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	<title>Archives des Littérature - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Littérature - Journal Zebuline</title>
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		<title>Rentrée littéraire : « L&#8217;Âge de déplaire », premier roman d’Abibou Diouf</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 10:05:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le roman s&#8217;ouvre sur la mort du père du personnage principal, Fadel, jeune homme qui partage sa vie entre Paris et le Sénégal « Je suis né à Dakar, une ville où l&#8217;air est saturé d&#8217;un virilisme qui s&#8217;infiltre partout : dans les corps, les démarches, les regards, les intonations et jusque dans les silences. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le roman s&rsquo;ouvre sur la mort du père du personnage principal, <strong>Fadel</strong>, jeune homme qui partage sa vie entre <strong>Paris</strong> et le <strong>Sénégal</strong> « <em>Je suis né à <strong>Dakar</strong>, une ville où l&rsquo;air est saturé d&rsquo;un virilisme qui s&rsquo;infiltre partout : dans les corps, les démarches, les regards, les intonations et jusque dans les silences.</em> ». En France, il découvre une liberté nouvelle. À chacun de ses retours au pays, sa vie est soumise à nouveau à la hiérarchie familiale, au poids de la tradition, aux velléités de sa mère et de son frère ainé Malick, de le marier. Mais à Dakar, il retrouve aussi un personnage : « Fadel le Fou », artiste marginal, qui vit dans une cahute sur l’île de Ngor et dont l&rsquo;existence défie l&rsquo;ordre social. Le roman construit un jeu de miroirs entre le Fadel qui se conforme encore et celui qui s&rsquo;est affranchi depuis bien longtemps du regard de sa société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman retrace <strong>l’histoire d’une pression</strong> : celle que l’on impose aux jeunes garçons : « <em>Sois un homme ! Depuis l&rsquo;enfance cette phrase m&rsquo;a été jetée au visage comme une injonction. Une identité définie par les autres, par l&rsquo;histoire, la culture, la religion, l&rsquo;État, la famille, la norme sociale. Aucune marge de liberté. Aucune brèche pour respirer.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Voix de l’émancipation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le frère de Fadel, <strong>Malick</strong>, incarne la voix du reproche, lorsque le narrateur choisit de vivre en France : « <em>On n&rsquo;aurait jamais dû te laisser partir ; L&rsquo;Occident t&rsquo;a oxydé. Toubabisé. Et la France veut faire de toi un « woke ». Un homme déconstruit. À force tu ne seras plus un homme du tout.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce premier roman très réussi, Abibou Diouf interroge dans un style enlevé et qui fait souvent référence à des maximes africaines, la fabrique des masculinités, les violences symboliques exercées au nom de la communauté, et le poids du silence au sein des familles sénégalaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’émanciper, à un prix. Aucune libération ne se fait sans arrachement. Pour se choisir, Fadel doit accepter de perdre une part de ce qui l&rsquo;a construit, de trahir l&rsquo;héritage pour ne pas se trahir soi-même. À sa suite, on entre avec conviction dans <em>l’Âge de déplaire</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L'Âge de déplaire</em>, <strong>Abibou Diouf</strong>, <br>Éditions Albin Michel<br>Paru le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 août </mark></pre>
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		<title>Rentrée littéraire : « La Piqûre d’abeille » de Paul Murray, le roman choral disponible en français </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nemo Turbant]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 09:35:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le garage automobile de Dickies Barnes est en train de couler, il passe son temps dans les bois à construire un bunker pour survivre à la fin du monde, au grand dam de sa femme Imelda et de leurs enfants Cass et PJ. Chacun de son côté, les membres de la famille Barnes [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Alors que le garage automobile de Dickies Barnes est en train de couler, il passe son temps dans les bois à construire un bunker pour survivre à la fin du monde, au grand dam de sa femme Imelda et de leurs enfants Cass et PJ. Chacun de son côté, les membres de la famille Barnes s’écroulent en l’espace de quelques mois. Pourtant l’histoire semble avoir commencé vingt ans plus tôt, lors d’un mariage gâché par une piqûre d’abeille.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Roman choral à la précision narrative exemplaire,&nbsp;<em>La piqûre d’abeille</em>&nbsp;fait d’un récit de famille nucléaire ordinaire une véritable épopée, où les apparences s&rsquo;avèrent toujours trompeuses et dont les secrets se relèvent avec patience.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Partiellement justes</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cass et PJ, dont les points de vue ouvrent le roman, dressent de leurs parents des portraits très unidimensionnels&nbsp;: des caricatures de couple hétérosexuels en perdition, de femme fatale sur le déclin et de père de famille fuyant ses responsabilités. Chacun des regards portés sur l’autre s’avère juste, Paul Murray s’en assure, mais dans une certaine mesure seulement. Un chapitre après l’autre, les personnages se débarrassent des jugements superficiels, se laissent aller à déballer leurs secrets, et l’auteur à inventer de nouvelles formes de dire ce qui devait rester caché.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, Imelda dont la vie a basculé, s’époumone, sans ponctuation, pour rétablir une vérité bafouée, et retrouver un semblant de contrôle qui lui échappe. L&rsquo;expérimentation textuelle parfaitement maitrisée reste accessible et brillante&nbsp;: on défait, couche après couche, la délicatesse d’un père en proie au doute, et la naïveté de la jeunesse est rendue avec beaucoup de sérieux, les points de vue enfantins apparaissant avec justesse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas dans ce roman, de désigner la source du mensonge, mais plutôt de chercher dans quelle mesure ce que l’on distingue de l’autre le définit réellement.