Le Grand Théâtre de Provence ouvrait ses portes au public, ce samedi, pour une soirée articulée autour de trois musiciens français – Francis Poulenc, Camille Saint-Saëns et Maurice Ravel.Midi-Minuit assemble trois décennies de création : Midi pile ou le Concerto du Soleil sur le Concerto pour deux pianos en ré mineur de Francis Poulenc, Minuit et demi, ou le Cœur Mystérieux sur les mélodies de Saint-Saëns et enfin l’incontournable Boléro de Ravel. Chorégraphiées par Thierry Malandain, ces pièces convoquent 21 interprètes de la troupe dans le décor et les costumes exemplaires de Jorge Gallardo, ainsi que les lumières signées François Menou.
Thierry Malandain conjugue ici trois pièces, toutes différentes, bien qu’appartenant à la même grammaire – ancrées dans un vocabulaire classique mais aux élans modernes et nouveaux. Sur Poulenc, le spectateur rencontre la force et l’intensité des mouvements de ses interprètes, électrifiés par la vivacité espiègle du compositeur. Incarnation du jour, la performance captivante se termine avec, un à un, les danseurs expulsés en dehors de la scène, comme propulsés vers la nuit. Naviguant entre passages doux et tendres, puis des explosions dynamiques, les tableaux dansés en solo, duo, quatuor ou en douzaine soulignent ces courbes mélodiques.
Lors du Boléro, la pression croissante exercée par le rythme obstiné et continuel au cours des seize minutes de musique est restreinte scéniquement par un décor qui confine ses interprètes dans un carré – quelque peu – ouvert et semi-transparent. Leurs gestes sont petits et synchronisés, accentuant davantage la pression montante. Le rythme toujours présent par des rebonds dans les hanches ou des basculements légers, des gestes qui débordent peu à peu de l’espace et finissent par éclater de leur enclot. À travers l’ensemble de ces danses, le décor minimaliste et épuré laisse place aux mouvements des danseurs. Les costumes minimalistes, en mèche, légers, flottants et ondulants à leurs moindres gestes prennent une nouvelle ampleur lors de la Danse Macabre où, habillés de capes noires, à chaque levé de jambe, le public entraperçoit une magnifique lueur de bleu ciel qu’ils portent en-dessous, rappelant le jour, de midi à minuit.
LAVINIA SCOTT
Spectacle donné les 23 et 24 janvier au Grand Théâtre de Provence
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