dimanche 16 juin 2024
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Les artistes au firmament

Pour son dixième anniversaire, la Fondation Van Gogh Arles présente une exposition développée autour de La Nuit étoilée. Une plongée ingénieuse et passionnante dans les représentations du ciel nocturne d’hier et aujourd’hui

Peinte sur les quais arlésiens en 1888, la première Nuit étoilée de Vincent Van Gogh n’a pourtant jamais été exposée dans la ville provençale… jusqu’à cet été. Pour les 10 ans de la Fondation Van Gogh, sa présidente Maja Hoffman a obtenu du Musée d’Orsay le prêt du célèbre tableau du maître. Autour de ce tableau, la directrice artistique de la Fondation Bice Curiger et le critique d’art Jean de Loisy ont développé l’exposition Van Gogh et les étoiles. Les deux commissaires se donnent pour ambition de donner à voir “la culture et la sociologie optique de l’époque”. Une époque, la fin du XIXe siècle, dans laquelle l’astronomie jouit d’une grande popularité, notamment grâce à l’astronome et vulgarisateur Camille Flammarion, que Jean de Loisy qualifie de “véritable passager clandestin de l’exposition”.

Comme chaque année la scénographie associe de manière judicieuse, et dès la première salle où trône la Nuit étoilée, des œuvres contemporaines, ou plus récentes, fruit d’une même fascination pour le firmament et le cosmos, à des illustrations scientifiques, comme celles de Etienne Leopold Trouvelot. Le choix des œuvres exposées s’intéresse donc bien moins à l’impact de la technique de Van Gogh sur l’histoire de l’art, qu’à ses inspirations (on retrouve Millet ou encore Monticelli) et à ceux qu’il a inspiré (Edvard Munch, Starry Night), mais aussi à la continuité de l’intérêt pour le firmament dans l’histoire de l’art moderne avec notamment une photographie sans titre de SMITH, la main tendue vers le firmament.

Van Gogh et la modernité

Si le plus clair de l’exposition est centré sur les représentations artistiques et scientifiques du ciel nocturne, les commissaires ont cependant tenu à réserver une pièce dans la visite à l’éclairage public, autre source de lumière du tableau de Van Gogh. L’exagération de la lumière des réverbères, qui à l’époque “faisait un peu moins de lumière qu’une lampe de chevet d’aujourd’hui” précise Jean de Loisy, témoigne de l’intérêt du maître pour la modernisation des villes. Cette partie de la visite, si elle est un peu courte, a l’intérêt d’explorer des sources d’inspiration moins souvent mises en avant de l’artiste.

CHLOE MACAIRE

Van Gogh et les étoiles
Jusqu’au 8 septembre
Fondation Van Gogh, Arles
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