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	<title>Archives des Critiques - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Critiques - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Wishes Tree » : les vœux colorés de Raeda Saadeh </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Bordenave]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:38:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’un bord de la Méditerranée à l’autre, Raeda Saadeh déploie régulièrement autour d’elle son immense robe blanche de vestale, pour recueillir les voeux et souhaits des passants. En 2012, c’était à l’orée de la médina de Tunis durant le festival Dream City, dans une capitale bouleversée par la récente révolution. Au printemps suivant, c&#8217;était à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">D’un bord de la Méditerranée à l’autre, <strong>Raeda Saadeh</strong> déploie régulièrement autour d’elle son immense robe blanche de vestale, pour recueillir les voeux et souhaits des passants. En 2012, c’était à l’orée de la médina de Tunis durant le festival Dream City, dans une capitale bouleversée par la récente révolution. Au printemps suivant, c&rsquo;était à l’Estaque dans le cadre de Marseille-Provence 2013. Pour sa deuxième venue à Marseille, c’est sur le Vieux-Port que l’artiste palestinienne a posé son dispositif, dans le cadre d’un temps fort de l’ouverture de la <em><a href="https://saisonmediterranee2026.culture.gouv.fr">Saison Méditerranée,</a></em> fomenté notamment par Lieux Publics. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sublime point de vue, qui magnifie et décuple la portée de sa performance <em>Wishes Tree</em>. Interpellés par l’installation, les badauds de passage se voyaient invités à écrire leurs voeux sur des papiers de tissus colorés, puis à les déposer aux pieds de l’artiste. Peu à peu, la robe immaculée se parait ainsi de pigments, récoltant symboliquement les aspirations d’une communauté à un instant T. Un instantané poétique, un rituel psychomagique appelant à conjurer le sort, comme l’espace public sait en inventer pour faire communion de manière éphémère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En matière de symbole, Raeda Saadeh s’y connaît, elle dont la vidéo <em>Vacuum</em> a déjà fait le tour du monde : véritable Sisyphe moderne, l’artiste y passe l’aspirateur en plein désert, dans une boucle spatiale suspendue, entre Jéricho et la mer Morte, s’attelant avec ténacité à une tâche perdue d’avance. Rappelons qu’une poignée de semaines auparavant, c’était dans les jardins du Pharo que l’artiste <strong>Ari Hamot</strong>, dans le cadre de la Biennale des arts du réel, procédait à la lecture de lettres rédigées par des spectateurs à l’adresse de leurs ancêtres, avant de les envoyer à la mer (une étape du cycle <em>Mange tes maux</em>, création 2027). Face à elle et aux spectateurs assemblés, la flottille en partance pour Gaza, faisant escale temporairement dans le bassin du J4, donnait une résonance particulière à ces actes artistiques prenant la Méditerranée comme miroir, en appelant à la résistance comme à la réconciliation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">JULIE BORDENAVE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Whishes Tree</em> se tenait le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">17 mai </mark>sur le Vieux-Port de Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes </em>ici </a></p>
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		<title>« Turandot » à Avignon : une vérité bouleversante signée Paco Azorín</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:24:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Turandot occupe dans l’œuvre de Puccini une place décidément étrange. Après Tosca, La Bohème ou Madama Butterfly, où le compositeur avait porté à son plus haut degré la vérité immédiate de l’émotion, son dernier ouvrage semble avancer dans une matière moins lisible, plus archaïque, plus inquiétante. Le vérisme n’y est plus seulement ce naturalisme lyrique [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Turandot</em> occupe dans l’œuvre de Puccini une place décidément étrange. Après <em>Tosca</em>, <em>La Bohème</em> ou <em>Madama Butterfly</em>, où le compositeur avait porté à son plus haut degré la vérité immédiate de l’émotion, son dernier ouvrage semble avancer dans une matière moins lisible, plus archaïque, plus inquiétante. Le vérisme n’y est plus seulement ce naturalisme lyrique qui donne chair aux passions humaines : il devient une puissance d’enveloppement. L’orchestre, immense, presque wagnérien par sa capacité à cerner les êtres, n’écrase jamais les personnages. Il les écoute, les poursuit, les plaint. Même dans le faste, même dans la cruauté, Puccini garde cette empathie profonde qui fait trembler la musique au plus près des corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car <em>Turandot</em> ne raconte pas une histoire simple. La légende chinoise dont s’inspire le livret place face à face une princesse de glace, un homme obstiné, un peuple soumis et des énigmes mortelles. La séduction n’y est pas un abandon, mais