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	<title>Agnes Freschel, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Agnes Freschel, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Dans les chambres du Château</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 19:41:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de musique de chambre de Salon de Provence existe depuis 34 ans. Il a été fondé par de très grands virtuoses, Éric le Sage, Paul Meyer et Emmanuel Pahud, qui aiment à jouer ensemble, à inviter des musiciens complices, de jeunes virtuoses, de jeunes ensembles, à se joindre à eux, pour partager, entre eux [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le Festival de musique de chambre de Salon de Provence existe depuis 34 ans. Il a été fondé par de très grands virtuoses,<strong> Éric le Sage, Paul Meyer </strong>et <strong>Emmanuel Pahud</strong>, qui aiment à jouer ensemble, à inviter des musiciens complices, de jeunes virtuoses, de jeunes ensembles, à se joindre à eux, pour partager, entre eux et avec le public les plus belles pages du répertoire chambriste. En toute simplicité et générosité, les concerts au Château de l’Empéri et de l’Abbaye de Sainte Croix permettent de ressentir l’exceptionnel partage que nécessite la musique de chambre. À quelques mètres du public, sur une scène triangulaire d’où le son direct se déploie à merveille, les solistes sont à vue, à découvert, offerts. Leurs regards, les départs, le souffle qu’ils prennent ensemble avant d’aborder les mouvements les plus virtuoses, la concentration, toute différente, qu’ils partagent avant d’entamer les plus intimes et douloureux, tout cela se voit et s’éprouve, comme une vibration qui envahit le public et faire taire jusqu’aux cigales de la cour d’honneur du château médiéval. Ajoutez à cela des feuilles de salle détaillées, qui permettent à chacun·e de comprendre le programme et donne d’excellents repères d’écoute, et vous aurez posé le cadre d’un festival qui a enchainé trois concerts exceptionnels par jour, du 1<sup>e</sup> au 9 aout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme proposé le 4 août, <em>Château populaire</em>, commençait par De Falla et se concluait par l’octuor du jeune Mendelsson. Avec pour fil rouge l’inspiration puisée par les compositeurs dans les chansons populaires. La musique dite savante (comme si les musiques populaires ne savaient pas) n’a pas attendu la globalisation des échanges et la circulation des enregistrements pour s’inspirer des mélodies, des rythmes et des dynamiques des musiques populaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>Canciones populares</em> de Manuel de Falla (1925) font voyager dans les provinces espagnoles. Jouées en trio par divers instruments, leur adaptation pour violon (<strong>Daishin Kashimoto</strong>), contrebasse (<strong>Olivier Thierry</strong>) et marimba (<strong>Ria Ideta</strong>) était parfois surprenante, mais sublime dans<em> Asturianas</em>, petit bijou d’émotion pure, où le marimba donnait à la basse continue une couleur boisée étonnante…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>Quatuor pour flûte et cordes</em> de Mozart, joué debout, a permis une fois de plus d’admirer les phrasés si élégants d’<strong>Emmanuel Pahud</strong>, avançant avec une simplicité d’évidence, celle de la maitrise, dans ces mouvements si exigeants, accompagné sans faillir par <strong>Maja Avramović</strong> (violon), <strong>Paul Zientara</strong> (alto) et <strong>Claudio Bohórquez</strong> (violoncelle).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c’est le <em>Quintette pour clarinette et cordes</em> de Weber qui offrit le plus beau moment de la première partie&nbsp;: la clarinette de <strong>Paul Meyer</strong> répondit au Quatuor Integra, dont l’unité sonore, la fougue, la précision, la communion, s’était mise à l’écoute du soliste, qui le leur rendait bien. Le clarinettiste a entrainé le quatuor japonais (<strong>Kyoka Misawa</strong> et <strong>Rintaro Kikuno</strong> (violons), <strong>Itsuki Yamamoto</strong> (alto) et <strong>Ye Un Park</strong> (violoncelle)) à une allure folle de l’Allegro au Rondo final, épuisant, en passant par la beauté altière de la Fantasia.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Feu d’artifice et calvacade</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au second acte entrait en scène <strong>Vassily Chmykov</strong>. La réputation du jeune violoniste français (27 ans), né et formé à Monaco, n’est déjà plus à faire. Son son naturelllement ample et profond, sa technique hallucinante, son sens du phrasé apparurent dès les premières notes de la <em>Sarabande </em>d’Halvorsen sur le thème de Haendel, rendu célèbre par Barry Lyndon. Tricotant avec l’altiste Paul Zientara un festival de questions/réponses, reprises et variations, chants contrariés à deux voix concurrentes ou complices, ces 10 minutes sans interruption furent un véritable feu d’artifice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’<em>Octuor </em>de Mendelssohn, il dirigeait parfaitement le quatuor Integra auxquels s’étaient adjoints Daishin Kashimoto, Paul Zientara et Claudio Bohórquez. Composé juste un siècle avant les <em>canciones </em>de De Falla, l’Octuor est une pièce de jeunesse à l’écriture très complexe – chacune des huit parties est indépendante- et très impressionnante en concert, parce que les huit solistes sont confrontés à des unissons soudains, des contrechants décalés, des mini fugues, des tempis changeants et fougueux qui exigent une attention de tous les instants et un sens exceptionnel des équilibres sonores entre les interprètes. Pièce de jeunesse, pas toujours passionnante dans son discours, son exécution publique reste un exploit de chaque instant. Applaudi comme il se doit débout, parce que les exploits musicaux épatent aussi ceux