dimanche 12 avril 2026
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Borély dans le turfu

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© instagram @nathan_gt_n

C’est dans l’enceinte du Château Borély, monument marseillais du XVIIIe siècle, que s’est joué Tribute to Mrs, un spectacle aux allures futuristes, mis en scène par la chorégraphe Emmanuelle Luciani, qui y présente « son fantasme, son propre rêve de sa ville ».

En plein trip

Sur scène, des éléments dignes de science-fiction sont installés sur scène, intriguant l’audience et l’immergeant immédiatement dans un univers conceptuel : motos vertes fluo, tubes en fer, miroir, pick-up de chaque côté de la scène, pneus, barre de pole dance… Sur les murs du château sont projetées des lumières colorées, en fond, un film tourné dans les terres rouges de Vitrolles passeen continu : un ambiance d’une autre planète. 

Toute la chorégraphie se développe autour de mouvements au ralenti, s’accélérant parfois au rythme de la musique électronique, et aux pas de boxeurs en plein combat. Les danseuses tournent autour de la barre de pole dance, des athlètes bougent de part et d’autre de la scène, des fumigènes éclatent, une fumée noire sort de nulle part, jusqu’à un feu d’artifice final. 

LILLI BERTON FOUCHET 

Tribute to MRS s’est joué le 29 août au Château Borély dans le cadre de l’Été Marseillais. 

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Aller vers… Marseille, la musique, la fantaisie 

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Muerto Coco © Baptiste Ledon

Les Théâtre(s) n’ont pas encore fait leur rentrée, mais leur dispositif hors-les-murs, lui, est déjà de retour. Imaginé par Dominique Bluzet pendant la crise sanitaire et créé en 2021, Aller vers invite depuis maintenant cinq éditions des artistes à des cartes blanches dans des lieux non dédiés de la région. 

Pour la proposition de septembre (et avant-dernière proposition de la cinquième édition), Aller vers invite des habitués du dispositif : le Détachement International du Muerto Coco

L’année dernière, ces derniers avaient créé Garçon, un demi !, conçu et écrit par l’un des membres fondateurs, Maxime Potard. Et se joignaient pour l’occasion à trois nouveaux collaborateur·ices : Colline Trouvé, et les musiciens Boris Vassalucci et Tom Gareil. Car il s’agit évidemment d’un spectacle musical, qui réunit tous les éléments qui ont fait le succès de Muerto Coco : du théâtre de rue, une écriture contemporaine mêlant musique et théâtre, et de la fantaisie.  

Demy et Legrand au café 

Pour l’écriture de Garçon, un demi !, le Muerto Coco s’est directement inspiré des comédies musicales de Jacques Demy et Michel Legrand. Mais ici, il n’est pas question de Cherbourg, ni même de Rochefort, mais bien de Marseille. Colline Trouvé et Maxime Potard interprètent deux étonnants touristes, à moitié prince et princesse, installés en terrasse, contant des « histoires de Marseille encore méconnues à ce jour ». Pour les accompagner musicalement, un gabian au vibraphone et une rate au violon. 

Tout un programme qui s’exporte dans tout le département du 10 au 14 septembre. Le Détachement International commence sa tournée des cafés et terrasses au château de la Buzine (Marseille) avant d’aller vers le Café de la gare de Trets (11 septembre), au Terminus à Saint-Barnabé (12 septembre), au Café Castillon au Paradou et à la Paillotte de C’Pché à Martigues (13 septembre), au Café de la Place à Pélissane et au Train Inc Café à Niolon (14 septembre). 

CHLOÉ MACAIRE 

Garçon, un demi ! 
Du 10 au 14 septembre 
Divers lieux, Bouches-du-Rhône 

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Créateurs en série

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Juliette George Sympathies n°1 Salle principale, 3 bis f, Commissariat Marion Zilio, 2024 ©jcLett

L’édition 2025 d’Art-o-rama s’est achevée ce dimanche 31 août avec l’annonce de l’un des prix décernés lors du salon, le prix Rendez-vous du Design et de l’Art Contemporain (RDV/DAC). Cette année, ses lauréat·es sont le studio marseillais Substance pour le design, et Juliette George, également lauréate du Prix Région Sud Art 2025. Outre leurs travaux respectifs, les visiteurs·euses ont pu ce week-end découvrir des œuvres présentées par des galeries du monde entier, de studios de design marseillais, et d’éditeurs d’arts. 

