mercredi 29 mai 2024
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Dans les dernières notes du Festival de Pâques 

Une truite en dessert, une grande dame du piano, de la création… le festival aixois clôt en beauté sa onzième édition

Création

Le Quatuor Psophos (Mathilde Borsarello Herrmann, Bleuenn Le Maître, violons, Cecile Grassi, alto, Guillaume Martigné, violoncelle) suite à leur résidence et des concerts hors-les-murs à Chaillol, offrait le Quatuor n°11, Quartetto Serioso in Omaggio a Beethoven de Nicolas Bacri, compositeur avec lequel l’ensemble travaille depuis quinze ans et dont il a enregistré sept œuvres. Composé sur une commande du Festival de Pâques 2020, ce quatuor qui comprenait à l’origine deux mouvements s’est enrichi d’un troisième. La sévérité annoncée par le qualificatif « serioso » n’est pas sans influer sur la tonalité de la pièce qui, cependant, marie subtilement matière sculptée dans son épaisseur sonore, et notes filées jusqu’à une insaisissable transcendance. Une écriture de l’intime se dessine ici, vibrante, grave, avec de superbes unissons qui sont autant de strates palimpsestes d’une âme. Les voix des cordes se tissent en émerveillements nouveaux animés d’une tension dramatique exigeante, urgente. 

Revisiter les classiques

Que ce soit par l’entremise d’une soliste ou la vertu d’un grand ensemble, les « classiques » étaient habités par un parfum de jouvence : éblouissement de l’interprétation de la pianiste Elisabeth Leonskaja dans deux sonates de Schubert, puissante, nuancée, avec un sens aigu des contrastes, un phrasé époustouflant, une présence hypnotique. L’élégance du jeu, la fermeté des lignes, la fidélité à la partition, se doublent d’une liberté enivrante, accordant un regard neuf à la lecture des œuvres. Lorsque l’on évoque la profondeur de son jeu, l’interprète sourit, « la musique est profonde »… L’ensemble Pygmalion sous la houlette de Raphaël Pichon, souverain de maîtrise, subjuguait ensuite par l’équilibre de l’orchestre et du chœur, la netteté des pupitres, la finesse des instrumentistes, la beauté des voix des solistes. On retiendra sans nul doute le temps suspendu de l’Agnus Dei où dialoguent une flûte aérienne et le haute-contre William Shelton.

Un final chambriste

Renaud Capuçon choisissait de clore le festival par une carte blanche intime avec deux pièces schubertiennes, chacune contenant un « tube », mais dont l’intégralité est trop souvent négligée : le Trio en mi bémol majeur pour piano et cordes n° 2 dont le deuxième mouvement est l’un des thèmes de Barry Lyndon de Kubrick et le Quintette en la majeur D667, La Truite, au quatrième mouvement dangereusement célèbre. Le chatoiement du piano de Mao Fujita donna la réplique au violoniste virtuose et ses comparses, Paul Zientara (alto), Julia Hagen (violoncelle) et Lorraine Campet (contrebasse). 

Une édition réussie

Le Festival de Pâques côtoie les sommets et place Aix-en-Provence au firmament des plus grandes villes musicales actuelles. « Plus de 30 000 spectateurs, 9000 personnes à bénéficier de concerts gratuits dans la région, 38 concerts et des centaines de manifestations, le festival a bien grandi », s’est félicité Dominique Bluzet, directeur des Théâtres, en conclusion de la manifestation. 

MARYVONNE COLOMBANI

Concerts donnés les 3, 4 et 7 avril, à Aix-en-Provence
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