&nbsp;<em>La Piqûre d’abeille</em>&nbsp;raconte la portée d’effets papillon multiples qui viennent refaire surface dans chacune des vies de ses personnages principaux. La famille nucléaire devient alors un théâtre en huis clos de ce que chacun perçoit des autres et fait du&nbsp;<em>secret</em>&nbsp;la clé vers d’autres réalités arbitraires.&nbsp;À la gêne que l&rsquo;on ressent face à ses parents succède la prise de conscience qu&rsquo;ils ne sont que des êtres humains, faillibles, et qu&rsquo;ils existent eux aussi pour la première fois.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise climatique et l’évocation d’une fin du monde actuel parcourt le récit comme un spectre omniprésent, pour atteindre un paroxysme digne des meilleurs thrillers.&nbsp;<em>La piqûre d’abeille</em>&nbsp;raconte finalement la fatalité anthropocentrique selon laquelle le monde qui nous entoure sombrera inévitablement dans le chaos, conséquence d’un éclatement familial dramatique, ou d’un simple malentendu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NEMO TURBANT</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Piqûre d’abeille</em>, de <strong>Paul Murray</strong><br>Traduction Pierre Demarty<br>Albin Michel - 24,90€ <br>Paru le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 aout </mark></pre>
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		<title>Rentrée littéraire : « Le Livre de la disparition », ou le rire glaçant d’Ibtisam Azem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 09:14:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&#8217;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&#8217;arrêt. Et une question est sur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&rsquo;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&rsquo;arrêt. Et une question est sur toutes les lèvres : «&nbsp;<em>que s&rsquo;est-il passé ?&nbsp;</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée de cette dystopie, qui pousse à son paroxysme le souhait porté par la frange dure de la population israélienne, est géniale. Dans <em>Le Livre de la disparition</em>, la romancière palestinienne <strong>Ibtisam Azem</strong> s’en empare avec délectation. Publié en arabe en 2014, il est enfin traduit en français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du roman, deux hommes. Ariel Levy est journaliste israélien, progressiste, athée, convaincu d&rsquo;appartenir au camp de la paix. Alaa Assaf est cameraman palestinien, petit-fils de Teta, grand-mère qui vient de mourir. Ils sont voisins à Tel-Aviv, se respectent, se déclarent amis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient le matin sans Palestiniens. L&rsquo;État d&rsquo;urgence est déclaré. Les recherches battent leur plein. Si les extrémistes et les colons se félicitent de voir le pays, « nettoyé », la majorité de la population, est hébétée. D&rsquo;autres, comme Ariel, sont saisis de culpabilité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le carnet rouge</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour trouver des indices, ce dernier pénètre dans l&rsquo;appartement de son ami. Il y découvre un carnet rouge, le journal d&rsquo;Alaa. Au fil des pages, le juif mesure l&rsquo;abîme qui les sépare et dont il n’avait pas conscience. Dans ses écrits, le palestinien consigne les souvenirs de sa grand-mère Teta qui vivait à Jaffa en 1948, année de la <em>Nakba</em>, «&nbsp;<em>la catastrophe&nbsp;</em>»<em>.</em> Les Juifs occupent la ville, chassent la population arabe qui passe de 100 000 à 4 000 habitants. Tandis que son mari s&rsquo;exile à Beyrouth, Teta, bien qu’expulsée, choisit de rester dans la ville. Un jour, elle retourne dans sa maison espérant récupérer les rideaux qu&rsquo;elle a cousus. Un couple de juifs y est installé. Elle repart les mains vides. Ariel prend peu à peu conscience, avec difficulté, du poids que porte son ami dans un pays qui lui demande de sourire et d&rsquo;être reconnaissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La colère contenue</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="585" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=400%2C585&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138037" style="aspect-ratio:0.6837752458027189;width:318px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=150%2C219&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=300%2C439&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il se souvient d&rsquo;un accès de fureur d&rsquo;Alaa, un soir où Ariel lui avait fait observer, avec la bienveillance du libéral convaincu, qu&rsquo;il vivait tout de même dans un État moderne, avec des libertés qu’envieraient les réfugiés de Beyrouth. Alaa avait explosé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Disparition</em> fait surgir avec clarté ce qu&rsquo;Azem fait murmurer à travers la voix d’Ariel : « <em>Que s&rsquo;est-il passé à tes citoyens sains d&rsquo;esprit, ô patrie ? Depuis que nous avons établi cet État, creusons-nous notre tombe de nos propres mains ? Allons-nous exécuter l&rsquo;agenda des colons et réaliser leurs rêves ? Ce sont les premiers ennemis de l&rsquo;État.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le génie d&rsquo;Ibtisam Azem est de mettre en lumière, en creux, l&rsquo;importance d&rsquo;une présence quotidienne et de montrer à quel point l&rsquo;économie, la culture, le quotidien d&rsquo;Israël repose sur une présence palestinienne indispensable tant le destin des deux peuples est intriqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibtisam Azem est née et a grandi, près de Jaffa. Elle est fille et petite-fille de déplacés de 1948. Elle a étudié à l&rsquo;Université hébraïque de Jérusalem, à Freiburg en Allemagne, avant de s&rsquo;installer à New York où elle travaille comme journaliste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Livre de la disparition</em>, <strong>Ibtisam Azem</strong><br>Éditions Globe – 21€<br>Traduit de l'arabe par Leïla Tahir<br>Paru le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 26 août</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rentrée littéraire : « Spectres », la matière littéraire de Thomas Gunzig</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 11:34:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Thierry