mercredi 22 mai 2024
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Bourgeons d’espoir à la Magalone

Le temps fort du festival Piano en Fleurs met du baume au cœur

Météo désastreuse oblige, ce n’est finalement pas dans les jardins de la Magalone mais dans sa très belle bastide que s’est tenue cette première journée du festival Piano en Fleurs. Cette troisième édition demeure cependant fidèle à sa tradition, et à l’ambition énoncée par sa fondatrice Amandine Habib : « faire que le public devienne les publics », soit démultiplier les amateurs de musique classique et improvisée, de tous âges et de tous horizons. L’ouverture de la journée du 20 mai ne ressemblait en effet à aucune autre, puisqu’on y a entendu deux jeunes pianistes TSA (trouble du spectre de l’autisme), coachés par leur professeure Snejina Wolff, fondatrice de la méthode PIANOTS, interpréter gaiement des morceaux de leur choix. 

Musique et inclusion

Tout préfigure déjà les interprètes les plus sensibles dans la gestique de ces jeunes musiciens, à l’écoute de leur toucher, de leur son et de leur chant intérieur de façon bien plus prononcée que nombre d’élèves neurotypiques, et dont le plaisir de jouer et la musicalité semblent toujours sincères. S’ensuit une table ronde riche en échanges instructifs et constructifs, où les domaines de l’orthophonie, de la pédopsychiatrie, du droit et de la pédagogie se sont accordés sur les ressources inouïes des enfants neuroatypiques et les possibilités de développement que les arts et la musique peuvent leur permettre de développer. Sans parler de la nécessité de ce travail d’inclusion pour le monde de la musique, et combien ces profils singuliers y demeurent précieux.

Les concerts s’enchaînent ensuite sans que l’on voit le temps passer : belle idée que cette sieste musicale permettant d’entendre, sans les intimider, les élèves des conservatoires. Élèves qui assisteront, médusés d’admiration, aux splendides concerts de Simon Sieger et d’Iddo Bar-Shaï. Le premier, hommage du surdoué de l’improvisation à son maître Famoudou Don Moye, venu l’applaudir, a fait voyager tout l’auditoire d’envolées stravinskiennes bien senties aux syncopes jamais forcées d’un swing à toute épreuve. Le second, annoncé à raison comme un incontournable de Couperin, dont il sait faire parler les images, émerveille également sur Chopin et Scriabine, dont il a choisi avec délicatesse les pièces les plus parlantes. Le raffinement mélancolique de l’un et le goût de la texture de l’autre se distinguent tout d’abord, avant de se conjuguer l’un avec l’autre dans une sorte d’amplification chromatique inouïe. Du piano de haute volée !

SUZANNE CANESSA

Cette journée de Piano en Fleurs s’est tenue le samedi 20 mai à la Bastide de la Magalone.
À venir
Prochain rendez-vous le 24 juin à Fontblanche (Vitrolles) et au parc de Bagatelle.
Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
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