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	<title>Archives des Politique culturelle - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Politique culturelle - Journal Zebuline</title>
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		<title>Rentrée rédhibitoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 11:26:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mot rédhibitoire avec son h en plein milieu, est assez particulier en français. Sa finale invariable en «&#160;oire&#160;» signale une création lexicale relativement ancienne, puisque ce suffixe adjectival n’est plus productif en français depuis le XVIIe siècle. Mais le fait qu’il ait conservé son h, sa longueur conséquente (5 syllabes écrites, la moyenne en [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le mot rédhibitoire avec son h en plein milieu, est assez particulier en français. Sa finale invariable en «&nbsp;oire&nbsp;» signale une création lexicale relativement ancienne, puisque ce suffixe adjectival n’est plus productif en français depuis le XVII<sup>e</sup> siècle. Mais le fait qu’il ait conservé son h, sa longueur conséquente (5 syllabes écrites, la moyenne en français est de 2,5) signale aussi que la langue s’en est peu emparée et ne l’a pas déformé, qu’il est resté fidèle à son ancêtre latin <em>redhibitorius</em>, à peine adapté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est qu’il est exceptionnel, de fait, qu’un objet soit rédhibitoire. C’est-à-dire accablé d’un défaut qui le rend complètement et sans appel impropre à la vente, à l’usage, en raison d’une malfaçon intrinsèque qui ne peut être corrigée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourtant sous le signe d’un rédhibitoire accepté que cette rentrée se déroule. Ce qui est une absurdité, un contresens, une antinomie. Le rédhibitoire ne PEUT pas être accepté. Nous tolérons pourtant un Gouvernement dont le Premier ministre a été démissionnaire et qui ne représente pas la force politique majoritaire à l’Assemblée. Qui se révèle, puisqu’il découle d’une décision qui n’a pas respecté les frontières du rédhibitoire, impropre à gouverner, c’est-à-dire à prévoir. Les méga-feux, la canicule, l’accroissement vertigineux de la pauvreté, de la mortalité infantile… tout était prédit, rien n’était prévu&nbsp;: jusqu’aux conséquences de l’engorgement des tribunaux sur la prévention des crimes et la protection des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Alerte sur la paye</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rentrée des enseignants se fait aussi dans un contexte de malfaçon rédhibitoire. Il n’est pas certain qu’ils seront payés. Entendez&nbsp;: ces infatigables protecteurs de la démocratie, qui prennent la peine chaque jour de se confronter aux violences de jeunes gens maltraités par une société qui les abandonne aux écrans et à l’emprise algorithmique&nbsp;; ces enseignants qu’on insulte quotidiennement, qu’on assassine parfois, qui se suicident trop souvent, qui sont parmi plus diplômés et les plus mal payés d’Europe, face à des classes nettement plus nombreuses qu’ailleurs, de la maternelle à l’Université&nbsp;; ces perles de la Nation au dévouement souvent exemplaire, après avoir subi des réformes absurdes et successives qui ont dénaturé leurs pratiques, devraient se passer de paye comme dans un pays en cessation de paiement&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France n’a jamais été aussi riche, les Français·es, sauf quelques un·es, jamais aussi pauvres. Dans cette crise économique qui n’en est pas une, un nouveau budget inacceptable, rédhibitoire, se profile. Il va achever de massacrer la France, les collectivités, les établissements scolaires, la vie associative, les hôpitaux, les services publics, l’intense vie culturelle décentralisée que nous avons construite et perpétuée de nos mains, et qui est essentielle autant à nos esprits qu’au dynamisme économique de nos territoires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Changer de cap est impératif</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les restrictions budgétaires, étant donné l’été apocalyptique que nous avons vécu, devraient être jetées aux oubliettes. Reconstruire, protéger, penser une économie fortement redistributive&nbsp;: l’égalité devrait être un horizon, pour ne plus renoncer à la devise si oubliée de notre nation aveuglée par l’emprise capitaliste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si aveuglée que l’IA, refusée par 82% des Français qui savent ce qu’ils vont y perdre, a désormais infiltré nos vies, nos téléphones, nos administrations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous faisons notre première rentrée avec un moteur de recherche alimenté par une intelligence artificielle qui a aspiré nos données. Contre notre volonté. Ce qui, en démocratie, devrait être rédhibitoire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici</a> </p>
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		<title>Hip Hop Non Stop : La Ville dit stop</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 08:56:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[annulation]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Cédric Claquin]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce 31 juillet sur le Vieux Port, le Rat Luciano, Rim K, ou Don Choa enflamment la scène flottante, face à la mairie de Marseille, et face à une foule composée de milliers de Marseillais et de touristes mélangés. La ferveur des images fait vite le tour des réseaux sociaux, et Marseille se voit une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce 31 juillet sur le Vieux Port, le Rat Luciano, Rim K, ou Don Choa enflamment la scène flottante, face à la mairie de Marseille, et face à une foule composée de milliers de Marseillais et de touristes mélangés. La ferveur des images fait vite le tour des réseaux sociaux, et Marseille se voit une fois encore en capitale incontestée du rap en France. Pourtant, quelques jours plus tôt, la Ville venait de saborder un des rendez-vous qui maillaient l’année hip-hop marseillaise, <em><a href="https://hiphop-nonstop.fr">Hip Hop Non Stop</a></em>. Une coupe sèche et tardive des subventions pour un événement qui prônait la gratuité, l’émergence et la parité dans sa programmation depuis 2021. Plusieurs semaines après l’annonce de cette annulation, <a href="https://urbanprod.net">Urban Prod,</a> l’association organisatrice, explique à <em>Zébuline</em> n’avoir toujours pas reçu d’explications concrètes sur les raisons de cette décision. <br></p>



