mercredi 26 août 2026
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Danser dans mon petit salon

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©Jean-Jacques Abadie

Du micro-trottoir au plateau de théâtre il n’y a qu’un pas, ou à peine un peu plus, des pas de danse de préférence. Pendant de longs mois, Maxime Potard de l’incroyable collectif marseillais Le Détachement international du Muerto Coco, a posé à moult hommes et garçons la question simple et immense : c’est quoi, la virilité ?

À partir de ces paroles anonymes, et de sa propre expérience du sujet, il crée Danser dans mon petit salon sans me poser de questions, seul en scène déjanté, musical, mais surtout sensible, dans lequel le salon factice, l’espace intime est propice au déploiement d’une identité affranchie du poids des normes, autre que celle du bonhomme poilu et fort. Une respiration, pendant laquelle il est possible d’être décomplexé, et d’entrer dans la danse dans le jardin du Théâtre des Halles à la nuit tombée.

C.M.

Du 4 au 25 juillet à 21h30

Relâche les mercredis

Théâtre des Halles

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De 10 à 13

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© X-DR

Dans un petit carnet bleu et rose à l’effigie de Diddl, personnage de souris à la mode dans les années 2000, Camille, collégienne, écrit page après page ses déboires amicaux, son envie d’être aimée, ses doutes et ses peurs. Celle de grandir, notamment, celle de mourir aussi, après le décès de sa grand-mère. Elle tient ce journal intime de ses 10 ans à ses 13 ans, puis l’oublie pendant presque 20 ans.

Ces écrits préadolescents, que la comédienne et metteuse en scène Camille Dordoigne a retrouvé à l’âge adulte, sont le texte-source de sa pièce De 10 à 13, sujets tabous et fautes de grammaire compris. Sur scène, Chloé Zufferey va faire revivre la petite Camille avec toute l’intensité de ses émotions. Une manière en soi de démystifier la fin de l’enfance et de montrer de manière brute ce que peut être – et penser – une fille à cet âge.

C.M.

Du 4 au 23 juillet à 17h35

Relâche les vendredis

Train Bleu

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Camembert : Le Couronnement

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© Marc Chatelain

Lipsyncs de show drag inspirés de discours fascistes, caricatures de l’Eglise ambiance BDSM, névroses en tous genres et détournements d’objets de cuisine et autres armes factices… Camembert : le couronnement, deuxième pièce du jeune collectif Nous indiscipliné·e·s, promet d’être un fameux cocktail de ce que le cabaret burlesque queer fait de mieux, et de ce que notre système patriarco-patriarcal fait de pire.

Produit d’une écriture collective, le spectacle voit défiler sur scène un florilège de personnages fascisants, visages cagoulés et intentions mal déguisées, dans une série de situations satiriques dont l’enchaînement reprend l’un des formats télévisés qui met le mieux en valeur l’absurdité de notre actualité : le fameux zapping.

C.M.

Du 7 au 11 juillet à 21h30

L’Éveilleur

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Festival des cheminots

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Emballages d’André Benedetto © X-DR

À travers une programmation engagée, le festival donne une place importante aux récits qui interrogent le monde du travail, ses transformations et les rapports humains qui s’y construisent. Débrayage de Rémi De Vos, explore les fragilités des individus confrontés au harcèlement moral, à la peur du déclassement et aux pressions d’une société aux normes imposées. Dans Au bout du rouleau ! de Franck Didier, la comédie devient un miroir du monde de l’entreprise. Se déroulant lors d’un pot de départ à la retraite, le spectacle fait surgir secrets, conflits et inquiétudes autour d’une menace de délocalisation au Maroc. Avec Emballage d’André Benedetto, le festival revient sur une critique du capitalisme et la transformation de l’être humain en objet de consommation. D’autres créations prolongent cette réflexion autour des rapports de pouvoir, des ambitions personnelles ou des luttes face aux contraintes sociales.

Le festival ouvre aussi ses portes à la musique avec The Mullins et son rock aux accents irlandais, Nos dernières fois en cabaret chanté et la fanfare militante de la Conf’ du Pouêt. La jeunesse trouve également sa place avec des spectacles mêlant théâtre, cirque et musique et le projet Écol’lectif, porté par les enfants de Copains du Monde du Secours Populaire.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Du 4 au 18 juillet

Centre culturel des cheminots, Théâtre La Rotonde

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Patiente 66

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© X-DR

La compagnie Le Jardin d’Alice, de Carpentras, sait parler aux jeunes et intervient souvent en milieu scolaire. Elle a créé Patiente 66 en collège, mais le spectacle s’adresse à toustes, y compris aux adultes. Mis en scène par Laurent Eychenne et porté par trois comédiennes, c’est une adaptation de la pièce de Dorothée Zumstein, Patiente 66, une lobotomie américaine. Elle met en scène une très violente invisibilisation, qui persiste : la sœur de John Fitzgerald Kennedy, Rosemary, a été internée, lobotomisée, cachée, niée par sa famille. Patiente 66 pénètre dans l’hôpital, les archives, l’histoire, pour redonner une dignité à cette sœur encombrante. Comme l’était en France une Camille Claudel internée, pas loin d’Avignon, à peu près à la même époque. La condition féminine des années 1940 fabriquait des « folles » à la chaîne, que la lobotomie et les électrochocs achevaient de détruire.

A.F.

Du 3 au 24 juillet à 20h20

Les mardis, vendredis et dimanches

La Factory, les Antonins

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Gaza ô ma joie

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© X-DR

Comment écrire après la catastrophe ? La question s’est posée aux poètes après la Seconde Guerre mondiale. Pour Hend Jouda, il ne s’agit pas d’écrire après, mais d’écrire pendant la catastrophe. De l’écrire. Ce qu’elle fait. Et avec la même force que Char, Desnos ou Éluard ses mots traversent les consciences.

