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Une citadelle haute de 70 ans 

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© X-DR

Le festival Les Nuits de la Citadelle, un des plus anciens de la région, fête ses 70 sous l’égide de la jeunesse. Entre danse, théâtre et musique, du 18 juillet au 13 août, les rues de Sisteron seront bien occupées. 

La compagnie Junior Ballet de l’Opéra national de Paris entame les festivités le vendredi 18 juillet à 21h30. Créée en 2024, elle réunit 24 danseurs sous la direction de José Martinez, et proposeront « un programme exclusivement sur pointe, conçu pour pouvoir aller partout et être adaptable ». Le ballet dansera par exemple Allegro Brillante de George Balanchine et Requiem for a Rose d’Annabelle Lopez Ochoa. Mi Favorita, création de 2002 du chorégraphe José Martinez pour l’Opéra de Paris servira de bouquet final.

De la danse en ouverture, de la danse aussi en clôture pour cette édition anniversaire : la création Beauséjour de Mourad Merzouki est présentée 13 août, et viendra questionner le corps vieillissant et la recherche de beauté.

Ballades en BWV

En musique, Bach et Vivaldi seront mis à l’honneur le 24 juillet par Nemanja Radulovic au violon dans un concert intitulé Double Sens. Pour sa quatrième fois à Sisteron, le violoniste a choisi les merveilleux concertos BWV 1041 en la mineur, le BWV 1052 en ré mineur et la Sicilienne de Bach, ainsi que les Quatre Saisons du maître italien.

Vient ensuite Paul Lay Trio le vendredi 8 août au cloitre Saint Dominique. Accompagné de Jules Billé à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie, le concert se baladera entre piano jazz, omprovisations et Jean-Sébastien Bach. Citons aussi l’Orchestre philarmonique de Marseille dirigé par Daniel Kawka, pour une cinquième fois invité au festival, qui fêtera l’Espagne, l’amour et Ennio Morricone ; ou Nathalie Dessay pour interpréter les classiques de Broadway le 29 juillet.

LOLA FAORO

Les Nuits de la Citadelle
Du 18 juillet au 13 août 
Sisteron

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LUMA dans tous ses états 

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luma
KOO JEONG A - ODORAMA CITIES, Korean Pavilion 2024, La Biennale di Venezia, Installation view, Courtesy of Pilar Corrias, London, and PKM Gallery, Seoul, Photo Mark Blower

Après avoir inauguré trois expositions au mois de mai, la fondation d’art contemporain arlésienne a dévoilé le 5 juillet le second volet de sa programmation 2025. La plupart de ces six expositions sont consacrées à des artistes pluridisciplinaires. C’est le cas de LAND OF OUSS (KANGSE) de la coréenne KOO JEONG A. Seule artiste femme représentée parmi ces six expositions, elle propose des œuvres sensorielles. Visuelles bien sûr, comme les sculptures [EVER] [VAST] réalisées in situ, mais aussi sonores et olfactives comme[(KANGSE SpSt] – exposée jusqu’en janvier 2026.

Mais aussi de People Planet Profit, première exposition monographique consacrée à Peter Fischli en France, qui met à l’honneur certaines de ses créations récentes. On y retrouve des sculptures, des installations, mais surtout de la vidéo et de la photo, des œuvres multiples qui assument d’interroger le capitalisme, et en particulier ses formes les plus récentes qui prétendent prendre en compte la question environnementale et le bien-être humain (jusqu’en janvier 2026). 

Ou encore de Je suis les hymnes des nouveaux temples de l’artiste égyptien Wael Shawky. Installée dans La Grande Halle du musée, le dispositif immersif prend pour point de départ la ville ensevelie de Pompéi et allie sons, sculptures et peintures pour interroger la transmission et la perméabilité des cultures (jusqu’au 2 novembre). 

