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AccueilScènesBatsheva : boycotter l’art israélien ?

Batsheva : boycotter l’art israélien ?

Depuis des années, les appels au boycott de la Batsheva Dance Company, et plus particulièrement de Ohad Naharin, n’empêchent pas leur programmation régulière en France. Qu’en sera-t-il en 2025 ?

Naharin virus est programmé au Théâtre Liberté de Toulon, et au Grand Théâtre de Provence. Anafaza, autre reprise d’un chef d’œuvre historique, ouvrira le festival Montpellier danse avant de rejoindre un autre temple, le Théâtre National de Chaillot. 

Ce retour est attendu : la tournée européenne prévue en 2024 avait été annulée par le chorégraphe qui craignait pour la sécurité de ses danseurs. Des appels au boycott sont régulièrement lancés par le BNC palestinien (Boycott National Committee), relayé en France en particulier par le BDS-France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) et l’UJFP (Union des Juifs Français pour la Paix). 

Ceux-ci disent cibler les institutions israéliennes, et non les artistes. Ohad Naharin se défend et explique qu’il prend les subventions mais reste un opposant du régime. Ses œuvres, et en particulier ce Naharin virus, qui fait danser sur des musiques en arabe et devant un mur où l’anagramme « Plastelina » s’inscrit à la craie, sont peu susceptibles d’être interprétées comme défendant lesuprémacisme juif, ou faisant la promotion d’un gouvernement piloté par un criminel de guerre sous mandat d’arrêt international. 

Elles sont aussi (surtout ?) des chefs d’œuvres, et Naharin un des plus grands chorégraphes du monde, qui a fait des émules à la Batsheva Dance Company, comme Emanuel Gat et Hofesh Shechter. Pourtant… 

Un lourd héritage

Ceux-ci ont quitté Israël et travaillent en France et en Angleterre, en conservant la technique GAGA mise au point par Naharin, la force d’une danse très musicale, calligraphique et terrienne, mais en refusant de travailler au « culture-washing » du gouvernement israélien. Qui régulièrement se targue de l’excellence artistique d’un ballet national qui porte le nom de Batsheva de Rothschild, sa fondatrice. Une grande philanthrope des arts, dans la tradition des milliardaires anglais puis américains qui ont érigé le mécénat artistique en concours de générosité, de Rockefeller à Carnegy (qui préférait l’opéra) en passant par Bill Gates et Jeff Bezos.

Une lourde histoire pour la Batsheva Dance Company, qui reste une des compagnies chorégraphiques les plus fascinantes du monde, et le Virus de Naharin une œuvre de résistance. Efficace ? 

AGNÈS FRESCHEL

Naharin virus
Du 27 au 29 mars
Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon
1er et 2 avril
Grand théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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