<p class="wp-block-paragraph">La sixième édition de <em>HHNS</em> devait se tenir du 10 au 13 septembre, avec comme chaque année, un parcours dans plusieurs lieux de Marseille, principalement du centre ville et des quartiers Nord. Des concerts de rap, mais aussi de la danse, et du graff, le plus souvent portés par des jeunes talents et collectifs de Marseille et sa proche région. Mais cette promesse tenait grâce au soutien de la Ville, qui en assurait presque exclusivement le financement. Pour un budget de 145 000 €, 120 000 était abondé par la mairie centrale et plusieurs mairies de secteur (1/7, 2/3, 4/5 et 6/8).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les élections, cette même architecture devait être reconduite dans les grandes lignes pour l’édition 2026. «&nbsp;<em>On a fait une réunion avec toutes les mairies concernées en mai. Toutes sont présentes, à l’exception de la mairie des 2/3, qui ne vient pas. Quant à la mairie centrale, elle affiche son soutien a priori</em>&nbsp;», explique Cédric Claquin, directeur adjoint de l’association Urban Prod.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vote de la subvention est prévu quelques semaines plus tard, le 26 juin, mais Cédric Claquin affirme n’avoir plus aucune nouvelle de la mairie, malgré ses relances. C’est finalement le 15 juillet qu’on lui indique que la subvention a été retirée du vote. Le sort de l’édition 2026 est scellé, malgré une programmation déjà largement ficelée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Allô Mairie </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En privé, on lui indique que la mairie «&nbsp;<em>se pose des questions&nbsp;</em>» sur le modèle économique original de cet événement, qui repose à la fois sur des subventions de la mairie centrale et des marchés des mairies de secteur. Original peut-être, mais rien d’illégal assure Cédric Claquin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En public, les raisons de ce retrait sont différentes. Après l’annonce de l’annulation de l’édition 2026 par <em>Hip Hop Non Stop</em> sur les réseaux sociaux, la presse demande une réaction à la Ville, qui se contente d’un communiqué de presse nébuleux. Il y est notamment écrit que «&nbsp;<em>comme à chaque début de mandature, les politiques publiques sont réévaluées afin de répondre aux nouvelles priorités fixées par la municipalité. Cette démarche conduit à faire évoluer les dispositifs de soutien : certains projets arrivent à leur terme, tandis que de nouvelles initiatives émergent pour accompagner les transformations du paysage culturel marseillais.</em> Ou, plus loin, que «&nbsp;<em>cette décision s’inscrit dans une volonté de réorienter les politiques en faveur des cultures urbaines afin de leur donner un nouvel élan&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Une réponse lénifiante dans la novlangue politique&nbsp;</em>»&nbsp;tacle Cédric Claquin, pour qui le communiqué n’est que du «&nbsp;<em>bullshit, qui donne les mauvaises raisons&nbsp;</em>». Pour lui, une des raisons est la défiance que porte la mairie centrale pour cet événement, lancé en début de première mandature par les mairies de secteur, et qu’elle ne contrôle donc pas, n’impulse pas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le coup de fil du 15 juillet, Cédric Claquin n’a presque plus eu aucun contact avec la mairie, sinon une promesse de rendez-vous à la rentrée, déjà repoussé une fois. C’est d’ailleurs en lisantla presse, qui relaie le communiqué de la Ville, qu’il apprend que la mairie s’engage à payer les sommes déjà engagées. «&nbsp;<em>Ce qu’en privé on ne m’avait pas confirmé&nbsp;</em>», explique-t-il. Côté mairie, on joue du scratch, et le même communiqué paru dans la presse quelques semaines plus tôt est envoyé à <em>Zébuline</em>. Aucun élu ne prendra la parole jusqu’au moment où l’on écrit article.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Non stop ? </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que les nombreux messages de soutien reçus par Urban Prod les invitent à ne pas baisser les bras, et n’excluent pas un retour en 2027. «&nbsp;<em>Même si la Ville dit que “certains projets sont arrivés à leur terme”, nous on n’est pas arrivé à notre terme&nbsp;!&nbsp;</em>», poursuit Cédric Claquin, qui a déjà quelques idées pour le futur : «&nbsp;<em>On a un espace de mutualisation pour faire un truc, peut-être qu’en 2027, on peut arriver groupé à la mairie, et leur demander s’ils sont intéressés par le hip-hop&nbsp;?</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>À Riez, on dévore les journaux et les livres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 11:27:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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		<category><![CDATA[Aline Jaubert]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes-de-Haute-Provence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils ont ouvert leur Librairie Jaubert depuis bientôt 27 ans. Mais ils y sont rarement ensemble, vu l’amplitude des horaires. La librairie Jaubert est ouverte 7 jours sur 7, toute l’année, sauf le 1er mai, dès 7 heures du matin. Il faut dire qu’elle est aussi un très actif marchand de presse, et que tous [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ils ont ouvert leur <a href="https://www.instagram.com/librairie_jaubert/">Librairie Jaubert</a> depuis bientôt 27 ans. Mais ils y sont rarement ensemble, vu l’amplitude des horaires. La librairie Jaubert est ouverte 7 jours sur 7, toute l’année, sauf le 1<sup>er</sup> mai, dès 7 heures du matin. Il faut dire qu’elle est aussi un très actif marchand de presse, et que tous les titres quotidiens, régionaux et nationaux accueillent le visiteur à l’entrée, tandis que toute la presse magazine s’étale dans la dernière salle. La troisième. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième est consacrée à la littérature jeunesse et aux jeux. La première, la plus grande pièce, après quelques rayons papèterie, guides touristiques et cartes IGN, est le cœur battant de cette librairie apparemment ordinaire mais très particulière&nbsp;: des dizaines d’avis sur les livres sont suspendus au-dessus des ouvrages, écrits par Aline ou Pascal Jaubert. Qui lisent tout ce qu’ils vendent, soit 150 à 200 livres par an chacun. Jamais les mêmes, «&nbsp;<em>sauf si on veut confirmer un Coup de cœur.</em>&nbsp;» Les deux libraires décernent ce label, le leur, à quelques ouvrages qu’ils chérissent particulièrement et mettent en avant. «&nbsp;<em>Les gens viennent chez nous parce qu’ils savent qu’ils vont y trouver un conseil, qu’on va leur proposer des livres qu’on a choisi pour eux. On connait les gens qui vivent ici. Et ailleurs, nos clients font des kilomètres parfois pour venir à Riez faire leurs emplettes de littérature.</em>&nbsp;», explique Pascal Jaubert.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pluralisme et contact</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la longue pièce les titres se mélangent. Pas question ici de classement par genre&nbsp;: des policiers, des thrillers, des romans d’horreur, voisinent avec «&nbsp;<em>la blanche&nbsp;</em>», les poches avec les reliés et les brochés. Peu de beaux livres, de théâtre, de poésie&nbsp;: c’est le roman qui règne en maitre absolu des lieux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cela marche&nbsp;: bien sûr Aline Jaubert souligne que les temps sont durs, mais elle dit aussi que les jeunes reviennent à la lecture, au livre, au papier, voire à la presse. Que quelque chose s’amorce depuis le Covid dans les Alpes-de-Haute-Provence, un autre rapport au réel et aux technologies, guidé par une volonté de contact. Et Pascal se prend à rêver d’un classement de ses livres «&nbsp;<em>par degré d’émotion, par sentiment</em>&nbsp;» et se réjouit surtout quand un lecteur «&nbsp;<em>tombe amoureux d’un livre qu’il n’aurait jamais pensé acheter</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant devenir libraires n’était pas pour lui une évidence. D’abord apiculteur, puis restaurateur, Pascal Jaubert était surtout un grand lecteur de presse. Comme son grand-père <em>«&nbsp;autodidacte qui allait chaque jour sur le tourniquet du marchand de presse et prenait tout, de</em> Présent <em>à</em> L’Huma<em>.</em> » Vendre la presse reste pour eux une priorité, et ils se réjouissent du retour de <em>La Marseillaise</em> dans les Alpes, déplorent de ne plus recevoir <em>Var Matin</em>, défendent un pluralisme régional qui ne peut selon eux «&nbsp;<em>se résumer à</em> La Provence&nbsp;».