jeudi 1 décembre 2022
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« La cour des miracles » : humour et carte scolaire

Dans cette comédie qui invite acteurs professionnels comme amateurs, Carine May et Hakim Zouhani dépeignent la triste inégalité scolaire en banlieue parisienne, avec humour

C’est par un casting étonnant et drôle, face caméra sur fond jaune d’or que commence le dernier film de Carine May et Hakim Zouhani, La cour des miracles. Quelqu’un, en voix hors champ, recrutedescandidats pour des postes de professeur des écoles. Des candidats assez hétéroclites dont certains vont être embauchés à l’école Jacques Prévert, en Seine-Saint-Denis, coincée entre des tours et un chantier en construction. Parmi eux, Marion (Anaïde Rozam), venue d’une ferme collective dans le Puy-de-Dôme, passionnée de nature et très motivée par son nouveau métier. Premiers contacts avec ses petits élèves, assis sur des chaises inadaptées, dans une classe où manque le tableau. Rencontre avec ses collègues, réticents à lui communiquer les codes pour les photocopies, au nombre restreint. Qu’à cela ne tienne ! Marion va enseigner différemment, dehors dans la forêt voisine : la lecture, les maths mais aussi le silence, les arbres, les plantes, les chants d’oiseaux. Cette initiative va donner  une idée à la directrice de cette école, Zahia, (Rachida Brakni), inquiète de l’émergence d’un quartier de riches et de bobos : la résidence « Harmonie » avec une école ultra moderne, aux superbes formes organiques, pour accueillir les têtes blondes. Cela va bien évidemment aggraver la non mixité sociale et accentuer les demandes de dérogation à la carte scolaire. Mais avant tout, il faudra convaincre chacun des profs d’adhérer à ce projet de première « école verte » de banlieue. Et ce n’est pas une mince affaire ! Peu à peu, l’ancien cadre Jean-Pierre (Gilbert Melki), Fabrice (Disiz), Seid à l’orthographe défaillante (Mourad Boudaoud), Mickael (Raphaël Quenard), Jérôme (Sébastien Chassagne) et Thierry (Yann Papin) vont apporter leur contribution. Les murs de l’école et des salles de classes se couvrent de fresques multicolores et de dessins peints par les élèves souriants et enthousiastes La cour, devenue jardin, accueille plantes, poules et même moutons. Élèves et maîtres y pratiquent ensemble le tai-chi. Tous ces changements parviendront-ils à séduire les parents des chères têtes blondes et à réduire les demandes de dérogation ?

On rit beaucoup dans cette comédie sociale au titre à double sens, tournée à Aubervilliers l’été 2021, avec des comédiens amateurs et professionnels. Aubervilliers, la ville qui a amenée vers le cinéma Carine May et Hakim Zouhani, personnage principal de leur film autoproduit Rue des Cités  (sélection Acid 2011).

Avec ses dialogues percutants, ses personnages hauts en couleurs, sa tonalité douce-amère soulignée par la musique de Yuksek, La cour des miracles nous donne à réfléchir à l’avenir de l’école publique tout en nous faisant sourire. Un bon moment.

ANNIE GAVA

La cour des miracles, en sélection officielle à Cannes, sorti en salles le 28 septembre, a été présenté à Rousset en clôture du festival nouv.o.monde le 9 octobre en présence des cinéastes, Carine May et Hakim Zouhani, devant un public enthousiaste.
Le festival nouv.o.monde s’est tenu du 30 septembre au 9 octobre 2022
filmsdelta.com/nouvomonde
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