vendredi 27 janvier 2023
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Des odyssées épiques

L’Orchestre national Avignon Provence revenait à l’Opéra Grand Avignon poursuivre son jeu sur l’air des grands voyages

Pour son troisième concert symphonique à l’Opéra Grand Avignon, et dans le cadre de sa saison intitulée Odyssées, l’Orchestre national Avignon Provence – dirigé pour l’occasion par le Suisse Kaspar Zehnder – présentait ses Épopées nordiques. A savoir le Lonely Waters (1931) de l’Anglais Ernst John Moeran, le Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op.47 (1904) du Finlandais Jean Sibelius et la Symphonie n°2 en fa mineur op.36 (1870) de l’Allemand Max Bruch. 

L’ensemble nous entraîne d’abord dans les paysages du Norfolk, qui ont fortement inspiré le compositeur de Lonely Waters. D’origine irlandaise, Moeran est moins connu aujourd’hui que ses confrères britanniques Walton, Delius et Vaughan Williams. Et c’est à ce dernier qu’est dédiée cette pièce pour orchestre de chambre, qui se fonde sur une mélodie populaire du comté situé à l’est de l’Angleterre, et dont le solo de cor anglais, ici celui de Thierry Guelfucci, couronne magnifiquement l’ensemble. 

Artiste à suivre
L’orchestre, au grand complet cette fois-ci, nous transporte ensuite jusque dans les forêts finlandaises chères à Sibelius, accompagné par un guide de marque, le violoniste flamand Leonard Schreiber. Outre l’admiration des musiciens sur la scène, la virtuosité du soliste durant les trois mouvements de ce concerto est célébrée dans la salle par un rappel du public. Celui qui est « l’artiste à suivre », selon le magazine Musical Opinion, nous gratifie alors de la Sarabande en ré mineur de Bach. Quittant pour un instant son piédestal, le chef d’orchestre vient s’asseoir au milieu de ses musiciens et assiste, émerveillé, à la performance du prodige. 

Les musiciens terminent leur course dans les contrées du romantisme allemand dont Bruch est, avec Brahms, le plus grand défenseur. Cette prise de position l’a d’ailleurs mené à voguer à contre-courant de la modernité et de l’avant-garde qui étaient en train de conquérir le monde germanique au début du XXe siècle, à la fin de sa carrière. Sa symphonie permet à toutes les familles d’instrument de s’exprimer tour à tour – les vents aux subtiles sonorités succèdent à la densité des bois qui, elle-même, succède aux cordes qui donnent au thème principal tout son essor – avant de se rejoindre dans un finale qui achève d’embarquer l’ensemble de l’auditoire. 

KÉVIN BERNARD

Concert donné le 9 décembre, à l’Opéra Grand Avignon. 
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