&nbsp;</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="924" data-id="137914" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=696%2C924&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137914" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=1157%2C1536&amp;ssl=1 1157w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=150%2C199&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=300%2C398&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=696%2C924&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=1068%2C1418&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?resize=316%2C420&amp;ssl=1 316w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-31-2.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© N.C.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="924" data-id="137913" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=696%2C924&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137913" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=771%2C1024&amp;ssl=1 771w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=226%2C300&amp;ssl=1 226w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=768%2C1020&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=1157%2C1536&amp;ssl=1 1157w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=150%2C199&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=300%2C398&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=696%2C924&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=1068%2C1418&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?resize=316%2C420&amp;ssl=1 316w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/PHOTO-2026-08-20-13-58-30-3.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© N.C.</figcaption></figure>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La lecture comme éblouissement</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Aline a toujours été une grande lectrice de romans, de tous types, et a refilé le virus à son mari, qui avoue que la lecture est devenue pour lui «&nbsp;<em>un éblouissement&nbsp;</em>». Leur salon annuel, qui a lieu le premier week-end d’août affiche des records de ventes&nbsp;: plus de 3 000 livres y sont vendus chaque année depuis 14 ans. Les trente auteurices présent·es ce en 2026 – dont René Frégni, Karine Giebel, Marcus Malte ou JR Ellory – ont vendu et dédicacé entre 50 et 300 romans chacun·e. Ce qui est exceptionnel lors d’un événement littéraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’inscrire dans un réseau comme les libraires du Sud&nbsp;? Demander des subventions&nbsp;? Le couple y songe, mais reste jaloux de son indépendance, de ses choix de lecture assumés, subjectifs, émotifs, résolument romanesques. Guidés par le plaisir de lire. Ou plutôt&nbsp;: de dévorer&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/"><em>Littérature</em> ici </a></p>
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		<title>À Correns, renaître de ses cendres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 11:20:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Le Chantier]]></category>
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		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvie Aniorte Paz]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment décririez-vous ce qu&#8217;a vécu le village cet été ?Sylvie Aniorte Paz. Le Haut-Var et sa population, les exploitations agricoles, les villages et la nature ont souffert d&#8217;une série de méga-feux longs très impactant pour la nature et le vivant. Le feu est rentré pratiquement dans le cœur du village, et l&#8217;incendie a ravagé [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment décririez-vous ce qu&rsquo;a vécu le village cet été ?<br>Sylvie Aniorte Paz.</strong> Le Haut-Var et sa population, les exploitations agricoles, les villages et la nature ont souffert d&rsquo;une série de méga-feux longs très impactant pour la nature et le vivant. Le feu est rentré pratiquement dans le cœur du village, et l&rsquo;incendie a ravagé ce que le journal de France 3 a décrit comme un « jardin d&rsquo;Eden ». Le feu a détruit beaucoup, mais pas détruit la force des habitants ni leur solidarité. La crise climatique prépare un terrain miné pour toutes les régions. Correns et son territoire doivent être pensés comme un laboratoire d&rsquo;idées : prévenir, transformer, réunir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles sont les répercussions sur la saison ?</strong><br>Dans ce contexte inédit, nous débutons la saison sous le signe de la solidarité, avec des opérations de soutien en faveur des sinistré·es. Le spectacle vivant et la transmission des musiques traditionnelles sont au cœur de notre métier : c&rsquo;est l&rsquo;ADN de notre lieu, de la résidence artistique à notre festival, fin mai, qui fêtera ses 30 ans. Cette année, le fil rouge est bien sûr la Nature. Nous orientons une grande partie de nos ateliers, concerts et actions culturelles pour recréer du lien, ouvrir un espace de dialogue pour les habitant·es éprouvé·es. Ensemble, il nous faudra transformer ce traumatisme en nouvelles forces, d&rsquo;une certaine façon, renaître de ses cendres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pouvez-vous nous en tracer les grandes lignes ?</strong><br>La nouvelle saison sera placée sous le signe du Vivant et de la Mini-Nature. Cette thématique est une idée proposée par la marraine artiste de la nouvelle édition, l’instrumentiste et chanteuse iranienne Shadi Fathi. L&rsquo;image de la miniature persane – composition rigoureuse qui raconte chasse, musiciens, château, fontaines, guerre – synthétise l&rsquo;essentiel. Elle parvient, dans ses chefs-d&rsquo;œuvre, à aborder des questions complexes liées à la nature, dans un espace poétique différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Concrètement, comment s&rsquo;organise la solidarité ?</strong><br>Les musiciens corrensois, en solidarité avec le CCFF (réserve communale de sécurité civile feux et forêt du Var) souhaite participer à l&rsquo;achat de matériel de protection. Ils organisent plusieurs événements : un grand concert familial le 5 septembre avec sept groupes de musique qui se relaieront sur scène. La chanteuse et cheffe de chœur Sylvia Auclair y sera aussi présente avec sa chorale MezzeM. Le 12 septembre, l&rsquo;humoriste Laura Calu, native de Correns, jouera son spectacle et reversera l&rsquo;intégralité des entrées aux sinistré·es. D&rsquo;autres actions sont à venir : exposition photos, performances autour de la Mémoire, ateliers d&rsquo;éducation à l&rsquo;environnement pour les enfants&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels rendez-vous du Chantier peut-on déjà noter ?</strong><br>À ce stade, nous donnons rendez-vous au public aux dates suivantes : le 9 octobre 2026, à la salle de la Fraternelle avec un ciné-concert de Johanni Curtet autour du cinéma mongol. Musicien, compositeur et ethnomusicologue, il est spécialiste du chant diphonique et de la musique traditionnelle mongole. Le 20 novembre, avec le concert du trio féminin La Soubirane, à l&rsquo;issue d&rsquo;une résidence de création qui s&rsquo;interroge sur la nature sacrée et tisse un répertoire sensible. À la rentrée, le Chantier ouvre aussi les portes d&rsquo;un nouvel atelier de percussions à l&rsquo;année, dirigé par le percussionniste Nicola Marinoni.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et pour la suite ?</strong><br>Les résidences du Chantier débuteront en janvier. Nous accueillerons la chanteuse sicilienne Maura Guerrera pour sa nouvelle création avec l&rsquo;instrumentiste Malik Ziad et le chanteur Manu Théron. Le Chantier renouera aussi avec sa grande tradition de bals trad et folk, ainsi qu&rsquo;avec les rencontres tout au long de l&rsquo;année. Nous initierons également des partenariats, notamment avec la Cité de la Musique de Marseille, le festival de Chaillol, et dans le Var avec des structures telles que l&rsquo;association varoise Mundozika. Nous sommes ouvert·es aux propositions et prenons dès à présent contact avec des lieux, des exploitations agricoles et des écomusées pour penser ensemble des concerts insolites au cœur de la Provence verte et de ses alentours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique Culturelle</em> ici </a></p>