un combat d’âme à âme. L’amour y marche avec la mort, sans que la mort soit tout à fait une ennemie. Elle est plutôt la vérité qui arrête le mensonge du pouvoir, l’endroit où le mythe cesse de briller pour redevenir humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La vérité de Liù</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que la production trouve sa force. Giacomo Puccini meurt avant d’avoir achevé son opéra, en laissant la partition au seuil de la mort de Liù. <strong>Paco Azorín</strong> prend ce silence au sérieux. Il ne cherche pas à recoudre artificiellement le conte par le duo final ajouté après la disparition du compositeur. Il laisse l’œuvre s’arrêter là où elle devient la plus bouleversante : devant cette jeune femme qui aime sans posséder, qui protège sans réclamer, qui meurt sans disparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Claire Antoine</strong> fait de Liù le plus beau personnage de la soirée. Sa voix ne force jamais l’émotion ; elle la laisse apparaître, presque malgré elle. Chez Liù, la résignation n’est pas une faiblesse : elle est la forme même de sa moralité, mais aussi l’expression trouble d’un désir qui tient autant à la vie qu’à la mort. Elle aime, elle protège, elle s’efface, et cet effacement devient le vrai centre de gravité de l’opéra.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour d’elle, la rizière imaginée par Paco Azorín devient un paysage de domination et de patience, un monde plié sous le joug où le peuple observe, travaille, tremble, puis se redresse. Le Chœur de l’Opéra Grand Avignon, préparé par <strong>Alan Woodbridge</strong>, et la Maîtrise dirigée par <strong>Christophe Talmont</strong> ne sont pas de simples masses sonores : ils incarnent cette foule instable, capable d’effroi, de violence et de compassion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la direction de <strong>Federico Santi</strong>, l’<strong>Orchestre national Avignon-Provence </strong>donne toute son ampleur à une partition-monument. On y entend les couleurs modales inspirées par une Chine rêvée, l’héritage verdien des cordes, la poussée postromantique. <strong>Catherine Hunold</strong> donne à Turandot une autorité glaciale, <strong>Mickael Spadaccini</strong> affronte Calaf avec vaillance, mais c’est bien Liù qui déplace le centre de gravité de l’œuvre. Cette belle production referme avec cohérence la saison consacrée aux mythes, avant que <em>La Belle Hélène</em> ne vienne, en juin, achever l’année sur un tout autre éclat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Turandot</em> a été joué donné les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 et 17 mai </mark>à l<a href="https://www.operagrandavignon.fr">’Opéra Grand Avignon</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>
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		<title>« Gaza ô ma joie » d’Hend Jouda, écrire malgré l’innommable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 08:59:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment écrire après la catastrophe, l’horreur absolue, la mort&#160;? La question s’est posée aux artistes après la Seconde Guerre mondiale, et résolue par des œuvres aux codes bouleversés et abrupts. Pour Hend Jouda, il ne s’agit pas d’écrire après, mais d’écrire pendant la catastrophe. De l’écrire. Ce qu’elle fait. Et avec la même force que [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Comment écrire après la catastrophe, l’horreur absolue, la mort&nbsp;? La question s’est posée aux artistes après la Seconde Guerre mondiale, et résolue par des œuvres aux codes bouleversés et abrupts. Pour <strong>Hend Jouda</strong>, il ne s’agit pas d’écrire après, mais d’écrire pendant la catastrophe. De l’écrire. Ce qu’elle fait. Et avec la même force que Char, Desnos ou Éluard pendant la guerre, ses mots traversent les consciences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Je me fais violence pour conserver, malgré mon humeur, ma voix d’encre&nbsp;»</em>, écrivait René Char depuis son maquis. Hend Jouda dit «&nbsp;<em>Je ne veux pas être poète en temps de guerre</em>&nbsp;». Et l’est pourtant, malgré elle. Réfugiée en Égypte avec ses enfants, «&nbsp;<em>en sécurité en temps de guerre</em>&nbsp;» elle ne sait pas comment s’excuser d’être en vie, de boire un café, de «&nbsp;<em>la possibilité d’une douche</em>&nbsp;», face à des «&nbsp;<em>oiseaux sans nid</em>&nbsp;», des «&nbsp;<em>enfants pâles après la mort</em>&nbsp;», des «&nbsp;<em>mères tristes / ou tuées</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son esprit, son corps, son écriture, n’ont pas quitté ces «&nbsp;<em>rues pulvérisées</em>&nbsp;» et ses voisins morts, par dizaines, par centaines, par milliers. Ni sa tente, piètre refuge sous les missiles qui sifflent, où le sable s’immisce et persiste, inarrêtable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les poètes témoignent</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Hend Jouda parle, ajuste son foulard entre chaque poème, fait sonner son sourire et sa langue au-delà, au travers de la douleur. Elle fait sentir furtivement, douloureusement, la douceur du pied d’un enfant mort, la mer qui continue de sourire, contre la mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Le désespoir est un pêcheur obstiné /je suis son poisson convoité.