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	<title>Archives des Critiques - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Critiques - Journal Zebuline</title>
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		<title>L’art du dialogue s’impose à la Roque d’Anthéron</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 13:00:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À La Roque, le piano se donne le plus souvent seul, à deux ou face à l’orchestre. Le duo avec violoncelle demeure plus rare, et la réunion de deux artistes amis de longue date n’ayant pourtant jamais partagé l’affiche ensemble, avait de quoi enthousiasmer. Et ce d’autant plus qu’aucune des partitions choisies ne relègue le [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">À La Roque, le piano se donne le plus souvent seul, à deux ou face à l’orchestre. Le duo avec violoncelle demeure plus rare, et la réunion de deux artistes amis de longue date n’ayant pourtant jamais partagé l’affiche ensemble, avait de quoi enthousiasmer. Et ce d’autant plus qu’aucune des partitions choisies ne relègue le clavier au rang d’accompagnateur, et que chacune se distingue par une approche singulière de la composition et de l’instrument.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fauré, inclassable parmi les inclassables, ouvre ce parcours. <strong>Victor Julien-Laferrière</strong> tire de son instrument un chant mélodique presque éthéré, mais aussi poignant et puissant lorsque l’écriture l’exige. Rien n’est forcé : la ligne respire, soutenue par un piano qui ne la double pas mais l’interroge, l’oriente et lui ouvre d’autres profondeurs. Sur le rare Stephen Paulello Opus 102 aux cordes parallèles, <strong>Lucas Debargue</strong>, pianiste singulier, lettré, également compositeur, distingue chaque voix sans assécher le lyrisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <em>Sonate</em> de César Franck confirme cet équilibre. Sa version pour violoncelle, autorisée par le compositeur, n’est pas une transcription de circonstance. Le violoncelle n’y occupe pas le centre soliste : il est porté, entouré, englobé par l’architecture mouvante et fascinante d’un piano monumental. La technique est omniprésente ; l’intelligence des plans et la musicalité à l’œuvre n’étonnent pas quand on sait également la carrière de chef d’orchestre de Victor Julien-Laferrière, à l’écoute de toutes les inflexions qui l’entourent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le sens de l’écoute</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’entracte, les <em>Trois Pièces</em> de Nadia Boulanger fascinent. Deux viennent de l’orgue et conservent quelque chose de son étagement des registres : le violoncelle devient tour à tour pédalier mouvant ou ligne suspendue, tandis que le piano fait chanter le grave et diffuse l’harmonie dans l’aigu. Qui porte alors le chant ? Les deux instruments, selon un échange constant des fonctions. Trop souvent considérée d’abord comme pédagogue, ou laissée dans l’ombre de sa sœur Lili, Nadia Boulanger apparaît ici de nouveau comme une musicienne passionnante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grieg ne rompt pas le fil français : on entend plutôt l’estime réciproque que lui et Ravel se vouaient. La netteté du rythme, la couleur, l’art de faire surgir un paysage de l’harmonie. Le duo révèle la modernité et les accents presque français de cette <em>Sonate</em> sans lui retirer son élan propre. Leur entente se mesure moins aux regards échangés qu’à la précision avec laquelle chacun sait écouter et laisser place à l’autre.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br>Le concert a été donné <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 1<sup>er</sup> août</mark></strong> au Parc de Florans dans le cadre du festival international de piano de la Roque d’Anthéron</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/">Musiques </a>ici </p>