Hend Jouda dit « Je ne veux pas être poète en temps de guerre ». Et l’est pourtant. Réfugiée en Égypte avec ses enfants elle ne sait pas comment s’excuser d’être en vie, de « la possibilité d’une douche », face à des « enfants pâles après la mort ».

Son esprit n’a pas quitté ces « rues pulvérisées » et ses voisins morts, par milliers. Ni sa tente, piètre refuge sous les missiles qui sifflent, où le sable s’immisce et persiste, inarrêtable.

Hend Jouda parle, ajuste son foulard entre chaque poème, fait sonner son sourire et sa langue au-delà, au travers de la douleur. Elle fait sentir furtivement, douloureusement, la douceur du pied d’un enfant mort, la mer qui continue de sourire, contre la mort.

Peut-être la langue sublime des poètes pourra-t-elle enfin s’entendre, et agir dans les consciences en temps de guerre ?

A.F.

Du 13 au 21 juillet à 18h

Navette à 18h40

relâche le 16 juillet

La Manufacture, Château de Saint-Amand

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Arcanes

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© X-DR

Manon Worms (Cie marseillaise Krasna) porte à la scène les textes de Nelly Arcan, autrice québécoise à l’écriture intense qui questionnait dès les années 2000 les représentations du corps féminin avec un regard queer et radical. Son livre Folle commente avec rage et acuité son rapport à un monde dysfonctionnel qui accuse toute femme non soumise d’être folle, méduse ou sorcière, surtout si elle est trans ou lesbienne, pute ou asexuelle.

L’autrice s’est donné la mort en 2009, mais Manon Worms porte sur scène sa langue et son combat féministe et queer, entre théâtre et performance, destiné à toutes les Arcan·es en puissance. Les comédiennes Leo Vigouroux et Annaelle Hodet emmènent le public dans une plongée plastique où les corps muent. Une traversée sombre, immersive, dans la fabrique de la féminité, traversée par Loana, d’autres bimbos et quelques Méduses aux yeux trop clairs pour être vrais.

A.F.

Du 10 au 20 juillet à 19h45

Relâche le 15

L’Atelier, La Manufacture

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La maison bouge

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© Michal Flandrin

Michèle Addala et une pionnière du Off, et du théâtre. Une metteuse en scène avignonnaise qui travaille depuis 40 ans avec les habitants des quartiers populaires de la ville, et qui fabrique avec elleux du théâtre, du vrai, ancré dans le réel de son temps mais aussi dans des textes. Bien avant que le « théâtre participatif » existe, elle le pratiquait comme on respire.

Elle propose avec La maison bouge de sortir de son lieu, très actif durant le Off dans son accueil des compagnies voisines d’esprit et de latitude.

Sa compagnie Mises en scène quitte donc son Entrepôt le temps de créer son spectacle en s’immisçant dans les couloirs plus fastueux : ceux du musée Vouland. Pas pour une visite guidée, un atelier ou un détournement, mais pour une mise en scène de Home movie, de Suzanne Joubert. Une petite dystopie dramatique où des personnages étranges se sont invités au musée et revendiquent, furtivement, les œuvres qui l’ornent.

AGNÈS FRESCHEL

7 au 19 juillet à 11h et 18h30

Relâche le 13

Musée Vouland

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Festival Interférences

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L’Ensemble C Barré © A.-M.T

Organisé par la FEVIS – fédération professionnelle qui représente les ensembles musicaux indépendants, Interférences est un évènement musical au sein du Festival Off dédié à la rencontre de la musique avec les publics et les réseaux de salles pluridisciplinaires.

Des spectacles courts, mettent en lumière la création musicale au cœur de l’immense foisonnement artistique que représente Avignon. L’occasion de découvrir des productions venues de toute la France, du baroque au plus contemporain, sous forme de petits concerts . 11 en tout, dans les très belles salles de la Collection Lambert puis de l’Archivolte

qui reçoivent deux programmes de concerts qui se succèdent chaque jour. Les ensembles de la région seront bien représentés avec les Voix animées et C Barré dirigé par Sébastien Boin.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

du 8 au 12 juillet de 10h à 18h

Collection Lambert

du 13 au 17 juillet de 10hà 17h30

Archivolte, Chapelle du miracle

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Un Contrat

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© X-DR

Conduite de main de maître, la mise en scène de ce « thriller psychanalytique » transcende le huis-clos théâtral. Evidemment, un parrain de la mafia qui s’allonge sur le divan d’un(e) psychanalyste, on a déjà vu ça avec Robert de Niro et Mafia blues. Mais sous l’impulsion de Salvatore Caltabiano, latension dramatique grimpe à chaque réplique, maintenant le spectateur dans une apnée captivante jusqu’à l’ultime seconde.

Le travail du metteur en scène avignonnais réside dans l’art de ciseler le rythme, d’habiter les silences les plus éloquents et de guider les regards pour révéler la vérité nue des situations. Caltabiano bâtit un cadre d’une précision millimétrée où éclate la liberté des interprètes. Face au jeu puissant de Patrick Séminor en mafieux tourmenté et à la justesse de Dorothée Leveau, sa vision esthétique sublime le texte ciselé de Tonino Benacquista. Une création saluée à juste titre lors de l’avant-première avignonnaise sur le plateau de l’Atelier Florentin.

D.D-V

du 4 au 25 juillet à 18h10

relâche les 8, 15, 22 juillet

Collège de la Salle

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