Gunzig]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’auteur bruxellois, star de la maison d’édition gardoise, s’y connait en physique quantique, mais il n’avait jamais autant fondé un roman sur ce savoir scientifique. Il est pourtant le fils du cosmologue Edgar Gunzig qui a théorisé l’inflation cosmique, le vide quantique et le Bootstrap – soit l’idée que des « plurivers », semblables à notre univers, existent, à [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/rentree-litteraire-spectres-la-matiere-litteraire-de-thomas-gunzig/">Rentrée littéraire : « Spectres », la matière littéraire de Thomas Gunzig</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’auteur bruxellois</strong>, star de la maison d’édition <strong>gardoise</strong>, s’y connait en physique quantique, mais il n’avait jamais autant fondé un roman sur ce savoir scientifique. Il est pourtant le fils du cosmologue <strong>Edgar Gunzig</strong> qui a théorisé l’inflation cosmique, le vide quantique et le <strong>Bootstrap</strong> – soit l’idée que des « plurivers », semblables à notre univers, existent, à divers stades de développement. Ce savoir permet à l’écrivain d’entrainer le lecteur dans une aventure d’exploration cosmique haletante, en rendant compréhensibles, et poétiques, les fractales, la relativité temporelle et les changements de dimension. On entre ainsi, aisément, dans la pensée d’une scientifique, héroïne d’un roman, amoureuse des équations et avide de comprendre le fonctionnement physique du monde. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Spectres</strong></em> réussit brillamment l’alliage de cet imaginaire scientifique pointu, et d’une critique politique, anticapitaliste, qui fonde le développement fictionnel. La narration est structurée autour d’un suspense : la disparition d’une enfant, <strong>Lou</strong>, née dans une dimension secondaire, fille miraculeuse de la physicienne, <strong>Léa</strong>, qui a ouvert les portes de cet univers parallèle, avec son époux Tom, papa poule qui répare. La narration est fluide, haletante, très construite, avec des retours en arrière, des points de vue narratifs qui se complètent, de courtes incursions dans des temps et des espaces – ce qui est la même chose – parallèles à notre univers. Cet univers de départ est quant à lui légèrement dystopique : notre cauchemar, avec la disparition du vivant et les catastrophes climatiques, s’y est généralisé, et installé. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="295" height="450" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/COUV-Spectres-PL1SITE.jpeg?resize=295%2C450&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137964" style="aspect-ratio:0.6555591572123176;width:191px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/COUV-Spectres-PL1SITE.jpeg?w=295&amp;ssl=1 295w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/COUV-Spectres-PL1SITE.jpeg?resize=197%2C300&amp;ssl=1 197w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/COUV-Spectres-PL1SITE.jpeg?resize=150%2C229&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/COUV-Spectres-PL1SITE.jpeg?resize=275%2C420&amp;ssl=1 275w" sizes="(max-width: 295px) 100vw, 295px" /><figcaption class="wp-element-caption">Spectres &#8211; Thierry Gunzig</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Découvrir pour exploiter</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée d’exploiter les ressources du l’univers parallèle surgit dès que les portes dimensionnelles sont ouvertes par Léa. Un richissime entrepreneur épris d’interstellaire, pourtant moins caricatural qu’<strong>Elon Musk</strong>, prend la main sur l’expédition, et pratique un extractivisme qui déclenche assez rapidement des attitudes de résistance, joliment mêlées de questionnements à la fois prosaïques et poétiques sur la parentalité, l’héritage, la mémoire, la mort. Et ce qui reste après, dans un plurivers ou cet « après » n’a plus grand sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sans doute à cet endroit que la fable est un peu discutable : depuis Frankenstein les personnages de scientifiques qui manipulent la matière et la vie sont associés au <strong>Mal</strong>, à des apprentis sorciers irresponsables qui mettent l’humanité en danger en la soustrayant à l’ordre naturel, ou divin. La question de l’éternité des âmes qui dépasse, ou outrepasse, la matière, est un bel objet romanesque, poétique. Mais c’est le capitalisme extractiviste et colonialiste qui détruit notre planète et nos vies, et non le progrès scientifique et technique, pour peu qu’il respecte le vivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Spectres</em>, de <strong>Thomas Gunzig</strong><br>Aux éditions <a href="https://audiable.com">Au diable vauvert</a><br>Paru <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 20 août</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature">Littérature</a> ici</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Retour aux sources</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 11:12:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans Les Aquatiques, son précédent roman, l’autrice franco-camerounaise s’intéressait déjà à la virilité africaine, dans un Zambuena fictif où l’homosexualité est interdite, et réprimée. Un corps indocile, coédité par la maison parisienne Philippe Rey et la sénégalaise Jimsaan, s’attache à la soudaine douleur qui terrasse Dieunemort Deffo Deffo, et l’empêche d’avoir des relations sexuelles avec [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans <em><strong>Les Aquatiques</strong></em>, son précédent roman, l’autrice franco-camerounaise s’intéressait déjà à la virilité africaine, dans un Zambuena fictif où l’homosexualité est interdite, et réprimée. <em><strong>Un corps indocile</strong></em>, coédité par la maison parisienne <strong><a href="http://www.philippe-rey.fr/">Philippe Rey </a></strong>et la sénégalaise <a href="https://www.editionsjimsaan.com"><strong>Jimsaan</strong></a>, s’attache à la soudaine douleur qui terrasse Dieunemort Deffo Deffo, et l’empêche d’avoir des relations sexuelles avec Merveille, qu’il adore, malgré, ou en raison, de sa peau assez claire, et de son statut social de grande bourgeoise enrichie par Mobutu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lui est un créateur qui assemble, découpe, habille, avec talent, les corps de femmes et d’enfants, surtout africains. Sa réussite professionnelle, relative, se heurte à son « <strong>indocilité</strong> », qui le pousse à créer des modèles uniques et à s’extraire de l’industrie de la mode pour demeurer un artisan. Mais sans cette douleur à l’aine qui l’empêche de bander, <strong>Deffo</strong> continuerait son parcours d’immigré africain célibataire, qui aime sa tante banlieusarde chauffeuse de taxi et ses riches clientes dont l’africanité est surtout une question de style. Sans sa douleur à l’aine <strong>Deffo</strong> – personne, sauf ses parents, ne l’appelle <strong>Dieunemort</strong> – ne partirait pas vers son pays natal en quête de remèdes, de racines, et d’explications. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On sait dès la première page que tout cela va mal finir&nbsp;: les chapitres sont précédés de courts passages en italiques qui apprennent au lecteur que Deffo a tué un homme, et ne sait pas quoi faire de son cadavre. Aucune illusion donc, sur la réussite de son retour aux sources. Pourtant…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une impuissance multiple</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impuissance de Deffo ne se heurte pas qu’aux corps des femmes. À <strong>Paris</strong>, les diasporas africaines comprennent mal son art, les anciens complices de <strong>Mobutu</strong> le trouvent trop noir, trop peuple, pour Merveille (prénommée en fait Anne-Gabrielle). Au <strong>Zambuena</strong> il se heurtera à une bourgeoisie parvenue et profiteuse et aux nouveaux <strong>exploiteurs néocoloniaux chinois</strong>. De régression en régression, il retournera aussi chez ses parents endettés, escrocs plus ordinaires… Il cherchera surtout un remède à ses souffrances dans la transe, la croyance bwiti et l’hallucination rituelle. Il s’alliera aussi, mais incomplètement, avec des syndicalistes qui luttent contre l’esclavage chinois dans les usines textiles… </p>



<p class="wp-block-paragraph">Impuissant partout, cherchant à disparaître, puis retrouvant pourtant sa force, il finira « <em>condamné à vivre</em> ». <strong>Dieunemort</strong> n’a-t-il pas été renommé <strong>Ruñandi</strong>, « <em>celui qui ouvre le chemin </em>», un « <em>être de sable, de sang et de pluie</em> », comme il l’a entrevu lors de sa transe bwiti ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman ne dit pas comment s’écrira la suite, mais affirme la nécessité d’un autre avenir africain. Sans <strong>force néocoloniale française</strong> ou chinoise, sans <strong>catholicisme</strong> importé, sans dictateur ni néo-bourgeoisie <strong>françafricaine</strong>. Peut-être un couturier qui sait assembler des tissus colorés et inventer des vêtements uniques, sans manches et sans modèle, pourra-t-il, entre <strong>Paris et l’Afrique</strong>, avec sa Merveille, parvenir à ouvrir une voie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Un corps indocile</em>, de <strong>Osvalde Lewat</strong> <br>Éditions <a href="http://www.philippe-rey.fr/">Philippe Rey </a>/ <a href="https://www.editionsjimsaan.com">Jimsaan</a><br>Paru le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 août</mark></pre>



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		<title>Rentrée littéraire : « Parle-moi de chez nous », l’île natale de Jeanine Cummins</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 10:06:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2020, Jeanine Cummins était accusée d’inauthenticité et d’appropriation culturelle : en tant qu’autrice blanche, elle ne pouvait écrire avec justesse sur le parcours migratoire d’une mère mexicaine poursuivie par un cartel de la drogue.  Parle-moi de chez nous constitue une réponse littéraire, romanesque, à cette vague de contestation. L’autrice déploie l’histoire de quatre générations de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2020, <strong>Jeanine Cummins</strong> était accusée d’inauthenticité et d’appropriation culturelle : en tant qu’autrice blanche, elle ne pouvait écrire avec justesse sur le parcours migratoire d’une mère mexicaine poursuivie par un cartel de la drogue. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Parle-moi de chez nous</strong></em> constitue une réponse littéraire, romanesque, à cette vague de contestation. L’autrice déploie l’histoire de quatre générations de femmes portoricaines, marquées par un mariage « mixte » mais aussi un déni d’identité multiple, espagnole, noire et indienne. Elles subiront le rejet raciste de la classe dirigeante coloniale portoricaine, puis de l’Amérique ségrégationniste, puis des latinos, qui ne distinguent pas en elles le métissage. Mais surtout, elles souffriront toutes d’une assimilation choisie qui les éloigne intimement d’elles-mêmes et de leur désir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ces quatre femmes nous traversons le siècle agité de <strong>Porto Rico</strong> et de ses relations avec les <strong>États-Unis</strong> tutélaires. De <strong>Maria Teresa</strong> on saura peu, sinon que sa beauté de femme brune la place à distance de la classe dirigeante, très riche, à laquelle son mari appartient à San Juan. Elle transmet sa beauté et son sens des affaires à sa fille Rafa, qui quittera l’île avec son mari irlandais ; à Ruth, sa petite-fille si assimilée qu’elle en perd son espagnol natal ; à Daisy, son arrière-petite-fille en quête de ses origines visibles sur sa peau et revendiquées par son frère Charles, devenu Carlos. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="675" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683.jpeg?resize=675%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137956" style="aspect-ratio:0.6592018374964111;width:307px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=675%2C1024&amp;ssl=1 675w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=768%2C1165&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=1013%2C1536&amp;ssl=1 1013w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=1350%2C2048&amp;ssl=1 1350w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=150%2C227&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=300%2C455&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=696%2C1056&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=1068%2C1620&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?resize=277%2C420&amp;ssl=1 277w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_683-scaled.jpeg?w=1688&amp;ssl=1 1688w" sizes="(max-width: 675px) 100vw, 675px" /><figcaption class="wp-element-caption">Parle moi de chez nous &#8211; Jeannine Cunnins</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au plaisir des récits croisés</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les courts chapitres emportent, passant d’une époque à l’autre, d’une histoire de femme à une autre, remontant et redescendant le temps, prenant ancrage dans la conscience vacillante de Daisy, victime d’un accident durant l’ouragan de 2023. Ils disent, avec l’élan romanesque des meilleurs sagas états-uniennes et sud-américaines, la violence faite aux épouses racisées et aux enfants métissés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce « <strong><em>chez nous</em> </strong>» est ancré dans l’histoire politique complexe de Puerto Rico. L’île caribéenne, voisine de Cuba, hésite toujours à devenir un État américain, à demander <strong>l’indépendance</strong>, ou à garder son statut mixte (métissé ?) d’autonomie/dépendance qui laisse perdurer une sous-citoyenneté américaine, sans droit de vote pour les présidentielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres thèmes parcourent <strong>le roman mosaïque</strong>, en particulier la dépendance aux réseaux sociaux : le retour au pays natal est aussi un décrochage de l’emprise numérique, et la recherche d’une réussite sociale par l’initiative commerciale non coloniale, non capitaliste, plutôt artisanale et recyclée. Car rien n’est révolutionnaire chez ces femmes plutôt individualistes qui s’affrontent aussi, perdent la mémoire ou l’effacent et finissent, face à l’ouragan qui les oblige, à ne plus taire ce qu’elles sont.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La puissance du roman tient à son écriture sensuelle, sensorielle, et aux relations sororales, maternelles, filiales, magnifiquement explorées. Tout comme la conjugalité, côté femme, ce qui n’est pas si courant dans les sagas romanesques. Les dialogues, les scènes d’enfance, de rencontres amoureuses, de quête intime, d’humiliation sociale et familiale, touchent par leur authenticité, mais surtout par la force d’une narration dont le rythme puissant est savamment distillé. Jusqu’au bout d’un voyage où ceux qu’on a aimés reviennent, sans réparer, mais en réconciliant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Parle-moi de chez nous</em>, <strong>Jeanine Cummins<br></strong><a href="http://www.philippe-rey.fr/">Éditions Philippe Rey<br></a>Traduction Christine Auché, Paru <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 20 août</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature">Littérature</a> ici </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rentrée littéraire : « Sauf la frontière » d’Elisa Shua Dusapin, une histoire intime du Moyen Orient</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 09:05:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 7 octobre 2023, au petit matin, Elisa Shua Dusapin quitte le festival littéraire de Beyrouth où elle a été invitée pour descendre vers le Sud-Liban. Elle ignore encore tout de la tragédie qui vient de se dérouler de l&#8217;autre côté de la frontière. Confinée à Beyrouth en état d’urgence, elle parvient à regagner l’Europe. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le 7 octobre 2023, au petit matin, <strong>Elisa Shua Dusapin</strong> quitte le festival littéraire de Beyrouth où elle a été invitée pour descendre vers le Sud-Liban. Elle ignore encore tout de la tragédie qui vient de se dérouler de l&rsquo;autre côté de la frontière. Confinée à Beyrouth en état d’urgence, elle parvient à regagner l’Europe. Mais l&rsquo;autrice ne tient pas en place. Quelques mois plus tard, elle repart s&rsquo;installer à Amman, en Jordanie, pays dont elle ne connaît ni la langue ni les usages. Elle décide d’apprendre l&rsquo;arabe, arpente la ville et intègre une formation de plomberie aux côtés de femmes jordaniennes, vingt-quatre apprenties âgées de 18 à 60 ans, abayas relevées sur des baskets colorées, caisse à outils à l&rsquo;épaule. Dans un pays où l&rsquo;eau manque et où ce métier reste perçu comme une affaire d&rsquo;hommes, cette coopérative fondée par une femme du nom d&rsquo;Asma devient un lieu d&rsquo;émancipation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="300" height="446" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=300%2C446&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137950" style="aspect-ratio:0.6726676726156408;width:274px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?w=300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=150%2C223&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=283%2C420&amp;ssl=1 283w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sauf la frontiere &#8211; Elisa Shua Dusapin</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Zones et checkpoints</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, elle fréquente un cercle de parole de réfugiés syriens organisé sur le modèle de la <em>diwaniya</em>. Durant le temps où se consume une bougie, on interroge à voix haute ce qu&rsquo;on a laissé derrière soi en fuyant son pays ou comment pardonner quand la blessure reste ouverte. Elle y croise Hassan, originaire d&rsquo;Alep, qui a tout perdu, sa maison, sa femme, ses enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit se déplace ensuite vers Israël, Jérusalem, Tel-Aviv puis la Cisjordanie. Son périple l’emmène sur les bords du Jourdain à sec, le long du mur érigé depuis 2002, dans les entrelacs des zones A, B et C héritées des accords d&rsquo;Oslo, à se heurter aux multiples checkpoints. À Ramallah, elle rencontre Salim, la quarantaine, qui tente de faire renaître une bibliothèque dans un ancien centre culturel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fille d&rsquo;un père français et d&rsquo;une mère sud-coréenne, élevée entre Paris, Séoul et Porrentruy (Suisse), Elisa Shua Dusapin, qui avec ce texte évolue dans une partie du monde où on ne l’attendait pas, revendique ce besoin de franchir les lignes. Sans grandiloquence ni prise de position tranchée, elle rapporte des faits, tout en laissant deviner de quel côté penche son cœur, celui des plus fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Sauf la frontièr</em>e - <strong>Elisa Shua Dusapin</strong><br><a href="https://editionszoe.ch/">éditions Zoé</a><br>En librairies le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">26 août </mark></pre>