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		<title>Le poids des morts</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 11:59:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La mort accompagne depuis longtemps le désir de modernité de la danse. De La Mort du cygne de Fokine au Sacre du printemps, un corps s’éteint pour qu’une forme renaisse. Elle faisait déjà du Roméo et Juliette d’Angelin Preljocaj une pièce inoubliable. Dans le pas de deux final, Roméo empoigne Juliette inerte et tente de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La mort accompagne depuis longtemps le désir de modernité de la danse. De <em>La Mort du cygne</em> de Fokine au <em>Sacre du printemps</em>, un corps s’éteint pour qu’une forme renaisse. Elle faisait déjà du <em>Roméo et Juliette</em> d’<strong>Angelin Preljocaj</strong> une pièce inoubliable. Dans le pas de deux final, Roméo empoigne Juliette inerte et tente de lui insuffler les gestes qui avaient éclairé sa vie ; réveillée trop tard, elle les lui rend avec moins de force, mais le même désespoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Requiem(s)</em> revient à plusieurs reprises sur cette image. Duos, trios et ensembles se construisent entre corps vivants et corps abandonnés à leur poids. On relève, traîne, porte, enlace ; l’élan se brise contre l’inertie. Ce travail redoutable exige des dix-neuf interprètes une technique souveraine : donner sa vérité au relâchement sans perdre la précision du geste. Le chaos vient régulièrement rompre les architectures, jusque dans une bande sonore remarquablement pensée. La fureur mélancolique de System of a Down surprend davantage que Ligeti, Bach ou Messiaen, mais s’impose. On ne sait plus si la paix se trouve dans la frénésie des vivants ou dans la doucequiétude des morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Libérer la vie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La voix de Gilles Deleuze prolonge le travail engagé dans <em>Deleuze/Hendrix</em> : corps et pensée, existence et idée ne sont jamais compartimentés. Évoquant Primo Levi et la « honte d’être un homme », le philosophe assigne à l’art la tâche de « libérer la vie que l’homme a emprisonnée ». La Shoah élargit ainsi le deuil intime aux morts de l’Histoire. Plus loin, des voix marquées par l’âge racontent la perte d’un nouveau-né et retrouvent dans le récit une tendresse et une vigueur intactes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette porosité gagne toute la pièce. Sur Messiaen, fait rare chez Preljocaj, la mélopée semble un instant dicter sa ligne à la danse, sans que celle-ci devienne mimétique. Les vidéos de <strong>Nicolas Clauss</strong>, qui évoquent Bill Viola, reprennent l’image sur laquelle s’achevait <em>Mythologies</em> : <em>Requiem(s)</em> commence là où l’œuvre précédente finissait. Les costumes gothiques d’<strong>Eleonora Peronetti</strong>, les Pietà, les figures renaissantes et les poupées de <em>Noces</em> composent moins un musée de la mort qu’un répertoire de formes sans cesse réanimées. Vie et mort travaillent ici plus que jamais le même corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>SUZANNE CANESSA</strong></p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Requiem(s)</em> a été donné <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">du 28 au 30 juillet</mark> au Théâtre de l’Archevêché, à Aix-en-Provence.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>



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		<title>Avant le soir : Du théâtre social et engagé à Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:54:35 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Le festival <strong><em>Avant le soir</em></strong> a permis au public de découvrir un dispositif particulier qui consiste à s’occuper d’enfants hospitalisés au service hémato-oncologie de l’hôpital La Timone. Il y a 20 ans, <strong>Cathy Darietto</strong>, profondément touchée par leurs souffrances et leur isolement, créait la compagnie <strong>Après la pluie</strong>, pour leur venir en aide. Sur l’espace dépouillé de la place Labadié, avec les comédiennes <strong>Agnès Audiffren</strong> et <strong>Claire Philippe</strong>, elle expose la genèse de son projet. Visite aux enfants dans les chambres stérilisées, dialogue, écriture, chansons. Il s’agissait de « <em>mettre des mots sur les maux</em> ». Les enfants ont écrit, les musiciens mis leurs mots en musique. Des livres et des CD ont été édités et vendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une expérience unique, une mise en scène adaptée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tâche délicate car il fallait créer l’empathie en respectant la distance, <strong>Olivier Pauls</strong> s’est attelé à la mise en scène en recueillant le ressenti des comédiennes. Ainsi il y a deux espaces de jeu&nbsp;: celui des chansons, de la poésie et celui de l’expérience des artistes confrontés à une situation si particulière pour des interprètes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La version donnée dans le jardin a dû être adaptée spécialement car les spectacles étaient auparavant joués dans des espaces