Il y a avait par exemple l’atelier Tchikebe (Marseille), qui édite des sérigraphies d’artistes français et internationaux, dont Nina Childress, Laure Provost et Claude Viallat. UNBUILT (Paris) a proposé pour sa part un stand aux accents telluriques, avec notamment des lithographies et des plats en céramiques de Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize

Si la plupart des éditeurs présents sont français, les internationaux ne sont pas en reste. On pouvait par exemple découvrir le projet yours truly porté par and the editions (Vienne) qui a proposé à neuf duos d’ami·e·s artistes de créer chacun·e une édition inspirée par l’autre.

Côté design 

Art-o-rama a également investit le Grand Plateau de la Friche avec sa section design, qui permet de découvrir la diversité du design marseillais. En entrant, les visiteur·euses découvrent une Fontaine à sirop en forme de ruche en céramique, dont pendent des tuyaux de plastique, disposée sur un socle à étagère sur laquelle sont disposés des verres à la disposition du public. Et derrière cette fontaine qui appelle à la convivialité, un panneau cousu sur lequel on peut lire « La théorie du ruissellement est restée à l’état de théorie ». 

On doit cette fontaine à l’artiste et designer Zoé Saudrais, lauréate du Prix Région Sud 2024, qui écrit dans une courte note d’intention « Quand tout va mal le mieux reste de se rassembler […] se serrer les coudes et partager un Pac à l’eau ». 

Le groupe Moodoïd propose pour sa part un projet collectif autour de son premier album, Le monde de Möo. Le musicien Pablo Padovani a demandé à dix artistes et artisans marseillais·es de créer chacun·e une pochette de vinyle inspirée par l’une des chansons de l’album. 

Dans la section design, il était aussi possible de découvrir Play on Craft, un échiquier géant aux pions en jacquard de la créatrice Sophia Kacimi, proposé par le Fond de dotation Maison Mode Méditerranée ; les vases et lampes en céramique et grès imprimés en 3D d’Emmanuelle Roule ou encore les lampes de la collection Patella Tyffania 2025 de Michel Bresson, des lampes dont les abat-jour en coquillages et plastique teint sont inspirés par la technique des vitraux Tiffany. 

CHLOÉ MACAIRE 

Le salon Art-o-rama s’est tenu du 29 au 31 août à la Friche La Belle de mai, Marseille.

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Entre deux eaux à Art-o-rama 

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Tranwsition to adulthood, 2025, sculpture-performée, bois, tissus, résine, maquette, micro-électronique, objets divers et bande sonore, 110 x 190 x 86 cm; bande sonore :13'00 © Manon Torné-Sistéro

Line Ajan, curatrice et traductrice franco-syrienne, accompagnait cette année les étudiant·es pour leur exposition de sortie de l’école d’art, dans un contexte politique et environnemental marqué par une instabilité grandissante. 

L’exposition s’ouvre sur un dialogue entre la sculpture de Stella Gercara, faite d’un tissage de feuilles et d’objets anodins réalisée en Algérie, la Banderole des Calanques de Chloé Rozier et la très belle peinture d’Aurélie Arzoine Lafarge évoquant les violences coloniales aux Antilles. 

Entre hommage et dénonciation, avec beaucoup de sensibilité et de générosité, cette ouverture navigue dans l’espace délicat de la parole individuelle, de la transmission et de la mémoire collective de la violence. 

La pièce de Ngoy Clovis M.La dent de LUMUMBA, un tonneau en métal d’où résonne la voix de Patrick Emery Lumumba, leader de l’indépendance congolaise, au dessus duquel flotte une dent sculptée dans une pomme de terre, seule rescapée de son assassinat à l’acide. 

Deux espaces cloisonnés évoquent ensuite des traumas familiaux. Dans une première salle, Emma Cambrier active des archives et conte au public la disparition de son père. Les spectres, les mains, et les regards des peintures de Selma Thies guident avec une tension maîtrisée la déambulation entre les pièces. 

