lundi 3 octobre 2022
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Dress Code : le vêtement s’expose

La fondation Manuel Rivera-Ortiz, lieu dédié à la jeune photographie à Arles, accueille dans ses espaces, en association avec les Rencontres, l’exposition Dress Code : une trentaine d’artistes photographes qui explorent les liens entre vêtement et identité dans le monde

Un thème en or, tant la photographie a partie liée avec la mode, devenue aujourd’hui phénomène mondial et globalisant. Tant aussi la complexité des liens qui relient les êtres humains à leur façon de s’habiller est truffée de codes, de normes, de volonté d’intégration, d’émancipation, de revendication, dont l’exploration ne peut que susciter la curiosité. Par exemple, Benoît Feron, qui parcourt le monde entier, est, dans Sense of identity, captivé aussi bien par la diversité des pratiques vestimentaires, que par les éléments abstraits circulant sur les peaux et les chevelures : bijoux des peuples d’Afrique de l’Est, gestuelles yogi, scarifications du Sud-Soudan, tatouages primitifs Nagaland ou parures des transgenres indiens. Delphine Blast, qui est allée photographier au Sud du Mexique les puissantes femmes zapotèques, les fait poser, pour Fleurs de l’isthme, dans leur jupons, hauts et coiffes, tenue traditionnelle sertie de fleurs, complétée par des bijoux en or, transmise de génération en génération, symboles de leur pureté et de leur force.

Harmonie et identité

Avec Land of Ibeji, Sanne de Wilde et Benedicte Kurzen s’intéressent à la mythologie des jumeaux (métaphore puissante pour la dualité au sein d’un être humain) au Nigeria. « Ibeji » qui signifie à la fois «double naissance» et «les deux inséparables» en yoruba, désigne l’harmonie ultime entre deux personnes. De son côté, Manon Boyer, dans Under your skin, s’immerge au sein de l’univers des drag queens de New York, qui désacralisent l’entité du féminin et du masculin, en portant un nouveau regard sur le corps, oscillant constamment entre plusieurs personnalités. Ou bien encore Liza Ambrossio, qui, dans Blood Orange, poursuit ses démons intérieurs : des images comme des convulsions, autour du changement, du mal, du maudit, de la maladie mentale, de la solitude, de la liberté et du destin.

Cette exposition sur l’identité et le vêtement est « amplifiée » par deux autres propositions au sein de la Fondation : l’exposition Fotohaus, par ParisBerlin>fotogroup, qui met en avant la scène photographique franco-allemande autour d’un thème commun, en l’occurrence ici « L’être et le paraître ». Et Fragile du collectif Tendance Floue, seize photographes pour « un projet choral habité par les secousses qui traversent notre époque ».

MARC VOIRY

Dress Code
Jusqu'au 25 septembre
Fondation Manuel Rivera-Ortiz, Arles
mrofoundation.org
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