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce verset ponctue le spectacle, sépare les poèmes, qui disent les plaies de Gaza mais aussi le souffle de vie, d’amour, de joie, qui résiste. La bande son, discrète, permet de courtes respirations, aussi métaphorique que les mots&nbsp;: la chanson de Solveig, attente sans espoir d’une femme seule, des ressacs, et le bourdonnement obstiné des missiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être la langue sublime des poètes pourra-t-elle enfin s’entendre, et agir dans les consciences comme le poème d’Éluard en temps de guerre&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Et par le pouvoir d’un mot / je recommence ma vie</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Je suis né pour te connaitre / pour te nommer</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Liberté.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nommer Gaza, et connaitre à nouveau la joie.</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>Gaza ô ma joie a été joué <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">les 18 et 19 mai</mark> au <a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr/" type="link" id="https://www.chateauvallon-liberte.fr/">Théâtre Liberté</a>, Scène nationale de Toulon.<br><br> Le texte est publié aux éditions suisses Héros-Limites</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="1017" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=696%2C1017&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136650" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=701%2C1024&amp;ssl=1 701w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=768%2C1122&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=1051%2C1536&amp;ssl=1 1051w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=1402%2C2048&amp;ssl=1 1402w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=150%2C219&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=300%2C438&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=696%2C1017&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=1068%2C1561&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/05/Hend_Jouda_couv_visuel2-scaled-1.jpeg?w=1752&amp;ssl=1 1752w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/gaza-o-ma-joie-dhend-jouda-ecrire-malgre-linnommable/">« Gaza ô ma joie » d’Hend Jouda, écrire malgré l’innommable</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>Saison Méditerranée : trois voix du maghreb résonnent au Pharo</title>
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		<pubDate>Wed, 20 May 2026 08:35:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un violon commence à jouer, suivi par une batterie, une darbouka et un clavier. Devant le Palais du Pharo, une petite foule se regroupe au pied de la scène malgré le vent frais. Après quelques minutes, la voilà qui arrive, en tenue verte qui rappelle les vêtements traditionnels marocains. Sous les youyous du public, Najat [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Un violon commence à jouer, suivi par une batterie, une darbouka et un clavier. Devant le Palais du Pharo, une petite foule se regroupe au pied de la scène malgré le vent frais. Après quelques minutes, la voilà qui arrive, en tenue verte qui rappelle les vêtements traditionnels marocains. Sous les youyous du public, <strong>Najat Aâtabou</strong> entame une première chanson, accompagnée de ses musiciens qui s’avèrent aussi être ses choristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grand sourire aux lèvres, la reine du chaâbi enjoint ses fans à taper des mains. Sur scène, l’artiste interprète ses plus grands morceaux, complice avec son public, extatique devant cette icône de la chanson populaire marocaine. L’ambiance atteint son apogée lorsqu&rsquo;elle entame son titre <em>Goul el hak el mout kaina, </em>qui parle d’infidélité et de mensonge. Drapeau marocain sur le dos, Najat Aâtabou danse fièrement. La foule, elle, semble s’identifier aux paroles. Quand la chanteuse s’y adresse pour la dernière fois, son <em>« Je vous aime beaucoup » </em>est rapidement noyé par les youyous et les cris de joie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Scène en mouvement</mark></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> C’est fou de passer après Najat, c’est une grande dame </em>»<em>. </em>Quand <strong>Nayra</strong> monte sur scène, ses premiers mots sont pour son aînée. La jeune chanteuse franco-marocaine dit son émotion de partager la scène avec deux autres chanteuses du Maghreb. Après quelques morceaux mélancoliques, dont un «<em> dédié aux personnes anxieuses </em>», Nayra se met à rapper. Ses textes sont modernes, son flow incisif et rapide. De son concert, on retient sa bonne humeur et ses messages engagés. Après un «<em> Les garçons à la poubelle </em>»<em>, </em>Nayra achève sa performance sur un «<em> Tahya Falastin </em>», suivi d’un appel à «<em> voter LFI en 2027 </em>»<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est finalement <strong>Emel</strong>, chanteuse tunisienne, qui clôture cette soirée éclectique. Devant un public réduit par un mistral tenace, elle entame un chant envoûtant et contemporain, accompagnée de cymbales et d’un synthétiseur. Sans un mot, Emel danse, mystérieuse, vêtue d’une robe rouge et d’une imposante couronne. Sous les lumières rouges de la scène, le Palais du Pharo résonne, porté par les héritières du futur.</p>