La peinture Tombée dans les fleurs de Camille Noel dialogue avec les pièces de Carla Aouad, constituées d’un herbier de son jardin familial libanais figé dans le verre et d’une vidéo d’archives numériques qui évoque la dissonance de vécus parallèles : celui de « l’être là » qui endure la guerre, et « l’être parti·e » qui subit de loin l’impuissance et la perte. 

Soin et survivance 

La deuxième partie de l’expo est consacrée au soin : Sophie Andry offre au visiteureuses un espace  de repos entouré d’épées de mousse brodées, de rideaux et de sacs de ouate suspendus. Le fauteuil enveloppant de Celia Charles, lauréate du prix François Bret, pensé comme un « mobilier de soin »et l’immense anneau gastrique en céramique de Juliette S. Duval, déploient un laboratoire de formes étranges où chacune vient amplifier l’anachronisme esthétique des autres. Une salle dominée par un rapport au sensible, à l’étouffant et au rêve. 

Un grand rideau de boucher sur lequel est inscrit une liste de néologismes grossophobes inventés par Juliette S. Duval scinde l’espace. Les pièces de Manon Torné-Sistéro évoquent, sous la forme d’étrange meuble-enquête à tiroir et masques de visages en résine, la transition vers l’adolescence et la métamorphose fantastique. 

Précarité des jeunes artistes 

Sara Kiwan expose au sol une série de photographies prises sur son lieu de travail, accompagnée de l’inscription « Je travaille pour payer l’école ». « Contre France Travail, glande générale », une affiche de Capucine Parmentier fait face aux pièces de Marcos Uriondo, lauréat du prix François Bret qui questionne le rapport à la hustle culture (ou culture de l’hyper-productivité) avec l’installation d’une petite fontaine réalisée à partir d’une tasse de café débordante, entourée de broderies de salle d’attente noyées dans le café. 

La justesse et la sensibilité narrative de ces jeunes artistes, leur capacités d’entraide et d’esprit collectif dans la réalisation de cette exposition, permet d’espérer une génération d’artistes engagé·es au travers de leurs sujets de recherches, mais également à l’encontre d’une pression individualisante de plus en plus violente au sein du monde de l’art. 

NEMO TURBANT

Entre deux eaux
Jusqu’au 28 septembre
Friche la Belle de Mai, Marseille

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Meyreuil, bastion blues

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© Mark Abernathy

Sans lui, pas de rock’n’roll, pas de soul, pas de jazz, pas de rap, pas même peut-être d’électro. Le blues, né dans l’horreur de la ségrégation raciale au Sud des Etats-Unis, est devenu avec ses mélodies, ses gammes et ses trames harmoniques, la pierre angulaire de toutes les musiques modernes. On pourrait d’ailleurs s’étonner de voir cette musique quelque peu reléguée dans les oreilles des contemporains, ou sur les scènes des festivals. Heureusement, dans notre région, il y a le Blues Roots Festival de Meyreuil, qui cette année encore, du 11 au 13 septembre, continue de porter haut et fier l’héritage de cette musique légendaire.

Pour cette septième édition, rendez-vous est donné au domaine communal de Valbrillant. Après avoir déjà accueilli quelques jolis noms de la scène blues internationale (Joanna Connor, Tommy Castro, Sugaray Rayford…), le festival continue de mêler artistes reconnus et nouveaux noms, et ouvre largement sa scène aux artistes femmes.

À l’affiche

Pendant ces trois jours, passeront donc Mathias Lattin, le jeune guitariste texan de 23 ans, déjà très remarqué par ses pairs et auréolé de l’International Blues Challenge 2023. Toujours des Amériques mais plus au nord, la Canadienne Sue Foley viendra certainement interpréter une partie de son dernier album, One Guitar Woman, qui rendait hommage aux pionnières du blues. Autre grande artiste du genre, Véronique Gayot, qui depuis son Alsace natale a su emporter dans sa voix le souffle du blues et sa force.

S’il y a beaucoup d’Américains qui débarquent à Meyreuil pendant ces trois jours – JovinWebb et Jackie Venson seront là pour le final – citons également la Suisso-Nigérianne Justina Lee Brown, qui au-delà du blues, allie sur scène une belle fusion de musiques afro, soul, jazz et rock… comme un juste retour des choses. 