Dans le cadre de « Arles associé » en collaboration avec les Rencontres de la photographie, LUMA expose le travail du photographe David Armstrong, disparu en 2014 et connu pour ses portraits de la jeunesse new-yorkaise des années 1970. L’exposition contraste ces portraits francs et mélancoliques avec des paysages vaporeux, réalisés par Armstrong à la fin des années 1980.

La fondation consacre aussi une exposition à l’architecte paysagiste Bas Smets, qui a conçu le Parc des Ateliers de LUMA Arles. Les Climats du Paysage revient sur plusieurs projets d’architecture paysagère visant à transformer les écosystèmes urbains pour les adapter au changement climatiques, créés au cours des vingt dernières années (jusqu’au 2 novembre). 

LUMA invite l’IA 

Toujours avide de croisements arts-sciences – comme le prouve l’exposition consacrée au mouvement E.A.T. (pour Experments in Art and Technology) inaugurée en mai – propose deux expositions mobilisant l’intelligence artificielle comme matériaux artistique. 

Jour spectral et contes étranges donnent à voir cinq installations multimédias de l’artiste et cinéaste singapourien Ho Tzu Nyen. Les visiteur·euses peuvent y découvrir sa création la plus récente, Phantoms of Endless Day, commandée pour l’occasion par LUMA, pour laquelle il a utilisé l’IA pour créer les images et le son (jusqu’en janvier 2026). 

Enfin, la fondation d’art contemporain poursuit sa collaboration avec le studio expérimental EBB, fondé par l’artiste Neïl Beloufa. Pour le deuxième chapitre de ce projet intitulé Me TimeTony Oursler présente Sibyl, décrit comme un « oracle » utilisant l’IA générative. 

CHLOÉ MACAIRE 

EBB en collaboration avec Tony Oursler : Me Time #2 – Sibyl
Parc des Ateliers, La Tour
À partir du 5 juillet 2025

Ho Tzu Nyen : Jour spectral et contes étranges
La Mécanique Générale
Du 5 juillet 2025 au 11 janvier 2026

Wael Shawky : Je suis les hymnes des nouveaux temples
La Grande Halle
Du 5 juillet au 2 novembre 2025

Bas Smets : Les Climats du Paysage
Le Magasin Électrique
Du 5 juillet au 2 novembre 2025

Peter Fischli : People Planet Profit
Parc des Ateliers -Les Forges
Du 5 juillet 2025 au 11 janvier 2026

KOO JEONG A : LAND OF OUSSS ❲KANGSE❳
La Tour
Glassroom, Niveau - 2
Galerie Est, Niveau 0
Du 5 juillet 2025 au 4 janvier 2026
David Armstrong
La Tour - Underground, Niveau -3
À partir du 5 juillet 2025

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30 ans de jazz

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Marcus Miller sur la scène des Platanes du Charlie Jazz Festival © Gérard Tissier

ZébulineVous fêtez les 30 ans de Jazz à Sète cette année. Quelque chose de spécial est-il prévu ?

Louis Martinez. Cette année, je me suis penchée sur les artistes qu’on a pu faire venir, et qui avaient beaucoup plu au public. Et il y a toujours les découvertes, les coups de cœur, par exemple, le groupe de Louis Matute

Depuis 30 ans, avez-vous réussi à élargir votre public ?

Je pourrais dire que le public s’est rajeuni, tout en gardant quand même la fidélité d’un public qu’on revoit chaque année pratiquement. On a gagné un public plus jeune grâce à certaines soirées qu’on a pu organiser, notamment des groupes de hip-hop comme Arrested Development, Jurassic 5 ou De la Soul.

Et cette année aussi ? 

Oui, par exemple, la soirée Electro Deluxe. Ils passent le même soir qu’un artiste qui est vraiment devenu une icône : John Scofield, qui a monté un projet funky cette année. On est d’ailleurs complet sur cette soirée, mais également sur celle de Marcus Miller et celle d’Avishai Cohen.

Et le reste de la programmation cette année ?