qui les reçoivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>Festival d’Avignon : Un bilan, face aux murs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 13:50:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De l’Athènes antique aux théâtres méditerranéens, des marionnettes sur l’eau vietnamiennes aux griots africains contemporains, le théâtre a toujours su, partout et sans concertation, mettre en mots et en corps les bouleversements des sociétés et du monde. Les représentations des crises, par la palabre, la danse, dans des salles ou sur des places publiques, ou [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">De l’Athènes antique aux théâtres méditerranéens, des marionnettes sur l’eau vietnamiennes aux griots africains contemporains, le théâtre a toujours su, partout et sans concertation, mettre en mots et en corps les bouleversements des sociétés et du monde. Les représentations des crises, par la palabre, la danse, dans des salles ou sur des places publiques, ou dans un théâtre de l’illusion mimétique et de l’identification plus ou moins distancié, plus ou moins narratif, plus ou moins symbolique ou cruel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cirque, sur scène, devant un public assis dans des gradins face aux artistes, est en fait, aussi, du théâtre. Du moins celui du <strong>collectif  XY </strong>: sa façon si sensible, si simplement humaine, de faire corps commun, sans artifice, sans scénographie a offert au Festival une de ses grandes pages de théâtre, comme la danse de Pina Bausch a su le faire il y a presque 50 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le cirque peut changer le monde</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du cirque, il y en a eu au festival d’Avignon, dès Jean Vilar, avec la famille Thierrée-Chaplin qui fabriquait de très belles illusions et en mettait plein les mirettes. Mais, en 80 ans, il n’avait jamais eu les Honneurs de la Cour. Avec son lot de difficultés, qui interdit les tours de magie possibles dans les boites noires, exige qu’on renonce aux gros plans sauf à les filmer/projeter, et impose un vide qu’il faut remplir, ou faire parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <em>Le Pas du monde</em>, que le collectif XY a joué à la Villette ou à Montpellier Danse, prenait dans l’architecture papale, face au mur, une dimension impressionnante. Parce que les artistes, 22 pour occuper la Cour, n’avaient que leurs corps pour exprimer. Leurs voix pour chanter. Le main-à-main, spécialité de cette compagnie d’acrobates qui se passe d’agrès, de scéno et de costumes, devenait une démonstration de ce que peuvent les corps lorsqu’ils prennent simplement appui les uns sur les autres, hommes et femmes, X et Y, en collectif, et qu’iels plongent, confiant·es, depuis trois étages de corps, dans les bras ouverts de leurs collègues qui les recueillent, les projettent aussi dans les hauteurs, vers des sauts périlleux où le péril parait apprivoisé, maitrisé par le collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensemble iels inventent des pyramides qui tremblent, des animaux fantastiques, des écroulements aussi, dont iels se relèvent. Porteurs solides, porté.es graciles et corps intermédiaires forment une humanité commune qui chante et résiste, et oppose aux agressions du monde non des tours de magie, des discours, des écrans, mais une communauté d’individu·es qui s’épaulent, s’embrassent, se reçoivent, s’équilibrent. Et ne cesse de prodiguer cette joie du cirque, de l’exploit physique, du risque maitrisé, du risque pris. Ce frisson qui saisit et ouvre les portes de l’imaginaire, dès l’enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong> À l’aube d’un nouveau monde</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et tandis que nos landes brûlaient, après un orage qui avait rafraichi l’atmosphère, et annulé la dernière de XY sans parvenir à éteindre les incendies du Var, le public prenait place dans la Cour à l’aube pour partager des questionnements. Les 2 heures prévues ont duré près de quatre heures, les interventions étaient inégales et sans doute assez mal taillées, assez mal timées, mais quelque chose de très réussi a surgi pourtant, toujours face au même mur, sur lequel on a vu des visages projetés en direct depuis l’Ukraine, en direct depuis Gaza, depuis le Liban, pour témoigner de ces guerres, de ces agressions des civil·es, qui plongent notre monde dans un désarroi, une tragédie, un sentiment d’impuissance sans fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Pour y répondre, parce que cette <em>Aube des questions</em> induisait aussi des chemins implicites pour en sortir, la musique : l’<strong>orchestre national Avignon-Provence</strong>, frigorifié, dirigé par la lumineuse <strong>Déborah Waldman</strong>, dans une musique de <strong>Fabien Call</strong>, accompagnait la forêt de questions posées par les artistes, par les auteurs. Des extraits vidéo ou audio, trop nombreux pour que le public en saisisse toutes les nuances, de Blanchot, Duras, Alice Diop, Marc Crépon… creusaient les questionnements, confrontaient les problématiques philosophiques à celles, quotidiennes , du peuple, cernaient le bonheur, la résilience, la violence, la domination.