NICOLAS SANTUCCI

Blues Roots Festival
Du 11 au 13 septembre
Domaine de Valbrillant, Meyreuil

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Combat contemporain

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C’est avec un enthousiasme méfiant que l’équipe de Zébuline aborde cette rentrée scolaire. Nos collaborateurs et collaboratrices, qui forment une équipe transgénérationnelle de 21 à 80 ans, s’apprêtent à vivre une année forte mais inquiète, où le journalisme culturel est malheureusement devenu un combat, dans un monde bouleversé qui a pourtant besoin, plus que jamais, de repères culturels et de visions artistiques. 

Nous avançons vers l’inconnu, les difficultés auxquelles se confronte le monde culturel sont inédites. Elles s’inscrivent dans le sillon délétère d’un recul des conquis sociaux du secteur – dont le régime de l’intermittence – d’un lent racornissement des financements publics et d’une panne de la décentralisation des moyens. La situation n’est pas nouvelle mais le processus s’accélère et s’étend sur d’autres fronts : l’arrivée fracassante dans le monde culturel des sous-marins de Stérin, jusque dans le Delta Festival à Marseille, s’accompagne de la promotion tous azimuts, avec argent public, de spectacles historiques de type Rocher Mistral vantant la France éternelle d’Ancien Régime. 

Les attaques contre la liberté de création, l’autocensure des programmateurs se ressentent âprement. Les fondations des milliardaires français spéculent sur l’art contemporain, alors que le cours des œuvres est alimenté par les expos publiques, et que les collectionneurs bénéficient de cadeaux fiscaux. Ils sont les premiers financeurs de l’art, comme Canal+ et Bolloré sont les premiers financeurs privés du cinéma français.

Le cinéma et les arts contemporains peuvent-ils, dans ce contexte, demeurer subversifs ? Certains  artistes exposés à La Friche et Pareidolie en font la preuve, comme Le Bruit du Monde ou Au Diable Vauvert démontrent que l’édition indépendante persiste en beauté loin de Paris et d’Hachette. Mais combien de temps une presse culturelle libre pourra-t-elle, en région, les soutenir ? 

Comptant pour rien

Le traitement de la culture dans la presse est en voie de disparition. Les blogs tiennent lieu de critique, les commentaires de spectateurs de baromètre. Mais la presse nationale n’est pas en reste d’aberration culturelle. 

Le Monde du 1er septembre publie un article qui recommande 18 expos, « à Paris et en province ». Le terme est péjoratif – une provincia, pour la république romaine, c’est un pays réduit à la dépendance par la conquête, et administré par le pouvoir central. Pourquoi ne pas simplement dire 18 expos en France ? Et bien parce que la proportion ne le permet pas…  

Sur les 18 expos recommandées, 3 seulement sont hors de Paris. Soit 1 sur 6. Or 1 Français sur 34 seulement vit à Paris, 1 sur 6 en Île-de-France. Les sept journalistes ont-il malencontreusement inversé la proportion ? Parmi ces 3 expos pour les 66 millions de non parisiens, celle du Louvre Lens sur l’art gothique, l’expo Sumo du musée des arts asiatiques de Nice qui interroge (le journaliste y a-t-il passé ses vacances ?), et une troisième, monographique, à Grenoble, sur Alina Szapocznikow qui « bat aujourd’hui des records sur le marché ». 

Les 15 autres se consacrent aux expos à venir des musées parisiens : Louvre, Orsay, musée d’art moderne, Cluny, l’Orangeraie, ou l’expo des dessins de Soulages au Sénat – alors même que Montpellier rend un grand et magnifique hommage au peintre, graveur et sculpteur de lumière. À coté des musées publics, on n’oublie surtout pas la Fondation Louis Vuitton, la Collection Pinault et la Fondation Cartier. 

Ainsi marchandisation de l’art et centralisme culturel règnent en maîtres, dans un journal qui se veut national, mais promeut uniquement la culture parisienne, en servant les milliardaires français que ses journalistes politiques et économiques n’épargnent pas, pourtant. 