Il y a une soirée qui me tient particulièrement à cœur, c’est celle du 15 juillet. On a réuni 14 artistes qui font partie du gotha du jazz français, et ce sont des artistes qui ont pu jouer avec Sylvain Luc, qui a malheureusement disparu l’an dernier. Il était ce qu’on peut appeler un génie de la musique, reconnu mondialement. J’ai eu la chance d’être ami avec lui pendant 30 ans, je l’ai invité sur certains de mes albums et on a fait des tournées ensemble. Je n’ai pas encore le détail, mais il pourra y avoir des duos, des trios, des quartettes, tout au long de la soirée.

Et pour la soirée du 17, vous avez fait le choix de faire un plateau vocal féminin avec China Moses et Madeleine Perroux. Comment s’est organisée cette soirée ?

Pour China Moses, qui n’était jamais venue, il s’est trouvé que j’ai fait sa première partie l’été dernier. Puis j’ai écouté son dernier projet, et j’ai trouvé ça magnifique. Madeleine Perroux, on l’avait eue il y a 15 ans et son dernier album m’a énormément plu. Donc, je me suis dit, ça serait bien de faire une soirée de jazz vocal féminin. Mais il y a pas mal de voix féminines en dehors de cette soirée du 17. À l’Abbaye de Valmagne [lors du « hors les murs », ndlr], on a un groupe exceptionnel, qui s’était produit au Théâtre de la Mer, d’ailleurs, Jî Dru. Sandra Nkaké, qui fait partie de ce groupe, a été élue Victoire du jazz dans la catégorie vocale en 2024.

Il y a tout de même moins d’artistes femmes que l’édition précédente non ? 

C’est quelque chose que je ne calcule pas spécialement ; je programme les choses qui me plaisent. Et dans le lot, il peut y avoir des femmes, bien évidemment. Il faut savoir aussi que les femmes sont encore largement minoritaires par rapport aux musiciens hommes.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAVINIA SCOTT

Jazz à Sète
Du 15 au 21 juillet
Théâtre de la Mer

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Lassés pour conte

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© Christophe Raynaud

Nôt, songe autour des 1001 Nuits, ne manque pas de qualités, à commencer par celles de sa Shéhérazade principale Mariana Tembé. La danseuse mozambicaine handi est aussi impressionnante masquée et assise, jouant de ses jambes absentes, que parcourant la scène avec son intensité physique si particulière. Par ailleurs le travail musical, reposant sur des musiques diffusées auxquelles s’ajoutent trois caisses claires et les voix des danseurs-musiciens, est d’une précision parfaite et scande le spectacle, des premiers roulements aux Noces de Stravinsky en passant par l’émotion de Nick Cave et la vigueur de Prince. Et de fait, la chorégraphe performeuse sait formidablement organiser l’espace, habillant ses interprètes de masques de poupée, occupant la largeur et la profondeur d’une scène impossible et la structurant comme un tableau. Hélas statique.

Car le problème de Nôt réside bien dans cette paradoxale staticité d’un spectacle chorégraphique,  présentant de fait une série de performances répétitives et sans évolution interne. Parfois frappantes, parfois pénibles, comme lorsque qu’un acteur se déplace dans la foule durant un quart d’heure en mimant la défécation. Mais la plupart du temps simplement ennuyeuses, parce qu’essuyer longuement des parois avec des chiffons blancs, répéter les gestes en boucle, ouvrir et fermer les lits, même lorsqu’ils s’entachent de sang, ne parvient pas à construire une narration – ce qui pourrait s’entendre – ni même à imprimer un rythme, en dépit d’une musique qui imprègne l’air de ses élans.

Au final, on ne sait pas quel est le sens de Nôt. Ou les sens, les dénonciations, les révoltes, les affirmations. Ce qui, au vu des urgences à penser un monde au bord du gouffre, a de quoi décevoir, dans ce symbole qu’est devenue la Cour d’honneur, offert pour la première fois à une chorégraphe en ouverture du Festival.

