jeudi 12 février 2026
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Rocio Molina

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Rocio Molina
Al Fondo Riela © Oscar Romero

 Un bout d’Espagne qui arrive à Fos-sur-Mer. C’est un flamenco étincelant que fait vivre Rocío Molina dans le second volet de sa Trilogie pour guitares. Dans une scénographie sobre, et simplement accompagnée par les guitares d’Eduardo Trassierra et Yerai Cortés, la bailaora fait vibrer la tradition espagnole au travers d’une danse envoûtante. 

Entamé en 2020, Al Fondo Riela (Lo otro del uno) se veut comme le reflet de soi dans ses forces et dans ses faiblesses. À ses côtés, les deux talents de la guitare flamenca offrent à Rocío Molina un espace d’expression d’un flamenco authentique, en lien avec ses racines. Sur scène, l’ombre et la lumière se côtoient et le noir s’impose laissant au public l’appréciation d’une chorégraphie magnétique. De quoi se laisser porter par un vent d’Espagne. 

MÉLYNE HOFFMANN-BRIENZA

30 avril
Théâtre de Fos-sur-Mer

Sammy Decoster et Digital Sauvage

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Sammy Decoster et Digitale Sauvage © X-DR
Sammy Decoster et Digitale Sauvage © X-DR

Encore une programmation sur mesure pour l’antre hybride qu’est la salle de danse et de concert de la Mesón. Le 2 mai, on ne fêtera plus le travail mais la voix, la folk, la douceur, la poésie. Sammy Decoster, que l’on connaît pour ses talents de chanteur guitariste en solo, aux côtés de plusieurs artistes ou dans les projets Facteurs Chevaux ou Verone, écrit cette fois pour et avec Digital Sauvage – Marion Perrichet à la ville, sa compagne.

Un projet à deux voix et une guitare sur les routes hypnotiques d’une road folk en français dans le texte – exception faite du délicieux Still feeling blue. Des boucles lancinantes du bout d’un doigté averti, une finesse vocale à l’unisson ou en harmonie, des couleurs mélancoliques ou envoûtantes. Bref, la promesse d’un voyage live onirique et enchanteur. 

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM

2 mai
La Mesón, Marseille

Les Serge (Gainsbourg point barre)

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Serge Gainsbourg
Les Serge © Vincent Pontet

Un spectacle en forme de portrait collectif de Serge Gainsbourg, qui pourrait également s’appeler selon ses auteurs « Chacun cherche son Serge », créé en 2019, porté par des comédien·ne·s de la Comédie-Française, également musiciens et chanteurs. Une sorte de concert stand-up, composé d’extraits d’interviews, de textes et de reprises de chansons personnalisées par chacun des artistes. 

Écrit et mis en scène par Stéphane Varupenne et Sébastien Pouderoux, ils se sont lancés à la recherche du bonhomme pour interroger ensuite l’entrée de chacun et chacune en «Gainsbourie ». Cinq hommes et une femme (Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Sébastien Pouderoux, Noam Morgensztern, Yoann Gasiorowski, Marie Oppert) incarnent Les Serge

MARC VOIRY

6 mai
La Colonne, Miramas

Tous en Cirque 

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cirque
How much we carry ? © Edouard Barra

Le parc Bagatelle de Marseille accueille l’événement Tous en Cirque, une après-midi de cirque en plein air, un voyage à travers une série de performances d’environ 15 minutes qui s’enchaînent toutes les 30 minutes. Au programme jonglerie, acrobaties, théâtre physique et musique, le tout avec son lot d’émotions. 

Entre poésie, prouesses et humour, il y aura How much we carry ?, du cirque immersif, incluant une perche géante en déséquilibre ; Jonglerie champêtre, un chant de balles qui mélange voix, citole (guitare sarrazine), balles sonores et chants d’oiseau ; Lella Bella, un spectacle de la compagnie Zania ; et Seguime, de la compagnie Zec, une prestation inspirée du folkore argentin, entre acrobatie et musique. 

LILLI BERTON FOUCHET

4 mai
Parc Bagatelle, Marseille

Jean-François Zygel

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Jean-François Zygel © Franck Juery/Naïve
Jean-François Zygel © Franck Juery/Naïve

Les rendez-vous musicaux avec Jean-François Zygel sont des concerts… mais pas que. Pianiste et improvisateur fameux tout autant que génial conteur d’histoires, il régale depuis deux décennies le public avec ses leçons humoristiques sur la musique. On ressort de ces prestations à la fois sous le charme de son jeu pianistique, de ses compositions et interprétations virtuoses mais aussi riches de savoirs nouveaux. 

