dimanche 14 juillet 2024
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La danse plus vivante que jamais

Du 31 janvier au 18 février, la danse irrigue la ville d’Avignon sous l’impulsion des Hivernales qui fêtent leur 45e édition

De nombreuses thématiques ou recherches communes traversent les différentes propositions artistiques des Hivernales, notamment ce qui a trait à l’homme et au vivant plus généralement. Dans ce qui les sépare avec Nice Trip du duo Mathieu Desseigne-Ravel et Michel Schweizer qui « pousse la logique jusqu’à faire de la frontière un objet de désir en ce qu’elle devient un univers en soi ». Dans ce qui les unit avec Habiter le seuil de Marine Chesnais qui plonge en apnée à la rencontre d’animaux mythiques ou Infinité, création 2023 de Yvann Alexandre, où le paysage devient matière à faire surgir l’humanité et à créer des mondes intérieurs et extérieurs. Dans Empire of a Faun imaginary, Simone Rousset interroge la capacité de l’homme à rêver tandis que Rachid Ouramdane s’inspire du phénomène naturel des murmurations (ballet des vols d’étourneaux) pour imaginer Möbius, une ode au vivant qui croise langage acrobatique et chorégraphique. Quand l’idée du « faire ensemble » devient une nécessité vitale…

Aspiré par le ciel 
Le corps féminin, érotique et/ou politique, est au cœur des créations. De Nach qui revendique « ce qui s’y passe, ce qui y entre ou ce qui en sort », dans Elles disent, de Maud Le Pladec, qui redonne voix à des femmes musiciennes restées longtemps dans l’ombre de l’histoire (Counting stars with you). Ou encore dans le solo Blast ! de Ruth Childs qui fait « un focus sur les corps douloureux, souffrants, débordants, étranges, violents ».

Comme toujours Les Hivernales invitent le public à vivre des expériences, à expérimenter des traversées. Contemplatives et minimales quand il s’agit de Larsen C de Christos Papadopoulos qui approfondit ses recherches sur notre résilience face à un phénomène cinétique et gestuel ; vertigineuses quand Camille Boitel et Sève Bernard inversent les sensations, soudain aspirés par le ciel (La Lévitation réelle). Ou performatives quand le Collectif Es nous inclut dans un méga Karaodance prétexte à « une mise en scène de soi-même le temps d’une chanson ».

Pour couronner le tout – 25 équipes artistiques sont conviées cet hiver à la fête –, l’artiste associé des Hivernales Massimo Fusco met à profit sa carte blanche pour inviter une constellation d’artistes ami·e·s (Doria Belanger, Vanessa Court, Fabien Almakiewicz) à exposer leurs installations au Grenier à Sel et à la Collection Lambert, et proposer une expérience immersive qui flirte avec le salon de massage et le salon d’écoute. Son Corps sonores est une parenthèse, comme une manière de se reconnecter à son propre corps et au monde. 

Et l’au-delà 
Pour prolonger les plaisirs spectaculaires, Les Hivernales proposent une multitude de rendez-vous dans des lieux partenaires : projection de courts-métrages au cinéma Utopia sur le thème « Vidéodanse et écologie(s) », stages, ateliers parent-enfant, séances de training quotidien et masterclass avec les artistes invités. 

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Les Hivernales
Du 31 janvier au 18 février
Divers lieux
Avignon et alentours
04 90 82 33 12
hivernales-avignon.com

L’émerveillement à hauteur d’enfant

Jusqu’au 8 février, Les Hivernales offrent un formidable terrain de jeu et de découverte au jeune public avec sa programmation HiverÔmomes !

Cet hiver, Sylvain Huc (compagnie Divergences) le transporte dans un espace enchanté et cauchemardesque baptisé avec humour Wonderland, inspiré de Lewis Carroll, un pays où tout est possible comme traverser le miroir, grandir ou rapetisser à souhait. Au-delà de l’émotion, ce qui intéresse le chorégraphe, c’est avant tout la sensation, et Wonderland en est une occasion rêvée. Formée par Matt Mattox et ses descendants, Carole Bordes (compagnie Émoi) présente une conférence dansée autour de son travail nourrie de son analyse d’archives et d’interviews menées auprès de trois générations de danseurs. Son témoignage en forme d’hommage s’appuie sur le web documentaire, des moments dansés, des vidéos pour approcher de manière vivante le travail pédagogique et chorégraphique de cet artiste américain reconnu comme « le père du modern jazz ». Avec ZAK Rythmic, Héla Fattoulmi et Éric Lamoureux revisitent leur pièce chorégraphique et musicale AKZAK pour créer comme un jardin d’éveil dans lequel cinq interprètes découvrent et partagent plusieurs possibilités de « faire rythme » ensemble par la voix, les percussions, le langage du corps, le tout dans une grande proximité avec le jeune public. Dans le duo Une échappée, Julie Nioche transforme les objets et métamorphose les corps pour nous pousser à voir la réalité autrement et « la rendre plus poétique au rythme des musiques entrainantes ». Enfin, sur le texte de Catherine Verlaguet La Chambre d’eaux, Marie Barbottin évoque l’histoire d’une jeune fille née dans une baignoire, le poing en avant, dans un spectacle où texte-partition et danse jouent à parts égales.

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MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

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