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Heure de pointes 

La venue du Ballet de l’Opéra national de Paris à Aix-en-Provence était une première. Au programme, Forsythe, van Manen et Pite

Événement au Grand Théâtre de Provence ! Cinquante-cinq danseurs de l’Opéra de Paris dont cinq étoiles, débarquent sur scène devant une salle comble. En ouverture, la pièce très académique de Forsythe pour quintette de danseurs, The Vertiginous Thrill of Exactitude, décline le vocabulaire du ballet classique dans ses différentes combinaisons : solos, pas de deux, pas de trois, section d’ensemble. Le tout sur pointe et en tutu, démonstration brillante de la maîtrise physique nécessaire à la moindre figure de danse. L’émotion arrive avec les Trois Gnossiennes de Hans van Manen. Accompagnées sur scène par le piano d’Elena Bonnay, les deux étoiles Ludmila Pagliero et Hugo Marchand épousent les harmonies sonores, se livrant à une interprétation subtile de la musique de Satie, conjuguant orbes poétiques et fluidité des gestes en une ensorcelante cérémonie. La virtuosité des corps n’est que l’instrument malléable d’une expression libérée de toutes les contraintes physiques pour atteindre le sublime.

The Seasons’ CanonMusique Max Richter Recomposed : Antonio Vivaldi The Four Seasons Chorégraphie Crystal PiteDécors Jay Gower Taylor Costumes Nancy Bryant Lumières Tom Visser


Tandis que And…Carolyn d’Alan Lucien Øyen propose aussi un superbe pas de deux où le quotidien laisse libre cours à l’expression de ses émotions sur des extraits de la bande originale d’American Beauty de Sam Mendes (Thomas Newman). La deuxième partie convoque cinquante-quatre danseurs sur le plateau avec la somptueuse chorégraphie de Crystal Pite, The Season’s Canon, composée pour le Ballet de l’Opéra, sur une musique de Max Richter. Les corps sont orchestrés en architectures mouvantes, tableaux bouleversants d’intensité où les danseurs forment un organisme vibrant, unique et multiple à la fois, transcendé par un rituel venu de la nuit des temps, nimbé de lumières d’apocalypse et d’ombres ocrées. Communion cosmique géniale d’où émergent quelques solistes chamaniques à l’ombre d’aurores boréales qui semblent sceller la destinée des mondes. On se laisse transporter par ces sculptures vivantes, la puissance de cette œuvre magistrale.

MARYVONNE COLOMBANI

Le Ballet de l’Opéra national de Paris s’est produit du 22 au 25 septembre au Grand Théâtre de Provence, à Aix-en-Provence.
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