AGNÈS FRESCHEL

Nôt
Jusqu’au 11 juillet
Cour d’honneur du Palais des papes

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Le Festival dans tous ses états 

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© Margot Laurens - Association Jean Vilar

Au Festival d’Avignon, la règle veut qu’à la fin de son mandat, chaque Président·e fasse don de ses archives à la Maison Jean Vilar. Les sept président·es qui se sont succédé à la tête du Festival ont ainsi créé au fil des années un fond d’archives important et précieux. Ce sont ces archives, témoins physiques de l’histoire du Festival, qui sont au cœur de la nouvelle exposition de la Maison Jean Vilar, Les Clés du Festival.

Pour la première fois, il s’agit d’une exposition permanente, qui restera ouverte à l’année, ce qui représente un élargissement de la mission de transmission et de mémoire de la Maison Jean Vilar. L’objectif affiché est de permettre à tous les publics, y compris les moins connaisseurs, de découvrir l’histoire et la spécificité du Festival d’Avignon. Antoine de Baecque, commissaire de l’exposition, a brillamment relevé ce défi en concevant un parcours thématique, à la fois pédagogique et complet. 

Parcours thématique 

L’exposition est séparée en quatre espaces, chacun dédié à une spécificité du Festival d’Avignon. À commencer par l’aspect technique : le premier espace, intitulé « La Fabrique du Festival » dévoile à travers des photos et des documents professionnels, le processus de transformation annuelle de lieux non-dédiés – la Cour d’honneur en tête – en espaces de théâtre. 

Au fur et à mesure du parcours, on découvre l’expansion du Festival dans la ville, comment  Jean Vilar (à qui les deux dernières salles sont consacrées) l’a façonné et fait évoluer, grâce à des archives on ne peut plus variées : vidéos, photos, correspondances, carnets, feuilles de salles, maquettes de décors, costumes… entre autres. 

La salle consacrée au Festival comme lieu de création est particulièrement impressionnante : des photos et vidéos de chaque spectacle créé à Avignon depuis 1948 et La Tragédie de Richard II par Jean Vilar y sont projetées sur un écran de tulle, derrière lequel sont exposés des éléments de décor et des costumes. Derrière les gradins sur lesquels on peut s’installer pour regarder cette rétrospective, un espace est consacré à Saïgon, spectacle créé en 2017 par Caroline Guiela Nguyen… pour le moment. Chaque année, ce recoin de l’exposition sera remanié pour mettre en avant un spectacle différent, créé au Festival. 

Une démarche au premier degré

Soucieux de capter au mieux l’essence du Festival et d’immerger les visiteur·ices dans son ambiance, Antoine de Baecque a fait le choix d’une scénographie très littérale, confiée à Claudine Bertomeu. Ainsi, devant l’entrée de l’exposition se trouve un écran sur lequel défilent des images du public entrant dans la Cour d’honneur à différentes époques. Aux murs de l’espace consacré au Festival Off, de nombreuses affiches de spectacles superposées comme elles le sont dans les rues, et un quiz. Dans les dernières salles consacrées à Vilar, des haut-parleurs diffusent des enregistrements de certains de ses spectacles… 

Chaque détail de cette scénographie a son importance, jusqu’au petits haut-parleurs qui permettent d’écouter individuellement les vidéos, qui faisait initialement partie du premier dispositif de sonorisation de la Cour dans les années 1970. De fait, le premier degré assumé de l’exposition n’a rien de simpliste, au contraire, il rend compte d’une connaissance fine de l’histoire du Festival, d’un amour pétri d’admiration pour celui-ci… et d’une volonté de mise en partage, conforme aux ambitions premières de Vilar. 