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		<title>La vie à hauteur de pieds</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 08:35:48 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Ning fut boxeuse, autrefois. Aujourd&rsquo;hui, pour les clientes de son salon, elle n&rsquo;est qu&rsquo;une employée parmi d&rsquo;autres, toutes prénommées Susan par commodité, toutes vêtues du même pantalon et du même t-shirt noir. Interchangeables dans le regard de leurs clients, les Susan polissent, vernissent, conseillent sur la teinte qui ornera les mains. Elles sont aussi des oreilles aux confessions que les clientes laissent échapper, rendez-vous après rendez-vous, sur leurs amours, leurs carrières, leurs familles. Les Susan n’ont pas envers leurs clients une bienveillance complaisante. Bien au contraire, elles cultivent une forme de cynisme, de rugosité, de dureté, qui mettent en exergue les rapports de classe. Les Susan sont des immigrées – le pays d&rsquo;origine n&rsquo;est jamais nommé, mais on devine l&rsquo;Asie, la Chine, le Vietnam ou le Laos, patrie de l&rsquo;autrice – et elles échangent des commentaires – pas toujours sympathiques – dans une langue que les clientes ne comprennent pas. Leur quotidien est fait de précarité, de soumission et du rêve farouche de s&rsquo;en sortir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="340" height="550" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=340%2C550&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137936" style="aspect-ratio:0.6182100053664062;width:173px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?w=340&amp;ssl=1 340w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=185%2C300&amp;ssl=1 185w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=150%2C243&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=300%2C485&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=260%2C420&amp;ssl=1 260w" sizes="auto, (max-width: 340px) 100vw, 340px" /><figcaption class="wp-element-caption">La couleur qui vous plaira </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En l&rsquo;espace d&rsquo;une seule journée, deux mondes se frôlent sans presque jamais se mêler, les uns dans les fauteuils confortables, les autres à leurs genoux, à hauteur de pieds. « <em>C&rsquo;est un moment très intime de découvrir les pieds de quelqu&rsquo;un. Même quand on est nue avec une personne, on ne voit pas ses pieds.</em> », exprime la Susan en chef, réactivant la dialectique du maître et de l’esclave.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce premier roman, lauréat du <strong>Giller Prize 2025</strong> – l&rsquo;équivalent canadien du Goncourt –, <strong>Souvankham Thammavongsa</strong> s&rsquo;impose, à l&rsquo;instar d&rsquo;Ocean Vuong, comme l&rsquo;une des voix les plus précises de la nouvelle littérature nord-américaine. Née en 1978 dans un camp de réfugiés laotiens en Thaïlande, poète et romancière installée à Toronto, elle avait déjà remporté le Giller Prize en 2020 pour son recueil de nouvelles <em>Comment prononcer couteau</em>. Elle devient ainsi l&rsquo;une des rares auteurs à avoir reçu deux fois cette distinction, </p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La couleur qui vous plaira</em> de <strong>Souvankham Thammavongsa<br></strong>Éditions <a href="https://www.editions-lacroisee.fr">La Croisée</a> - 22 €<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Paru le 20 août </mark></pre>



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		<title>Rentrée littéraire : les femmes libres de Carla Demierre et Maxime Schwartz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 14:01:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Élise Müller naît en 1861 dans le canton du Valais. Fille d&#8217;un marchand hongrois et d&#8217;une Genevoise, elle commence à travailler à quinze ans dans une maison de commerce. À trente ans, elle se découvre des dons de médium, entre en transe, dit communiquer avec Victor Hugo, puis avec Cagliostro, dont l&#8217;esprit devient son guide [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Élise Müller naît en 1861 dans le canton du Valais. Fille d&rsquo;un marchand hongrois et d&rsquo;une Genevoise, elle commence à travailler à quinze ans dans une maison de commerce. À trente ans, elle se découvre des dons de médium, entre en transe, dit communiquer avec Victor Hugo, puis avec Cagliostro, dont l&rsquo;esprit devient son guide spirituel, son « <em>régisseur caché dans la coulisse</em> », comme l&rsquo;écrira plus tard le psychologue Théodore Flournoy. Elle prend un pseudonyme : Hélène Smith.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle incarne successivement une princesse hindoue, Marie-Antoinette et une voyageuse interplanétaire qui décrit la topographie de Mars, invente une langue et un alphabet que le grand linguiste Ferdinand de Saussure prendra la peine d&rsquo;étudier. Flournoy, fasciné, mène sur elle une étude clinique et en tire <em>Des Indes à la planète Mars,</em> publié en 1899, succès international, qui s&rsquo;inscrit dans les débuts de la psychanalyse. Élise Müller peint aussi des toiles issues de ses transes. Deux tableaux ont survécu, dont l&rsquo;un est aujourd&rsquo;hui conservé au Centre Pompidou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du personnage fantasque, on découvre tout ce que la médiumnité a apporté à cette héroïne. Dans une société où les femmes sont reléguées à la domesticité, le spiritisme ouvre une brèche insolite. Le mouvement spirite accordait aux femmes le pouvoir de prendre la parole en public&nbsp;; la médium ne parlant pas en son nom, on l&rsquo;écoute. Pour Élise Müller, le bénéfice est concret. La médiumnité lui offre une identité publique et une émancipation économique sans passer par le mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette histoire folle que <strong>Carla Demierre</strong> a choisi de raconter dans <em>La Fille de Mars</em> en suivant Sybil Brown, enquêtrice de la SARP – Société américaine pour la recherche psychique – qui embarque sur un paquebot qui la conduit vers