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques moments marquants ont surgi, sans doute différents pour chacun·e des spectateurices, selon son degré de fatigue, son âge, son appétence. Le rap magnifique de Nanii, la lecture anticapitaliste de Camille de Toledo, la danse de Boris Charmatz marquée par la Shoah familiale, le sacrifice de la biche blanche de Leonor de Recondo… et bien sûr, pour finir, l’intervention de Christiane Taubira, révolte guyanaise toujours intacte, terrifiée mais debout, calée sur sa béquille, pour s’indigner contre le probable accès au pouvoir du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <em>Aube</em>, qui s’est sans doute laissé déborder parce que chacun avait trop à dire, parce qu’aucune des paroles n’a réussi à se couper, à se restreindre, a construit pourtant un trajet. Du constat sur le terrible état du monde à celui d’une résistance possible, d’une résilience sans renoncement, et de solutions esquissées&nbsp;: par la présence affirmée des femmes, très largement majoritaires, par le questionnement sur leur très faible proportion dans les institutions carcérales (3,4%, avec très peu de variations historiques et géographiques), par la communion sensible dans cette Cour où le froid, la longueur inattendue, les baisses de rythme n’ont pas empêché le public de faire communauté et d’applaudir debout, désirant ensemble cette aube nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Qui au fond est aussi celle du collectif XY, et ne tient qu’à nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Aube des questions</em> a eu lieu le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 juillet</mark> à 5h. <em>Le Pas du Monde </em>a été joué <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">du 22 au 24 juillet</mark>, la représentation du 25 ayant été annulée pour cause d’orage</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’Intraitable beauté du monde : « Rien n’est vrai, tout est vivant »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 12:04:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dispositif est minimal, le comédien burkinabé dit un montage de textes, d’abord de Sony Labou Tansi, puis d’Édouard Glissant. La performance tient autant du stand-up que du conte africain, de la palabre que de la conférence, du théâtre que du concert. Car l’apparente simplicité du dispositif construit un cheminement dans des pensées complexes qui [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif est minimal, le comédien burkinabé dit un montage de textes, d’abord de Sony Labou Tansi, puis d’Édouard Glissant. La performance tient autant du stand-up que du conte africain, de la palabre que de la conférence, du théâtre que du concert. Car l’apparente simplicité du dispositif construit un cheminement dans des pensées complexes qui se rejoignent et qui, au bout de 2h30, ouvrent une voie jusqu’alors cachée, un moyen de sortir de la caverne platonicienne pour découvrir le vrai soleil.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la tombe de Glissant, la célèbre épitaphe «&nbsp;<em>Rien n’est vrai, tout est vivant</em>&nbsp;», rappelle, ironie pour la pierre tombale d’un philosophe, que le monde se comprend dans la relation, l’évolution, et l’émerveillement. En commençant son spectacle par un montage des textes de Sony Labou Tansi, <strong>Étienne Minoungou</strong> part de la critique politique, celle du capitalisme, du colonialisme, de l’impérialisme. Un constat d’échec civilisationnel, et de nécessité d’emprunter d’autres voies, de construire d’autres relations. Empreint de la pensée de Glissant, Labou Tansi décrit les douleurs de l’Afrique, de la Palestine, de la pauvreté, dans un discours marxiste qui fustige les relations néocoloniales, mais n’oublie pas <em>L’Intraitable beauté du monde</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est après être descendu dans le public, après avoir partagé de l’eau, des mots, des sourires avec des spectateurices accablé·es par la canicule, après avoir chanté avec ses musicien·nes, que le comédien reprend le spectacle, quittant son micro sur pied pour occuper davantage la scène, s’assoir sur une chaise, laisser place aux belles mélodies du saxophone de<strong> Katrine Suwalski</strong> et des flûtes, au rythme de la kora et des percussions de <strong>Simon Winsé</strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le monde est pluriversel</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la nuit et le silence des cigales les problèmes de son, de visibilité de la scène, s’accentuent&nbsp;:&nbsp;le dispositif scénique du jardin du Musée Calvet est prévu pour des lectures et débats, pas pour des spectacles. Mais le public, avec qui une relation de proximité s’est installée, reste et écoute. La cale négrière, l’intraitable traite, les plantations, l’origine traumatique de la société capitaliste, fondée sur l’innommable, le crime, l’esclavage. 250 années de traite humaine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais un lien s’est tissé. Entre le public, le conteur et les musiciens, entre l’Afrique et la Caraïbe, entre les luttes et les traumatismes. Et surgit, intacte, la beauté du monde et du vivant. La possibilité de créoliser, de s’emparer des langues disparues, des langues de l’exil, des langues du colon et de l’esclavagiste, pour modeler des relations nouvelles, hospitalières, réparatrices, évolutives, vivantes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La possibilité d’un avenir apparait comme une évidence. Comme l’expliquent Glissant, Chamoiseau, Minoungou, c’est l’Afrique qui le porte. Non le continent, mais l’histoire vivante de peuples déportés, exploités, abandonnés (Labou Taznsi est mort du Sida en 1995 faute d’accès aux soins), qui savent que le capitalisme doit finir, pour qu’advienne une mondialité de la relation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"> <em>L’Intraitable beauté du monde</em> a été créé au Jardin du Musée Calvet du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 au 19 juillet</mark> dans le délicieux jardin du <a href="https://institutcalvet.fr/fr">musée Calvet</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles<a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"> <em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Le clown comme poème : Entre Catherine et Arletti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 11:58:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Marseillais, les