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		<title>Les congés n’ont reposé personne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 10:47:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[extreme droite]]></category>
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		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[rentrée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>90 ans après les premiers congés payés nous avons sans doute vécu, sauf années de nos guerres, le plus terrible été du siècle. La canicule a tué, les incendies ont ravagé nos vies, et nous avons tous, toutes, recherché en vain des ilots de fraicheur nocturne, vers l’altitude, les lacs, la mer, qui ne soulageaient [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">90 ans après les premiers congés payés nous avons sans doute vécu, sauf années de nos guerres, le plus terrible été du siècle. La canicule a tué, les incendies ont ravagé nos vies, et nous avons tous, toutes, recherché en vain des ilots de fraicheur nocturne, vers l’altitude, les lacs, la mer, qui ne soulageaient pas davantage qu’un bain tiédasse. Nous avons tous, toutes, regardé les noyé·es de Ceuta, décompté les morts sur la route de Méditerranée centrale, à Gaza, au Soudan, constaté l’alarmante augmentation du nombre de pauvres en France. Nous avons, tous et toutes, déploré, plus ou moins outrés ou résignés, que ces morts et ces souffrances des peuples déclenchent dans notre forteresse européenne un rejet massif plutôt qu’une solidarité nécessaire, humaine et morale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Défaites</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Abattu·es par ces épreuves nous revenons, défaits, défaites, vers nos activités de rentrée. Notre encore président a quant à lui bonne mine, il a fait du jet ski, surfant sur les vagues de son inconséquence, tandis que son gouvernement mentait allègrement sur l’impréparation aux méga-incendies des Landes et du Var. Emmanuel finissant semble en bonne forme, tout comme Marine Le Pen, radieuse, reposée, qui sait qu’elle n’aura pas à faire campagne pour le remplacer. Que sa condamnation importe peu, qu’il faut surtout qu’elle se taise, se débarrasse de Bardella, drague les classes populaires en leur promettant qu’elle les délivrera de ceux qui sont juste un peu plus pauvres, un peu moins blancs, un peu moins intégré·es qu’elleux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois encore le tour de passe-passe de l’extrême droite fonctionne. Il est pourtant éprouvé, de Benito à Donald en passant par Poutine et Bolsonaro. Il consiste à faire fructifier les intérêts des capitalistes en remplaçant la lutte des classes par le rejet du plus pauvre, de l’étranger, y compris lorsqu’il nous constitue intimement. La droite affolée, même gaullienne, emboîte le pas de cette idéologie meurtrière qui gagne la planète pour sauver le grand capital. Elle creuse les inégalités, enrichit les riches jusqu’à l’écœurement, abandonne les pauvres, les étudiants, les malades, les faibles, les femmes violentées… et les classes dites moyennes qui glissent lentement vers la pauvreté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Contrefeux misérables</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au tour de passe-passe la gauche réagit mal. Refusant, pour les plus socio-démocrates, de remettre en cause le capitalisme financier qui détruit la planète mais qui leur semble une loi naturelle. Quant aux autres, ils refusent de s’accorder sur un fonctionnement démocratique qui ne serait pas fait de coups de force, mais d’un programme commun.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-il encore temps&nbsp;? les <em>midterms</em> américaines vont-elles, une fois de plus, réorienter la politique mondiale, et la nôtre&nbsp;? &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’heure le peuple de France, les enseignant·es, les étudiant·es, les artistes, les salarié·es, les retraité·es, les commerçant·es, les sans-emploi s’apprêtent à retrouver leurs classes, leurs bureaux, leurs scènes, leurs activités, leurs collègues, leurs boutiques. La rentrée littéraire affiche une belle résistance au suprémacisme de Bolloré/Grasset, l’art contemporain s’expose dans ses différences et sa générosité dans toutes les friches anciennes et nouvelles. Il y a sans doute là, encore, un désir de combat, ou du moins quelque possibilité de plaisir intime. Le pire n’est jamais sûr.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il est de plus en plus probable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph">N.B. : Nous lancions en juin un appel à soutien. La presse est un puissant levier de résistance, Bolloré le sait bien. La culture est un puissant outil de conscientisation, Bolloré le sait mieux encore. <br>Zébuline continue à travailler, dans la difficulté. Quelques-uns nous ont aidés, en renouvelant des partenariats, en faisant des dons, en s’abonnant. Nous n’étions pas sûrs de tenir jusqu’à cette rentrée, vous nous y avez aidés. Merci, si vous le pouvez, de continuer !</p>
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		<title>Kouss·Kouss</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Carla Lorang]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 10:07:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[fête culinaire]]></category>
		<category><![CDATA[Floriane Facchini]]></category>
		<category><![CDATA[Kouss.Kouss]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Placé sous le signe des herbes et des aromates, le festival Kouss·Kouss anime la cité phocéenne jusqu’au 6 septembre. Initiée par les Grandes Tables, cette fête culinaire réunit près de 300 restaurants et commerces partenaires. Un événement à la fois gourmand et festif qui promet des moments de partage autour de grandes tablées, des rencontres [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Placé sous le signe des herbes et des aromates, le festival <em>Kouss·Kouss</em> anime la cité phocéenne jusqu’au 6 septembre. Initiée par les Grandes Tables, cette fête culinaire réunit près de 300 restaurants et commerces partenaires. Un événement à la fois gourmand et festif qui promet des moments de partage autour de grandes tablées, des rencontres avec des chefs, mais aussi des soirées musicales, des projections et des cueillettes en tout genre. Si, en 2025, la vedette était le pois chiche, cette année, les végétaux sont au cœur des rendez-vous, notamment à travers une résidence au Château d’If avec Floriane Facchini et Clarisse Le Bas. Mais couscous rime avant tout avec partage, sept soirées <em>Couscous en partage</em> permettront de distribuer près de 10 000 couscous gratuits dans toute la ville. <br><br><em>C.L.</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">21 août au 6 septembre</mark><strong><br>Divers lieux</strong>, Marseille</pre>
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		<title>Empreintes Africaines : Un héritage à célébrer </title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 11:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[afro-descendantes]]></category>