CHLOÉ MACAIRE 

Les Clés du Festival a été inaugurée le 5 juillet à la Maison Jean Vilar, Avignon

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Gagarine, bien vivant à L’Estaque

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gargarine
© Thibaut Carceller

L’Espace Mistral de L’Estaque se transforme en véritable piste de décollage ce jeudi 12 juin pour l’avant-dernière représentation de Gagarine is not dead. Un spectacle signé des Cie Les Sanglés et En corps En l’air, qui propulse petits et grands explorateurs vers les étoiles. Les quatre membres d’équipage mêlent technologie et rêverie, à la rencontre d’un public en quête d’imaginaire, le temps d’une déambulation d’une soixantaine de minutes. Dans ce théâtre de rue antigravitationnel, l’homme et la machine sont plus que jamais soudés dans un univers où le temps s’arrête pour laisser place à l’émerveillement. 

Nuage de poussière et fumée, c’est dans un esprit d’aventure que les « Gaganautes » s’élancent dans l’inconnu. Bien décidés à marquer l’histoire de la conquête spatiale, ils ont plus d’un tour dans leur sac, rampe métallique, capsule volante et bien d’autres, de quoi tomber à la renverse. Viser la lune, ça ne leur fait pas peur, le quatuor illustre cette envie d’accomplir de grandes choses. Ce spectacle était proposé par l’association Karwan, dans le cadre du RIR, le Réseau Inter-régional en Rue.

THIBAUT CARCELLER

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Du spectacle vivant dans l’Enclave 

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© Thibaut Carceller

Pendant dix jours, ce rendez-vous incontournable du spectacle vivant réunit théâtre, danse et cirque, en itinérance au sein des communes de l’Enclave des Papes – Valréas, Grillon, Visan et Richerenches – mais aussi une dizaine de villages alentour. Créé en 1965 par René Jauneau dans l’esprit de l’éducation populaire, le festival a su évoluer sans renier son héritage. Organisé par le Centre Dramatique Des Villages du Haut Vaucluse, il clôt chaque saison avec une programmation accessible, pensée « au plus près des habitants », selon son directeur Frédéric Richaud. Cette année, 15 spectacles et 52 artistes égayeront places de village, salles des fêtes réaménagées ou sites à ciel ouvert.

L’événement s’ouvre avec Gagarine is not dead, des compagnies locales Les Sanglés et En corps En l’air, un spectacle gratuit très attendu. Parmi les temps forts : Les Trois Mousquetaires, création en trois épisodes portée en coopération avec la Scène nationale de Cavaillon, dont l’épisode 2 sera présenté à Valréas le 20 juillet par le collectif 49 701 Andromak, réinterprété par la compagnie parisienne Kourtrajmé ; et Jules et Marcel, une correspondance théâtralisée entre Pagnol et Rémy.

Une démarche engagée

Pour la deuxième année, le festival accueille une résidence de création pendant l’événement, avec la compagnie de cirque contemporaine Guirlande installée sous chapiteau à Valréas. Ateliers, visites et rencontres rythmeront les trois semaines de présence avant la première du spectacle le 26 juillet.

Soucieux de démocratiser l’accès à la culture, le festival maintient une politique tarifaire douce et des actions comme l’analyse chorale, gratuite, qui invite le public à discuter les œuvres vues, à exercer son regard et son esprit critique.

À cela s’ajoute une initiative solidaire originale : des sacs confectionnés à partir de bâches recyclées sont vendus au profit de billets offerts aux publics précaires. Une façon concrète de prolonger l’héritage humaniste de Jauneau tout en intégrant des bénévoles à la vie du festival.

Entre mémoire et renouvellement, Les Nuits de l’Enclave affirment cette année encore son identité : un festival de territoire, populaire et profondément vivant.

MANON BRUNEL

Les Nuits de l’enclave 
Du 18 au 27 juillet
À Valréas, Grillon, Visan et Richerenches

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La culture au cœur des enjeux politiques

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© X-DR

Municipales 2026, de quelle culture parlera-t-on ? Le débat, organisé par le SYNDEAC -Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles- pose la question de façon remarquablement directe, et politique : « Qui défendra une culture émancipatrice et vivante dans la campagne de 2026 ? ». Reste aux candidats, aux partis politiques, à se positionner clairement.

Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle français, regroupe plus de 500 entreprises du spectacle, pour moitié des compagnies, pour moitié des lieux, essentiellement des Centres Dramatiques Nationaux (CDN) et des Scènes Nationales. Les représentants nationaux et régionaux sont les directeurs de ces lieux et des compagnies, aux prises avec les décisions politiques, et en particulier avec celles des villes, qui sont souvent leur premier financeur. Mais leur débat invite le SYNAVI et la CGT, qui représentent davantage les salariés, permanents et intermittents.

Que peuvent les villes ?

Face aux baisses de dotation de l’État et à l’affaiblissement économique des municipalités, face à l’augmentation des coûts qui altèrent gravement le financement des compétences obligatoires des municipalités (des crèches au commerce, en passant par la protection des inondations et des incendies et l’aménagement urbain), rares sont les municipalités qui misent sur une stabilité, une indexation sur l’augmentation des coûts, et rarissimes celles qui ont augmenté ces budgets en 2025.

Cette question budgétaire est essentielle, d’autant que toutes les politiques d’État sont en régression. Celle du ministère de la Culture directement, mais aussi les emplois aidés, les politiques de la ville,   les politiques anti-discrimination qui financent aussi, indirectement, la culture. Comme les actions culturelles dans les établissements pénitentiaires, les écoles et les établissements de santé.

Mais le débat municipal ne s’arrête pas à la question budgétaire, et la question politique, qui est clairement posée en termes d’« émancipation », devra aussi aborder les visions politiques qui sous-tendent les choix politiques. Il est une droite qui défend les racines chrétiennes de la France, qui taxe de wokisme la décolonisation culturelle, qui refuse d’envisager la pluralité des cultures. Il est une gauche qui taxe d’élitiste tous ce qu’elle ne comprend pas. Et il est, entre les deux, tous ceux qui n’admettent pas l’importance de la culture publique, ou ne l’envisagent qu’en termes de retour sur investissement touristique.

Pour répondre à ces problématiques, 2h30 de débats sont prévus : Michaël Delafosse, maire de Montpellier, Emmanuelle Gourvitch déléguée générale du Synavi (Syndicat national des arts vivants), Claire Guièze directrice adjointe du CDN de Dijonc, Claire Serre-Combe secrétaire générale du Synptac CGT, Isabelle Vincent adjointe à la culture de Chartres, seront à la tribune, pour un débat animé par la journaliste Nora Hamadi qui donnera largement place à la salle, où de nombreux élus ont été invités.  

Agnès Freschel

Municipales 2026, de quelle culture parlera-t-on ?
11 juillet à 10h
Opéra d’Avignon

Le hors les murs au zénith 

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Nouvelles de Noone © Cie 1Watt

En 10 ans, Résurgence a poli son positionnement : point d’orgue d’une saison portée par la Communauté de communes Lodévois et Larzac, le festival d’arts de la rue vient la clôturer de quatre jours de spectacles en plein air. Cette année encore, du 17 au 20 juillet, la programmation ne déroge pas à la règle : piocher dans le meilleur de la création hors les murs pour alterner communions de haut vol et moments intimistes. La journée de spectacles se ponctue chaque soir par un moment fédérateur, grand format au pied de la cathédrale ou concert des guinguettes, sans oublier l’imparable Karaoké mobile de C’est pas commun, qui enflamme le parquet de sa caravane. 

Parmi la vingtaine de propositions présentées cette année, citons l’atypique marionnette lémurien de la Compagnie Traversant 3, qui élit domicile dans une pompe à essence. Auto-proclamé « manuel de consentement entre le Vivant et le Béton, à l’usage des humains », le spectacle Sale Bête initie un dialogue inédit entre cet animal sauvage et son humaine de compagnie, pour envisager de concert des lendemains qui (dé)chantent. Plus légères, les fantaisies des deux acrobates en pyjama du Poil flou déploient dans 15m2 une ode poétique à la procrastination en espace réduit – autour d’un lit, d’une étagère et de quelques livres –entre complicité et rivalité.