Hélène Smith. Au contact de celle-ci, la chercheuse commence, elle aussi, à envisager sa propre vie sous l&rsquo;angle de l&rsquo;émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Carla Demierre a travaillé à partir des travaux de Flournoy, consulté les archives minces et éparpillées : une petite liasse de dessins cosmiques, les deux tableaux, des revues scientifiques et spirites. Si l’ouvrage reste largement romanesque, il parvient à restituer la troublante modernité de cette femme du XIX<sup>e</sup> siècle qui s’était inventé une vie à la mesure de son imagination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La scandaleuse</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="643" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=643%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137931" style="aspect-ratio:0.6279324709493532;width:271px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=643%2C1024&amp;ssl=1 643w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=188%2C300&amp;ssl=1 188w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=768%2C1223&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=150%2C239&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=300%2C478&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=696%2C1108&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=264%2C420&amp;ssl=1 264w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 643px) 100vw, 643px" /><figcaption class="wp-element-caption">Carla demierre, La fille de Mars</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">À quelques milliers de kilomètres de Genève et quelques décennies plus tôt, naît Victoria Woodhull en 1838 dans l&rsquo;Ohio, septième enfant d&rsquo;une famille qui tient de la foire itinérante : un père escroc, une mère illettrée adepte du magnétisme animal, une fratrie baladée sur les routes de l&rsquo;Amérique pionnière pour vendre des potions miraculeuses et dire la bonne aventure. À quinze ans, Victoria épouse un médecin pour échapper à sa famille et tombe de Charybde en Scylla : le mari est alcoolique et coureur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle le quitte. Avec sa sœur Tennessee, elle part à New York, se lie avec Cornelius Vanderbilt, magnat des chemins de fer, avide de communiquer avec sa mère défunte par l&rsquo;intermédiaire de médiums. Avec lui, elles ouvrent 1870 la première maison de courtage à Wall Street dirigée par des femmes et vont gagner beaucoup d&rsquo;argent. Victoria le réinvestit dans un journal, <em>le Woodhull and Claflin&rsquo;s</em> Weekly, qui tire à plus de cent mille exemplaires et publie la première traduction américaine du <em>Manifeste du Parti communiste.</em> Dans ses pages, elle défend le suffrage féminin, la journée de huit heures, le salaire égal, l&rsquo;amour libre, des jupes courtes pour ne pas traîner dans la boue. La presse la surnomme « <em>Madame Satan</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1872, elle se porte candidate à l&rsquo;élection présidentielle américaine, sous l&rsquo;étiquette du parti des droits égaux qu&rsquo;elle a elle-même fondé, avec pour colistier l&rsquo;abolitionniste Frederick Douglass. Les femmes n&rsquo;ont pas encore le droit de voter, mais rien ne leur interdit de se présenter. Le jour du scrutin, elle est en prison, arrêtée pour avoir publié dans son journal l&rsquo;histoire d&rsquo;un adultère impliquant un pasteur de Brooklyn, récit authentique, mais qui, en raison de la loi sur l&rsquo;obscénité, lui vaudra plusieurs semaines de cellule.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite est tout aussi vertigineuse. Elle s&rsquo;installe en Angleterre, épouse un riche banquier, devient châtelaine d&rsquo;un manoir, fonde une école de village.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Premier roman éblouissant</strong></mark></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="675" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682.jpeg?resize=675%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137932" style="aspect-ratio:0.6591957811470006;width:272px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=675%2C1024&amp;ssl=1 675w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=768%2C1165&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1013%2C1536&amp;ssl=1 1013w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1350%2C2048&amp;ssl=1 1350w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=150%2C227&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=300%2C455&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=696%2C1056&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1068%2C1620&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=277%2C420&amp;ssl=1 277w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?w=1688&amp;ssl=1 1688w" sizes="auto, (max-width: 675px) 100vw, 675px" /><figcaption class="wp-element-caption">Maxim Schwartz, Le dernier présage de Victoria Woodhall</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maxime Schwartz</strong> aurait pu se contenter d&rsquo;une biographie de Victoria et cela aurait déjà été sacrément passionnant. Mais avec ce premier roman, il révèle une plume brillante, acerbe, d’un humour fou. <em>Le Dernier Présage de Victoria Woodhull</em> commence le dernier jour de l’héroïne. Le 9 juin 1927, Victoria annonce à son domestique, Ménélas Daisastre, jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, exilé dans ce manoir anglais, qu&rsquo;elle va mourir. Son perroquet Paradise a disparu. C&rsquo;est un présage. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière des prédictions catastrophiques, mais cette fois, elle a décidé que c&rsquo;était la bonne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière journée rocambolesque est narrée depuis le regard de l’improbable Ménélas. Tandis que la vieille dame arpente ses souvenirs, la vie extraordinaire de Victoria se déploie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Fille de Mars</em> de <strong>Carla Demierre</strong><br><a href="https://editions-corti.fr/">Éditions Corti</a> - 19 €<br><em>Le Dernier Présage de Victoria Woodhull</em> de <strong>Maxime Schwartz</strong><br><a href="http://www.philippe-rey.fr/">Éditions Philippe Rey</a> - 18 €<br>Parus le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 août </mark></pre>