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		<category><![CDATA[Ateliers Jeanne Barret]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre le cours Julien, la Friche la Belle de Mai et les Ateliers Jeanne Barret, le festival Empreintes Africaines fête la Journée de la Femme Africaine et des minorités de genre (JIFA) jusqu’au 2 août. Plus qu’une simple proposition qui mêle musique, danse, mode et littérature, cette manifestation, portée par l’association TaniMena, se présente comme [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Entre le cours Julien, la Friche la Belle de Mai et les Ateliers Jeanne Barret, le <a href="https://www.lafriche.org/evenements/on-air-2026-jifa-x-empreintes-africaines/">festival <strong><em>Empreintes Africaines</em></strong></a> fête la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Journée_internationale_de_la_femme_africaine">Journée de la Femme Africaine </a>et des minorités de genre (JIFA) jusqu’au 2 août. Plus qu’une simple proposition qui mêle musique, danse, mode et littérature, cette manifestation, portée par l’<a href="https://www.helloasso.com/associations/tanimena">association TaniMena</a>, se présente comme un espace de rencontre entre traditions et identités panafricaines féminines, deux semaines durant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’événement s’est déjà ouvert le week-end du 18 juillet – avec une mise en lumière de récits cinématographiques de réalisatrices sénégalaise, haïtienne, brésilienne et britano-nigériane –, le prochain rendez-vous du festival se tient ce 31 juillet, sur les toits de la Friche. Au programme, un défilé de pièces de designers afrodescendantes de la scène locale, accompagnées de danseuses de voguing. La deuxième partie de soirée est consacrée aux artistes algériennes, <strong>Nadia Ammour</strong> et <strong>Souad Asla</strong>. Elles dévoileront une création musicale inédite, à la croisée des héritages gnawa et de la poésie amazighe, avec en invité le mandoliste <strong>Malik Ziad</strong> – seule présence masculine de la quinzaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin <strong>N0L4.44</strong> et <strong>Eau Vive</strong>, du collectif <strong>Entourage</strong>, clôtureront la soirée avec un DJ set en forme de melting-pot sonore. Une invitation pour les corps à se libérer grâce aux rythmes dancehall, baile funk, kuduro et autres pépites musicales dénichés dans les clubs des diasporas africaines, afro-créoles et latines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De Dar es Salam à Marseille</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite se passe le 1<sup>er</sup> août, aux Ateliers Jeanne Barret. <strong>Loélia </strong>y propose un atelier d’écriture, voix et corps, en non-mixité choisie. L’artiste danseuse, autrice et circassienne dont le travail est très ancré dans son héritage afro-descendant, interrogera le rapport au corps. Comment se situe-t-on par rapport à lui ? Et comment se situe-t-il face aux discriminations et aux questions d’intersectionnalités ? Pour cela, elle convie, entre autres, les hanches à raconter les héritages, les résistances, et bien sûr aussi les joies. «&nbsp;<em>Une forme de thérapie politique</em>&nbsp;» qui présente l’une des multiples manières d’exister en tant que femme afrodescendante. Des discussions, ateliers et une chorale sont également attendus le lendemain à La Friche.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du 6<sup>e</sup> au 15<sup>e</sup> arrondissement de Marseille, <em>Empreintes Africaines</em> entend «&nbsp;<em>mettre en lumière les histoires et les imaginaires que les femmes africaines ou afro-descendantes ont envie de raconter&nbsp;</em>», explique une des organisatrices du rendez-vous, <strong>Mialy Razakarivony Ratsifehera</strong>. Avant d’ajouter que «&nbsp;<em>si les femmes en 1974, en Tanzanie, ont réussi à monter la JIFA, à notre échelle à Marseille, on peut réussir à mettre en lumière toutes les diversités&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">AMANDINE EL ALLAUI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>JIFA : une date pour l’émancipation des femmes africaines </strong><br>Des femmes venues de tout le continent se sont réunies le 31 juillet 1962 à Dar es Salam, en Tanzanie, pour créer la première Organisation Panafricaine des Femmes. Malgré les barrières linguistiques et les différences culturelles et ethniques, elles allient leurs forces pour dessiner de nouveaux imaginaires qui visent à améliorer leurs conditions de vie et s’émanciper. La Journée Internationale de la Femme Africaine est promulguée la même année par les Nations unies, et il faudra attendre le 31 juillet 1974 pour qu’elle soit officiellement consacrée à l’occasion du premier congrès de l’Organisation panafricaine des femmes au Sénégal. A.E.-A.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a> </p>
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		<title>Avignon, mémoire vive</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Philippe Perotti]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 12:27:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Clés du FestivalComment faire exposition d’un art fugace par excellence ? Les Clés du Festival relève brillamment le défi. Près de mille documents composent un parcours savant et limpide, conçu par Antoine de Baecque et scénographié par Claudine Bertomeu. Des origines vilariennes au Off, l’histoire se raconte par ses œuvres, ses métiers et ses [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les Clés du Festival</mark><br></strong>Comment faire exposition d’un art fugace par excellence ? <em><a href="https://maisonjeanvilar.org/les-cles-du-festival/">Les Clés du Festival</a></em> relève brillamment le défi. Près de mille documents composent un parcours savant et limpide, conçu par <strong>Antoine de Baecque</strong> et scénographié par <strong>Claudine Bertomeu</strong>. Des origines vilariennes au Off, l’histoire se raconte par ses œuvres, ses métiers et ses publics. L’exposition ressuscite  les spectacles le temps d’archives écrites et vidéos, et donne à comprendre ce qu’ils ont su accompagner, et aussi ce qu’ils ont su déplacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://maisonjeanvilar.org/event/itineraire-bisle-festival-vu-par-julien-gosselinnouveau-parcours-au-sein-de-lexposition-permanente/">L’<em>Itinéraire bis</em> </a>de <strong>Julien Gosselin</strong> accompagne ce parcours avec tendresse et bienveillance au fil de cartels jaune canari. Son regard est drôle &#8211; « <em>Même Avignon a essayé d’être cyberpunk </em>» &#8211; mais surtout éclairant sur la manière dont l’héritage récent du Festival a nourri son théâtre dès ses jeunes années. À quoi ressemblera cette exposition dans vingt ans ? Que retiendra-t-elle de notre présent ? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Belles heures bouillonnantes</mark><br></strong>Parmi la soixantaine de rencontres de la Maison Jean Vilar durant le Festival, les journées d’Artcena induisent un bouillonnement plus intense encore. Place y est faite aux auteurices dramatiques pour des lectures et des rencontres simultanées dans toute la Maison. Les 10 et 11 juillet, <strong>Stanislas Nordey</strong> est venu parler d’Espaces 34 [<em>Litre notre entretien avec <a href="https://journalzebuline.fr/editer-cest-resister/">Stanislas Nordey ici</a></em>], <strong>Actes Sud</strong> des livres audio, <strong>Léonore Confino</strong> du jeune public, <strong>Baptiste Amann</strong> de son écriture… </p>



