samedi 8 août 2026
No menu items!
Cliquez sur l'image pour vous abonnerspot_img
AccueilCritiquesÉvangile de la nature : Remélanger les atomes

Évangile de la nature : Remélanger les atomes

Un Testament nouveau affirme que la terre seule est créatrice du monde, et que Nordey est son prophète

Christophe Perton met en scène une nouvelle traduction de De rerum natura de Lucrèce, ode à la nature et à la vie, qu’il a retraduite avec Marie NDiaye. Il confie que c’est le bouleversement du confinement qui l’a conduit à cette relecture. 

Cette traduction-adaptation du philosophe-poète Lucrèce (98-55 av.J.C) s’adresse à un disciple et lui donne des règles de vie, évoquant la misère et les souffrances du monde pendant une pandémie dont les survivants sont morts de chagrin. Selon Lucrèce, Épicure a compris que c’est le ciel et la terre qui ont construit l’univers : il n’y a pas de dieu créateur et immortel, la nature est constituée d’atomes, tout retourne à la terre ; et le cycle recommence. La mort inévitable rentre dans le mouvement universel. « Nous n’avons que l’usufruit de la vie ».

L’immense acteur, Stanislas Nordey est totalement habité par cette parole poétique. Vêtu d’un costume noir et transparent, pieds nus, il arpente le plateau comme habité du feu intérieur d’une révélation matérialiste, et cosmique. 

Au centre du plateau, le ciel, avec nuages ou étoiles. Sur les trois murs, des panneaux où circulent incessamment des images en mouvement : minéraux, espaces déserts, mer et ruisseaux, ciels encore. L’espace scénique prend une dimension cosmique soulignée continûment par la musique organique d’Emmanuel Jessua. On est emporté par ce mélange de mots, de notes et de motifs, dans ce flot d’une modernité étonnante. Qui ne s’interdit pas l’humour, et invite à regarder au-delà de soi et de la possession, vers les étoiles

CHRIS BOURGUE

Évangile de la nature de Christophe Perron se joue au Théâtre des Halles jusqu’au 25 juillet à 16h40 

Retrouvez nos articles Scènes ici

ARTICLES PROCHES

L’art du dialogue s’impose à la Roque d’Anthéron

À La Roque, le piano se donne le plus souvent seul, à deux ou face à l’orchestre. Le duo avec violoncelle demeure plus rare,...

Le poids des morts

La mort accompagne depuis longtemps le désir de modernité de la danse. De La Mort du cygne de Fokine au Sacre du printemps, un...