<pre class="wp-block-verse">IVANIE LEGRAIN<br><br>Concert donné <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 16 mai</mark> dans le cadre de l’ouverture de la <a href="https://musees.marseille.fr/la-saison-mediterranee-2026" type="link" id="https://musees.marseille.fr/la-saison-mediterranee-2026">Saison Méditérannée</a> au Palais du Pharo, Marseille.</pre>



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		<title>Les Goûteuses d&#8217;Hitler : Sept femmes à table</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 08:04:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Prusse Orientale. Novembre 1943. L’Allemagne est en train de perdre la guerre. Rosa arrive épuisée, affamée, dans la ferme de ses beaux-parents et s’effondre dans les bras de sa belle-mère. Sur les conseils de son mari Gregor qui se bat sur le front russe, elle a quitté Berlin, bombardée par les Alliés. A la campagne, on mange encore à sa faim, malgré les réquisitions de l’armée qui occupe toutes les forêts environnantes. En effet, le village est voisin d’un des QG d’Adolf Hitler&nbsp;: la Wolfsschanze (la Tanière du Loup). Le führer y séjourne très souvent dans ces années-là. Comme tous les autocrates, il craint pour sa vie et dans le sillage des empereurs romains ou de son nouvel ennemi Staline, il redoute l’empoisonnement. Des femmes allemandes du coin vont être «&nbsp;recrutées&nbsp;», sans leur consentement, pour goûter tous les plats qui lui sont servis. Rosa (<strong>Elisa Schlott</strong>) sera l’une d’elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet épisode méconnu a été révélé en 2012 par une des goûteuses d’Hitler, âgée alors de 95 ans&nbsp;: <strong>Margot Woelk,</strong> seule survivante de la guerre. <strong>Rosella Posterino</strong> en a fait un roman. De ce roman <strong>Silvio Sordini</strong> a fait un film. Une fiction historique, donc. Colorée par <strong>Renato Berta</strong> en bleu, gris et brun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film suivra chronologiquement l’expérience traumatisante de ces femmes, de saison en saison, pendant deux ans jusqu’à la débâcle et la retraite allemande face aux Soviétiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vraies goûteuses étaient 15. Le réalisateur limite son groupe à 7. Augustine (<strong>Thea Rashe</strong>), Heike (<strong>Olga Von Luckwald</strong>), Leni (<strong>Emma Falk</strong>), Sabine (<strong>Kriemhild Hamann</strong>), Ulla (<strong>Berit Vander</strong>), Elfriede (<strong>Alma Hasun</strong>), Rosa. Ce sont des femmes seules du coin. Sauf Rosa, surnommée avec mépris «&nbsp;la Berlinoise&nbsp;». Veuves de guerre, ou en sursis de l’être, mères de famille privées du père de leurs enfants, jeune fille rêvant d’un mari, célibataire nièce de pasteur, jeune fanatique nazie… Chacune a sa personnalité, et une façon différente de s’adapter à la situation. Entre elles, naissent dissensions, jalousies et amitié. Elles se rejoignent dans cette condition féminine où leur corps ne leur appartient pas&nbsp;: sacrificiel pour leur führer qui en fait des «&nbsp;rats de laboratoire&nbsp;», objet de désir ou procréateur patriotique. Dans la scène récurrente&nbsp;des repas, autour d’une table nappée de blanc, présidée par le chef cuistot qui commente ses préparations sophistiquées et les goûts culinaires d’Hitler, végétarien et amateur de desserts, elles partagent la même peur, entourées de soldats prêts à leur tirer une balle dans la tête si elles refusent de manger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le Mal et ses</strong></mark> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">frontières </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne verra rien de la guerre. On ne verra d’Hitler, que le portrait encadré au mur de la salle à manger de la ferme, et une image de dos, de loin. Comme dans <em>La Zone d’Intérêt</em> de <strong>Jonathan Glazer</strong>, le Mal est là, sans être directement représenté. Dans les faits et les esprits : la propagande radiophonique qui nie la réalité, les camps d’extermination, la suspicion, la délation, la traque des juifs et des avorteuses. Le récit se fait du point de vue de Rosa, l’«Etrangère&nbsp;», venue de la Capitale, vêtue de robes trop élégantes. Le scénario en fait un personnage positif et trouble, faible et fort, perdant peu à peu l’espoir et gagnant en conscience. Se détachant peu à peu d’un mari dont il ne lui reste que quelques photographies, de maigres souvenirs, une voix off, et des lettres. La liaison consentie et secrète qu’elle entretient avec le lieutenant SS Ziegler (<strong>Max Riemelt)</strong> -surnommé à juste titre par ses amies «&nbsp;le Salaud&nbsp;», interroge. Sa naïveté face aux crimes nazis aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De belle facture classique, le film semble parfois se disperser et céder au romanesque, avec une demi-rédemption du Méchant en final. Mais plus que la fascinante fiction et sa signification symbolique, ce qui mérite d’être retenu ici, c’est la question de la participation ou de la résistance à un régime auquel on appartient de gré ou de force. Une question toujours renouvelée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 20 mai 2026</p>