Avec Le Pouvoir de la musique, son tout nouveau spectacle, l’érudit propose un voyage sonore en dix actes au cœur des émotions suscitées par le piano : quelle musique pour rêver, pour s’amuser, pour réfléchir, pour se consoler, pour s’élever ? Ponctué de réflexions et d’anecdotes piquantes, ce récital d’improvisation est aussi un concert philosophique. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

5 et 6 mai
Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence

Sindy Mohamed

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Sindy Mohamed © X-DR
Sindy Mohamed © X-DR

Considérée comme l’une des musiciennes les plus prometteuses de sa génération – elle est régulièrement invitée en tant que soliste et chambriste à de prestigieux festivals internationaux, l’altiste franco-égyptienne Sindy Mohamed revient à Marseille, sa ville natale, et dans le Conservatoire où elle a débuté ses études. 

Du 2 au 4 mai, elle animera trois jours de master-class pour transmettre ses connaissances musicales auprès des élèves de Région Sud. Le 3 mai, elle donnera un récital au Conservatoire en compagnie du pianiste Olivier Lechardeur. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Du 2 au 4 mai (récital le 3 mai)
Conservatoire Pierre Barbizet, Marseille

[Aflam] Un homme, un chien, Le Caire

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Salle comble pour voir le premier long métrage de fiction de Khaled Mansour, ce jeune réalisateur dont les courts, L’Ile aux baies et Le Derviche ont été sélectionnés dans de nombreux festivals. Il venait donc avec Seeking Haven for Mr. Rambo, premier film égyptien projeté à la Mostra de Venise depuis une douzaine d’années, Prix du Jury au Red Sea, et auréolé d’un franc succès en Egypte.

Khaled Mansour, très touché par un fait divers qui s’était produit en 2015, un chien attaché à un poteau, torturé avant d’être tué, décide d’en faire un film, un projet qui lui a pris huit ans. « À travers le voyage que va faire mon personnage, je pouvais exprimer ce que je ressentais. »

Son personnage, c’est Hassan (Essam Omar), trente ans, agent de sécurité dans un cabinet d’architecture, qui tranche avec l’appartement modeste, vétuste, où il vit avec sa mère (Samaa Ibrahim) et son chien bien aimé, Rambo. Cette vie monotone est troublée lorsque le garagiste propriétaire de la maison, Karem (Ahmed Bahaaa), veut les expulser pour agrandir son garage.

Lors d’une bagarre entre Hassan et Karem, Rambo défend son maitre et mord à l’entrejambe cet homme sans pitié. Humilié, Karem veut se venger. Hassan doit absolument trouver une cachette, un refuge pour Rambo. Commence alors un voyage en side-car dans les rues du Caire, en de longs travellings qui contrastent avec les plans serrés des espaces confinés où vit Hassan.

Un film racé

Les plans de Rambo, coiffé d’un petit casque, rappellent ceux de Black Dog de Hu Guan. Et ce n’est pas leur seul point commun : Comme Lang, ex-rockstar mutique fraîchement sorti de prison qui s’est lié d’amitié avec un chien errant, Hassan a trouvé en Rambo celui qui comble l’absence de son père qui l’a abandonné, enfant. C’est ce qu’il confie à Asmaa (Rakeen Saad) son ex-collègue (et peut être ex-amie) fiancée à un autre homme à présent.

Rambo, sa bouée de sauvetage dans un monde sans pitié, Rambo, avec qui il écoute des enregistrements de conversations avec son père qu’il a récupérés sur d’anciens CD. Une voix du passé, des moments qui soulignent qu’un des thèmes principaux du film de Khaled Mansour est la perte. Hassan fera tout pour garder Rambo, ce chien des rues, qui lui est fidèle, toujours à ses côtés, jusqu’au bout, faisant des choix qui interpellent.

En cherchant à sauver Rambo, Hassan ne chercherait-il pas à se sauver lui-même, à relever la tête, à affronter l’injustice. C’est ce que suggèrent plusieurs séquences de ce film attachant dont celle où Hassan tient un miroir reflétant l’image de Rambo, belle métaphore visuelle. Beau portrait d’un homme digne qu’Essam Omar interprète avec justesse, sobriété et retenue. Un premier film prometteur.

ANNIE GAVA

Le film a été projeté le 23 avril au Mucem, en ouverture du festival Aflam.