<p class="wp-block-paragraph">On retiendra surtout la lecture de <strong>Claudine Galea</strong>, qui a dirigé le service culture de <em>La Marseillaise</em> dans les années 1990. <em>Lear for real</em> actualise l’histoire du roi fou et de sa fille : Daddy Lear perd la mémoire, devient sénile, veut sortir de la maison de retraite et appelle sa fille toutes les minutes pour dire sa douleur… Un texte bouleversant, touchant au plus juste la détresse de ceux qui se perdent et de ceux qui les regardent partir. Interprété par <strong>Laurent Ziserman</strong> et <strong>Sophie Lahayville</strong>, il devrait être créé lors du Festival 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pour toujours Novarina</mark><br></strong>La Maison Jean Vilar a rendu hommage au poète disparu avec des rencontres, le <em>Dictionnaire Valère Novarina</em> et une installation présentant ses œuvres plastiques, en particulier le néon bleu <em>La lumière nuit</em>. On y retrouve les images de ses onze spectacles donnés au Festival jusqu’en 2020. De <em>L’Origine rouge</em> à <em>Personnages de la pensée</em>, reste l’électrochoc d’une langue inimitable, qui cherche le sens dans des recoins inusités et passe par le corps et la voix. </p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="391" data-id="137757" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/20260708_152415-1.jpg?resize=696%2C391&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137757" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/20260708_152415-1.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/20260708_152415-1.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/20260708_152415-1.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/20260708_152415-1.jpg?resize=150%2C84&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/20260708_152415-1.jpg?resize=696%2C391&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/20260708_152415-1.jpg?resize=747%2C420&amp;ssl=1 747w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Vue de l’exposition <em>Viva Novarina ! </em>© Margot Laurens &#8211; Association Jean Vilar</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" data-id="137756" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC5901.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137756" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC5901.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC5901.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC5901.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC5901.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC5901.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC5901.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">r<br>André Marcon © Margot Laurens &#8211; Association Jean Vilar</figcaption></figure>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>André Marcon</strong>, novarinien en chef, a lu &#8211; à peine, joué plutôt &#8211; la première partie du <em>Discours aux animaux</em>. Moment exceptionnel de maîtrise, d’invention, de restitution fine de chaque virage, chaque caillou du texte. Aussi précis, incisif, drôle, harangueur et digressif qu’il y a presque quarante ans, quand il l’a créé et laissé Avignon bouche bée…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Feuilleton de l’été</mark><br></strong>En écho aux <em>Clés du Festival</em>, <em>Mon Festival, nos festivals</em> confie chaque matin les archives à deux voix. <strong>Jean-Louis Martinelli</strong> et <strong>Charles Berling</strong> offrent un épisode émouvant, porté par leur vieille complicité. Ils évoquent leur Avignon commun, l’édition 1998 &#8211; assez épique &#8211; et cet <em>Œdipe le tyran</em> mis en scène dans la Cour d’honneur, avec Berling dans le rôle-titre. Jean Eustache surgit le temps d’un joli détour, Jean Vilar reste la boussole. Derrière les souvenirs affleure leur goût du théâtre politique et du service public, jusqu’au rappel de la menace que le gouvernement Sarkozy avait fait peser sur le spectacle vivant. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7739.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137754" style="width:600px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7739.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7739.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7739.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7739.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7739.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7739.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Stanislas Nordey et Virginie Colemyn © Margot Laurens &#8211; Association Jean Vilar</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stanislas Nordey</strong>, accompagné de <strong>Virginie Colemyn</strong>, livre un épisode à la mesure, démesurée, de son talent d’acteur. Il raconte son premier Off en 1988, dans un Marivaux qui fut d’emblée un triomphe, puis sa Cour d’honneur dans <em>Architecture</em> de <strong>Pascal Rambert</strong>. Il cite Peter Handke, Falk Richter, les lit, les dit, les joue, rendant chaque passage essentiel. De son père réel, Jean-Pierre Mocky, à <strong>Jacques Weber</strong> qui le représente, il va jusqu’à <em>Munition d’amour</em>, texte de <strong>Claudine Galea</strong> qu’il créera l’an prochain. Elle y parle de la découverte tardive de son cancer : « <em>j’ai préféré écrire à voir</em> ». La vie, la mort, l’amour font vibrer la calade, tandis que <strong>Virginie Colemyn</strong> lit <em>Avignon à vie</em>, de <strong>Pascal Rambert</strong>, et ses mythiques « Je n’ai pas vu ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le Off entre en scène</mark><br></strong>Le lendemain, place au Off avec <strong>Alain Timár</strong>, directeur du Théâtre des Halles, qui ne parlera pourtant que du In, interrogé par <strong>Michel Flandrin</strong>, notre collaborateur, qui l’aiguillonne et contextualise. Ce pionnier évoque les spectacles qui ont changé sa vie : Aperghis, Beckett dans la Cour avec un arbre sans feuilles &#8211; « <em>on n’a pas besoin de remplir l’espace pour l’occuper</em> » -, Georges Wilson, Rufus, Michel Bouquet et Fabrice Luchini enfant. Des marionnettes géantes sur roulettes traversent, incontrôlables dans le vent, le cloître des Célestins : « <em>ce qu’on a vécu comme un psychodrame devient, par la force du souvenir, une belle histoire à vous raconter</em> ». Et puis <em>May B</em> de Maguy Marin, <em>Nelken</em> de Pina Bausch, ces chorégraphes qui ont fait de la danse un « <em>art total</em> », dans l’esprit du <em>« service public du théâtre </em>» voulu par Jean Vilar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour clore le feuilleton, <strong>Justine Heynemann</strong>, accompagnée de <strong>Rachel Arditi</strong>, apporte une vision plus récente du Off, qu’elle fréquentait dès l’adolescence, toujours à la recherche d’un théâtre féministe. Marivaux pour ses premières armes, puis ses propres textes : <em>Les Petites Reines</em>, <em>PUNK.E.S</em>, <em>Culottées</em> et <em>Olympe(s)</em> rappellent, dans un festival dont l’histoire reste dominée par les hommes, que le théâtre ne s’écrira plus sans les femmes.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="360" height="240" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7493.jpg?resize=360%2C240&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137755" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7493.jpg?w=360&amp;ssl=1 360w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7493.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/DSC7493.