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		<title>Saison Méditerranée : Taoufik Izeddiou et Mohamed el Khatib ouvrent le spectacle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 07:55:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce 16 mai il faisait froid, le vent pénétrait jusqu’aux os. Mais peu importe la ferveur était là, à la hauteur de l’événement et du symbole&#160;: sur le port de Marseille, sur l’Esplanade Gisèle Halimi – avocate féministe juive du FLN – au pied d’un musée d’État, sur ce rivage qui a accueilli tant [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En ce 16 mai il faisait froid, le vent pénétrait jusqu’aux os. Mais peu importe la ferveur était là, à la hauteur de l’événement et du symbole&nbsp;: sur le port de Marseille, sur l’Esplanade Gisèle Halimi – avocate féministe juive du FLN – au pied d’un musée d’État, sur ce rivage qui a accueilli tant de migrants mais aussi arrêté ceux qui fuyaient la mort nazie et emprisonné illégalement à Arenc des milliers d’Algériens – sans prétexte d’OQTF. Dans ce port qui a aussi causé la propagation de la grande peste de 1720 par cupidité des marchands, mais permis pendant des siècles la circulation des nourritures, des hommes et des idées, <strong>Taoufik Izeddiou</strong> a convoqué et embrassé toute la richesse de Marseille avec <em>Danser ma ville</em>, une magnifique ode à la tendresse et au commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vers le commun</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En résidence au Théâtre Joliette, le chorégraphe marocain a rassemblé une soixantaine d’amateurs autour de six danseurs et trois musiciens professionnels. Adepte d’une danse pour tous, pour toutes, praticable à partir de la marche et de quelques mouvements simples, reproductibles avec des dynamiques et des ampleurs adaptées à chacun·e, Taoufiq Izeddiou a conçu son spectacle en crescendo, du singulier vers le pluriel, le commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Danser ma ville</em> ouvre avec les trois musiciens tissent une partition faite de tradition (percussion sur peau tendue, mélopées modales) et d’électro, d’amplification de sons produits par piétinement… que six danseureuses viennent ensuite habiter de leurs corps. Des corps indépendants, dansant sans assignation genrée les mêmes gestes énergiques, empruntant aux traditions méditerranéennes et africaines, juives aussi, et les mêlant à des figures de danses urbaines et contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Cette rencontre des cultures chorégraphiques se déploie jusqu’à ce que les amateurs viennent les rejoindre. Des corps de tous les âges, âgés souvent, féminins pour la plupart. Certains que l’on connait pour les avoir vus souvent dans les projets collectifs. Ils se regardent, s’approchent deux à deux, s’enlacent, se détachent, vont lentement chercher une autre accolade, puis forment groupe, avancent, dansent, ondulent ensemble comme des flots, comme un organisme unique. Les corps les plus âgés, déploient des forces moindres mais d’autant plus émouvantes, humaines, fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une métaphore limpide de ce que la ville, la Méditerranée, le monde pourraient être si on laissait les corps parler, danser, se toucher, les regards se croiser, et les souffles s’accorder ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le Parlement des mères</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Mères méditerranées</em> <strong>Mohamed el Khatib</strong> délivrait le même message, accueilli dans l’auditorium du Mucem, le vent rendant la représentation à l’extérieur impossible. Un repli qui a suscité la frustration des centaines de spectateurs, mais n’a pas amoindri l’enthousiasme de ceux qui ont assisté à l’une des deux représentations, même si le feu d’artifice prévu pour lier les deux parties du spectacle n’a pas pu être tiré. Seulement évoqué par une enfant malicieuse, qui donnait aussi le ton du spectacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malicieux et drôle, ce <em>Mères Méditerranées</em> est aussi grave et profond, ce qui est sans doute la marque de fabrique du théâtre de Mohamed el Khatib qui part de rien, de l’intime, d’une voiture, d’une anecdote, d’un objet, pour laisser éclore l’universel. Dans <em>Israël &amp; Mohamed</em>, créé avec Israël Galvan, il réglait son compte aux pères et réparait le lien culturel andalou, par la métaphore du foot, et du ligament d’un genou qui flanche. Avec <em>Mères méditerranée</em>, programmé par le Mucem dans le cadre de son exposition <em>Bonnes Mères</em>, ce sont