires sanctions contre l’état génocidaire, au profit de querelles franchouillardes qui crispent les positions dans une binarité délétère. Plus grave, ils désignent des boucs émissaires à la vindicte de celles et ceux qui s’identifient à la juste cause palestinienne. Si l’accusation d’antisémitisme, qui sert d’outil politique contre LFI, est la plupart du temps ridicule et extensible, les actes antisémites réels, les agressions, ne cessent d’augmenter, y compris dans les cours d’écoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Censurer la presse</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre établissement marseillais pratique la censure, dans un contexte plus anodin, et moins urgent. Il révèle pourtant la même volonté de faire taire les voix discordantes qui militent pour la diversité culturelle et la représentation de toustes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Opéra de Marseille refuse désormais la venue des journalistes de <em>Zébuline</em>, du moins à ses grosses productions contestables. Il faut dire que celles-ci se permettent d’être critiques de son fonctionnement, même si c’est aujourd’hui le seul opéra de France qui ne programme aucune femme cheffe, aucune compositrice, aucune musique contemporaine ou de création.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas question non plus d’être critique de ses productions dispendieuses, qui ne tournent pas. Ni de remettre en cause ses mises en scène qui n’interrogent jamais les rapports coloniaux, la domination masculine, les préjugés de classe pourtant si présents, et si problématiques, dans les opéras du XIX<sup>e</sup> siècle. Qui constituent la quasi-totalité de ce que propose la maison marseillaise. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une journaliste émet un doute sur ces représentations problématiques du répertoire et ce refus caricatural de la parité&nbsp;? L’Opéra de Marseille lui ferme les portes, et préfère inviter les critiques dithyrambiques qui ne parlent que des voix, et jamais de ce qu’elles chantent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les valeurs réactionnaires qu’elles trimballent perpétuent, à grand renfort d’argent public, une culture de classe, patriarcale, dépassée. Qu’il ne s’agit pas de censurer, mais de remettre en cause, en débats, pour qu’elle évolue et se partage. Parce qu’à <em>Zébuline</em>, vraiment, on adore l’opéra…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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