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w" sizes="auto, (max-width: 360px) 100vw, 360px" /><figcaption class="wp-element-caption">Delphine de Vigan © Margot Laurens &#8211; Association Jean Vilar</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les figurants au premier plan</mark><br></strong>Lors d’une rencontre menée avec finesse par le journaliste et écrivain <strong>Matthieu Mével</strong>, <strong>Delphine de Vigan</strong> est revenue sur l’adaptation, qui permet parfois de découvrir une part intime, personnelle, insoupçonnée de son propre texte. <em>Les Figurants</em> est pourtant sa première pièce directement écrite pour la scène, mise en scène par <strong>Valérie Donzelli</strong>, venue du cinéma. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cécile, Orso, Bruno, Joyce et Nora attendent sur un tournage. Invisibles mais indispensables, ils sont, selon Cécile, la vieille dame jouée par <strong>Béatrice de Staël</strong>, les <em>« prolétaires du cinéma </em>». La pièce leur offre enfin le cadre et la parole. Les comédien·nes jouent avec naturel, solidement ancré·es dans le théâtre, tandis que la mise en scène convoque surtout le cinéma : voix hors champ, attente, ordres donnés par ceux que l’on ne voit pas. Une jolie ode aux oubliés des plateaux. Le texte, évocateur et attentif aux êtres, demeure pourtant plus littéraire que véritablement dramaturgique : les confidences dessinent les personnages sans toujours produire la tension que réclame la scène. Comme quoi écrire pour le théâtre n’abolit pas le mystérieux travail de l’adaptation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Clés du Festival</em>, exposition permanente ouverte toute l’année, <br>Maison Jean Vilar, Avignon</pre>



<pre class="wp-block-verse"><em>Itinéraire bis — Le Festival vu par Julien Gosselin</em> et <em>Viva Novarina !</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu'au 25 juillet</mark><br><br><em>Les Belles Heures</em> <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les 10 et 11 juillet </mark><br><br><em>Mon Festival, nos festivals</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 12 au 17 juillet</mark>  <br><br><em>Du livre à la scène</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les 13 et 14 juillet</mark><br><a href="https://maisonjeanvilar.org">Maison Jean Vilar</a></pre>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Figurants</em>, de <strong>Delphine de Vigan</strong>, mis en scène par <strong>Valérie Donzelli</strong>, <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu'au 25 juillet à 19h</mark>, <a href="https://lascala-provence.fr">La Scala Provence</a>. </pre>



<pre class="wp-block-verse">Rencontres, conférences et lectures sont enregistrées par L’Écho des planches et disponibles gratuitement sur <a href="https://maisonjeanvilar.org" data-type="link" data-id="maisonjeanvilar.org">maisonjeanvilar.org</a>. </pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <em><a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes</a></em> et <em><a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/">On y était</a></em> ici </p>
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		<title>L’esprit critique </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2026 11:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’expression désigne un art, celui de la critique, mais aussi plus globalement une manière de penser, qui dépasse l’approbation ou la désapprobation, et se fonde sur la mise en doute et la dialectique.&#160; On peut aussi lire «&#160;critique&#160;» comme un verbe, et l’expression comme un constat&#160;: l’esprit humain, naturellement, critique. Exerce sa capacité d’analyse du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’expression désigne un art, celui de la critique, mais aussi plus globalement une manière de penser, qui dépasse l’approbation ou la désapprobation, et se fonde sur la mise en doute et la dialectique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut aussi lire «&nbsp;critique&nbsp;» comme un verbe, et l’expression comme un constat&nbsp;: l’esprit humain, naturellement, critique. Exerce sa capacité d’analyse du réel perceptible. Émet des avis, des jugements, verbalise ce que le corps éprouve, rappelle ce que la mémoire sait, construit des analogies, compare, démonte, admire. Et transmet son avis, en parlant ou en écrivant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit critique est nécessaire à la démocratie. Les régimes autoritaires refusent la remise en cause politique. Ils écrivent, dans les «&nbsp;lois&nbsp;» qui les régissent, l’interdiction de critiquer le pouvoir, ceux qui le représentent, les décisions qu’ils prennent et les forces armées qui les défendent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Comment peut-on « présumer légitime » ?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’esprit critique est aussi l’ennemi des régimes démocratiques déclinants. Ainsi l’Assemblée nationale française a voté le 7 juillet une «&nbsp;<em>présomption d’usage légitime des armes</em>&nbsp;» par les policiers et les gendarmes. La gauche dénonce un «&nbsp;<em>permis de tuer</em>&nbsp;», et un rapport de la Cour des comptes publié le 20 juillet préconise plus de transparence, l’usage systématique des caméras piétons et le recours à des observateurs extérieurs aux forces de l’ordre lors de leurs déploiements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des forces de l’ordre font l’objet de plus de 12 000 plaintes par an des Français, nombre en constante augmentation même si peu de plaintes aboutissent. Est-il revenu le temps, pas si lointain, où la censure effaçait des photos les policiers français raflant la population du Vieux-Port ou encadrant les internés du Camp des Milles&nbsp;? L’esprit critique, nécessaire aux démocraties, interdit l’idée de «&nbsp;soutien indéfectible&nbsp;» ou de «&nbsp;légitimité présumée&nbsp;». Tout gardien de l’ordre doit être soumis à la possibilité de la critique, à la remise en cause de la légitimité de ses actes au nom des principes de ceux qui arment son bras.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Piratage des esprits</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet esprit critique nécessaire, encadré par les lois sur la liberté d’expression, souffre pourtant d’une autre menace active. Elle s’exerce sur des réseaux dits sociaux qui aspirent nos données et nous servent du pré-pensé en fonction d’études algorithmiques. Loin de permettre d’observer, de nuancer, de comprendre, d’établir des analogies, de déployer du sens complexe, ces réseaux exacerbent la binarité, le pour/contre figé dans des camps préétablis, et enferment chaque individu dans la caricature de lui-même, le poussant dans des retranchements d’autant plus insidieux qu’ils immiscent la vie publique dans la sphère privée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette binarité peut transformer un adolescent peu sûr de sa virilité en masculiniste, une féministe de la première heure en transphobe patentée, une victime sociale en raciste vengeur, un décolonial en censeur aveugle, un fragile en suicidé. En suralimentant les esprits des idées qu’ils connaissent et des opinions qu’ils partagent, les réseaux algorithmiques produisent le contraire de l’esprit critique, tout en singeant ses règles et en prétendant défendre la liberté d’expression. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Critiques d’art</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ces temps de festivals, la réflexion sur la critique de spectacles s’est exposée dans des débats publics, à Avignon ou à Arles. Les mêmes maux guettent les journalistes qui s’y exercent&nbsp;: l’autocensure directe (difficile de critiquer la Fondation Louis Vuitton dans les médias de LVMH) et la censure économique (difficile de laisser de la place, dans des journaux en difficulté, à des articles qui défendent des artistes émergeants) peuvent se combattre, mais la concurrence avec une binarité réductrice est plus complexe à éviter.