Comptant sur vous

À l’opposé, Zébuline milite pour donner de la visibilité aux artistes émergents, vieillissants, queer·e·s, régionaux, aux programmateurs qui prennent le risque de la subversion, de l’écriture inclusive, de la complexité, de la dialectique, de l’incommode. Nous restons persuadés que la démocratie locale a besoin de presse régionale et de vie culturelle. 

Les financements publics de la presse étant largement accaparés par les grands groupes aux mains de milliardaires aux intentions désormais avouées, nous avons aussi besoin de vous : pour que nous puissions continuer à vous défendre, à vous informer, à vous critiquer, vous pouvez vous abonner en ce début de saison. Ou acheter notre guide des saisons qui sort le 19 septembre et communiquer sur vos événements dans nos pages !

AGNÈS FRESCHEL


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Faune

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Le collectif Les Gammares © Les Gamarres Cité des arts de la rue, Marseille Faune © Cie Libertivores

Le 9 septembre au parc de l’Arbousière à Châteauneuf-de-Gadagne, la Cie Libertivore organise un spectacle jeune public (8 ans et plus) qui interroge notre rapport à l’animal, au sauvage, et au monde contemporain. Chorégraphiée et mise en scène par Fanny Soriano, la pièce prends la figure du cerf, de sa légende, autrefois vu comme majestueux, puissant, gracieux et indomptable, mais désormais si fragilisé. Les trois acrobates, Nina Harper, Victoire Godard et Camille Guichard se déplacent sur la musique Jules Beckman. La scénographie utilise le bois de cerf qui devient instrument de jeu acrobatique. Elancées, elles font des envolées impressionnantes et des retombées délicats. 

LAVINIA SCOTT

9 septembre
Parc de l’Arbousière
, Châteauneuf-de-Gadagne

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Un dimanche aux Aygalades

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Le collectif Les Gammares © Les Gamarres

Tous les premiers dimanches du mois, la Cité des arts de la rue invite le public, chez elle, aux Aygalades. Au programme, une visité guidée avec Jean-François Marc pour découvrir le lieu et son histoire. Ensuite, le marché avec sa vingtaine de producteurs locaux sous la grande halle – l’occasion aussi de visiter le jardin et la cascade des Aygalades. À 11 h, le collectif Les Gammares organise une conférence « Voix d’eau » sur les enjeux environnementaux. Pour la pause gourmande, les équipes de l’AP-HM et les Cuistos du Cœur organisent un stand avec le Kouss·Kouss Festival. Et à 12h30, une représentation humoristique est proposée par la Cie 2L au quintal pour Biquette – personnage écrit et interprété par Doreen Vassur, mise en scène par Bernard Llopis. 

LAVINIA SCOTT

7 septembre 
Cité des arts de la rue
, Marseille

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La Vague Classique 

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Ryan Wang © X-DR

Lancé dès le début de la belle saison, La Vague Classique se poursuit, cette fois à Toulon avec du Chopin. Ce 6 septembre, la Maison du Patrimoine accueille Ryan Wang, pianiste prodige canadien, âgé de 17 seulement, auréolé notamment du prix du Jeune musicien de l’année de la BBC en 2024. La soirée se décline autour des 12 Préludes op.28, du n°13 au n°24, dont la plus connue – « La goutte d’eau » – ainsi que la Polonaise « héroïque » op.52 et sa dernière :la Polonaise-Fantaisie op.61. Ensuite, la célèbre et virtuose Ballade n°4, la brillance desMazurkas op.59, basées sur la danse traditionnelle polonaise, puis la magnifique et sombreSonate n°2 op.35 avant de finir avec la légèreté des Variations sur « La ci darem la mano »op.2

LAVINIA SCOTT

6 septembre 
Maison du Patrimoine, Six-Fours-les-Plages

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Écrire pour ne pas tirer

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© A-M T.

Sorj Chalandon aime les itinéraires de vie à la Dickens, Jules Vallès ou Ken Loach. Et nous lecteurs, adorons ce bourru au grand cœur qui écrit avec ses colères et blessures qui font écho aux nôtres. Nous étions donc nombreux dans le jardin du Couvent des Prêcheurs à Aix à l’invitation de la librairie Goulard dans le cadre des Tournées Générales de l’association Libraires du sud. L’Assemblée rit, d’emblée, à une grimace de Chalandon quand son intervieweuse le qualifie de « géant de la littérature ». Chalandon n’aime pas se prendre au sérieux, même si ces livres sont graves et tendres.