Cirque et danse

Au rayon grandes formes fédératrices, le cirque contemporain revisite quelques agrès traditionnels. Acrobate versé dans l’introspection à ses heures, le taquin Sidney Pin remet sur le devant du bitume un sport extrême inventé en Estonie dans les années 1990 : le kiikingconsiste à réaliser un tour complet sur la plus grande balançoire possible. Avec la complicité du public, invité à tester l’agrès, l’artiste soliloque autour de son rapport avec le virilisme, la politique ou la pop culture (La balançoire géanteLa volte cirque). 

Avec LOOPS, le trampoline rond devient prétexte à explorer le thème de la boucle pour Cyrille Musy, entre répétitions et mouvement cyclique, libération et aliénation. Comme à son habitude, la Compagnie Kiaï étoffe sa scénographie d’un travail de mapping vidéo pour une expérience immersive. Lodève est aussi l’écrin adéquat pour (re)découvrir quelques pépites atypiques, comme en recèlent parfois le secteur. Absolument bouleversant, Nouvelles de Noone revient sur trois décennies de carrière partagée entre Pierre Pilatte et sa partenaire Sophie Borthwick : en déambulation à travers la ville, ce récit dansé condense tout ce qui fait la singularité de la compagnie 1 Watt à travers les âges. Terriblement punk sans en avoir l’air, follement poétique, diablement attachant : une vraie leçon de doux ensauvagement de l’espace public. 

On tendra aussi l’oreille au solo dansé de Maryem Dogui autour des paroles décoloniales (Le prénomLa colombe enragée), ou encore à l’inattendue histoire d’une femme morte depuis 43 000 ans (HypothèsePudding Théâtre).

JULIE BORDENAVE 

Résurgence
Du 17 au 20 juillet
Divers lieux, Lodève

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Tickets et papiers s’il vous plaît 

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© Thibault Carceller

Danser, chanter, faire la fête, voilà à quoi ressemble un été culturel. Mais cela n’est possible que sous certaines conditions : fouilles des sacs, barrières, agents de sécurité… une situation pesante pour les festivaliers et les organisateurs. Les attentats de 2015 et 2016 ont entraîné un durcissement de la sécurité : 68% des organisateurs de festivals adhérents du Syndicat des musiques actuelles (SMA) notent une hausse des dépenses de sécurité en 2024 par rapport à l’année précédente. Pour une grande structure comme le Festival d’Avignon, la directrice administrative Eve Lombard, explique que « la sécurité représente un peu moins de 10% des 5 millions d’euros du budget technique ». Soit près de 500 000 euros dédiés à la sécurité, autant qui n’est pas investi dans l’artistique. 

Dans les lieux fermés, comme les théâtres, la sécurité a aussi un coût. Au Théâtre de La Criée, le budget annuel de sécurité se situe entre 80 000 et 90 000 euros. Un budget qui n’a de cesse d’augmenter depuis l’instauration du plan Vigipirate. « On est toujours en Vigipirate élevé, cela nous a poussés par exemple à mettre en place une vidéosurveillance en 2015 » explique Alexandre Madelin, directeur administratif du théâtre marseillais. Il questionne l’utilité de telles pratiques et assure que « même avec les fouilles, le théâtre n’a jamais refusé un spectateur ». 

Aucun des organisateurs contactés n’a fait face à des incidents. Pourtant, les réglementations « n’ont jamais diminué et des fiches sont mises à jour régulièrement par la préfecture mais difficiles à interpréter » explique Alexandre Madelin, administrateur du théâtre de La Criée. 

Par exemple, deux circulaires ont été mises en place pour réglementer la sécurité des événements dans l’espace public. Une première en 2018 par Gérard Collomb, une deuxième en 2022 par Gérald Darmanin. Elles confèrent notamment le pouvoir aux préfets et aux services de police de décider des dispositifs de sécurité nécessaires, ainsi que leur facturation aux organisations culturelles, augmentant leurs dépenses sécurité. Pour autant, elles ne s’appliquent qu’aux événements à but lucratif. « Lucratif », un terme flou pour la plupart des associations culturelles organisatrices. Certains organisateurs soulignent d’ailleurs la volonté des préfectures, comme celle de Vaucluse, de ne pas appliquer les directives à un monde culturel aux budgets déjà exsangues.