clos. Les textes des enfants parfois très jeunes sont chantés, ils disent leurs rêves, leurs espoirs, mais aussi leurs douleurs. Écrire et chanter leur a permis d’oublier un moment leur situation. Ils laissent leur «&nbsp;trace&nbsp;», même si certains ont maintenant disparu… Hommage à ces artistes totalement engagés qui trouvent la manière la plus juste possible de rendre compte de la parole de ces enfants qui ont beaucoup parlé d’amour. «&nbsp;<em>L’amour, c’est essentiel</em>&nbsp;», disent-ils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse">…<em>Traces</em>… s’est joué le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 juillet </mark>place Labadie. <br>Prochaines représentations les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">29 juillet</mark> au jardin Benedetti et le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 août</mark> au square Bertie Albrecht </pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici </a></p>
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		<title>L&#8217;Orchestre des Jeunes de la Méditerranée électrise Aix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:33:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est toujours un bonheur d&#8217;assister à un concert de l&#8217;Orchestre des Jeunes de la Méditerranée. Leur fougue et leur enthousiasme donnent aux œuvres une vitalité particulière, celle d&#8217;une jeunesse qui découvre ensemble un répertoire exigeant. Plus de vingt nationalités sont représentées dans cette formation symphonique, réunie quelques jours avant le concert dans le cadre du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toujours un bonheur d&rsquo;assister à un concert de l&rsquo;Orchestre des Jeunes de la Méditerranée. Leur fougue et leur enthousiasme donnent aux œuvres une vitalité particulière, celle d&rsquo;une jeunesse qui découvre ensemble un répertoire exigeant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de vingt nationalités sont représentées dans cette formation symphonique, réunie quelques jours avant le concert dans le cadre du <em>Festival d’Aix-en-Provence</em> : le pari est de faire naître en quelques jours une communauté sonore à partir de personnalités qui n&rsquo;ont rien de commun a priori. Pour cette session, l&rsquo;orchestre affiche 87 musiciens et un programme construit sur mesure autour du grand répertoire et sous la direction musicale, la cheffe coréenne <strong>Sora Elisabeth Lee</strong>, ample et enthousiasmante qui est déjà venue à l&rsquo;Académie du Festival en 2024 comme cheffe en résidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concert s&rsquo;ouvre sur les&nbsp;<em>Danses de Galánta</em>&nbsp;de Zoltán Kodály, magnifique compositeur hongrois trop peu joué. L&rsquo;œuvre puise dans ses souvenirs d&rsquo;enfance : le village de Galánta, sur la route reliant Prague, Bratislava et Budapest, était renommé pour son orchestre tsigane, dont le répertoire de danses nourrit toute l&rsquo;inspiration de la pièce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vient ensuite une œuvre d’un autre hongrois Ernő Dohnányi, dont tout le monde a le thème principal à l&rsquo;oreille : les&nbsp;<em>Variationen über ein Kinderlied</em>, tournent autour du « Ah vous dirai-je maman », popularisé par Mozart mais attribué aussi à Campra ou à Rameau. Cette fresque symphonique est portée au piano par <strong>Aris Alexander Blettenberg</strong>, directeur musical de l&rsquo;Opéra de chambre de Munich depuis 2024, qui fait ici ses débuts au festival d&rsquo;été. L&rsquo;œuvre déploie un dialogue constant avec chaque pupitre. On peut entendre des carillons de Noël, des moments joueurs et des passages plus sombres ou lyriques, des fugues enjouées où le thème circule d&rsquo;un pupitre à l&rsquo;autre. Une partition qui va comme un gant à cet orchestre, mettant en valeur cors, bassons, flûte et piccolo, avant une dernière variation convoquant l&rsquo;orchestre au grand complet, puis un finale qui redonne toute sa place au soliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Terre et mer</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme toujours avec l&rsquo;OJM, un principe de création clôt la première partie. Cette année une composition collective pour quintette, née d&rsquo;une résidence au Caire sous la direction de Fabrizio Cassol, directeur musical depuis 2015 des sessions de composition collective de l&rsquo;orchestre. Le propos : depuis un lointain recoin du cosmos, la Terre apparaît comme un point bleu pâle ; l&rsquo;humanité s&rsquo;est égarée sur de