les mères qui ont la parole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l’écran se succèdent des images d’archives guerrières et coloniales, de fantasias, mettant en scène des hommes violents, mais aussi victimes. Elles alternent avec des interviews de mères qui défendent leur couscous, et parlent surtout de leurs inquiétudes pour leurs enfants. Qui pour certaines, palestinienne, libanaise, sont de la pure terreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur scène d’autres femmes, parfois les mêmes, complètent les témoignages et se disputent le meilleur houmous, mais aussi sur la violence des hommes, sur leur domination. La femme juive voudrait que toutes les femmes de Méditerranée puissent dire non à leur mari, l’Italienne voudrait couper les couilles des auteurs de féminicides, et toutes refusent leur guerre. Les Maghrébines de Marseille s’indignent que les Français aiment leur couscous, mais pas leurs enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur «&nbsp;parlement&nbsp;» devient, au fil du spectacle, de plus en plus politique, jusqu’à une proclamation commune qui exige que le monde entende enfin leur voix. Et leur accorde la liberté d’être ou de ne pas être mère, de disposer de leur corps, de circuler librement d’une rive à l’autre. Elles implorent, surtout, de «&nbsp;<em>cesser le feu</em>&nbsp;». Car «&nbsp;<em>chaque mère morte est un océan de larmes, une bombe à retardement</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Assigner la paix et l’avenir aux femmes, la guerre et la mort aux hommes, est certainement réducteur. Mais l’urgence méditerranéenne est devenue celle du monde, et exige sans doute qu’on écoute enfin ces voix sincères, qui seules dessinent un futur désirable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



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		<title>De l&#8217;Inquisition à Goa, un voyage sonore et spirituel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 07:43:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Julien Grassen Barbe, pianiste, compositeur et ethnomusicologue, bercé dès l&#8217;enfance par la liturgie des communautés judéo-portugaises de Bordeaux et de Bayonne, est allé à la rencontre d&#8217;anciens, dépositaires de chants transmis de génération en génération, aujourd&#8217;hui menacés de disparition. Grâce à une résidence à l&#8217;Espace Culturel de Chaillol, financée par la Drac, il a pu [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Julien Grassen Barbe</strong>, pianiste, compositeur et ethnomusicologue, bercé dès l&rsquo;enfance par la liturgie des communautés judéo-portugaises de Bordeaux et de Bayonne, est allé à la rencontre d&rsquo;anciens, dépositaires de chants transmis de génération en génération, aujourd&rsquo;hui menacés de disparition. Grâce à une résidence à l&rsquo;Espace Culturel de Chaillol, financée par la Drac, il a pu bâtir ce programme ambitieux en s’entourant de trois musiciens magnifiques : <strong>Misja Fitzgerald Michel </strong>à la guitare, <strong>Denis Teste</strong> aux singuliers surbahar et esraj et <strong>Ciro Montanari</strong> aux tablas et percussions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>¡ Adios Toledo ! </em>est une aventure musicale collective sur les traces de Garcia da Orta, médecin séfarade du XVI<sup>e</sup> siècle qui, fuyant les bûchers de l&rsquo;Inquisition, trouva refuge à Goa, colonie portugaise sur la côte ouest de l&rsquo;Inde. Il pratiqua le judaïsme en secret tout en se formant à la médecine ayurvédique. Il incarne l&rsquo;esprit du projet : fidélité à la tradition et ouverture à l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mélodies qui s&rsquo;enchaînent puisent dans la liturgie, notamment les <em>kina</em> – lamentations – transmises à Grassen Barbe par deux anciens aujourd&rsquo;hui disparus. « <em>Ce sont des blues séfarades</em> », dit le pianiste. Les mélodies sont envoûtantes, portées par le piano et soutenues par les cordes sympathiques du surbahar qui vibrent. Grassen Barbe n’aime pas le terme de musique « métissée ». Il préfère celui d&rsquo;hybridation, au sens où le philosophe Bruno Latour l&rsquo;entendait : non pas la fusion de deux choses qui s&rsquo;effacent mutuellement, mais la rencontre de deux systèmes qui conservent leur cohérence tout en produisant quelque chose de plus, d&rsquo;inattendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines pièces glissent du jazz à l’orient ou vers les ragas de l&rsquo;Inde classique. Le pianiste cite ses boussoles : Maurice El Medioni, Mustapha Skandrani, le pianiste de Reinette l’oranaise mais aussi Chick Corea ou Ravel et rend hommage à deux hérauts de la fraternité, Martin Luther King et le rabbin Abraham Joshua Heschel, qui défilaient ensemble contre le racisme. « <em>Il faut du courage, cet élan du cœur pour se rencontrer dans la différence</em> » estime le compositeur dont la musique invite aussi à célébrer les fêtes&nbsp;: Rosh Hashana, le son du shofar à Kippour, les prières de Chabbat. Le mélange avec des fragments de ragas crée une transe douce, un balancement entre synagogue et temple hindou.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br> Le concert s’est déroulé<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> le 15 mai </mark>au <a href="https://www.lepetitduc.net/" type="link" id="https://www.lepetitduc.net/">Petit Duc</a>, Aix-en-Provence).</pre>