Une liberté artistique sous conditions 

Des réglementations qui mettent parfois en péril la tenue de certains événements. En 2018, le festival Microclimax n’a pas pu tenir sa première édition. Quand il avait un budget total de 18 000 euros, la seule sécurité lui en aurait couté 19 000. La préfecture voulait déployer 40 gendarmes pour 450 festivaliers – et c’est à l’organisation d’en payer la facture. « L’équation est à la limite de l’insoluble. Nous, on veut rester dans une culture accessible à tous, mais la sécurité est plus chère, tout comme les cachets des têtes d’affiche », explique Aurélie Hannedouche, directrice du SMA. 

Pour contourner ces hausses de coûts, certains opérateurs culturels font preuve d’imagination. «On choisit des lieux déjà sécurisés » où les forces de l’ordre sont déjà présentes en permanence, afin de mobiliser moins d’agents de sécurité explique Alexis Nys, directeur de Lieux Publics, spécialiste du spectacle de rue à Marseille. Autre manière de réduire les coûts, « programmer des événements le mardi à 19 h plutôt que le week-end. Cela rassure les autorités car il y a moins de “chances” que le rassemblement dégénère. »

Pour David Mossé, directeur technique indépendant chez De Visu, « le théâtre de rue est un acte militant », et ces nombreux dispositifs sont un frein à la liberté de création. « Le 18 mai pour le Festival Bleue, on me dit au dernier moment qu’il faut six personnes de plus pour sécuriser. Il a fallu que je les trouve la veille pour le lendemain et là, on s’endette. Je ne suis pas prêt de refaire une déambulation [dans l’espace public] » regrette-t-il. 

Si ces règles sont un poids les organisateurs, il savent aussi qu’en cas de problème, ils seront les premiers tenus responsables : « Du point de vue d’un organisateur qui aime la liberté, c’est trop de sécurité. Mais s’il y a le moindre problème, ça nous retombe dessus, on est responsable donc c’est une position peu évidente » explique Hugues Kieffer, directeur du Marseille Jazz des Cinq Continents.

Des budgets sécurité qui augmentent

Toutes les structures interrogées se voient dans l’obligation de faire appel à des agents de sécurité par le biais d’une entreprise privée pour respecter la législation. Un coût pour les organisateurs qui peut parfois dépasser celui du spectacle en lui-même. En 2023, le budget sécurité de la représentation de Mirage de la compagnie Dyptik, donné dans le centre ville de Marseille, « représentait deux fois le prix du spectacle » se rappelle Alexis Nys

Un cas loin d’être unique. Depuis 2003 et jusqu’en mai 2018, Sirène et midi net, également organisé par la Cité des Arts de la rue, a rythmé le parvis de l’opéra. Chaque premier mercredi du mois, au son des sirènes d’alerte, les artistes proposaient des performances artistiques. Mais au fil des années et de l’intensification des règles de sécurité, le rendez-vous marseillais s’est arrêté.David Mossé était le directeur technique de l’époque : « L’artiste va toucher 500 €, alors qu’à côté, t’en as pour 5 000 € de sécurisation. Donc ça n’a plus de sens. » explique-t-il. 

Des budgets dans la culture qui baissent, des coûts sécuritaires qui augmentent, des délais très courts, et beaucoup d’autorisations qui peuvent décourager la création… Le constat rappelle combien le secteur culturel vit en surchauffe, alors même que la menace n’est pas plus grande pour les événements culturels que dans d’autres lieux accueillant du public. Un paradoxe avec lequel conclue Alexis Nys : « Un spectacle sur la liberté ne peut pas être encerclé de cage. »


LOLA FAORO ET MELYNE HOFFMANN–BRIENZA

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