sombres chemins, oubliant l&rsquo;importance du contact, de la paix et de la solidarité. Cette musique se veut un noyau de gratitude et de bienveillance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grande place est donnée au trombone impressionnant du jeune <strong>Jules Regard</strong>, qui ouvre la création, rejoint par <strong>Akram Ben Romdhane</strong> à l&rsquo;oud, passé par l&rsquo;Institut Supérieur de Musique de Tunis. Le quintette s&rsquo;enrichit du piano de la Grecque <strong>Eirini Alisá</strong> et des voix d&rsquo;<strong>Amena El Abd</strong>,chanteuse égyptienne formée sur les appels à la prière et les maqâms, et du Tunisien <strong>Saber Radhouani</strong>, aux graves exceptionnels. Une belle richesse née de la rencontre entre traditions multiples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde partie est consacrée aux&nbsp;<em>Tableaux d&rsquo;une exposition</em>&nbsp;de Moussorgski. Chaque tableau y ménage un solo pour un musicien de l&rsquo;orchestre : un exercice formateur pour ces jeunes interprètes, appelés à porter seuls la couleur de l&rsquo;œuvre avant de se fondre à nouveau dans le <em>tutti</em>. Un programme généreux, une soirée qui confirme la vitalité de ce magnifique projet de rencontre entre des jeunes musiciens méditerranéens… Ovationnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse">Le concert s’est déroulé <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 20 juillet </mark>au <a href="https://www.lestheatres.net/fr/33-grand-theatre-de-provence">Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez tous nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/">Musiques ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Ainsi va la Vague Classique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:04:42 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce soir-là, rien ne va. Déplacé à l’Espace André-Malraux en raison de la chaleur et des impératifs de sécurité, après avoir déjà changé de date quelques mois plus tôt, le concert commence avec un léger retard. <strong>Patricia Petibon</strong> paraît trop tôt : « <em>Je me suis trompée d’entrée. </em>» Dès <em>L’Arrivée de la reine de Saba</em>, une corde de violon cède. <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong> meuble, raconte une anecdote, fait rire sans peine une salle complète et manifestement ravie d’être là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’amplification légère ne dénature guère les instruments, mais complique la tâche des voix. Très peu augmentée, Patricia Petibon souffre parfois de la trop grande présence des graves, tandis que les micros saisissent jusqu’au moindre soupir de Jean-Christophe Spinosi. Heureusement, sa ligne de violon ne tremble jamais. L’<strong>Ensemble Matheus</strong> part à l’assaut de Haendel : le continuo fuse, les attaques claquent, la musique avance avec une énergie à toute épreuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Remanié pour s’accorder à l’acoustique, le programme devient un voyage plus libre encore que la succession d’airs annoncée. La <em>Music for the Funeral of Queen Mary</em> de Purcell répond à la <em>Médée</em> de Charpentier ; le <em>Cum dederit</em> de Vivaldi, transcrit pour violon et continuo, glisse vers la <em>Sarabande</em> de Haendel, avant le <em>Concerto rustico</em> et les folies de <em>Platée</em>. Les pages espagnoles de José de Nebra et de Haendel, puis les airs de tradition orale, déplacent encore les frontières. Tonalités parentes, traits semblables, mêmes élans de danse ou de plainte : ici, la musique classique n’est ni corsetée ni morte. Elle circule, vibre et se partage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vers l’horizon</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette liberté tient beaucoup à l’amitié ancienne et à la complicité réelle entre la soprano et le violoniste. Elle joue, ose, passe de la tragédie au sourire ; il relance, accompagne, provoque. Même les accidents deviennent matière de concert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la fête ne dissipe pas tout. Depuis mars, la commune est dirigée par le RN, vainqueur par vingt et une voix d’avance. Le nouveau maire a promis de conserver l’édition 2026, tout en annonçant qu’en 2027 le festival « prendra une nouvelle forme » [<em><a href="https://journalzebuline.fr/le-rn-naime-pas-la-vague/">Lire ici</a></em>]. Une formule assez vague pour nourrir les craintes exprimées par Jean-Christophe Spinosi et les musiciens en fin de soirée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Patricia