Des tigres à Paris

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Little Jaffna (C) Zinc

« Vous allez redevenir Michael Sebamalai pour nous ».Cet ordre s’adresse au « simple policier » Michael Beaulieu, un nom qu’il porte depuis qu’il est en France, élevé par sa grand-mère (Radikaa Sarathkumar)à Clermont-Ferrand. Il es tmuté à Paris, chargé par la DGSI d’une mission spéciale : infiltrer la communauté tamoule dans le quartier de La Chapelle.

Little Jaffna est le premier long métrage de Lawrence ValinMes parents sont originaires du Sri Lanka, j’ai grandi dans cette culture et c’était important pour moi d’en parler dès mon premier long, car très peu de films en France y font référence. Il n’y a eu que Dheepan de Jacques Audiard. » Un carton nous rappelle l’histoire de la formation des Tigres Tamouls, dans les années 1970, qui luttaient contre la dictature militaire au Sri Lanka. Une organisation déclarée terroriste en 2006 par l’Union européenne.

Le spectateur est immédiatement plongé dans la fête traditionnelle de Ganesh, le dieu-éléphant, tout en couleurs, avec ses chants, sa musique, ses danses, ses visages radieux que la caméra de Maxence Lemonnier filme de très près, nous en faisant ressentir la folle ambiance que troublent des conflits entre clans. Hors de question pour un frère laisser sa sœur fréquenter un jeune d’un autre clan.

Les bagarres sont fréquentes, séquences filmées comme dans le Kollywod, (cinéma tamoul), chorégraphiées avec des ralentis et de la musique. Michael Sebamalai, que certains appellent « babtou », se lie d’amitié avec un des Killiz, Puvi (Puviraj Raveendram), le bras droit d’Aya (Vela Ramamoorthy), le plus grand argentier des Tigres en France, respecté et craint de tous.

Agent double-identité

Chaque famille, chaque commerçant est ponctionné régulièrement pour soutenir les Tigres. La mission de Michael Sebamalaiest de repérerle moment où les fonds récoltés seront envoyés par camion en Suisse. Une mission d’autant plus périlleuse que son amitié avec Puvi a attiré l’attention d’Aya sur ce jeune qu’il ne connait pas et dont il se méfie un peu. Entre bagarres, courses en voitures, repas en groupes où l’on mange avec ses doigts – les fourchettes sont interdites – conversations avec la mamie, la caméra, nerveuse ne quitte pas cet homme.

Français ? Tamoul ? Les deux ? « Ce qui était important pour moi, c’est l’identité. Quand on a une double culture, parfois on nous demande de choisir et c’est très compliqué ; quand on choisit, on a l’impression qu’on trahit… » précise Lawrence Valin qui, en faisant ce film, entre polar et western urbain, a voulu mettre en lumière une communauté qu’on ne connait pas, un conflit très peu médiatisé, tout en créant son propre univers.

Il interprète avec talent cet homme qui aime ces gens, pour la plupart des acteurs non professionnels, avec qui il fait la fête, partage des moments forts. Tiraillé entre sa mission d’infiltration et sa redécouverte de son identité tamoule, pourra-t-il aller jusqu’au bout de sa mission ?

ANNIE GAVA

Little Jaffna, de Lawrence Valin
En salles le 30 avril

Direction l’Espagne

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(C) Pathe Films

Maël Piriou est d’abord un écrivain, de pièces de théâtre, de scenarios. Il a également fait une quinzaine de making of, ce qui lui a donné envie de se lancer dans la réalisation. Aussi accepte-t-il la proposition du producteur Vincent Roget : faire le remake d’un film flamand, écrit à partir d’un documentaire anglais sur Asta Philpot, Hasta la Vista de Geoffrey Enthoven: trois jeunes d’une vingtaine d’années, handicapés, aimant le vin et les femmes se décident à aller en Espagne en voiture perdre leur virginité dans un bordel qui offre des services adaptés.

Mais il ne va pas faire vraiment un remake : il va conserver la camionnette, le but du voyage et la maladie d’un des personnages. Il aime écrire et c’est à partir de l’acteur Grégory Gadebois qu’il construit un des personnages, Lucas, qui va permettre à deux jeunes trentenaires, Mélanie (Julia Piaton) et Benjamin (Quentin Dolmaire) d’entreprendre ce voyage vers le « bordel inclusif ».