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La critique d’art, née sous sa forme moderne, en France, avec Diderot et les Lumières, s’est développée à la fois dans les journaux et dans les universités. Dans des formes et des buts relativement proches au départ, relevant les spécificités, les nouveautés, les points forts et faibles d’une œuvre, permettant au lecteur de la contextualiser, à l’artiste de se confronter à un avis argumenté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques se sont abondamment plantés, fustigeant la Tour Eiffel, portant aux nues des œuvres médiocres, ignorant les femmes, trimballant d’immondes idées racistes sur le jazz… Mais des critiques comme Serge Daney, Thibaudat, Laure Adler, Rosita Boisseau ou Léonardini ont fait connaitre des artistes et des écrivains, fait comprendre des démarches, éclairé les programmateurs, les subventionneurs… et surtout le public ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie-José Sirach, présidente du syndicat de la critique, journaliste à <em>L’Humanité</em>, expliquait lors de débats à Avignon que son rôle n’était ni de juger, ni de prescrire. Pas question de « j’aime/j’aime pas », pas question d’attribuer des notes ou un nombre d’étoiles comme pour un Airbnb ou un livreur Uber (pratique pitoyable par ailleurs). Il est question d’écrire des textes, de démêler des pensées, d’ouvrir des voies, des possibles, et de participer à la relation entre le public et les œuvres. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un processus exactement inverse de celui des réseaux sociaux, qui piratent la sphère privée en la bombardant d’invisibles missiles&nbsp;: il s’agit de prendre le temps de la lecture, de l’écriture, pour que les expériences privées des artistes croisent celles des spectateurs, unis dans une collectivité qui les transforme, et les incite au véritable débat&nbsp;: pas ceux où on campe sur ses positions, mais ceux où on résout, dans la merveilleuse sensation d’une possible transformation personnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle que l’on cherche, au fond, au-delà du plaisir du divertissement, lorsqu’on ouvre un livre, ou qu’on pousse la porte des théâtres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



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		<title>4 heures et 17 minutes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 11:43:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un peu moins de la durée de Maldoror dans la Cour d’Honneur, un peu plus de celle du Deuil sied à Electre au jardin de Mons. À peine. C’est le temps qu’il faut à Total pour encaisser 10 millions de bénéfices nets. 4 heures et 17 minutes suffisent pour accumuler ce bénéfice exceptionnel, dû [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est un peu moins de la durée de <em>Maldoror</em> dans la Cour d’Honneur, un peu plus de celle du <em>Deuil sied à Electre</em> au jardin de Mons. À peine. C’est le temps qu’il faut à Total pour encaisser 10 millions de bénéfices nets. 4 heures et 17 minutes suffisent pour accumuler ce bénéfice exceptionnel, dû à la pénurie d’essence en mars 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">10 millions, c’est le montant du surgel qui met en danger immédiat et inédit 28 établissements financés par l’État. Mais il n’est pas question en France de taxer le capital, même quand il est généré par des profits de guerre. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’État doit gagner plus, pas dépenser moins</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les finances publiques de la France sont en berne faute de recettes fiscales, parce que les plus riches, les entreprises florissantes, échappent à l’impôt et reçoivent même d’abondantes aides publiques. Les riches n’ont jamais été aussi riches en France, mais la seule recette du macronisme est l’austérité. Fermer tous les robinets des dépenses, peu importent les conséquences sur la vie des Français·es, sur l’économie réelle, sur le déficit des caisses sociales, sur l’éducation, la santé, la justice, la culture, l’information, la crise climatique, la disparition du vivant, les finances des collectivités en charge de tâches de plus en plus lourdes. Il faut fermer les robinets, quelles qu’en soient les conséquences réelles, pourvu que les comptables d’État, qui se prennent pour des économistes alors qu’ils n’ont pas lu Keynes (ni Marx évidemment) continuent de sévir en faisant des soustractions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui nous gouvernent semblent ignorer qu’une crise budgétaire n’est pas une crise économique, et que la France reste un pays riche. Ils prennent le risque de nous plonger dans une terrible récession, en asséchant tous les services publics, les associations, les paysans, les commerçants, les artisans, tous ces emplois non délocalisables qui éduquent, soignent, informent, donnent de la joie, permettent l’échange. Sans eux, les inégalités vont se creuser davantage encore, la pauvreté toucher l’ensemble des classes dites moyennes, les étudiants souffrir de la faim, la délinquance et la criminalité exploser faute de juges, la souffrance psychique faute de soignants. Et le racisme, toutes les violences discriminatoires, vont augmenter, parce que les humains en souffrance, quand ils n’ont plus de recours, cherchent naturellement des boucs émissaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un pays sans culture publique est un pays mort</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La manifestation de l’intersyndicale de la culture le 13 juillet à Avignon dépassait la volonté inquiète de préservation d’un secteur, pour entrer dans une phase de combat, enfin ressenti comme nécessaire et légitime, y compris de la part des directeurs nommés par le Ministère. Joris Mathieu, président du Syndeac, expliquait que défendre la culture devait se concevoir en grand, comme un sauvetage global des services publics, comme un projet de société auquel il ne faut renoncer à aucun prix. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, il faut obtenir le dégel immédiat des 10 millions, mais aussi un financement décent de la culture par l’État, à hauteur de 1% de son budget (actuellement de 0,7%). Il s’agit de faire entendre que le combat culturel se mène aujourd’hui sur deux fronts&nbsp;simultanés : contre l’extrême droite et sa nostalgie d’une France fantasmée, blanche, chrétienne et monarchique, ou pétainiste&nbsp;; contre l’extrême-centre qui gouverne en piétinant les intérêts du peuple et en servant les milliardaires qui désindustrialisent le pays et accaparent ses richesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les élus avec la culture</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élus des collectivités locales, premiers financeurs de la culture en France, sont nombreux à signer, à droite comme à gauche, l’appel de l’intersyndicale de la culture pour refinancer la culture publique. Ils savent combien elle est indispensable à la vie économique de leurs territoires et à leurs habitants. Victimes de restrictions budgétaires insensées et intenables, les élus se tiennent aux côtés des acteurs culturels, dans une solidarité inédite entre la droite républicaine et la gauche, face à la folie destructrice d’un gouvernement à bout de souffle et de légitimité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



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