Petibon<strong> </strong>prend alors le micro pour évoquer sa famille de La Seyne-sur-Mer, les ouvriers des chantiers navals, artistes et musiciens en puissance qui auraient peut-être pu le devenir pleinement si les circonstances le leur avaient permis. Elle se dit chanceuse. L’émotion la gagne. Soutenir un festival, rappelle-t-elle en creux, c’est aussi empêcher que des vocations demeurent des vies inaccomplies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bis, <em>Danny Boy</em> suspend la salle. Le navire tangue, mais la musique tient bon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le concert a été donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 juillet</mark> à l’Espace André-Malraux de Six-Fours-les-Plages dans le cadre du<em><a href="https://www.sixfoursvagueclassique.fr"> festival La Vague Classique</a></em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr"><em>Musiques </em>ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>De 10 à 13 : Tribulations d’une adolescente du XXIe siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 11:28:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Camille Dordoigne]]></category>
		<category><![CDATA[Chloé Zufferey]]></category>
		<category><![CDATA[De 10 à 13 : Tribulations d’une adolescente du XXIe siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Camille a 10 ans en 2006. Dans la cour de récréation, les amitiés se nouent, se déchirent, se rabibochent. Les rêves frétillent puis s’effritent. La vraie Camille, la metteuse en scène Camille Dordoigne, a retrouvé son journal intime en mettant de l’ordre dans ses affaires. Dans ces mots rédigés quinze ans auparavant, elle trouve, inquiétude [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Camille a 10 ans en 2006. Dans la cour de récréation, les amitiés se nouent, se déchirent, se rabibochent. Les rêves frétillent puis s’effritent. La vraie Camille, la metteuse en scène <strong>Camille Dordoigne</strong>, a retrouvé son journal intime en mettant de l’ordre dans ses affaires. Dans ces mots rédigés quinze ans auparavant, elle trouve, inquiétude ou rage, une vérité pure. Brute, l’écriture s’est faite sans calcul n’étant pas destinée à être lue. Avec le recul, elle voit se dessiner sa trajectoire et porte son regard de jeune adulte sur son parcours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Turbulences de l’adolescence</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a choisi une amie comédienne qui a la même énergie&nbsp;: <strong>Chloé Zufferey</strong> possède une voix aux modulations étonnantes dans les graves qui ouvre d’ailleurs le spectacle. Descendant du fond de la salle, elle saute sur la scène dans un hurlement. S’ensuivent les récits alternés de victoires amoureuses, de défaites et de trahisons. Car le sujet est bien celui des amours de jeunesse, du désir de plaire, du corps qui change, des premières règles…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La scénographie est sobre. Un grand tableau noir occupe le fond. Camille y écrit et dessine, note les dates. Les épisodes se succèdent avec cocasserie, recherche de vêtements sexy, jeux de lèvres et de hanches dans le miroir. Épisode enthousiasmant&nbsp;: la comédienne va s’assoir sur les genoux d’un spectateur qu’elle appelle papa et lui donne à lire des répliques imprimées. Tout cela a un charme fou, c’est inventif et léger&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle se fait plus sobre et plus sérieux quand Camille est confrontée au décès de sa grand-mère, découvrant à la fois la douleur de la perte et la crainte de sa propre disparition. Surgissent alors les questionnements sur ce que l’on devient après la mort avec l’angoisse de grandir trop vite. Un spectacle très équilibré et des artistes pleines de promesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>De 10 à 13</em> écrit et mis en scène par <strong>Camille Dordoigne</strong> se joue au<a href="https://theatredutrainbleu.fr"> Train Bleu</a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> jusqu’au 23 juillet</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Évangile de la nature : Remélanger les atomes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 11:22:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Christophe Perton met en scène une nouvelle traduction de De rerum natura de Lucrèce, ode à la nature et à la vie, qu’il a retraduite avec Marie NDiaye. Il confie que c’est le bouleversement du confinement qui l’a conduit à cette relecture.  