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		<title>À Riez, on dévore les journaux et les livres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 11:27:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ils ont ouvert leur Librairie Jaubert depuis bientôt 27 ans. Mais ils y sont rarement ensemble, vu l’amplitude des horaires. La librairie Jaubert est ouverte 7 jours sur 7, toute l’année, sauf le 1er mai, dès 7 heures du matin. Il faut dire qu’elle est aussi un très actif marchand de presse, et que tous [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Ils ont ouvert leur <a href="https://www.instagram.com/librairie_jaubert/">Librairie Jaubert</a> depuis bientôt 27 ans. Mais ils y sont rarement ensemble, vu l’amplitude des horaires. La librairie Jaubert est ouverte 7 jours sur 7, toute l’année, sauf le 1<sup>er</sup> mai, dès 7 heures du matin. Il faut dire qu’elle est aussi un très actif marchand de presse, et que tous les titres quotidiens, régionaux et nationaux accueillent le visiteur à l’entrée, tandis que toute la presse magazine s’étale dans la dernière salle. La troisième. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième est consacrée à la littérature jeunesse et aux jeux. La première, la plus grande pièce, après quelques rayons papèterie, guides touristiques et cartes IGN, est le cœur battant de cette librairie apparemment ordinaire mais très particulière&nbsp;: des dizaines d’avis sur les livres sont suspendus au-dessus des ouvrages, écrits par Aline ou Pascal Jaubert. Qui lisent tout ce qu’ils vendent, soit 150 à 200 livres par an chacun. Jamais les mêmes, «&nbsp;<em>sauf si on veut confirmer un Coup de cœur.</em>&nbsp;» Les deux libraires décernent ce label, le leur, à quelques ouvrages qu’ils chérissent particulièrement et mettent en avant. «&nbsp;<em>Les gens viennent chez nous parce qu’ils savent qu’ils vont y trouver un conseil, qu’on va leur proposer des livres qu’on a choisi pour eux. On connait les gens qui vivent ici. Et ailleurs, nos clients font des kilomètres parfois pour venir à Riez faire leurs emplettes de littérature.</em>&nbsp;», explique Pascal Jaubert.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pluralisme et contact</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la longue pièce les titres se mélangent. Pas question ici de classement par genre&nbsp;: des policiers, des thrillers, des romans d’horreur, voisinent avec «&nbsp;<em>la blanche&nbsp;</em>», les poches avec les reliés et les brochés. Peu de beaux livres, de théâtre, de poésie&nbsp;: c’est le roman qui règne en maitre absolu des lieux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cela marche&nbsp;: bien sûr Aline Jaubert souligne que les temps sont durs, mais elle dit aussi que les jeunes reviennent à la lecture, au livre, au papier, voire à la presse. Que quelque chose s’amorce depuis le Covid dans les Alpes-de-Haute-Provence, un autre rapport au réel et aux technologies, guidé par une volonté de contact. Et Pascal se prend à rêver d’un classement de ses livres «&nbsp;<em>par degré d’émotion, par sentiment</em>&nbsp;» et se réjouit surtout quand un lecteur «&nbsp;<em>tombe amoureux d’un livre qu’il n’aurait jamais pensé acheter</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant devenir libraires n’était pas pour lui une évidence. D’abord apiculteur, puis restaurateur, Pascal Jaubert était surtout un grand lecteur de presse. Comme son grand-père <em>«&nbsp;autodidacte qui allait chaque jour sur le tourniquet du marchand de presse et prenait tout, de</em> Présent <em>à</em> L’Huma<em>.</em> » Vendre la presse reste pour eux une priorité, et ils se réjouissent du retour de <em>La Marseillaise</em> dans les Alpes, déplorent de ne plus recevoir <em>Var Matin</em>, défendent un pluralisme régional qui ne peut selon eux «&nbsp;<em>se résumer à</em> La Provence&nbsp;».&nbsp;</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="924" data-id="137914" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=696%2C924&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137914" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=1157%2C1536&amp;ssl=1 1157w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=150%2C199&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=300%2C398&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=696%2C924&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=1068%2C1418&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=316%2C420&amp;ssl=1 316w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© N.C.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="924" data-id="137913" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=696%2C924&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137913" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=1157%2C1536&amp;ssl=1 1157w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=150%2C199&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=300%2C398&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=696%2C924&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=1068%2C1418&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=316%2C420&amp;ssl=1 316w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© N.C.</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La lecture comme éblouissement</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Aline a toujours été une grande lectrice de romans, de tous types, et a refilé le virus à son mari, qui avoue que la lecture est devenue pour lui «&nbsp;<em>un éblouissement&nbsp;</em>». Leur salon annuel, qui a lieu le premier week-end d’août affiche des records de ventes&nbsp;: plus de 3 000 livres y sont vendus chaque année depuis 14 ans. Les trente auteurices présent·es ce en 2026 – dont René Frégni, Karine Giebel, Marcus Malte ou JR Ellory – ont vendu et dédicacé entre 50 et 300 romans chacun·e. Ce qui est exceptionnel lors d’un événement littéraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’inscrire dans un réseau comme les libraires du Sud&nbsp;? Demander des subventions&nbsp;? Le couple y songe, mais reste jaloux de son indépendance, de ses choix de lecture assumés, subjectifs, émotifs, résolument romanesques. Guidés par le plaisir de lire. Ou plutôt&nbsp;: de dévorer&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



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