mercredi 30 novembre 2022
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La Maison du Chant fait feu de toutes voix

De Vives Voix porte son regard humaniste sur la création et la transmission. Entretien avec Odile Lecour, fondatrice de la Maison du Chant et du festival

Zébuline. Cette édition est baptisée « traversée en polyphonie au fil du temps et des rivages ». Pourquoi ?

Odile Lecour. Ce que j’aime dans la polyphonie c’est qu’elle ne peut exister que s’il y a des différences, sinon, ce serait de la monophonie. Toutes ses couleurs de voix me touchent énormément. Cette année il y en aura beaucoup. Il s’agit d’une revendication humaine et philosophique : il y a des œuvres écrites pour quarante voix différentes et cela donne quelque chose de magnifique. 

Vous dites qu’il faut sortir de sa zone de confort…

Il faut que nos oreilles aillent à la rencontre de ce dont elles n’ont pas l’habitude, se nourrissent de découvertes. Avec les musiques du festival on part toujours en voyage, d’une époque, d’une région à une autre, goûtant les sonorités que viennent de tous les coins du monde. On est à Marseille, dans une palette de sons, de couleurs, de parfums différents, essentiels à la construction de notre humanité. 

Pourriez-vous évoquer quelques-uns de vos choix ? 

Il y a des compagnonnages, comme celui avec Maura Guerrera pour A Vuci Longa avec Oriana Civile, Catherine Catella, consacré à la polyvocalité paysanne des femmes de Sicile. Kalliroi Raouzeou et Sylvie Paz qui sortent leur album Photographia, avec Cedrick Bec à la batterie et Pierre Fenichel à la contrebasse. Annie Maltinti et son chœur Babelika, Jean-François Luciani à qui est laissée une carte blanche. Également les « bébés » de la Maison du Chant, comme SenLimo, création musicale et polyphonique en sortie de résidence, et des coups de cœur nouveaux parmi lesquels on peut citer la création par le duo Ablaye Cissoko, griot sénégalais (kora) et Cyrille Brotto (accordéon) qui est donné à la Cité de la Musique. Ou Mze Shina et ses polyphonies et percussions de Géorgie. Citons le fabuleux travail de collectage, par Marie Coumes (La Mal Coiffée) et Laurent Cavalié, de chants de révolte des vignerons de l’Aude des années 1960 à 76, une poésie occitane des luttes ! Il ne faut pas oublier la beauté du Souffle des roses, avec Françoise Atlan et Shadi Fathi Les griots amènent la paix avec eux, la musique porte un message plus ou moins fort mais signifie toujours quelque chose.

ENTRETIEN REALISE PAR MARYVONNE COLOMBANI

Festival De Vives Voix
Du 30 septembre au 5 novembre
La Maison du Chant et autres lieux, Marseille
09 54 45 09 69 
lesvoiesduchant.org
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