Cette traduction-adaptation du philosophe-poète Lucrèce (98-55 av.J.C) s’adresse à un disciple et lui [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Christophe Perton</strong> met en scène une nouvelle traduction de <em>De rerum natura</em> de Lucrèce, ode à la nature et à la vie, qu’il a retraduite avec Marie NDiaye. Il confie que c’est le bouleversement du confinement qui l’a conduit à cette relecture. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette traduction-adaptation du philosophe-poète Lucrèce (98-55 av.J.C) s’adresse à un disciple et lui donne des règles de vie, évoquant la misère et les souffrances du monde pendant une pandémie dont les survivants sont morts de chagrin. Selon Lucrèce, Épicure a compris que c’est le ciel et la terre qui ont construit l’univers&nbsp;: il n’y a pas de dieu créateur et immortel, la nature est constituée d’atomes, tout retourne à la terre&nbsp;; et le cycle recommence. La mort inévitable rentre dans le mouvement universel. «&nbsp;<em>Nous n’avons que l’usufruit de la vie</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’immense acteur, <strong>Stanislas Nordey</strong> est totalement habité par cette parole poétique. Vêtu d’un costume noir et transparent, pieds nus, il arpente le plateau comme habité du feu intérieur d’une révélation matérialiste, et cosmique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre du plateau, le ciel, avec nuages ou étoiles. Sur les trois murs, des panneaux où circulent incessamment des images en mouvement : minéraux, espaces déserts, mer et ruisseaux, ciels encore. L’espace scénique prend une dimension cosmique soulignée continûment par la musique organique d’Emmanuel Jessua. On est emporté par ce mélange de mots, de notes et de motifs, dans ce flot d’une modernité étonnante. Qui ne s’interdit pas l’humour, et invite à regarder au-delà de soi et de la possession, vers les étoiles</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Évangile de la nature</em> de Christophe Perron se joue au <a href="https://www.theatredeshalles.com">Théâtre des Halles</a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> jusqu’au 25 juillet</mark> à 16h40 </pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Home Stories : quelque chose de très spécial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 09:28:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On est à Greiz, en Thuringe. La ville du grand père de la réalisatrice. En ancienne RDA. Léa (Frida Hornemann) a seize ans. Elle a un petit frère adorable. Se rebelle contre sa mère Reike (Gina Henkel), récemment divorcée de son père Matze (Max Riemelt), et qui attend un enfant de son nouveau compagnon Arthur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On est à Greiz, en Thuringe. La ville du grand père de la réalisatrice. En ancienne RDA. Léa (<strong>Frida Hornemann</strong>) a seize ans. Elle a un petit frère adorable. Se rebelle contre sa mère Reike (<strong>Gina Henkel</strong>), récemment divorcée de son père Matze (<strong>Max Riemelt</strong>), et qui attend un enfant de son nouveau compagnon Arthur (<strong>Florian Lukas</strong>), le directeur du lycée où la jeune fille étudie. Ses grands-parents paternels, Friedrich et Christel (<strong>Peter René Lüdicke</strong> <strong>et Rahel</strong> <strong>Ohm</strong>)&nbsp;peu adaptés au nouveau régime capitaliste, ont bien du mal à tenir à flot leur hôtel restaurant. Ce domaine, au cœur de la forêt, qui accueille conférences, colloques et chevaux, périclite. Sa tante Kati (<strong>Eva Löbau</strong>) qu’elle admire, travaille à la création d’un musée d’histoire locale dans le château de la région, fleuron de la monarchie passée, divisé en logements populaires et flanqué d’une usine sous le régime communiste. Projet patrimonial financé par les capitaux de l’Ouest au grand dam de la grand-mère qui trouve cette dépense scandaleuse au vu des difficultés économiques des entreprises locales. Léa fait du théâtre avec ses camarades de classe, de la musique avec Bonnie, sa meilleure amie et la fête avec son cousin Edgar en pétard contre la société et la montée des idées nazies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Matze a inscrit Léa en cachette de son ex-femme à une émission de télécrochet, The Voice of Germany. Elle vient d’être retenue. C’est ce concours, de la sélection initiale aux auditions et étapes éliminatoires à Cologne, qui réunira la famille et servira de trame narrative. Une trame ténue brodée de fils de traverse, qui se croisent, se nouent, remontent le temps ou dessinent délicatement des motifs inachevés. Les traces des fractures est-ouest, le sentiment de dévalorisation des Allemands de l’Est après la réunification, l’individualisme face au collectif, la société du spectacle triomphante, la place de chacun parmi les siens. Et la quête d’identité. Le titre allemand <em>Quelque chose de très spécial</em> reprend la question d’un journaliste à Léa&nbsp;: <em>Qui es-tu&nbsp;? qu’est-ce qui fait de toi quelqu’un de spécial&nbsp;?