dimanche 27 novembre 2022
No menu items!
spot_img
AccueilNos critiquesOn y étaitEspiègleries jazzées à Gréoux

Espiègleries jazzées à Gréoux

The Big Marteen’s ou encore Julien Brunetaud et ses invités ont soufflé un vent du sud teinté de blues au Gréoux Jazz Festival

La huitième édition du Gréoux Jazz Festival concoctée par l’association FestiGréoux déclinait cette année encore, avec le même talent, une série de concerts qui, par leur variété, offraient une palette jazzique éclectique fondue dans une même exigence de qualité. Après l’enthousiasme suscité par le groupe montpellierain The Big Marteen’s et la performance des danseurs de swing, William, Maeva, Stacy et Ludovic, et précédant la soirée de jazz manouche, revenait le génial pianiste et compositeur Julien Brunetaud (sacré meilleur pianiste de blues d’Europe par les trophées France Blues en 2005 et 2006 et surtout, marseillais d’adoption depuis quelques années) en une formation de quintette. Au trio initial, le JB3, avec Sam Favreau (contrebasse) et Cédrick Bec (batterie), deux artistes majeurs de la scène jazz marseillaise avec lesquels le pianiste vient de sortir son cinquième album, Feels like Home (un petit bijou qui s’écoute en boucle), se joignaient deux comparses, aussi issus de la région, Vincent Strazzieri, saxophone ténor, qui a fait ses études de jazz au Conservatoire d’Aix-en-Provence et le tromboniste Romain Morello (à la tête du département jass du Conservatoire de Marseille). Le « JB5 » donc, arpenta avec un bonheur complice les terres du jazz, passant du regretté pianiste Junior Mance qui nous a quittés en janvier 2021 à des standards de Duke Ellington, des échos de Loockwood, le rythm and blues de Johnny Otis band et un parfum de blues de la New Orleans avec ses bayous, ses histoires… Les instruments s’orchestrent entre soli, trio (le groupe fondateur), quintette, épousant avec une élégante intelligence les tempi et l’esprit de chaque univers. La voix très « Nashville » du pianiste se glisse avec humour dans le tissu des chansons tandis que trombone et saxophone se livrent à de subtiles cadences. La batterie en un jeu très précis et fin soliloque avant de laisser la contrebasse duettiser en une émulation joyeuse avec le piano. Ce dernier s’envole parfois en solitaire, explorant les contreforts d’une âme en notes rêveuses ourlées de souvenirs de Debussy. Un boogiewoogie endiablé transporte la salle avant un lever de soleil annoncé par le jeu léger des baguettes, conclusion douce qui referme le propos de sa poésie onirique.

MARYVONNE COLOMBANI

Concert donné le 15 septembre au Centre de Congrès l’Etoile, à Gréoux-les-Bains, dans le cadre du Gréoux Jazz Festival

Article précédent Abondance culturelle
Article suivantQuelle folie !
ARTICLES PROCHES
- Advertisment -spot_img

Les plus lus