autres aussi, connaissent bien le travail de François Cervantes et de L’Entreprise, une des plus anciennes et des plus solides compagnies de La Friche. Ils savent aussi son attachement au clown. Celui de Catherine Germain, sa comédienne fétiche, s’appelle Arletti, et n’a pas pris une ride depuis 30 ans qu’il arpente les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les Marseillais, les autres aussi, connaissent bien le travail de <strong>François Cervantes</strong> et de <strong>L’Entreprise</strong>, une des plus anciennes et des plus solides compagnies de <a href="https://www.lafriche.org">La Friche</a>. Ils savent aussi son attachement au clown. Celui de <strong>Catherine Germain</strong>, sa comédienne fétiche, s’appelle Arletti, et n’a pas pris une ride depuis 30 ans qu’il arpente les scènes. Alors que ses parents, celle qui lui donne son corps, ses bras, sa bouche, sa voix, celui qui écrit ses mots, ont naturellement pris de l’âge. Mais les clowns ne vieillissent pas. Ils peuvent être vieux, mais le sont alors depuis toujours…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que cherche François Cervantes dans le clown depuis 30 ans, et avec ce spectacle encore, modeste, où il joue lui-même son rôle aussi naturellement que s’il nous parlait, assis à sa table qui mime celle d’un écolier, devant une carafe et deux verres Duralex qui rappellent aussi l’enfance ? Rien pourtant n’est professoral dans son ton, il nous parle de son rapport à l’art comme s’il conversait doucement avec nous dans une réunion de vieux ami·es.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’art est la clef</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il avance ceci&nbsp;: comme un sentiment dérobé, quelque chose se cache à l’intérieur de nos propres maisons, et l’art peut ouvrir la porte de chambres intimes dont on ne soupçonne pas l’existence. Cette chose-là, cette ouverture, il l’a éprouvée en croisant le regard peint des fresques antiques, en écoutant Tom Waits, en regardant les chiens de Giacometti. Chacun·e de nous l’éprouve, un jour, lorsqu’ inopinément une œuvre bouleverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte qu’il dit, d’une qualité d’écriture tranquille, osant l’image et l’émotion, le sentiment même, annonce l’arrivée d’Arletti, qui va tenter d’expliquer qui elle est, comment elle est née. Mais ne le dira jamais aussi bien, aussi juste, qu’en se délectant d’un verre d’eau, en faisant danser ses gants rouges, en s’attardant au moment du départ avec le public pour ne pas laisser s’enfuir la relation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Catherine Germain démaquillée mais jouant encore viendra ensuite raconter l’histoire avec François, depuis 30 ans. Expliquer comment un clown se construit lentement, s’impose à vous aussi, vous habite, vous change, exposant au dehors cette intimité invisible, inconsciente, qui se soulève quand l’art survient. Et comment les clowns de théâtre se construisent aussi dans la langue d’un auteur, à l’écriture. Tout en appartenant à l’invisible. Justement, comme un poème.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le clown comme poème</em> est joué au <a href="https://www.theatredeshalles.com">Théâtre des Halles</a> <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 25 juillet</mark> (19h)</pre>



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		<title>L’esprit critique </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 11:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’expression désigne un art, celui de la critique, mais aussi plus globalement une manière de penser, qui dépasse l’approbation ou la désapprobation, et se fonde sur la mise en doute et la dialectique.&#160; On peut aussi lire «&#160;critique&#160;» comme un verbe, et l’expression comme un constat&#160;: l’esprit humain, naturellement, critique. Exerce sa capacité d’analyse du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’expression désigne un art, celui de la critique, mais aussi plus globalement une manière de penser, qui dépasse l’approbation ou la désapprobation, et se fonde sur la mise en doute et la dialectique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut aussi lire «&nbsp;critique&nbsp;» comme un verbe, et l’expression comme un constat&nbsp;: l’esprit humain, naturellement, critique. Exerce sa capacité d’analyse du réel perceptible. Émet des avis, des jugements, verbalise ce que le corps éprouve, rappelle ce que la mémoire sait, construit des analogies, compare, démonte, admire. Et transmet son avis, en parlant ou en écrivant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit critique est nécessaire à la démocratie. Les régimes autoritaires refusent la remise en cause politique. Ils écrivent, dans les «&nbsp;lois&nbsp;» qui les régissent, l’interdiction de critiquer le pouvoir, ceux qui le représentent, les décisions qu’ils prennent et les forces armées qui les défendent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Comment peut-on « présumer légitime » ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’esprit critique est aussi l’ennemi des régimes démocratiques déclinants. Ainsi l’Assemblée nationale française a voté le 7 juillet une «&nbsp;<em>présomption d’usage légitime des armes</em>&nbsp;» par les policiers et les gendarmes. La gauche dénonce un «&nbsp;<em>permis de tuer</em>&nbsp;», et un rapport de la Cour des comptes publié le 20 juillet préconise plus de transparence, l’usage systématique des caméras piétons et le recours à des observateurs extérieurs aux forces de l’ordre lors de leurs déploiements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des forces de l’ordre font l’objet de plus de 12 000 plaintes par an des Français, nombre en constante augmentation même si peu de plaintes aboutissent. Est-il revenu le temps, pas si lointain, où la censure effaçait des photos les policiers français raflant la population du Vieux-Port ou encadrant les internés du Camp des Milles&nbsp;? L’esprit critique, nécessaire aux démocraties, interdit l’idée de «&nbsp;soutien indéfectible&nbsp;» ou de «&nbsp;légitimité présumée&nbsp;». Tout gardien de l’ordre doit être soumis à la possibilité de la critique, à la remise en cause de la légitimité de ses actes au nom des principes de ceux qui arment son bras.