</em> L’adolescente ne saura quoi répondre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Home, c’est la maison mais aussi la patrie. Stories est au pluriel&nbsp;: ce sont les histoires bidonnées pour les shows télévisés, celles toujours un peu opaque des romans familiaux, celles plus secrète d’une intimité qu’on ne partage pas, celles du récit national qui se modèle au gré des politiques, et enfin celle parcellaire, sans narrateur principal que nous propose ici la réalisatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film, tout à la fois, fragmente et tisse des liens. Un bestiaire le jalonne : le paon, le cheval malade, le chat, les oiseaux tués, les massacres aux murs de la salle à manger, les rats morts dans les assiettes d’hôtes indésirables. «&nbsp;<em>Ce n’est pas dans mes habitudes de prendre les spectateurs par la main de manière paternaliste</em>, <em>et de faire comme si j’avais une réponse à leurs questions</em>.&nbsp;» dit Eva Trobisch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Servi par un casting impeccable, <em>Home story</em> n’est pas un film confortable. Il travaille sur les tensions, le malaise, le mal être mais n’exclut jamais ni la tendresse, ni l’espoir. Un enfant naît et le chant bouleversant de la lumineuse Léa fait presque l’unanimité du jury.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Home Stories d’Eva Trobisch</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie le 29 juillet 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Météore Film Distribution</p>
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		<title>Les Matins merveilleux : les fantômes qui dansent en nous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 07:08:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Charlie (India Hair) emmitouflée dans son manteau, une boîte de gâteaux à la main sur le balcon d’un appartement parisien, enjambe maladroitement la rambarde pour atteindre le balcon voisin et entrer chez sa grand-mère qui ne répond plus. La vieille dame, qui l’a élevée après le décès de sa mère, est morte dans son lit [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Charlie (<strong>India Hair</strong>) emmitouflée dans son manteau, une boîte de gâteaux à la main sur le balcon d’un appartement parisien, enjambe maladroitement la rambarde pour atteindre le balcon voisin et entrer chez sa grand-mère qui ne répond plus. La vieille dame, qui l’a élevée après le décès de sa mère, est morte dans son lit -ou presque. Gesticulation burlesque et ironie d’un Printemps de Vivaldi en boucle sur le répondeur des Pompes funèbres. La scène initiale donne le ton&nbsp;: on gardera cet équilibre fragile entre le sourire et les larmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques ellipses plus tard, voilà notre héroïne trentenaire au cimetière&nbsp;: «&nbsp;pas de thune, pas de mec, pas d’enfant, mais une tombe&nbsp;» et une mission&nbsp;: exécuter les dernières volontés de la défunte pour distribuer ses icônes religieuses et ses vinyles disco. Les disques sont destinés à un certain Titou résidant à Cavalaire. S’en suit un road trip en Twingo vers le sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la petite ville de la Côte d’Azur, Charlie rencontre Marina (<strong>Raya Martigny</strong>), une barmaid trans, un peu cabossée par la vie, qui l’héberge et la prend sous son aile. Un copain d’école de Marina. Une ado rebelle et amoureuse. Un vieil homme mourant et le fameux Titou (<strong>Eric Cantona</strong>, toujours improbablement juste, en professeur de danse dans une cave ou sur la piste d’une boîte de nuit, vêtu d’une veste rose à paillettes). Titou, fan de disco, a connu autrefois Florence la mère de Charlie sur le dance floor. L’orpheline Charlie entre dans cette famille « élective », dénoue la raideur de son corps. Pour elle, c’est un voyage libérateur et intime. Elle retrouve via d’anciennes cassettes vidéo, les chorés de sa mère, belle et jeune, en robe à sequins. Les générations se télescopent. La mort, la vie, l’amour aussi. En contrepoint, les chansons populaires -qui disent toujours la vérité, comme