La rue : solitude et survie

Le Livre de Kells est une autobiographie romancée. Tout commence avec un sac, celui qu’il emporte à 17 ans en fuyant la violence paternelle. Dedans, trois objets : une carte postale de Guignol, symbole de rébellion populaire ; un exemplaire de La Nausée de Sartre, détesté par son père raciste et antisémite, donc d’autant plus précieux ; et une carte postale d’Irlande envoyée par son ami Jacques, ce camarade dont la famille progressiste et aimante tranchait avec la sienne – « Chez moi, les seuls livres étaient une biographie de Hitler et un ouvrage sur les Waffen-SS ». Cette carte représente le Livre de Kells, évangéliaire enluminé du IXe siècle, aux entrelacs foisonnants. « Quand dans la rue on ma demandé quel était mon nom, jai répondu : Kells ». Nous sommes en 1952. La jeunesse vit au rythme de la Beat generation. Chalandon rêve de Katmandou, d’Ibiza mais aboutit à Paris. Les premiers cercles qu’il fréquente sont ceux d’une jeunesse perdue, se délitant dans la drogue et le vol : « Je navais pas quitté mon père fasciste pour me retrouver dans la déchéance », explique-t-il. Alors, il s’éloigne. « Mais ce qui me faisait atrocement peur, c’était la solitude », confie-t-il.

Une famille militante

Un soir, gare Saint-Lazare, il croise d’autres jeunes. Ils vendent un journal, La Cause du peuple aux cris de : « Non au racisme anti-jeunes ! » Ce journal est d’extrême gauche. « Je ne savais pas ce que c’était, mais je savais que mon père détestait », dit-il avec un sourire.

Ces militants l’invitent à l’université de Jussieu. Chalandon n’a pas le bac, n’est pas étudiant, mais il franchit la porte. Avec eux, il découvre la solidarité mais aussi la violence politique, admise alors comme mode d’action. « La France des années 1970 était violente partout : la police, lextrême droite, lextrême gauche. La guerre dAlgérie n’était pas loin », rappelle-t-il. Mais surtout, c’est auprès d’eux qu’il découvre la littérature, le cinéma, les musées. Ces jeunes lui transmettent le goût du savoir. Une nouvelle vie commence.

Écrire plutôt que tirer

Chalandon raconte cette époque où l’extrême droite défilait – déjà – contre « limmigration sauvage » et où l’extrême gauche croyait rejouer l’histoire des partisans. Les cortèges de plusieurs milliers de jeunes casqués affrontent les forces de l’ordre dans Paris.

L’enterrement de Pierre Overney, ouvrier de Renault abattu en distribuant des tracts antiracistes, réunit 200 000 personnes. « Ce cercueil, c’était lenterrement du gauchisme », analyse Chalandon. Là où certains choisissent la lutte armée, lui prend une autre voie : Libération, né de ceux qui voulaient écrire plutôt que tirer. Chalandon n’oublie pas le désarroi laissé aux ouvriers qui avaient cru aux lendemains qui chantent. « Vous repartez à la fac, et nous on retourne à lusine », disaient-ils. « Les dégâts ont été considérables », reconnaît-il.

Le rapport à la fiction

Chalandon insiste sur sa difficulté à inventer. « Le terrain de la fiction pure me terrorise ». Il n’écrit que ce qu’il a vécu : la violence paternelle (Enfant de salauds), la trahison (Mon traître). Ses années de reporter au Liban l’ont aussi confronté à l’horreur : Sabra et Chatila, les enfants morts, les corps violés. « Je puais la mort en rentrant », dit-il. Comme journaliste, il pouvait témoigner. Mais seul le roman lui permet de « redonner vie » comme dans Le Quatrième mur, à cette adolescente assassinée. « Le roman seul permet de dire “lève-toi, je vais t’appeler Iman, tu réciteras des poèmes de Mahmoud Darwich et tu vivras.” »

ANNE-MARIE THOMAZEAU

La rencontre, organisée par les Libraires du Sud, s’est déroulée le 28 août à la librairie Goulard, Aix-en-Provence.

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