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Piratage des esprits</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit critique nécessaire, encadré par les lois sur la liberté d’expression, souffre pourtant d’une autre menace active. Elle s’exerce sur des réseaux dits sociaux qui aspirent nos données et nous servent du pré-pensé en fonction d’études algorithmiques. Loin de permettre d’observer, de nuancer, de comprendre, d’établir des analogies, de déployer du sens complexe, ces réseaux exacerbent la binarité, le pour/contre figé dans des camps préétablis, et enferment chaque individu dans la caricature de lui-même, le poussant dans des retranchements d’autant plus insidieux qu’ils immiscent la vie publique dans la sphère privée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette binarité peut transformer un adolescent peu sûr de sa virilité en masculiniste, une féministe de la première heure en transphobe patentée, une victime sociale en raciste vengeur, un décolonial en censeur aveugle, un fragile en suicidé. En suralimentant les esprits des idées qu’ils connaissent et des opinions qu’ils partagent, les réseaux algorithmiques produisent le contraire de l’esprit critique, tout en singeant ses règles et en prétendant défendre la liberté d’expression. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Critiques d’art</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ces temps de festivals, la réflexion sur la critique de spectacles s’est exposée dans des débats publics, à Avignon ou à Arles. Les mêmes maux guettent les journalistes qui s’y exercent&nbsp;: l’autocensure directe (difficile de critiquer la Fondation Louis Vuitton dans les médias de LVMH) et la censure économique (difficile de laisser de la place, dans des journaux en difficulté, à des articles qui défendent des artistes émergeants) peuvent se combattre, mais la concurrence avec une binarité réductrice est plus complexe à éviter.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La critique d’art, née sous sa forme moderne, en France, avec Diderot et les Lumières, s’est développée à la fois dans les journaux et dans les universités. Dans des formes et des buts relativement proches au départ, relevant les spécificités, les nouveautés, les points forts et faibles d’une œuvre, permettant au lecteur de la contextualiser, à l’artiste de se confronter à un avis argumenté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques se sont abondamment plantés, fustigeant la Tour Eiffel, portant aux nues des œuvres médiocres, ignorant les femmes, trimballant d’immondes idées racistes sur le jazz… Mais des critiques comme Serge Daney, Thibaudat, Laure Adler, Rosita Boisseau ou Léonardini ont fait connaitre des artistes et des écrivains, fait comprendre des démarches, éclairé les programmateurs, les subventionneurs… et surtout le public ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie-José Sirach, présidente du syndicat de la critique, journaliste à <em>L’Humanité</em>, expliquait lors de débats à Avignon que son rôle n’était ni de juger, ni de prescrire. Pas question de « j’aime/j’aime pas », pas question d’attribuer des notes ou un nombre d’étoiles comme pour un Airbnb ou un livreur Uber (pratique pitoyable par ailleurs). Il est question d’écrire des textes, de démêler des pensées, d’ouvrir des voies, des possibles, et de participer à la relation entre le public et les œuvres. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un processus exactement inverse de celui des réseaux sociaux, qui piratent la sphère privée en la bombardant d’invisibles missiles&nbsp;: il s’agit de prendre le temps de la lecture, de l’écriture, pour que les expériences privées des artistes croisent celles des spectateurs, unis dans une collectivité qui les transforme, et les incite au véritable débat&nbsp;: pas ceux où on campe sur ses positions, mais ceux où on résout, dans la merveilleuse sensation d’une possible transformation personnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle que l’on cherche, au fond, au-delà du plaisir du divertissement, lorsqu’on ouvre un livre, ou qu’on pousse la porte des théâtres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Arcanes : Plongée en eau safe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 11:48:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’artiste marseillaise réussit, avec Arcanes, un petit exploit. Les questions nouvelles du féminisme queer et de la convergence des luttes sont souvent, au théâtre, portée par des représentations radicales, voire agressives envers les spectateurices non racisé·es, non queer, valides. Qui hélas le leur rendent bien et agressent parfois les artistes queer.