Le film commence à l’hôpital où une jeune femme passe un scanner dont les résultats ne sont pas très positifs. Mélanie, une avocate en fauteuil roulant, a besoin d’espace, de voir son horizon s’élargir, de faire enfin l’amour, elle dont « on n’a jamais caressé les seins » Son ami Benjamin, dont la famille fête les 30 ans, tétraplégique, après un accident de plongeon, vit au ralenti. Sa mère voudrait bien que son oiseau sorte du nid, prenne enfin son envol. Mélanie doit arriver à le convaincre de partir avec elle en Espagne dans un bordel fait pour eux. Il lui reste à trouver un accompagnateur, chauffeur, infirmier. Ce sera Lucas, un accusé qu’elle défend, avec qui elle passe un deal : il les conduit en Espagne et il ne paiera pas ses honoraires.

En route

Commence alors un road movie étonnant dans un van orange rempli d’un tas de choses dont un chat naturalisé. Le travail de Lucas n’est pas de tout repos : il découvre que la vie quotidienne est compliquée pour des gens en fauteuil roulant. Et il s’attache à eux, même si parfois il pique une colère devant Mélanie plus impatiente que Benjamin d’arriver à destination.  

Rencontres improbables, scènes surprenantes, confidences, le voyage ne manque pas de surprises. L’arrivée dans la région de Bardenas Reales, une terre aride, superbement filmée par le directeur de la photo Guillaume Schiffman, fait penser à une scène de western. « C’est un décor incroyable où Terry Gilliam voulait tourner son Don Quichotte et où se déroule Lost in La Mancha » a précisé le réalisateur qui tenait à ces paysages.

Certes le film n’est pas très original mais il fait du bien et les acteurs sont excellents, aussi bien Grégory Gadebois dans ce rôle d’un « méchant » bourru, qui devient gentil et apprend à être utile, que Quentin Dolmaire dans celui de cet homme, taiseux, dont le visage exprime délicatement les émotions. Une séquence à Saint-Jean-de-Luz avec eux dans l’eau est très émouvante. Quant à Julia Piaton, elle incarne à merveille cette femme à la fois déterminée, battante et parfois fragile.

ANNIE GAVA

Une Pointe d’amour en salles le 30 avril

Les brèches de l’hospitalité provençale

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deraidenz
Le dernier jour de Pierre © Serge Gutwirth

Un chemineau au cœur d’un paysage rocailleux, patiné par le soleil, abrasé par le vent. Un soir, Pierre pose sa solitude dans un village, comme il s’en trouve dans les crèches ou les romans de Giono. Synonyme de convivialité et de réconfort, le séjour est tourneboulé par des Brèches Noires qui fracassent l’hospitalité sur des traumas intimes.

Imaginée, écrite par Baptiste Zsilina, animée par quatre manipulatrices, la proposition réunit quelque trente figurines, au gré d’une histoire en dix tableaux. Le récit se déploie au sein d’un castelet monumental, dans lequel évoluent des poupées à fil long. Le dernier jour de Pierre, donné ces 24 et 25 avril à l’Alpilium de Saint-Rémy-de-Provence, synthétise la démarche de ces jeunes artistes multifonctions, qui allient invention esthétique, défi technique et rigueur d’exécution.

Au delà des gageures formelles, cette fable sur le réel et désirable reste au diapason de l’esprit de la compagnie Deraïdenz [lire ci-quelque chose], attachée à l’expression de l’imaginaire et la fantaisie, avec ça et là, de syncopes intempestives où le quotidien côtoie le bizarre ; l’ordinaire l’extravagance ; l’empathie la fantasmagorie. 

Le dernier jour de Pierre
Les 24 et 25 avril 
Alpilium, Saint-Rémy de Provence.

Et aussi :
Du 5 au 19 juillet 
Festival Off d’Avignon
Théâtre du Train Bleu hors les murs, Sauveterre
Les Deraïdenz

Iels sont plutôt discret·e·s mais hyperactifs·ives. À leur sortie de la classe théâtre du Conservatoire d’Avignon, Léa Guillec, Sarah Rieu, Coline Agard et Baptiste Zsilina fondent Deraïdenz (traduire tohu-bohu), compagnie dédiée au théâtre marionnettique. 

Huit ans plus tard, le collectif affiche une douzaine de créations pour la boîte noire (Les souffrances de Job, Biba Youv la sorcière…) ou l’espace public (La Dame blanche, Noël, le père…), et ont installé sur l’île de la Barthelasse leur Pôle Théâtre et Marionnetteoù se succèdent stages professionnels, ateliers d’initiation et de construction. .

MICHEL FLANDRIN

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