mercredi 29 mai 2024
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(La)Horde, entre nouvelles technologies et patrimoine

Du 2 au 5 mai, le collectif (La)Horde et le Ballet national de Marseille (BNM) présentent au Grand Théâtre de Provence Age of Content. L’occasion d’un dialogue sur leur pratique artistique et l’institution qu’ils dirigent

Zébuline. Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler autour du rapport au numérique et aux multiples dimensions qui peuvent en émerger ?
(La)Horde.
Dans la continuité de notre travail avec (La)Horde, on avait envie de travailler sur les effets des nouvelles technologies et des réseaux sociaux sur nos corps. Mais internet et le multiverse sont juste des prétextes pour échanger et trouver du mouvement, ce qui nous intéresse c’est la rencontre dans le réel. Age of Content est composé de beaucoup de tableaux différents comme différentes possibilités de réalités qui dialoguent et s’entrechoquent entre elles.

Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour cette pièce ? 
On s’est beaucoup intéressé aux danses post-internet, toute cette circulation et ces nouvelles modalités de danse sur les réseaux. Il y a aussi des chorégraphies inspirées par les jeux vidéo. Ça nous a intéressé de se demander comment on pouvait recréer cette virtualité pensée pour être la plus proche des mouvements humains. Les danseurs avec lesquels on travaille ayant des capacités de fluidité et d’envol extrêmes, c’est très étrange de les voir dans des mouvements qui sont réduits, numériques. 

Pour la première fois, vous avez fait appel à des cascadeurs pour préparer le spectacle.
On a toujours travaillé avec des communautés artistiques déjà établies, comme des danseurs de jumpstyle, ou encore des danseurs traditionnels géorgiens. Pour chaque nouvelle pièce on a besoin que le geste soit très technique, comme s’il avait une histoire avant d’être créé en studio.

C’est donc le geste qui vient avant la théorie dans votre écriture ?
En fait, on ne s’intéresse pas forcément à la façon dont les gens dansent mais à la raison. Pour nous, le geste n’est que vecteur d’histoire, on n’écrit pas un mouvement ou une chorégraphie juste pour sa beauté, même si je pense que nos pièces sont assez émouvantes et spectaculaires dans la finalité. On a besoin d’avoir une trajectoire conceptuelle qui nous permette de raconter quelque chose et de soulever des problématiques. Partir d’une esthétique qui n’est pas la nôtre nous permet presque de dépersonnaliser le travail pour ensuite se demander comment faire de cette réalité une fiction. 

© Blandine Soulage


L’année dernière, vous disiez dans les pages de Zébuline vouloir vous produire davantage à Marseille. Avez-vous l’impression que vous avez réussi à le faire ?
Plutôt, oui. L’année dernière on a présenté Room With A View sur le Vieux Port, ce qu’on devrait réitérer cet été avec quelque chose d’inédit. On présente Age of Content à La Criée, dans le cadre du Festival de Marseille, ce dont on est très fiers, et on a aussi des collaborations avec d’autres théâtres. Mais le problème reste qu’il manque d’une salle capable d’accueillir de grandes formes de danse contemporaine avec des décors. Pour l’instant, il n’y a que sur le plateau de La Criée qu’on puisse le faire. 

Pourquoi avoir présenté Age of Content à l’étranger en premier ?
Le BNM est un centre chorégraphique national, une compagnie permanente, mais qui n’a pas dans ses missions de jouer à demeure. C’est par contre l’une de ses missions que de représenter Marseille dans le monde entier. Par ailleurs, comme tout le monde, on est soumis aux décisions de programmation. Marie Didier [directrice du Festival de Marseille, ndlr] a décidé de programmer la pièce au festival, mais ça ne pouvait pas se faire avant. 

La semaine prochaine vous organisez une grande vente de costumes au BNM…
Cette vente d’une partie des fonds de costumes du Ballet s’inscrit dans une réflexion autour de l’histoire et du patrimoine du Ballet qu’on a amorcée à notre arrivée. On a près de 5 000 costumes sans possibilité de réutilisation car ils correspondent à des pièces dont nous n’avons plus les droits. On a donc créé une grande exposition avec le Centre national du costume de Moulins dont on a aussi fait un livre, Danser l’image. Mais il y a aussi tout un fonds de costumes qui est très beau, mais qui n’est pas du patrimoine. C’est une partie de ces pièces que l’on met en vente, avec aussi l’idée que chacun puisse s’emparer de l’histoire du Ballet. 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE 

Age of Content
Du 2 au 5 mai
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence
Room With a View
8 mai
Château d’If, Marseille
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