&#160; Ce surgissement sur nos [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’artiste marseillaise réussit, avec <em>Arcanes</em>, un petit exploit. Les questions nouvelles du féminisme queer et de la convergence des luttes sont souvent, au théâtre, portée par des représentations radicales, voire agressives envers les spectateurices non racisé·es, non queer, valides. Qui hélas le leur rendent bien et agressent parfois les artistes queer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce surgissement sur nos scènes de questions sur la domination masculine et la culture du viol est plus qu’opportun, mais il est aussi clivant. Il est rare que les metteureuses en scène prennent autant soin des specatateurices que dans <em>Arcanes</em>. Parce qu’une narratrice les y emmène comme dans une plongée intime, et qu’<strong>Annaëlle Hodet </strong>est dotée d’une jolie folie, douce et compatissante. Parce que le mythe de Méduse est raconté dans sa cruauté. Violée par Poséidon, transformée en monstre par Athéna pour la punir de son propre viol, pongée au fond des mers, décapitée par Persée, le héros, parce que son regard, involontairement, tue ceux qui s’approchent d’elle… Mais Manon Worms n’en fait pas un étendard, c’est sa douleur qui sera représentée, portée par <strong>Leo Vigouroux</strong>, femme trans qui questionne intrinsèquement la fabrique du genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle incarne aussi, en même temps, la figure de Nelly Arcan, qui écrivait sur la sexualité féminine, la prostitution, la surféminité, ses images et ses contraintes, et qui s’est suicidée en 2009. La comédienne, plongée dans une baignoire, semble muer, enferme son corps dans des gaines de scotch, s’empêche de respirer, de bouger, et incarne toutes les douleurs des sex-symbols qui finissent toutes, Marylin ou Loana, détruites ou suicidées. Annaëlle Hodet, un instant, la rejoint dans ses abysses de Méduse blonde platine, puis remonte avec nous, par paliers, vers un réel plus apaisé. Mais qui n’ignorera plus la douleur des femmes violées, asservies, incestées. Qui modèlent leur corps, leurs ongles, leurs cheveux, leurs cils, leur peau, pour atteindre une hyperféminisation qui leur permet, au moins, de maitriser quelque chose&nbsp;: l’injonction de séduire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 20 juillet</mark> à 19h45 (relâche le 16) à <a href="https://www.festivaloffavignon.com/lieux/33-l-atelier">L’Atelier de la Manutention</a></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Le deuil sied à Électre : O’Neill à toute allure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 15:29:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il fallait oser, et Gwenaël Morin ose toujours, avec plus ou moins de bonheur. Après Le Songe, Quichotte puis Les Perses, c’est avec Électre qu’il « démonte les remparts pour finir le pont », métaphore avignonnaise qu’il file depuis 4 ans dans le jardin de la rue de Mons. Un projet au long cours qui démonte les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il fallait oser, et Gwenaël Morin ose toujours, avec plus ou moins de bonheur. Après <em>Le Songe</em>, <em>Quichotte</em> puis <em>Les Perses</em>, c’est avec Électre qu’il « <em>démonte les remparts pour finir le pont</em> », métaphore avignonnaise qu’il file depuis 4 ans dans le<a href="https://maisonjeanvilar.org"> jardin de la rue de Mons</a>. Un projet au long cours qui démonte les grands mythes littéraires et dramatiques, et construit effectivement des liens entre le répertoire et notre temps. </p>



<p class="wp-block-paragraph">S’attaquer à Électre en choisissant l’adaptation d’O’ Neill, écrite dans les années 1930, superpose plus que jamais les époques et les esthétiques. Dans la tragédie antique – où Agamemnon revient de la guerre de Troie et se fait tuer par son épouse Clytemnestre et son amant Égisthe (fils d’Atrée, cousin d’Agamemnon) – les meurtriers (qui vengeaient Iphigénie sacrifiée par son père, le même Agamemnon) se font à leur tour tuer par Électre et Oreste, fille et fils de Clytemnestre et Agamemnon.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">O’Neill déplace l’intrigue après la guerre de Sécession, dans une Amérique nostalgique de l’esclavage. Le père Mannon devient un juge et un officier sanguinaire, Christine/Clytemnestre une épouse forcée et amoureuse de son Adam (également cousin bâtard de son mari). Mais Lavinia/Électre en est, elle aussi, amoureuse, et Oreste est un fils aux élans incestueux jaloux de sa mère, puis de sa sœur&nbsp;: O’Neill écrit un théâtre psychologique très directement nourri de psychanalyse freudienne, qui se répand à son époque aux États-Unis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gwenaël Morin déplace encore, jouant des échos du texte avec l’Amérique trumpienne et sa nostalgie de l’esclavage, et faisant jouer le père, le fils et l’amant par le même comédien pour bien souligner les glissements oedipiens. L’époustouflant <strong>Grégoire Monsaingeon</strong> joue en particulier la scène du meurtre d’Adam/Égisthe par Oren/Oreste en assumant les deux personnages dans une pantomime hilarante, et pourtant tragique. Le texte est rendu sans costume et sans décor, presque à plat, avec une sonorisation minimale, des changements de rôles, des comédiens constamment à vue. Les didascalies précises, psychologiques, sont lues par un coryphée moderne, <strong>Julian Eggerickx</strong>, qui désosse les intentions et crée les espaces imaginaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les corps alors, et les dialogues, suffisent&nbsp;: <strong>Virginie Colemyn</strong> de sa voix rauque fait rendre gorge à Christine/Clytemnestre, en prise avec son désir et malade de sa maternité non désirée. <strong>Barbara Jung</strong>, à l’Œdipe irrésolu, amoureuse éconduite de son cousin, matricide jalouse,&nbsp; venge son père fascisant, emportée par son désir. La tragédie des Atrides se rejoue dans un backlash de l’histoire, où les femmes ont accès à leur désir, mais pas au pouvoir. Meurtrières car dominées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune des trois pièces de la tragédie d’O’Neill se joue en moins d’une heure, à toute allure, superposant scènes conflictuelles et plaisir du jeu. Les spectateurices sont saisi·es à la fois par le rire et par l’effroi tragique, par l’histoire et par les coulisses du théâtre déployées à vue. Jubilatoire&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Deuil sied à Électre</em> a été créé le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 7 juillet</mark> <br>et se joue <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 23 juillet</mark> au jardin de Mons de la <a href="https://maisonjeanvilar.org">Maison Jean Vilar</a></pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Festival d&#8217;Avignon : La jeunesse coréenne dans un auto-cuiseur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 14:48:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Produit en partie par la Corée du Sud, le focus sur la langue coréenne révèle pourtant la contestation politique de la jeunesse et des classes populaires, en particulier dans ce solo performatif qui tourne depuis 2017 en Europe, et éclaire sur une histoire et un pays que l’Europe connait peu.