écrivait Truffaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Feel good music</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Les matins merveilleux</em>&nbsp;» du titre pour un clin d’œil à «&nbsp;<em>Notre histoire&nbsp;»</em> de Dalida, «&nbsp;<em>Ah que la vie est belle</em>&nbsp;» de Brigitte Fontaine en épilogue et comme une moralité à ce conte. Et puis «&nbsp;<em>Piensa en mi</em>&nbsp;» de Luz Casal pour un clin d’œil peut-être au mélo almodovarien. Sans oublier le bouleversant karaoké de Charlie interprétant «&nbsp;<em>Mon amie la Rose&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">India Hair confirme ici son incroyable talent&nbsp;pour incarner toutes les facettes d’un personnage&nbsp;: candide ou audacieuse, forte ou fragile, engoncée ou libérée, enfantine ou sensuelle, désarmante de sincérité, ouverte à la vie qui vient, et attentive aux blessures des autres.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film d’Avril Besson, dédié «&nbsp;<em>à tous les fantômes qui dansent en nous</em>&nbsp;»,est un feel good movie. Il n’y a pas de méchants. Les gens y sont bienveillants pour peu qu’on s’ouvre à eux. Les relations se tissent fil à fil, sans grand discours à travers des petits riens. On accepte la maladresse ou la réserve de l’autre. Et si à la fin de cette comédie romantique tendre et attachante, les amant.e.s ne se marient pas et n’ont pas d’enfants, ils-elles essaieront de vivre ensemble pour le meilleur&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les Matins merveilleux</em> d’<strong>Avril Besson</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 29 juillet 2026</p>
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		<title>Avignon Off : « Badjens», le souffle de la liberté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 15:15:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Badjens, le très remarqué roman de Delphine Menoui sorti en 2024, a été adapté pour le théâtre par son autrice. Récit d’une émancipation, il met en scène Zahra qui manifeste avec d’autres femmes après la mort de Mahsa Amini en 2022, arrêtée pour tenue vestimentaire non conforme à la loi islamiste, et décédée peu après. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Badjens</em>, le très remarqué roman de <strong>Delphine Menoui</strong> sorti en 2024, a été adapté pour le théâtre par son autrice. Récit d’une émancipation, il met en scène Zahra qui manifeste avec d’autres femmes après la mort de Mahsa Amini en 2022, arrêtée pour tenue vestimentaire non conforme à la loi islamiste, et décédée peu après. Les manifestantes enlèvent leur hidjab ou se coupent les cheveux. C’est ainsi qu’est né le slogan «&nbsp;Femmes, Vie, Liberté.&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle commence avec Zahrah, interprétée par <strong>Alice Rahimi</strong>&nbsp;; elle veut brûler son foulard. En fond de scène, un écran fait défiler des images de Ralph Moussa sur les manifestations bruyantes de klaxons et de slogans. Avec ce geste de révolte, elle revit des événements marquants, souvent douloureux&nbsp;: à sa naissance les hommes s’en sont désintéressés puisqu’elle était fille, à 4 ans son père l’oublie dans la maison lors d’un incendie, plus tard un garçon l’oblige à une fellation… Sa mère l’a surnommée Badjens, qui veut dire effrontée ou mauvais genre et la soutient secrètement dans sa résistance à la soumission. Elle s’est construite sur ces blessures et à 12 ans s’habille en garçon pour contourner les interdits. La peur l’habite constamment, mais quand elle est à cette première manifestation, elle se sent «&nbsp;au bon endroit.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Projet multidisciplinaire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Delphine Menoui a choisi un plateau dépouillé, uniquement occupé de trois cubes rouges, un grand tissu, rouge également, sert de drapeau ou de costume. La musique en live de Renaud Sastre accompagne les textes d’archives et les images, tandis que les chants (en alternance Hura Mirshekari et Fiona Sanjabi) évoquent la voix intérieure de la jeune fille. On s’émeut à cette évocation des femmes sacrifiées qui entonnent le chant de la colère pour libérer enfin la parole et le corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Badjens</em> mis en scène par <strong>Delphine Menoui</strong> s’est donné au <a href="https://www.11avignon.com">*11 Avignon</a> durant tout le festival 2026</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici </a></p>



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