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		<title>« Incorrigibles », des corps sous contrôle à l’Ouvre-Boîte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 09:43:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Océane Chapuis]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre de l’Ouvre-Boîte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Incorrigibles, Océane Chapuis et Jeanne Zerwetz partent d’un fait historique précis : l’envoi de femmes au bagne de Guyane, entre 1859 et 1905, dans une logique coloniale où la peine ne s’arrête pas à l’enfermement. Il faut encore travailler, obéir, peupler. La pièce n’en fait ni une fresque scolaire, ni un tableau misérabiliste. Elle [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Incorrigibles</em>, <strong>Océane Chapuis</strong> et <strong>Jeanne Zerwetz </strong>partent d’un fait historique précis : l’envoi de femmes au bagne de Guyane, entre 1859 et 1905, dans une logique coloniale où la peine ne s’arrête pas à l’enfermement. Il faut encore travailler, obéir, peupler. La pièce n’en fait ni une fresque scolaire, ni un tableau misérabiliste. Elle choisit la danse, c’est-à-dire le corps, pour raconter ce que l’administration pénitentiaire et coloniale a voulu confisquer aux femmes : le mouvement, le désir, le choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forme est brève, mais très construite. Elle raconte la contrainte, l’attente, la surveillance, la tentative d’échappée. Une histoire violente, mais il refuse de réduire celles qui l’ont traversée à leur malheur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La contrainte n’a pas le dernier geste</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les corps sont empêchés, mais jamais punis par la chorégraphie. Une courte échelle devient désir de fuite. Les corps se superposent, s’étreignent, s&rsquo;accroissent, comme s’ils cherchaient à fabriquer plus d’espace que la scène ne leur en donne. Une parade nuptiale tourne au pugilat : la scène est difficile, parce qu’elle dit la violence faite aux femmes dans les situations de détention, de migration, de dépendance. Mais elle est tenue avec assez de netteté pour ne pas devenir complaisante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux danseuses et chorégraphes, formidables, initient un langage expressif, très lié au théâtre. Leurs visages, leurs regards, leurs ruptures de rythme ouvrent le récit sans le condamner à la simple pantomime.<em> Incorrigibles</em> montre ainsi, sans ambages, l’inventivité de corps que l’on voudrait assigner, et qui trouvent pourtant le moyen de se déployer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Incorrigibles </em>a été joué le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 mai</mark> à l’<a href="https://www.theatrelouvreboite.fr">Ouvre-Boîte</a>, Aix-en-Provence.<br><br><strong>À venir</strong><br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">12 au 16 juillet</mark> à 11 h à la Chapelle du Verbe Incarné, dans le cadre du Festival Off Avignon.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Un Rhin à sec</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 09:02:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sait bien pourquoi l’Opéra de Marseille peut aisément remplir sa vaste salle avec L’Or du Rhin : Wagner suffit. Cette musique, inouïe, inimitable, qui charrie ses leitmotivs entêtants, ses sortilèges, ses poisons, son or maudit, cet univers à la fois redoutablement fascinant et, au fond, peu intimidant. Cet héritage politique plus que questionnable, également [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On sait bien pourquoi l’Opéra de Marseille peut aisément remplir sa vaste salle avec <em>L’Or du Rhin</em> : Wagner suffit. Cette musique, inouïe, inimitable, qui charrie ses leitmotivs entêtants, ses sortilèges, ses poisons, son or maudit, cet univers à la fois redoutablement fascinant et, au fond, peu intimidant. Cet héritage politique plus que questionnable, également : mais le goût du compositeur pour le symbole et l’allégorie demeure toujours matière à réflexion et à création pour des metteurs et metteuses en scène de talent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans attendre quoi que ce soit du travail souvent déroutant de <strong>Charles Roubaud</strong>, on était cependant loin de se figurer une mise en scène aussi effarante de bêtise. L’ouverture, transposée à la « Rheinbank », où Alberich devient technicien de surface, est le moindre de ses égarements. Car tout s’enchaîne dans un mauvais goût obstiné : Walhalla façon Trump Tower, vidéos monstrueuses puant l’IA, costumes impossibles, perruques blondes pour les Filles du Rhin, rousses pour les Géants, brunes pour les autres. A-t-on seulement considéré l’impensé que ces signes charrient ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livret de Wagner est un champ miné : sexisme, antisémitisme, pulsions de domination, corruption du désir par la propriété. Il y avait là de quoi ouvrir l’espace, produire de la métaphore, installer une atmosphère vénéneuse. Rien. La mise en scène s’abandonne au premier degré, à cette vieille droite réactionnaire qui se rêve populaire parce qu’elle confond accessibilité et avilissement. <strong>Samy Camps</strong>, en Loge, est même le cas le plus rageant : la scène l’enferme dans une caricature sur-maniérée, quand la voix, elle, a tout du rôle – le nerf, la précision, l’éclat acide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le mythe n’est pas un décor</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la musique, heureusement. <strong>Michele Spotti</strong>, moins lyrique et langoureux que dans le <em>Tristan</em> dont il avait récemment sublimé le <em>Prélude</em> et la <em>Liebestod</em>, conduit ici l’Orchestre Philharmonique en très grande forme avec une tension remarquable, claire, tenue, attentive au drame plus qu’à l’effet. Le plateau vocal, largement francophone, tient lui aussi plus qu’honorablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Filles du Rhin – <strong>Amandine Ammirati, Marie Kalinine </strong>et <strong>Lucie Roche</strong> – forment un trio très complémentaire, où les timbres se répondent sans jamais se dissoudre. <strong>Élodie Hache</strong> en Freia et <strong>Marion Lebègue</strong> en Fricka sont impeccables, l’une droite et lumineuse, l’autre charpentée, souveraine. Quant à <strong>Zoltán Nagy</strong>, il impose un Alberich d’une densité superbe, assez mordant pour rappeler que la malice n’a pas besoin d’être grimée pour inquiéter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’Or du Rhin </em>a été joué à l’Opéra de Marseille du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 au 13 mai</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>
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		<title>Electro, pop, rock… Orizon Sud a fait vibrer l’Espace Julien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 07:42:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>30 minutes. C’est le temps dont disposait chaque groupe et artiste, jeudi 7 mai, pour faire ses preuves sur la scène de l’Espace Julien. Organisé par le Makéda, l’objectif du tremplin Orizon Sud est toujours le même : révéler et accompagner les talents musicaux émergents de la Région Sud et du département du Gard. 110 [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/electro-pop-rock-orizon-sud-a-fait-vibrer-lespace-julien/">Electro, pop, rock… Orizon Sud a fait vibrer l’Espace Julien</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">30 minutes. C’est le temps dont disposait chaque groupe et artiste, jeudi 7 mai, pour faire ses preuves sur la scène de l’Espace Julien. Organisé par le Makéda, l’objectif du tremplin Orizon Sud est toujours le même : révéler et accompagner les talents musicaux émergents de la Région Sud et du département du Gard. 110 au départ, ils n’étaient plus que cinq à se présenter face au jury et au public pour la grande finale. Après plus de quatre heures de spectacle, c’est finalement <strong>Zoon Kara</strong>, groupe « fraîchement débarqué de la planète X », qui remporte cette 16<sup>e</sup> édition du tremplin. Un duo composé de la voix soul de Chamdou et du looper de Gigila. La clé d’une musique électro aux rythmes entraînants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième de la soirée à performer, dans une salle de spectacle jusque-là peu remplie, Zoon Kara a su attirer les foules, remplissant rapidement les lieux. Le public, visiblement conquis par la performance et leurs chansons <em>Una lacrima</em> ou <em>Enfant timide</em>, a chanté et dansé tout du long. Ils l’avaient annoncé dès le début : leur objectif était de « <em>faire rentrer le public dans leur univer</em>s ». Un pari largement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une ambiance contrastée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Même engouement du public pour <strong>FireClub</strong> et <strong>Blasta Collective</strong>, deux groupes aux rythmes entraînants. <strong>Mathilde</strong> et <strong>Noé Extrat</strong>, deux artistes solo à la musique plus mélancolique, ont malheureusement dû faire face à un public bruyant et peu attentif. Un comportement regretté par l’organisation, qui a demandé à deux reprises le calme…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’organisateur du tremplin a préféré garder le mystère quant à la récompense accordée au vainqueur, celui-ci bénéficie généralement de coaching scénique, de sessions d’enregistrement ainsi que de dates de concert. Les années passées, les gagnants ont notamment été programmés à la <em>Fiesta des Suds</em> et au <em>Delta Festival</em>.</p>



<pre class="wp-block-verse">FANTINE LAMBEY<br><br>La finale s’est tenue le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 7 mai </mark>à l’<a href="https://espace-julien.com/" type="link" id="https://espace-julien.com/">Espace Julien</a>, Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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