&#160; La forme est simple, maline [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Produit en partie par la Corée du Sud, le focus sur la langue coréenne révèle pourtant la contestation politique de la jeunesse et des classes populaires, en particulier dans ce solo performatif qui tourne depuis 2017 en Europe, et éclaire sur une histoire et un pays que l’Europe connait peu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forme est simple, maline et très efficace&nbsp;: l’artiste, auteur et performeur, dialogue avec trois autocuiseurs, les seuls interlocuteurs qu’il a pu trouver dans son exil. Les «&nbsp;cuckoos&nbsp;» se disputent, et leurs défaillances sont drôles – celui qui parle le mieux ne sait pas du tout cuire le riz, et le seul qui le fait vraiment bien est muet. Une métaphore&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jaha Koo</strong>, dans cette solitude habitée de robots absurdes, montre les images de révolte et de répression, de mise sous tutelle par le FMI, de faillites en cascades, de suicides en masse de la jeunesse. La Corée du Sud est un des pays au plus fort taux de mort par suicide, en particulier de suicides de mineurs et d’enfants. Une société malade, que les jeunes ne peuvent que fuir, et dont on sent à chaque instant qu’elle est marquée par son histoire, la guerre, la séparation, les répressions, la dictature. Et l’allié occidental qui continue à se comporter en colon économique…</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Cuckoo</em> a été joué du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 au 8 juillet </mark>au Gymnase du lycée Mistral</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Théâtre</em> ici </a></p>
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		<title>4 heures et 17 minutes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:43:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un peu moins de la durée de Maldoror dans la Cour d’Honneur, un peu plus de celle du Deuil sied à Electre au jardin de Mons. À peine. C’est le temps qu’il faut à Total pour encaisser 10 millions de bénéfices nets. 4 heures et 17 minutes suffisent pour accumuler ce bénéfice exceptionnel, dû [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est un peu moins de la durée de <em>Maldoror</em> dans la Cour d’Honneur, un peu plus de celle du <em>Deuil sied à Electre</em> au jardin de Mons. À peine. C’est le temps qu’il faut à Total pour encaisser 10 millions de bénéfices nets. 4 heures et 17 minutes suffisent pour accumuler ce bénéfice exceptionnel, dû à la pénurie d’essence en mars 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">10 millions, c’est le montant du surgel qui met en danger immédiat et inédit 28 établissements financés par l’État. Mais il n’est pas question en France de taxer le capital, même quand il est généré par des profits de guerre. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’État doit gagner plus, pas dépenser moins</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les finances publiques de la France sont en berne faute de recettes fiscales, parce que les plus riches, les entreprises florissantes, échappent à l’impôt et reçoivent même d’abondantes aides publiques. Les riches n’ont jamais été aussi riches en France, mais la seule recette du macronisme est l’austérité. Fermer tous les robinets des dépenses, peu importent les conséquences sur la vie des Français·es, sur l’économie réelle, sur le déficit des caisses sociales, sur l’éducation, la santé, la justice, la culture, l’information, la crise climatique, la disparition du vivant, les finances des collectivités en charge de tâches de plus en plus lourdes. Il faut fermer les robinets, quelles qu’en soient les conséquences réelles, pourvu que les comptables d’État, qui se prennent pour des économistes alors qu’ils n’ont pas lu Keynes (ni Marx évidemment) continuent de sévir en faisant des soustractions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui nous gouvernent semblent ignorer qu’une crise budgétaire n’est pas une crise économique, et que la France reste un pays riche. Ils prennent le risque de nous plonger dans une terrible récession, en asséchant tous les services publics, les associations, les paysans, les commerçants, les artisans, tous ces emplois non délocalisables qui éduquent, soignent, informent, donnent de la joie, permettent l’échange. Sans eux, les inégalités vont se creuser davantage encore, la pauvreté toucher l’ensemble des classes dites moyennes, les étudiants souffrir de la faim, la délinquance et la criminalité exploser faute de juges, la souffrance psychique faute de soignants. Et le racisme, toutes les violences discriminatoires, vont augmenter, parce que les humains en souffrance, quand ils n’ont plus de recours, cherchent naturellement des boucs émissaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un pays sans culture publique est un pays mort</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La manifestation de l’intersyndicale de la culture le 13 juillet à Avignon dépassait la volonté inquiète de préservation d’un secteur, pour entrer dans une phase de combat, enfin ressenti comme nécessaire et légitime, y compris de la part des directeurs nommés par le Ministère. Joris Mathieu, président du Syndeac, expliquait que défendre la culture devait se concevoir en grand, comme un sauvetage global des services publics, comme un projet de société auquel il ne faut renoncer à aucun prix. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, il faut obtenir le dégel immédiat des 10 millions, mais aussi un financement décent de la culture par l’État, à hauteur de 1% de son budget (actuellement de 0,7%). Il s’agit de faire entendre que le combat culturel se mène aujourd’hui sur deux fronts&nbsp;simultanés : contre l’extrême droite et sa nostalgie d’une France fantasmée, blanche, chrétienne et monarchique, ou pétainiste&nbsp;; contre l’extrême-centre qui gouverne en piétinant les intérêts du peuple et en servant les milliardaires qui désindustrialisent le pays et accaparent ses richesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les élus avec la culture</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élus des collectivités locales, premiers financeurs de la culture en France, sont nombreux à signer, à droite comme à gauche, l’appel de l’intersyndicale de la culture pour refinancer la culture publique. Ils savent combien elle est indispensable à la vie économique de leurs territoires et à leurs habitants. Victimes de restrictions budgétaires insensées et intenables, les élus se tiennent aux côtés des acteurs culturels, dans une solidarité inédite entre la droite républicaine et la gauche, face à la folie destructrice d’un gouvernement à bout de souffle et de légitimité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



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		<title>La danse des grands hommes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">La recette de <em><strong>Vaison Danses</strong></em> est simple&nbsp;: il s’agit de programmer les plus prestigieuses compagnies de danse. Dans une certaine variété d’esthétiques, même si toutes défendent une danse qui s’engage physiquement, dialogue avec la musique, et crée des spectacles à la hauteur du Théâtre antique, impressionnant de hauteur. Pas question de prendre de risques&nbsp;: les ballets accueillis doivent remplir l’amphithéâtre et satisfaire un public international de vacanciers réguliers qui attendent une belle danse, pas forcément transgressive, mais contemporaine, et léchée. Pour autant, l’absence de chorégraphe femme cette année dans le théâtre antique est choquant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour fêter ces 30 années, le directeur artistique, <em><strong>Pierre-François Heuclin</strong></em>, a fait appel, le 10 juillet, à <strong>Jean-Christophe Maillot </strong>et son Ballet de Monte-Carlo. <em>Core Meu</em>, reprend et augmente une pièce créée en 2017 sur le sacrifice. Avec désormais 50 danseurs et un ensemble musical, c’est un hommage à Béjart qui reprend, en particulier, la ronde collective, épuisée, de son <em>Boléro</em> mythique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hofesh Shechter</strong> porte lui aussi une danse très physique, et des épuisements. Mais au geste parfait, ample et placé il préfère la vitesse débridée et le poing levé, l’ambiguïté, la blessure qui se combat par le choc et l’énergie<em>. In the Brain</em>, sa nouvelle pièce, est dansée le 15 juillet par son ballet II, 8 jeunes danseurs internationaux qui n’ont rien à envier à sa compagnie I. Et qui sont aussi virtuoses dans des contextes de rave ou de clubbing que lorsque les souvenirs de danses diverses, folkloriques, leur remontent <em>dans le cerveau</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 18, place au ballet de l’Opéra de Lyon avec <em>Mycelium</em>, de <strong>Christos Papadopoulos</strong>, qui propose une danse inspirée des réseaux végétaux, des organismes collectifs, des mouvements cellulaires. Une danse du contact, douce et ample, avant l’arrivée du Ballet de Tunis, avec le <em>Carmen </em>d’<strong>Abou Lagraa</strong>, le 22 juillet. Ou plutôt les Carmens, femmes libres méditerranéennes, multiples, qui affirment leur désir et leur liberté jusqu’au face à face avec la violence des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le Ballet Biarritz de <strong>Christophe Malandain</strong> qui viendra, le 25 juillet, clore le festival dans le Théâtre antique, pour une soirée exceptionnelle, puisque le chorégraphe quitte la direction du Ballet. Le programme <em>Juste une dernière danse</em> repose sur trois pièces classiques (Poulenc, Mozart, Ravel) dont son boléro, pour 12 danseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les femmes au Nymphée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces cinq soirées prestigieuses sans chorégraphes femmes s’ajouteront quatre soirs plus intimes, et un brin plus féminines, au Théâtre Nymphée : le 17 juillet de jeunes danseurs interprèteront du Mourad Merzouki, mais la scène partagée du 20 juillet reposera sur trois chorégraphes lauréat·es de concours internationaux, dont deux femmes. Celle du 11 juillet propose une pièce pour jeune public de <strong>Caroline Breton</strong>, <em>Euphoria</em>, drôle et colorée. Et le 13 juillet le <strong>Ballet junior Preljocaj</strong> reprendra <em>Near Life experience</em>, une très belle pièce du chorégraphe sur les limbes, le passage entre la vie et la mort, et l’inverse aussi, tissé par des bocaux et des fils rouges. Un équilibre F/H dans le petit théâtre, qui devrait pouvoir aussi s’inscrire au Théâtre antique&nbsp;?</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br><strong> Vaison Danses<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 10 au 25 juillet<br></mark></strong>Théâtre Antique et Théâtre du Nymphée, Vaison-la-Romaine</pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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